VENDETTA 9

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Urban Blight est un des groupes anarchopunk en France les plus intéressant (les mauvaises langues diront que ce n’est pas bien difficile), sauf que ce n’est pas un groupe et qu’il vit en Hollande. Enfin malgré ça les textes (la plupart en français) sont très intéressants, je vous laisse en juger par ce qui suit, et pour la musique, le split Pekatralatak/UB vient de sortir, avec des vieux morceaux, sinon un CD discographie existe aussi, et plein de morceaux sont dispos sur son site. Un EP d’Urban Blight  ‘Pig Justice’, est prévu pour bientôt, une coproduction Les nains aussi/ React/Vendetta, mais le projet de faire cette interview est plus vieux que celui du EP, il ne s’agit donc pas d’une interview promotionnelle.

Mai 2004

1) Est ce que tu peux te présenter toi et ton « groupe » ?

Laurent, j’habite à Utrecht, au centre des Pays-Bas. Je fais de la musique tout seul, guitare, boîte à rythmes et chant, sur les disques comme sur scène. Ca s’appelle Urban Blight, un “groupe solo” punk assez rudimentaire et essentiellement orienté sur les textes qui visent la critique sociale. Urban Blight est né en 1998. J’ai sorti quelques disques, vinyles et CD. D’autres viendront encore. Je m’occupe aussi d’un webzine et de différentes autres choses.

2) Qu’est ce que Bastards ? Comptes tu arrêter UB pour t’y consacrer ?

En deux mots, Urban Blight, c’est mon moyen d’expression en toute liberté : je fais le son que je veux, comme je le veux et quand le je veux. J’écris les textes que je veux, je n’ai de compte à rendre à personne et ça n’engage que moi. Je décide seul de mes concerts, des salles et des dates, je fais mes enregistrements seul... J’ai une liberté complète et sans concession.

The Bastards, c’est un groupe de potes avec lesquels je délire. On est avant tout des potes, ensuite un groupe. Ma liberté d’expression s’y exprime un peu différemment : il y a des trucs que je leur propose et qui leur plaisent, et d’autres qui leur déplaisent et que je dois donc laisser tomber. C’est toute la différence Urban Blight / The Bastards. Avec le son, bien entendu...!

J’aime les deux groupes. Comme je peux m’exprimer très librement dans Urban Blight, je suis encore plus disposé à faire des concessions pour The Bastards. Musicalement, The Bastards est beaucoup plus riche, ça va de soi. D’abord du fait de la présence de la basse-batterie, ensuite parce que les titres sont plus complexes. Et puis je n’écris qu’une partie des textes, avec eux.

Au départ, on avait parlé de reprendre Urban Blight à deux, voire à trois. J’ai pas mal hésité. Mes titres rendraient pas mal avec une “vraie” batterie et deux grattes, ça leur donnerait du relief et plus de force... Ca porterait mieux les textes... Seulement je perdrais ma liberté et ça, il n’en est pas question. Urban Blight reste Urban Blight. Donc je leur ai proposé de faire un autre groupe et voilà. On a pas mal galéré pour la basse, au début. On a été sans bassiste, puis on a joué avec Rose, une copine hollandaise qui a fait un concert avec nous puis nous a quittés parce qu’elle est déjà dans un autre groupe qui marche bien... Maintenant on a Martin, un pote slovaque, et normalement c’est définitif. On répète beaucoup, on fait un concert de temps à autres pour se faire la main et je pense qu’on va attaquer vraiment à partir de septembre 04.

Concernant Urban Blight, il n’est aucunement question que j’arrête. Je veux conserver ce mode d’expression en toute liberté. Et puis je me suis attaché au son de la boîte à rythmes et de la guitare, un son simple et efficace. Pour le moment je parviens à gérer les deux groupes, donc pourquoi pas...?

3) Beaucoup de gens ont été surpris de ne pas trouver le titre « Je m’ennuie » sur la discographie. Peux-tu nous expliquer pourquoi ?

C’est très simple : “Je m’ennuie” est une reprise. Enfin, une vague reprise, vu que j’ai modifié les textes et l’instrumental et que j’ai tout accéléré, mais enfin ça reste une reprise. Cette chanson fait partie des 8 premiers titres que j’ai faits avec Urban Blight quand j’ai commencé, en 98. Et pour parler franchement, je n’envisageais pas le moins du monde de faire des concerts à cette époque, et encore moins des disques. Je faisais mes démos sur cassettes et ça me convenait très bien. Donc je me foutais énormément de ces questions. Mais un peu à la fois Urban Blight s’est développé, un disque est sorti, puis d’autres choses, et à un moment on a parlé de faire ce CD de compile, “Urban Blight 98-01”. “Je m’ennuie” faisait partie des titres que j’aimais bien et que je voulais mettre dessus. Mais on m’a convaincu que ça pouvait peut-être créer des emmerdes aux potes qui me produisent le disque et que les presseurs leur prendraient la tête pour des questions de droits d’auteur à la con, enfin des conneries de ce genre. Je t’avoue que j’y connais très peu de choses, donc j’ai tendance à croire ce que me disent les gens qui sont de la partie... En sachant que je risquais de causer des problèmes aux potes qui m’aident, j’ai dit OK, on laisse tomber. Ca me paraît la moindre des choses envers eux. Je peux me faire courir un risque - même éventuel - à moi-même, mais pas à un autre. Personnellement, j’ai du mal à m’imaginer qu’un inspecteur machin vienne se prendre la tête à faire le tour des distros des concerts pour voir si des fois il n’y aurait pas une reprise sur un disque... Mais comme je n’en suis pas certain, je fais confiance à ceux qui s’y connaissent. J’ai eu ce problème aussi avec “Garageland”, une reprise de Clash que je fais en concert. À défaut de mieux, je l’ai mise sur le CD-R “Its (a)Live” en version concert (tout comme “Je m’ennuie”, d’ailleurs) puisque là, participant moi-même à la production, je pouvais me le permettre, et qu’il n’y avait pas de problèmes de presseur à prendre en compte.

Cela dit, il y avait aussi d’autres titres que j’aurais voulu mettre sur le CD “Urban Blight 98-01”, mais la durée était limitée. Et puis 23 titres, c’est déjà pas mal, non ? C’est de ma faute, aussi : j’ai voulu à tout prix mettre “Le gavage des veaux à deux pattes”, un spoken-words immangeable de dix bonnes minutes...;-)))

4) Tu crois vraiment que la SACEM et autres requins représentent une menace pour des groupes ou des fanzines de notre envergure ?

A priori non, bien entendu, parce qu’on ne représente pas un engagement financier suffisant pour gêner ou être intéressant. Chaque société a toujours eu une frange de sa population qui vit en marge et l’a toujours “gérée” très cyniquement, tant qu’elle ne constituait aucun risque pour ses intérêts. Mais je me demande tout de même... Quand on voit la loi liberticide qui vient d’être votée, relative à l’expression sur Internet... C’en est désormais fini de la liberté d’expression et de critique sur le web français. Et cette loi vise essentiellement les gens comme nous. Avec mon webzine “À Tombeau Ouvert”, dans lequel je démonte régulièrement des personnalités et des politiques, de la manière la plus sérieuse et la plus construite possible afin de toucher un maximum de lecteurs de tous horizons, il se pourrait bien qu’on vienne bientôt me chercher des poux dans la tête... Mon hébergeur « Domainepublic.net » est en Belgique, mais bon... Je suppose que les vicieux qui ont pondu cette loi ont réfléchi à la question et qu’il y aura des traités internationaux... À moins qu’ils fassent carrément comme la Chine qui filtre les accès aux sites étrangers... De même, nos e-mails ne seront bientôt plus privés... Tout ceci pour dire que si les crapules qui nous gouvernent se cassent le vase à mettre en œuvre une loi pareille, c’est parce qu’elles y trouvent leur compte et donc qu’on les gêne quelque part. Internet a permis de nous réunir de partout, comme on l’a vu lors des différents sommets capitalistes, l’information entre nous circule très vite et permet de mieux se mobiliser. On le voit avec des réseaux très construits comme Squatnet. Ce n’est pas pour rien que le gouvernement s’y attaque. On a vu aussi avec quelle sévérité exemplaire il a agi pour réduire au minimum les échanges de mp3. Donc quand je vois tous ces développements, je me dis qu’au bout du compte, je ne serais pas plus surpris que ça de voir des lobbies du disque faire pression sur les gens qu’il faut pour que des lois sanctionnent nos activités - groupes, fanzines, asso et collectifs - sous couvert de “protection” de droits d’auteurs ou autre tactique maffieuse camouflée. Il suffit pour cela que les productions DIY grandissent suffisamment pour les gêner.

Alors, a priori je ne pense pas que les SACEM et autres parasites constituent une menace pour les groupes et les zines actuellement, mais je me méfie tout de même un peu de ce que l’avenir nous réserve.

5) Qu’est ce que Urban Sprawl ? Pourquoi ne participes-tu pas à un journal ? Quel est ce « roman à tendance « sociale » », auquel tu veux te remettre ?

Une petite précision avant tout : Urban Sprawl a fermé ses portes il y a deux ans. Je m’étais attelé à ce bulletin d’infos et de coups de gueule sur Internet pour en faire une sorte de complément d’Urban Blight. Il me permettait de m’exprimer plus librement que dans le cadre d’une chanson qui laisse peu de place et impose de faire des choix, donc des éliminations. Au début je m’étais imposé une fréquence mensuelle. J’envoyais ce bulletin par e-mail et je le plaçais ensuite sur mon site pour accès à tous. Tous les bulletins d’une année y sont toujours disponibles, d’ailleurs. Et puis j’ai dû arrêter, par manque de temps. J’avais eu les yeux plus gros que le ventre... Mais comme ce mode d’expression me manque, j’ai remis un couvert et je recommence avec “À Tombeau Ouvert” (www.ato.fr.tc), un webzine en ligne depuis novembre 2003 et qui propose des chroniques plus ou moins cyniques, humoristiques et grinçantes de l’actualité, à des fréquences moins présomptueuses et moins contraignantes, c’est-à-dire en gros une à deux chroniques par mois. Pour le moment ça va, je tiens le rythme ;-)).

Pour ce qui est de participer à un journal, ça ne me déplairait pas mais je n’en ai pas l’occasion, tout simplement. Faudrait qu’on me le propose. Et puis j’ai aussi la question du temps libre. Je manque de temps, j’ai beaucoup d’activités, en plus de mon tapin de 40 heures la semaine et du temps que je veux consacrer à mes deux petites gamines. Je fais aussi du sport auquel je consacre pas mal de temps et d’énergie, j’ai deux groupes et d’autres choses encore sur le feu, des tas de projets, bref, j’ai le temps de rien... Participer à un journal, l’idée est séduisante mais il faudrait que ce soit sur la base de contributions occasionnelles, par à-coups... Je n’ai vraiment pas le temps de m’atteler à une activité régulière de plus.

Concernant le bouquin, je ne préfère pas en causer parce que c’est encore en chantier. Ca viendra. Le moment venu.

6) Tu as un site assez complet, penses tu que ça soit utile ? Les thèmes des intw avec tes réponses sont classés sur ton site, ça ne sert à rien de t’interviewer héhé ?

Ah ben écoute, tu réponds toi-même à ta question, je ne peux rien ajouter ;-)).

Non, tout le monde n’accède pas à Internet, d’une part, et d’autre part si j’ai classé mes réponses par thèmes, c’est uniquement parce que je me suis rendu compte que les fanzines qui m’interviewaient me posaient souvent des questions similaires, des trucs récurrents. Alors j’ai pris les devants, disons : j’ai donné les réponses aux grandes lignes, en citant des extraits d’interviews, pour les gens que ça peut intéresser... ;-)

7) Bon alors la Hollande, c’est comment ? Tu passes tes journées à fumer des joints ? Ca marche UB là-bas ? Est ce que tu joues aussi en Allemagne et en Belgique ?

Ca fait beaucoup de questions ! La Hollande c’est bien ? Comment répondre à ça... C’est bien et c’est pas bien. C’est bien pour les groupes et le public parce que les squats y sont nombreux, qu’on y organise facilement des concerts et qu’il y a aussi beaucoup de salles légalisées. C’est pas bien parce que le gouvernement néerlandais vote actuellement un train de mesures bien lourdingues qui interdiront bientôt des libertés élémentaires comme squatter un bâtiment vide ou fumer du chichon... Les rues sont filmées en permanence et j’ai même vu une action de « fouilles préventives », ça dit tout... C’est bien parce qu’on y est - paradoxalement - relativement libre tout de même, beaucoup plus qu’en France en tout cas où l’on vit encore sous la loi du délit de sale gueule, délit quasiment inexistant en Hollande. C’est bien parce qu’on ne te demande jamais des papiers que personne n’a sur soi de toutes façons, même si cette obligation est théoriquement légale depuis leur Europe unie... C’est pas bien parce que ces libertés, comme fumer et picoler, sont utilisées pour obtenir la tranquillité et assommer les contestataires, dans un esprit cynique, machiavélique et très commercial. Pour le reste, désolé mais je ne peux vraiment pas aller plus loin, il y aurait bien trop de choses à dire... Disons que c’est mieux que la France, puisque je connais bien les deux. Mais bon, ça c’est pas bien difficile ;-)...

Eh non, je ne passe pas mes journées à fumer des joints. J’ai arrêté de fumer - clopes et pétards - il y a une dizaine d’années !! Je picole seulement ;-).

Urban Blight marche pas mal en Hollande, mais moins qu’en Belgique et en France. À part des villes comme Utrecht bien entendu - où ça marche forcément bien puisque c’est chez moi - Amsterdam, Nijmegen et d’autres villes où j’ai des potes et où je joue régulièrement. Je pense que c’est avant tout une question de langue, puisque je m’obstine à chanter à 80 % en français. Ensuite, d’une manière générale, les punks hollandais recherchent davantage des trucs bien speedés à la TCP ou Matka Teresa - que j’aime bien aussi d’ailleurs - ou alors des trucs “festifs” genre “stop-and-go” à la Brehznev, des trucs distrayants et qui ne prennent pas la tête. J’ai rien contre chez les autres, mais personnellement c’est pas trop mon truc : je suis plutôt, justement, du genre à prendre la tête...;-) Et puis j’ai l’impression que l’anarchopunk est moins prisé en Hollande qu’en Belgique et en France. Ca tient au caractère des Néerlandais. Ils se situent loin des extrêmes. Parler politique, ça les gonfle, ils te coupent tout de suite la parole pour te dire : “Te prends pas la tête, ça va aller, on parle d’autre chose...”. Un proverbe néerlandais résume très bien le caractère batave : “Doe normaal, dan doe je al gek genoeg”, c’est-à-dire dans la langue de Sarkhozy : “Agis normalement et sois normal, tu seras déjà bien assez fou”. Ca dit tout...

Je joue en Belgique de temps à autres. Encore jamais en Allemagne et c’est con d’ailleurs, parce que j’y suis régulièrement invité dans différentes villes comme Berlin, Dresde, etc., et puis je n’y vais jamais, question de temps et de thunes, essentiellement. Même chose pour l’Angleterre, où on m’a déjà proposé plusieurs fois de m’organiser une petite tournée... Je fais peu de concerts, en fait, pour des raisons pratiques. J’ai dû faire un peu plus de 50 concerts en quatre ans. C’est vraiment pas beaucoup... J’adore faire des concerts, c’est même ce que je préfère, seulement je n’ai pas le temps, tout simplement. J’ai une vie très remplie, je m’occupe d’une foule de choses. Parfois j’allume la lumière, je me dis : “Merde, il y a deux mois que j’ai plus fais de concert, j’assure pas...!” Alors je me fais trois ou quatre dates en Hollande, sur deux ou trois week-ends. Puis je me remets à mes activités : mon autre groupe, mon webzine, le sport, enfin je te passe le détail. Je ne suis jamais chez mois... Et une ou deux fois par an, je me prends une dizaine de jours et je vais tourner en Belgique et en France - pour des questions de langue - pour y faire 8 ou 9 dates à la file. Puis je rentre et je me remets à mes petites affaires... ;-). Mais la prochaine fois je vais en Allemagne et en Pologne. Je l’ai promis à des potes.

8) Tu as fait un morceau sur l'Afghanistan (bien avant le 11 septembre), sur l'Algérie, et je sais de source sure que tu as un nouveau morceau sur la Tchétchénie (héhé). Pourquoi parler de tous ces pays lointains et inconnus, alors qu'il est si simple de faire une chanson sur la Palestine ou le Chiapas ? Tu n'as pas peur de vendre moins de disque ?

Le sub-commandante a été assez intelligent pour se créer une couverture médiatique suffisante pour soutenir ses efforts, c’est très bien, il a eu raison, on combat le feu par le feu, et voilà. Plus de 150 000 morts sur dix ans de dictature algérienne couverte par les Européens, pour légitimer une loi martiale qui contrôle tout le pays afin de couvrir un business de généraux qui ont tombé l’uniforme et font maintenant dans l’import-export, ça valait bien d’en dire un mot, non ?

Concernant la Palestine et les Israéliens, je n’ai encore jamais parlé de cette guerre parce que les choses ne sont pas assez claires dans mon esprit. Bien sûr, je pourrais faire une chanson sur les « grandes lignes » mais je n’ai pas envie de tomber dans l’éternel trip Intifada et compagnie... Je ne serais qu’un groupe de plus à mettre un cierge à cette chapelle qu’il semble qu’on doive visiter pour se faire reconnaître... Une sorte de passage obligatoire... Mon opinion là-dessus est qu’on ne saurait regarder cette situation d’un point de vue purement manichéiste avec des vilains colons juifs d’un côté et des gentils Palestiniens de l’autre, la troisième ou quatrième armée du monde contre des gamins armés de pierres... Même si c’est plus ou moins le cas. Le problème vient précisément de ce « plus ou moins ». Je ne sais pas si tout le pays est véritablement uni derrière Sharon, malgré ce qu’on en dit. Il se passe des choses là-bas dont on ne soupçonnerait même pas l’existence. Je ne sais pas si les faits sont ceux qu’on nous annonce. La seule chose que je sache avec certitude sur Israël, c’est que je ne sais rien avec certitude. Israël est une dictature à part entière et muselle tous ses modes d’expression, dans la presse comme dans la rue. Difficile d’y voir clair, donc. Je pense qu’on n’a pas fini d’en apprendre. Difficile aussi, du côté palestinien, de démêler le vrai du faux et tous les nœuds de basses intrigues de ceux qui briguent déjà des fonctions pour l’après-guerre et freinent ou soutiennent les différentes initiatives au gré de leurs ambitions personnelles. Tout ceci sans compter que ce ne serait pas la première fois qu’un pays se proclamerait défenseur des libertés, jusqu’au jour de son indépendance à compter duquel il se mettrait soudainement à être très con et à appliquer une législation plus archaïque encore, interdiction de la contraception, de l’avortement, du divorce, limitation du droit de vote, culture de « castes », j’en passe et des plus salées, et qui s’inscrit dans le même esprit que les lois dictatoriales qui étaient prétendument combattues jusque là... Rien n’est encore très clair dans mon esprit, donc, concernant la Palestine et Israël. Bien entendu, la dictature israélienne doit payer pour ses crimes et riper des territoires qu’elle occupe de manière contraire aux droits de l’Homme et des peuples à l’autodétermination. Bien entendu, elle doit être éliminée du pays, si besoin est par une force internationale. Bien entendu, les responsables comme Sharon et autres politiques coupables, activement ou passivement, doivent payer. Bien entendu, l’Amérique doit cesser de protéger cette dictature en en faisant une base avancée. Bien entendu, les Palestiniens doivent avoir un territoire libre et indépendant, et bénéficier des mêmes aides que les pays qui présentent un intérêt pour les Américains et les Européens. Et bien entendu, les Palestiniens vivant en Israël doivent enfin jouir des mêmes droits civiques que tous les habitants, et l’apartheid officiel qui sévit là-bas doit prendre fin. Mais toutes ces évidences ne sont finalement que des lieux communs. Tout le monde sait ça, tout a été dit mille fois et sans doute bien mieux que je ne saurais le dire... À quoi bon faire une nouvelle chanson là-dessus ? Elle ne serait qu’un énième trip Intifada remâché, un enfoncement de porte ouverte de plus, qui n’apporteraient aucune nouvelle information, un trip plus ou moins masturbatoire, presque malsain et à la limite de se faire plaisir sur la misère des autres... Ca ne me tente pas.

Concernant la Tchétchénie, par contre, la situation me paraît plus claire, même si ça n’engage que moi. Je parle de cette petite république d’une part parce que je vois que les Américains ont encore une fois mobilisé tout le crachoir en Iraq et qu’ils se font mousser au prix d’innombrables vies humaines qu’ils brisent une énième fois pour servir leurs sordides petits intérêts personnels, et que cela permet à Poutine de faire ses saloperies en toute quiétude, loin des premières pages. D’autre part, la Russie s’est enfin débarrassée de son masque de fausse gauche pour revêtir un chapeau de garçon vacher à faire pâlir d’envie des plus gros blaireaux texans gavés de sang d’animaux morts, pour sombrer dans un Far West cent fois plus virulent que celui d’outre-Atlantique... Et avec une nouveauté : ceux qu’on appelle les « Russian Knights », les Chevaliers russes. Cette nouvelle garde se compose de jeunes militaires du rang, sous-officiers et officiers issus de différentes organisations néonazies (National Unity of Russia, Russian National Union, National, Bolshevik Party [et oui ! N’oublions jamais que le national-bolchevisme est plus vieux que le national-socialisme !], Russian National Socialist Party, Northern Alliance, etc...) qui les ont « formés » idéologiquement et qui prônent toutes sortes d’imbécillités qu’on peut facilement s’imaginer, allant de l’antisémitisme à la suprématie des Russes « blancs » ou européens, enfin tout le triste et classique répertoire du genre. Et le problème est que ces « chevaliers » ont infiltré plusieurs unités aéroportées russes stationnées en Tchétchénie, deux au moins pour le moment, et ils poussent les troupes régulières - qui ne sont déjà pas à proprement parler un cadeau - à s’attaquer aux civils et à commettre les pires atrocités, meurtres et viols entre autres, avec l’assentiment de leurs supérieurs. Et sans aucune couverture médiatique, cela va de soi. Ces « chevaliers » n’y vont d’ailleurs pas avec le dos de la cuillère : ils cousent des emblèmes à croix gammée sur leurs uniformes officiels, ce qui semblerait indiquer qu’ils se savent couverts et autorisés à le faire. Or on sait que le commandement russe n’est pas particulièrement tendre avec ses personnels, c’est même le moins qu’on puisse dire. Ce renouveau d’un nazisme au grand jour est très souciant. Le fait essentiel, à mon avis, est que tous ces crimes et toutes ces exactions sont commis dans un cadre idéologique. C’est sans doute la première fois en Europe depuis 1945 qu’un parti officiellement néonazi peut appliquer par les armes des théories raciales et criminelles, en portant l’uniforme régulier d’un État membre des Nations Unies. La normalisation des crimes russes et des crimes néonazis en Tchétchénie est très inquiétante et de très mauvais augure. Sa reconnaissance par Chirac en visite chez Poutine le mois dernier est très inquiétante. L’utilisation du terrorisme, sans doute réel et criminel du côté tchétchène, et sans doute faux, manipulé et tout aussi criminel du côté russe, est très inquiétante. Bref, ça valait bien d’en parler, non ? Moi ça me fait complètement flipper...

Tiens, info de dernière minute : deux semaines après que j’ai fini d’enregistrer cette chanson, « Laboratoire Secret », j’ai entendu qu’on a assassiné le président tchétchène et le pays est revenu à la une des médias. Cela dit, je ne pense pas que ’information sur la réalité tchétchène circule davantage pour autant. Dans ce monde, rien ne va plus.

9) Tu as des titres en français et en anglais. Pourquoi lorsque tu joues en France ne fais tu pas tout en français, et tout en anglais ailleurs ?

Tiens c’est marrant que tu demandes ça, je m’étais justement posé la question au début. Il y a plusieurs raisons, en fait. D’abord, je ne pense pas avoir assez de titres en anglais pour faire un concert. Ca ferait un peu court. Et je n’ai pas spécialement envie d’écrire des titres en anglais, ni de traduire en anglais des titres existants. J’ai une passion pour la langue française, qu’est-ce que tu veux que je te dise... C’est à prendre ou à laisser. Quand je fais des titres en anglais, ça me déplaît toujours à moitié. Je peux y arriver, note bien - je suis traducteur - mais je sens que ça réduit ce que je veux dire, je ne parviens pas à donner toute l’ampleur, toute la richesse, tout le relief voulus aux mots, à mettre assez de couleurs dans mes phrases, si tu veux... J’estime, sans vouloir être trop salaud tout de même, que l’anglais se prête mieux au yaourt. Les conneries les plus graves sonnent bien en anglais. Il y a un groupe de Lille, les Violons Profonds, qui est excellent là-dedans : ils sont à deux, contrebasse et violon je crois, et ils font des reprises d’AC/DC - entre autres - en français, c’est à pisser de rire : “L’autoroute pour l’enfer, ouais, bébé...!” Vraiment grandiose [c’est effectivement un excellent groupe, en plus habillés en costard et le chanteur saute partout. Mais je crois qu’il n’y a qu’un chanteur et un violoncelle]... Enfin, voilà pourquoi je n’utilise l’anglais qu’avec modération, juste de manière à permettre au public de capter un peu ce que je raconte. Pour le reste, quand je joue en pays non francophone, j’explique un peu certains titres avant de les jouer, comme “Les Invendus de la mort” ou “Algeria Ltd.”, mais sans trop gonfler les gens avec des laïus interminables, bien entendu. Ca me paraît la meilleure manière. Je pense également qu’on peut faire passer le message d’une chanson même si la langue n’est pas comprise : l’expression physique, l’ambiance et l’atmosphère importent beaucoup. En plus, certains mots sont internationaux et sont compris par tous, au moins par bribes. Avec une petite explication préalable, je pense que ça devient suffisamment clair. Et pour ce qui est de chanter uniquement en français en France, ce serait pas trop cool pour les non-francophones qui sont au concert...

10) Dans l’interview dans Apatride quand ils te parlent des dérives régionalistes de la mouvance anarkopunk tu dis « je ne sais pas du tout de quoi tu parles, au sujet des ces ‘dérives régionalistes’ », pourtant tu as fait un split avec les Pekatralatk, qui sont connus pour avoir un morceau à la gloire du Pays Basque et d’ETA. Tu n’étais pas au courant ?

Ben non. Dans l’interview d’Apatride, j’ai répondu en toute sincérité : je ne savais pas de quoi ils parlaient. Je ne connais pas du tout cette chanson et je n’ai fait aucun rapprochement avec quoi que soit. Tu sais, il faut comprendre : j’habite en Hollande depuis une douzaine d’années, si pas plus. Les P4 n’y sont quasiment pas connus. Je n’en avais jamais entendu parler avant. Je ne lis presque jamais de zines français - juste les rares qu’on m’envoie à l’occasion - et je ne descends qu’une à deux fois par an en France, pour faire une série de concerts assez crevants et durant lesquels on n’a pas trop le temps de voir grand-chose... En fait, je connais bien les groupes hollandais, qu’il s’agisse de potes comme Matka Teresa ou de gens que je suis amené à croiser fréquemment puisqu’on fait souvent les mêmes concerts, habitant la même région. Mais je sais finalement très peu de choses sur P4, comme sur la majeure partie des groupes français actuels... Il n’y a qu’Amiante que je connaisse vraiment bien, parce que c’est des très vieux potes pour certains, que je les vois souvent en concert et que je connais leurs chansons et leurs textes - et je peux te garantir qu’ils sont excellents - et un peu Action Directe, parce qu’on s’est rencontrés plusieurs fois et qu’on a été pas mal en contact, durant des concerts d’eux comme de moi. Quand Melvin m’a contacté pour me proposer un split, il y a 5 ans de ça, il m’a envoyé un disque et c’est là que je les ai découverts. Il comportait 4 titres si je me souviens bien, je les ai écoutés, je les ai bien aimés et donc j’ai dit d’accord. Et voilà. Et depuis, je t’avoue que je n’ai rien entendu d’eux ces quatre dernières années, jusqu’à ce que je reçoive des exemplaires du split 33t, en fin 2003. Entre-temps, j’ai rencontré Melvin deux fois, on a eu chaque fois des discussions intéressantes et je l’aime bien. J’aime bien ses dessins, aussi. Je ne connais pas les autres de son groupe. Je n’ai capté aucun titre pro-ETA, désolé... Il se peut que cette histoire ait fait forte impression sur certaines personnes, mais je t’avoue que je n’étais et ne suis toujours pas au courant et que, même en le sachant maintenant, cette question ne m’obsède pas franchement ;-))... Les P4 pensent et disent ce qu’ils veulent, ce n’est pas parce qu’on fait un split ensemble qu’on adhère intégralement aux idées de l’autre ou qu’on doive se lancer dans une recherche documentaire exhaustive sur tout ce que l’autre groupe dit et fait [oui je suis d’accord, je sors bien des disques d’eux !]... Il y a sans doute des trucs que je dis qui leur déplaisent, mais ils m’ont pris comme je suis, pour le split. Avec ce qu’ils apprécient en moi, comme avec ce qu’ils n’aiment pas. C’est la même chose pour moi. Regarde, j’ai fait un split avec Sterbehilfe parce que j’aime bien leur côté agressif et leur son dépouillé, et je sais que Micha est un gars bien, mais leurs obsessions morbides (“sterbehilfe” signifie “euthanasie”) me déplaisent... Leur logo - deux seringues croisées - me gêne un peu... Mais c’est leur part de liberté. Et la mienne. Et ce n’est pas parce que je fais un split avec eux que ça fait nécessairement de moi un partisan de l’euthanasie. Apatride me parlait d’une “dérive régionaliste”... Tu sais, dans un univers devenu un village planétaire, ce n’est pas une question qui me passionne, qu’est-ce que tu veux que je te dise... Faudrait demander aux P4 ce qu’ils en pensent [en fait je ne sais pas si il y a une seule des –nombreuses –interviews qu’ils ont fait qui ne leur pose pas la question !], je ne vais pas répondre pour eux.

Concernant le « régionalisme », le nationalisme et le terrorisme, je ne peux te répondre que d’une manière très générale, puisque je ne sais toujours pas de quoi il s’agit ici. Alors, d’une manière générale : je n’aime pas le nationalisme (ou le « régionalisme »), quel qu’il soit, parce que j’estime que - même s’il est motivé par des souffrances et s’il peut paraître justifié - il ne peut mener au bout du compte qu’à une vision étriquée du monde, une vision en termes de “nous” d’un côté et d’“eux” de l’autre. Une vision qui est la porte ouverte aux pires excès déjà subis par l’humanité et dont elle peut bien se passer à présent. Par ailleurs, je ne soutiens aucun acte terroriste ni aucune organisation terroriste parce que je suis un adversaire résolu de la peine de mort, qu’elle soit infligée par un flic ou par un terroriste. Et je dis ceci en pesant bien le milliard de paradoxes que cela implique : essaie donc de combattre l’Occupation nazie sans violence... Mais je pense qu’il existe d’autres moyens efficaces de corriger les injustices, sans donner la mort à des gens qui en sont souvent peu responsables, voire pas du tout. Il est bien évident dans mon esprit que lorsque les P4 se disent « terroristes », comme je l’ai vu sur le split 33t, c’est une figure de style : ils n’assassinent personne. Tout comme Sterbehilfe ne va faire d’injection létale à personne. Ou alors je n’ai décidément rien compris et là ce serait grave...! ;-))

11) Tu sembles te réclamer de l’anarcho-syndicalisme, ce n’est pas étrange dans un milieu (le punk) qui rejette le ‘travail’, et donc devrait rejeter le syndicalisme ? Tu dis (sur ton site) « que j'apprécie énormément des discours que tiennent des gens de la CNT par exemple » (je ne serai pas vache, je ne te demanderai pas laquelle héhé), peux-tu préciser ? Pendant tes concert ou dans tes disques, on peut entendre un extrait de « A las barricadas », pourquoi ? N’y a t il pas une certaine idolâtrie de la révolution espagnole ?

Il y a « rejeter le travail » et « rejeter le travail ». C’est une notion très ambiguë, à double tranchant. Je n’aime pas le travail, pas plus que je ne le respecte. Je considère que c’est une pure perte de notre existence qui est déjà trop courte. Le travail est une gigantesque farce, une immense entreprise à se foutre de la gueule des gens. Je n’attends aucun “développement personnel” du travail, comme je l’entends parfois dire autour de moi. Je le fais uniquement parce qu’il m’est malheureusement nécessaire pour vivre et faire vivre mes gosses dans une société mal foutue. Le travail tel qu’il existe actuellement n’est pas une valeur mais une escroquerie mondialisée. C’est un peu comme tous ces préceptes du temps passé, comme : “Qui paie ses dettes s’enrichit” : ce sont des règles d’une pseudo moralité qui n’a pour objectif que de nous maintenir dans un abrutissement servile. Bien rembourser ses dettes, bien travailler, bien se conformer. Le travail fait partie de ces conneries. C’est un garde-fou, rien de plus. Seulement le problème naît du fait que derrière le cri “Mort au travail”, on trouve deux sortes de contestataires : ceux qui ne veulent rien foutre et attendent que ça se passe, et les actifs, les constructifs. J’aime les gens constructifs. Je suis constructif moi-même. Quand tu te fais chier à ranger quelque chose, il y a ceux qui viennent te donner un coup de main spontanément, et puis il y a ceux qui te regardent faire. Les deux pourtant se disent anarchistes. Les premiers sont constructifs, les autres sont des profiteurs qui se cachent derrière des raisonnements bidons relevant de ce qu’ils nomment avec fierté du “nihilisme” ou d’autres grandes pseudo théories et qui ne sont en réalité que des échos insipides de molles conneries ramassées au gré des comptoirs. Ils ne m’intéressent pas. Pourtant, ils se disent anarchistes. Personnellement, je ne vois pas trop la différence entre eux et mon crétin de voisin qui me regarde de travers chaque matin parce que je ne lave jamais ma voiture et que je suis tatoué un peu partout... Faudrait qu’on m’explique. Eh bien dans mon esprit, ceux qui viennent m’aider sont des “anarcho-syndicalistes”. C’est un peu ma définition. C’est ce que je veux dire quand je me “réclame de l’anarcho-syndicalisme” : le refus du système économique et social tel qu’il nous est imposé actuellement, ne signifie pas la passivité et le profit. J’aime construire. C’est ça que je veux dire avec la notion d’anarcho-syndicalisme. C’est une définition personnelle et qui n’engage que moi. En dehors de ça, je ne me réclame d’aucun groupe, parti, fédération, association, je ne me réclame de rien d’autre que de moi-même. Simplement, il s’est trouvé qu’à différentes occasions, pour “résumer” grosso modo mes opinions ou plutôt ma vision des choses, j’ai fait référence à l’anarcho-syndicalisme parce qu’il me semble en effet que c’est une définition plus ou moins juste d’une forme constructive du refus de la société actuelle, tout en n’étant pas un refus d’une société en soi. Et c’est exactement ma position.

Maintenant, si tu veux le fond de ma pensée là-dessus, je n’aime pas tous ces termes en “-isme”, toutes ces grandes idées, ces idéologies. Ca me soûle. Je ne suis d’ailleurs pas convaincu de savoir ce qu’est l’anarcho-syndicalisme : j’ai l’impression qu’il y a autant d’anarcho-syndicalismes qu’il y a d’anarcho-syndicalistes, et c’est tant mieux : c’est aussi pour ça que ça me plaît.

Concernant ta question sur une “idolâtrie” de l’Espagne de 36, je te renvoie à mes réponses sur “Magnitogorsk” ci-dessous, pour ne pas faire trop lourd, parce que les deux se rejoignent.

12) Entre le live, la discographie, les compils, les démos, l’album, il y a des morceaux qui y sont plusieurs fois. C’est pas un peu dommage pour celui qui a tout ? Sont-ce les mêmes versions ? Rééditeras tu les démos ?

Ben tu sais, Urban Blight n’est pas un truc planifié. Je n’ai pas prévu, il y a tant d’années, de faire un EP, puis un split, puis un CD, puis un CD-R, puis un autre split, puis un CD, puis un EP. Tout est arrivé de manière imprévue, par à-coups. C’est la raison pour laquelle il y a des titres en double sur certaines productions.

Au début, en 98, j’ai mis mes 8 premiers titres sur une démo dont j’ai dû faire à tout péter 70 exemplaires. Je sais qu’il y a des gens qui les dupliquent les font circuler en photocopiant la pochette, dans pas mal de pays - avec mes remerciements pour la distro - mais je n’ai pas la moindre idée du nombre d’exemplaires que ça peut représenter.

Quand j’ai fait un second set de 5 titres, au début 99, je les ai mis sur une casette intitulée “Tout peut changer”. Là, même chose, j’en ai fait peu, une cinquantaine d’exemplaires si ma mémoire est bonne. Puis j’ai tout réuni sur un CD-R de 13 titres, “Magnitogorsk”, dont j’ai dû faire 40 ou 50 copies. Pas grand-chose, au total.

Puis, Eric de React Rds m’a sorti trois de ces titres sur un EP. Ca a été le “vrai” début d’Urban Blight, disons (encore merci Eric, c’est grâce à toi !). Ensuite Michael m’a écrit pour me proposer un split CD avec son groupe, Sterbehilfe (scarecore allemand). J’ai dit OK. Presque en même temps, Melvin de P4 m’a proposé la même chose pour un split 33t. Là aussi, j’ai dit OK. J’ai donné à chacun des titres différents. Et en sachant que toutes ces chansons allaient bientôt sortir sur des disques, j’ai laissé tomber les duplications de CD-R et de K7 démos, bien entendu.

Mais il s’est trouvé que le split CD avec Sterbehilfe a mis pas loin de deux ans et demi à sortir, et le split 33t avec P4 plus de 4 ans. Je savais bien que ce n’était pas de leur faute mais juste des questions d’argent. Seulement concrètement, pendant plus de deux ans et demi, je n’ai plus rien eu à distro. On me demandait régulièrement des disques après mes concerts et je n’avais rien à proposer, juste le EP “Magnitogorsk” que beaucoup avaient déjà. Avec le temps, j’ai fini par me demander très sérieusement si ces splits allaient bien sortir un jour, étant donné les difficultés financières... Pendant ce temps, j’ai fait dix nouvelles chansons que j’ai produites moi-même sur une cassette, « Valeurs fluctuantes », à deux ou trois cents exemplaires, je ne sais plus trop. Cette cassette est partie très vite, j’ai rien compris. Au moment d’en refaire faire, j’ai hésité et j’en suis venu à parler de faire ce CD, “Urban Blight 98-01”, avec Eric de React et Nicolas des Nains Aussi Rds, un CD qui réunirait presque tous les titres de cette période, des titres qui n’avaient été produits au bout du compte qu’en tirages confidentiels sur K7 et CD-R. Eric et Nicolas ont été d’accord, on a mis ce projet en route et le CD est sorti un peu plus tard.

Entre-temps le split avec Sterbehilfe est finalement sorti, un peu avant le « gros » CD, puis le split avec P4 deux ans plus tard. Ca a créé des “doubles”... Cela dit, j’avais prévenu Melvin à l’époque, par honnêteté pour lui, pour ne pas lui faire sortir le split 33t avec des titres déjà parus sur le CD, même si ce n’était pas de ma faute. Je lui avais proposé de lui donner 8 nouveaux titres pour le split, que je pouvais lui faire en un mois. Mais il m’a dit préférer les anciens, il y tenait. Donc j’ai dit OK, on les laisse.

Voilà toute l’histoire, m’sieur.

13) Bon alors quand c’est qu’on te voit dans Punk rawk ? Ca existe en Hollande ? Ils écoutent quoi les jeunes là-bas ?

Je vais encore passer pour le bourrin des plaines mais je ne connais pas bien, désolé. Je ne pense pas que ça existe ici. Enfin j’en sais rien.

14) Une APF s’est montée en France (et t’a même sollicité pour un morceau), qu’en penses-tu ? Serait-ce utile en Hollande ?

D’une manière générale, je soutiens toutes les initiatives qui contestent de manière positive et constructive : les trucs genre Food no Bombs, ABC, droits des animaux, prisonniers politiques, initiatives de soutien à des associations ou à des collectifs en difficulté, etc. Et donc l’APF. Mais je suis jaloux de ma liberté et j’entends rester à l’écart de l’APF comme de toute organisation, association ou autre. Ceci étant dit, c’est vrai que j’ai de la sympathie pour ce qu’ils font et je suis d’accord pour les soutenir en jouant et en participant à des compiles, parce que leur idée ne me déplaît pas : ça m’énerve moi aussi de voir le nombre de groupes vides et bêlants qui viennent juste faire des jolies poses et se faire mousser pour occuper de leur présence inopportune les concerts déjà peu nombreux et qui sont pourtant quasiment la seule tribune d’expression d’une certaine forme de contestation. Je ne dis pas que toute musique doit nécessairement dire quelque chose et contester. On peut s’amuser. Mais enfin, il est bon de rappeler la bonne vieille devise : Make punk a threat again !

15) Pour le morceau Magnitogorsk (un gigantesque chantier soviétique qui a fait crever des milliers de gens), tu expliques que c’est un mélange d’espoir et de cauchemar, mais comment peut on voir dans l’ URSS (ou en Chine ou à Cuba ou en Corée du nord etc.) une once d’espoir ?

Entendons-nous bien. Je n’ai jamais dit qu’on puisse voir de l’espoir dans l’ex-URSS ou dans les autres dictatures communistes. Ce que j’ai voulu dire avec “Magnitogorsk”, c’est que le communisme a pu représenter un rêve et que les gens qui y ont cru - en dehors de toute forme de gouvernement, mais au contraire simplement à leur humble échelle humaine - ont écrit “une page lumineuse de l’histoire de l’humanité” (pour citer Patrick Rotmann dans son film “La foi du siècle”, Éditions Arte je crois) par leur engagement personnel qui est beaucoup plus élevé que toutes les sordides considérations politiques, communistes entre autres. Je pense aux brigades internationales, par exemple : des anonymes qui ont laissé leur famille, leurs amis, leur boulot ou leur rien du tout pour aller risquer leur vie afin que ne passe pas l’extrême droite de Franco [attention, ne confondons pas les volontaires internationaux, et les Brigades Internationales, crées par Moscou. Les historiens marxistes font bien sûr la confusion…]. Alors qu’ils pouvaient très bien rester tranquillement chez eux. On sait qu’ils se sont fait trahir et exploiter par l’URSS. Mais cela ne retire rien, bien au contraire, à la valeur de leur engagement personnel. J’ai beaucoup de respect pour cet engagement, qui était un engagement “communiste” parce que c’était le nom qu’on lui imposait à l’époque, l’étiquette collée d’office parce qu’il n’y avait alors que la peste ou le choléra, mais qui au bout du compte était un engagement tout simplement “humaniste” et même “humain”. Je n’ai pas la moindre forme de respect pour les communistes qui les ont exploités et assassinés pour s’enrichir et garantir le petit confort de leur pitoyable Nomenclature.

D’une manière générale, j’ai beaucoup d’admiration et de respect pour ceux qui pensent aux autres. J’ai du respect pour l’engagement des gens qui n’avaient rien et qui sont partis à Magnitogorsk de leur plein gré, parce qu’ils pensaient y donner leur énergie, leur temps, leur jeunesse pour les autres, pour que le monde soit meilleur. Des gens remplis d’idéaux, qui pensaient plus loin que bouffer, dormir et chier. Et on sait tous qu’eux aussi ont été abusés, trahis et exploités par la dictature soviétique. Mais est-ce que cette trahison de leurs idéaux retire quoi que ce soit à la valeur de l’engagement personnel d’hommes et de femmes qui croyaient sincèrement en une société meilleure et qui étaient prêts à tout donner pour elle ?

Parallèlement, ce qui m’a intéressé dans Magnitogorsk, c’est que cette ville champignon a été l’incroyable théâtre des réalités humaines les plus extrêmes : le rêve et le cauchemar, les volontaires travaillant à deux pas des déportés... Un truc de dingues. Le rêve humaniste côtoyant la dictature, le partage côtoyant le profit et l’exploitation, la vie côtoyant la mort. Magnitogorsk a été quelque chose d’obscène, une gigantesque farce morbide et criminelle, un événement sans précédent. Un paradoxe sur pilotis d’acier lourd. La concrétisation de toutes les folies humaines, les meilleures et les pires... En outre, le destin de Magnitogorsk ressemble à celui de l’URSS : tout s’y délabre, la misère est partout, les rêves manipulés ont fait place au vide de l’économie capitaliste triomphante - pour certains seulement. Je n’ai donc pas vu meilleure allégorie pour parler de l’engagement d’un siècle que beaucoup aujourd’hui ont entièrement oublié ou condamnent sans réfléchir, en bloc et sans aucun discernement, parce que ça “fait bien” de dire que le communisme était mauvais. Mais ça, tout le monde le sait. Je ne parle même pas du communisme quand je parle de Magnitogorsk : je ne parle que de ces anonymes que l’Histoire a oubliés et qui ont sincèrement cru pouvoir nous céder un monde un peu moins mauvais. Eux seuls m’intéressent, parce qu’ils auraient pu être mes voisins ou les tiens, ceux qui font du monde ce qu’il est réellement. Pour le reste, je laisse les grands “débats politiques” et “idéologiques” avec plein de noms en “-istes” aux spécialistes de ce genre de discussion de comptoir. Je n’ai aucune compétence dans ce domaine et ça ne m’intéresse pas.

L’idéal est devenu une valeur désuète et ridicule, de nos jours. L’égoïsme est un atout qui se revendique. On ne demande plus à personne d’aller mourir sur une barricade, fort heureusement d’ailleurs, parce que c’est toujours les mêmes qui meurent. Il n’y a que peu de héros, je n’en suis certainement pas un et de toute façon les héros m’emmerdent. Mais je vibre toujours quand je sens chez quelqu’un un idéal humain pour les autres. C’est cette vibration que j’ai dite dans “Magnitogorsk”.

16) Bon je te laisse conclure ? Tes projets ?

Oh là, plein...! Il y a un truc qui me fascine, c’est le cinéma. J’organise parfois des trucs dans un squat bar au bout de ma rue et j’aimerais bien y monter une sorte de ciné-club, avec projection d’un ou deux films gratos chaque semaine. Quelque chose dans le genre. Seulement je me suis rencardé sur les prix d’un beamer, d’un rétroprojecteur... Laisse tomber... Il faudrait faire une trentaine de concerts de soutien, au moins ! C’est pas réalisable. Quand je pense que la culture devrait être gratuite... Sinon, tant que j’y pense : un tout nouveau EP d’Urban Blight (4 titres) sortira bientôt, durant ou après l’été 04…[ça sera plutôt après…]

Merci pour ton interview.

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Paris Violence est maintenant connu pour être un des groupes les plus originaux que le punk et la oi! aient vu en France. Certains regrettent le punk minimaliste, direct et urbains des débuts, et d’autres apprécient la richesse que donne l’exploration d’univers différents. Bref, le public est large. Malgré cela, ça faisait longtemps qu’on avait pas vu une interview de Paris Violence dans un fanzine, dont acte. Sinon même remarque que pour Urban Blight.

Juin 2004

1- Peux tu te présenter, toi ainsi que Paris Violence ?

 Ce n’est pas facile de se présenter soi-même ! Disons que Paris Violence est un projet qui existe officiellement depuis 1994 et qui continuera tant qu’il se pourra. Je crois que le meilleur moyen de se faire une idée de notre identité et de notre histoire est d’aller jeter un œil aux rubriques concernées sur notre site, et surtout d’écouter nos morceaux ! 

2- Je profite de t’avoir sous la main pour tirer au clair quelques plaisanteries : d’aucun affirment que, à l’époque où vous étiez trois dans PV, tu étais en fait tout seul, et tu déguisais ton cousin et ton oncle pour les photos. 

Je ne vois pas trop quel intérêt j’aurais pu trouver à mettre deux « figurants », car il y a eu par la suite toute une période effectivement en « one-man-band » dont sont sortis deux albums et un EP, et je n’ai pas eu besoin de faire de casting pour me trouver des acolytes sur les photos. Si, la seule chose qu’on ait à dire là-dessus, c’est que j’ai prêté un de mes bombers à Thierry pour une photo de « temps de crise », je ne suis pas sûr qu’il y ait lieu de porter le débat à l’Assemblée nationale… Du reste, c’est vrai que le premier line-up était assez « familial », comme dans beaucoup de groupes à commencer par Molodoï ou The Oppressed. Jérôme, c’est vrai, n’a jamais eu un rôle musical très grand sur les enregistrements d’après les démos, il faisait essentiellement les chœurs. Mais Thierry a joué sur à peu prés tous les morceaux de l’époque. Sur les 15 morceaux de « temps de crise », il ne doit y en avoir que 2 ou trois où il n’aie pas joué. 

3- Paris Violence a t il déjà fait des concerts ou compte t il en faire ? 

On n’a jamais fait de concert, ce n’est pas vraiment notre optique, qui est assez expérimentale. Quelles que soient les périodes, les enregistrements se sont toujours faits dans notre coin, et on a fait moins de répètes que de disques. Quand à l’avenir, je ne peux rien affirmer ! 

4- On considère souvent PV comme un groupe de Oi!, qu’en penses tu ? Quels sont tes liens avec la scène skinhead ? Vas tu à certains concerts ? Apo, red, rac ? 

J’essaie de brasser le maximum d’influences possibles, punk, new-wave, métal, et bien d’autres styles, mais c’est vrai que ne serait-ce que par le ton de voix, il y a une dominante de Oi! J’essaie quand même de ne pas m’enfermer dans les lieux commune de ce style où il y a déjà tant de déjà-vu. J’ai de bons liens avec la scène skin apolitique, autant qu’avec la scène punk, reste à savoir si ce sont les gens qui ont de bons liens avec moi. Je vais à assez peu de concerts punk/Oi!, et certaines personnes, va savoir pourquoi, considèrent ça comme un crime de lése-oi!-attitude. Mais je fais des efforts pour des trucs qui me bottent vraiment, et ça a pu être Pigalle ou les Anges Déchus (salut François !) comme Alain Bashung. Quant à des concerts red ou rac, je n’y ai jamais mis les pieds… 

5- Tu dois avoir un paquet de morceaux jamais sortis ? Tu comptes en faire quoi ? Peut on espérer un jour une réédition des démos ? 

Il y a, en effet, une quantité d’inédits. Quelques uns iront ici où là, en bonus tracks de rééditions de disques passés par exemple, ou sur les CDs de « Nouvelles d’Outre-tombe ». Mais le projet est en cours de sortir un disque d’inédits, couvrant toutes les périodes. Je ne sais pas encore sous quel format, mais en tout cas d’abord sur vinyle avec une quantité conséquente de morceaux. Quant aux démos (on en a fait quatre, de 1995 à 1998), elles vont tout d’abord être rééditées en CD-R par Bitume records, avec des titres parus à l’époque sur des compilations K7, puis les meilleurs titres seront sans doute regroupés sur un CD unique pressé en usine. 

6- Je crois que tu as mandaté quelqu’un pour faire un site Internet sur PV. Quelle utilité y vois tu ? Pourra-t-on télécharger les morceaux gratuitement ? 

Plusieurs personnes bossent effectivement sur un site officiel aussi complet que possible, qui sera sans doute en ligne à la sortie de cette interview et qui se renouvellera régulièrement. En fait je n’ai « mandaté » personne, j’ai reçu deux propositions à peu prés en même temps et j’ai mis les gens en contact. J’espère que ça permettra de donner une bonne présentation, très détaillée, du groupe : historique, interviews, discographie complète…. C’est aussi l’occasion de faire un effort sur l’aspect esthétique. Il y aura sans doute des morceaux pour que l’aperçu soit global. 

7- D’ailleurs es tu enregistré à la SACEM ? Tu penses que ça sert à quelque chose pour les petits groupes ? Défends tu le droit d’auteur et la propriété intellectuelle ? 

Pour l’instant, en 2004, je ne suis pas à la SACEM et ce n’est pas spécialement dans mes projets. Je n’ai pas de grandes théories sur la question, effectivement pour un petit groupe ça risque plus d’être une gêne qu’une garantie, mais je comprends que des artistes plus connus n’aient pas envie de voir des gens se faire du fric sur leur dos en pressant des disques sans les avoir consultés et en ramassant ensuite le jackpot. 

8- On m’a dit que quelqu’un allait monter un fan club Paris Violence, c’est vrai ? C’est pas un peu l’abus ?

Un « fan club » ce serait un peu prétentieux. Mais notre collaboration avec Bitume va sans doute se resserrer, entre autre avec la parution de « Nouvelle d’Outre-Tombe », un zine régulier format A4 avec couverture couleur, poster couleur, et CD inclus. Son propos est de tenir régulièrement au courant des news du groupe et de faire des dossiers sur tel ou tel thème récurrent et de traiter le plus de sujets possibles. Le numéro 1 est consacré à la révolution hongroise de 1956, avec des articles, des photos, analyses, et un CD avec les deux morceaux consacrés à l’événement plus une version inédite de « Budapest 56 » et deux titres absolument inédits proches du sujet, dont l’un enregistré pour l’occasion. 

9- Il paraît que « Mourir en Novembre » va être réédité en LP, ce dont on est très content, mais il paraît qu’il y aura un morceau en moins, c’est pas très classe, pourquoi pas mettre le morceau qui manque sur un ep vendu avec le LP (avec un inédit sur l’autre face bien sûr, hèhè) ?

 L’idée avait été soulevé, mais franchement ça reviendrait trop cher, autant conserver l’argent qu’on aurait mis à ce bonus EP pour un nouvel EP. Avec les diverses personnes impliquées dans le projet, on était d’ailleurs unanimes pour dire qu’ « Un hiver en banlieue » n’était vraiment pas terrible, d’autant plus que c’est un morceau qui existait déjà sur une démo et qu’en fin de compte la première version était bien meilleure. Mais l’album est également repressé en CD, avec l’intégralité des titres. Par contre, si un jour « Temps de crise » est réédité en vinyle, il faudra tout garder, ce qui impliquera des difficultés de format car le disque est trop long pour un LP, pas assez pour un double LP. Mais il existe plusieurs solutions. Avis aux labels intéressés ! 

10- tu bénéficie d’une distribution professionnelle pour les CDs, considères tu que tu fais toujours partie de la scène punk ? Tu tires à combien ? Ton dernier album est sorti sur Dialektik, mais ce label ne semblait il pas en difficulté (souscription etc..) ? 

Tu crois que Blitz, Last Resort ou Argelic Upstarts ont cessé de « faire partie de la scène » par ce qu’ils ont eu une bonne distribution ? Tous les soi-disant puristes qui ne conçoivent pas q u’on puisse acheter un disque ailleurs que dans un squat et à prix « non-profit » auraient été les premiers emmerdés à devoir aller chercher leurs disques dans les petits disquaires de Londres, ou plus probablement ils n’auraient pas pu connaître ces groupes. Pour ce qui est des tirages, c’est difficile à évaluer car ça diffère énormément selon les disques, « Rayé de la carte » est sorti à 300 exemplaires, le dernier album a eu un premier tirage à 1500 et il sera sans doute repressé… En tout, on a vendu dans les 7000 disques je pense. Pour Dialektik, il y a eu des périodes de flottement mais ils ont bien repris le dessus et ouvrent même deux boutiques. 

11- Mais d’un autre côté tu sors des vinyles à petit tirage. Le vinyle est il important ?. N’est ce pas une manière de fabriquer des collectors qui atteindront des prix exorbitants dan s quelques années ? 

J’adore le vinyle, c’est pour moi le disque par excellence, surtout tout ce qui est picture disc, vinyle couleur et autres originalités… J’aime aussi le principe du tirage « de luxe », qui en général se fabrique à perte, mais c’est une façon de se faire plaisir et de faire plaisir aux gens qui aiment vraiment ce que tu fais. Quand j’achète un collector d’un groupe que j’aime, je considère ça comme un privilège plus qu’une arnaque ! 

12- Question traditionnelle : tu as fait une page dans Punk Rawk, de quels retours tangibles peux tu témoigner ? Tu ne trouve pas que le niveau minable des interviews dans ce magazine nuit aux groupes plus qu’autre chose ? 

Bien sûr, c’est un magazine qui a ses défauts, mais il faut voir qu’il vise le grand public, davantage les teen-agers qui écoutent NOFX que les vétérans et les connaisseurs pointus. Mais dès qu’il se fait quelque chose d’un peu pro dans le milieu, il est de bon ton de cracher dessus. On l’a fait pour les groupes qui ont signé sur des gros labels, on l’a fait pour Worst, maintenant c’est Punk Rawk. Personnellement, je pense pas être le genre de gens à qui cette à qui cette feuille s’adresse, mais ce que je remarque par ailleurs c’est que les types les plus virulents contre elle sont souvent ceux qui ne s’y sont jamais retrouvés chroniqués [Ce n’est pas tout à fait vrai puisque par exemple Pekatralatak – qui sont très virulents contre ce magazine- ont été chroniqués – contre leur gré – dans Punk Rawk. Il parait même qu’il y a eu une chronique de Vendetta !] ou interviewés, de même qu’à ses débuts, Worst faisait enrager les zines incapables d’avoir une présentation correcte etc…etc… Moi j’ai pas trouvé leur article con. 

13- J’y ai donc lu (parce qu’apparemment ça fait quelque temps qu’un zine ne t’as pas interviewé) que tu t’étais mis au heavy métal symphonique (moi ce que je préfère c’est Rhapsodie, youpi !), quand c’est que tu te mets au black métal ? 

Mais j’y suis jusqu’au cou depuis des années ! Tout ce qui est black symphonique, mélodique ou épique, j’adore. Je peux te citer parmi mes références principales, en vrac : Summoning, Bal-sagoth, Catamenia, Suidakra, Stormlord, Moonsorrow, Faergail, Seth, Sigh, Skyfire, Nebular Moon, Obscure Devotion, Children of Bodom, Eternal Tears of Sorrow, Enslavement of Beauty… [En fait je pensais aux groupes non symphonique, le True Black comme on dit, genre Dark Throne ou Gogoroth, mais j’imagine que la plupart des lecteurs s’en foutent !] En heavy j’ai depuis toujours mes trois groupes fétiches, à savoir, Iron Maiden, Manovar et Motöhead, et en death, je suis fan de Misanthrope avec qui on partage certains thèmes (esthétisme décadent, guerre de 14, goûts littéraires, dandysme). Ah oui, et puis bien sûr il y a aussi Venom. 

14- L’incorporation de métal dans ta musique correspond à l’ajout d’une dimension fantastique dans tes textes. Est ce que la musique et les textes semblent liés au point qu’on ne puisse faire du fantastique qu’avec du métal et réalisme qu’avec du punk Oi ! ? 

Je dirai qu’un disque est fait de trois choses : des textes, un son, et une esthétique. Tout ça donne une couleur globale qui doit être la plus harmonieuse possible selon moi (je n’aime pas les groupes punks avec des visuels métal ou des groupes métal avec des visuels punks). Mais après, à chacun de trouver l’alchimie juste dans les mélanges pour faire de l’original sans faire du discordant, éviter les clichés comme les distorsions trop fortes entre le contenant et le contenu. 

15- Tu avais pourtant trouvé un compromis intéressant, à mon sens, dans ce que j’appelle les « chansons historiques » (celles sur la Hongrie, sur les armées blanches, sur la Grande Guerre…). Comment choisis tu les thèmes traités ? Comptes tu en faire d’autres ? 

Il existe un certain nombre de chansons historiques encore inédites, soit sur des sujets déjà abordés (notamment 14-18) soit sur d’autres thèmes : fin des régimes soviétiques européens, révolte de Tienanmen, campagne de juin 40, divers épisodes de l’histoire japonaise (guerre du pacifique, Hiroshima)… L’histoire est ma passion, il y en aura bien d’autres j’espère, au gré de mon inspiration, qui vient quand je sens dans tel ou tel événement une dimension romantique et / ou tragique. En général, j’aime bien parler des causes perdues, et me mettre à la place du « camp des vaincus ». Car l’histoire est la moins objective des sciences, étant toujours écrite par les vainqueurs….. 

16- Est ce que le fait de parler des armées blanches est un moyen de faire de la petite provocation ? Comme le fait que tu faisais parler de Céline à tout bout de champs comme tu le faisais à un moment ? Je ne comprend pas l’aspect très romantique qu’il y a dans l’aventure des gens qui suivirent Denikine ou Wangrel, mais n’y a t il pas le même potentiel dans l’armée noire ? (en plus, pour les communistes, ce sont les mêmes hèhè !) 

J’adore la provocation, mais je n’en ai jamais mis da n s mes évocations des armées blanches ! Pour Céline, j’ai toujours été conscient de sa dimension sulfureuse, mais c’est pour moi très secondaire en regard de l’immense talent littéraire qu’il représente, l’un des plus fort du siècle, même si je prise nombre d’autres auteurs. Mais il reste un cas à part, il est d’une force jamais égalée ! Je ne connais pas grand chose à l’armée noire sinon. 

17- De même l’anti-communisme de quelques une de tes chansons, si il n’est pas pour me déplaire, passe souvent pour « ambigu » dans nos milieux. Provocation ? Jamais eu de problèmes avec ça ?

J’ai toujours assumé mes positions sur la question, je les assume toujours. 

18- Dans une interview parue dans Earquake, tu déclares : « Qu’on me reproche, au pire, d’être patriote : tant pis, je le suis trop en effet pour ne pas détester ceux qui ont voulu mettre notre pays à genou et contre qui mes grands parents ont combattus » ? Es tu toujours patriote ? N’est ce pas une idée profondément idiote ? Tes grands parents ont ils combattus les allemands ou les nazis ? En quoi leurs actions t’engagent elles ? 

Quoi que mes ancêtres aient pu faire, à quelque époque que ce soit, cela ne me sera jamais indifférent car je pense qu’on peut très bien accepter ou renier, au choix, son héritage familial, mais pas faire semblant de l’ignorer lorsqu’on le connaît du moins. Mes deux grands-pères faisaient partie de l’armée française quand la France était en guerre, ils se sont battus contre l’ennemi, qui en l’occurrence était allemand, et qui en l’occurrence servait le régime nazi, qu’ajouter ? Pour ce qui est du patriotisme, j’ai voulu dire qu’ont pouvait être fier de son histoire, de sa culture, de sa langue, de ses traditions, sans dénigrer celles des autres et basculer dans un chauvinisme de comptoir ou dans le fascisme. J’utilisais ce terme par préférence à celui de nationalisme, trop marqué politiquement. Mais le patriotisme a aussi des relents déplaisants, il fait un peu penser à la première scène du Voyage au bout de la nuit avec cet engouement stupide des français pour le départ des troupes vers une boucherie stupide. Je préfère donc me considérer comme rien du tout. Mais à l’époque, ces propos tenaient surtout pour une réaction d’énervement profond face à un certain état d’esprit régnant dans la scène punk selon lequel il faudrait absolument cracher sur son pays sous peine de passer pour un nazi. C’est inadmissible. Malheureusement, il reste encore des cons pour le penser. [« Y a des types qui sont fiers d’être français ! … Quand je vois les crimes que, nous le populo de France, nous laissons commettre par la sale bande de capitalistes et de gouvernants qui nous grugent… » Le Père Peinard, 1890] 

19- Il y a un côté parisianiste très marqué dans certaines chansons. Considères tu que le reste de la France (puisqu’on raisonne en terme de frontière) n’a pas aussi connu ce que tu décris dans tes chansons ? 

Il y a des textes qui parlent d’atmosphères urbaines qu’on peut retrouver dans n’importe quelle grande ville, d’autres qui font explicitement référence à tel quartier de Paris et à ce qu’il a de propre, Pigalle n’est pas le Luxembourg ni Tolbiac Belleville. J’ai quand même beaucoup exploré cette veine et, sans la renier, je ne la mets plus en priorité. 

20- La chanson « service inutile » sur Rayé de la carte ne dit elle pas , qu’en fin de compte, la seule manière de lutter contre le fascisme est la « fronde », et que l’antifascisme (les « Droit de l’homme ») n’ont jamais rien empêchés ? Pourtant sur une de tes démos, tu t’es dessiné avec un TS No Pasaran, est ce que le temps t’a dépolitisé ? 

Commençons par ne pas tout confondre ! les Droits de l’Homme comme respect de la dignité de la personne humaine (que je partage) et le « droit-de-l’hommisme » bien pensant à la Télérama ( celui que j’attaque dans « service inutile » ), le refus du nazisme avec toutes ses horreurs et l’antifascisme gauchiste, qui considère comme fasciste tout ce qui est à sa droite. Juste un détail, sans enfiler des mouches : le « No Pasaran » n’est pas sur un t-shirt et ce n’est pas moi qui est représenté sur le dessin ! Mais je sais que ce genre de rectification est facile, je ne renie en rien cette K7, comme je l’ai dit, on va rééditer les démos sur CD) et le fait que je déclare m’opposer à un certain nombre d’idéologies totalitaires, même si je regrette que ce genre de slogans aient souvent tendance à être récupérés par n’importe qui, à n’importe quel propos. Quoi qu’il en soit, Paris Violence n’a jamais été un groupe « engagé » au service d’une cause. 

21- Le EP Cauchemar Abyssal me fait penser à du Lovecraft, par exemple Dagon : «Soudain, je vis la chose. Dans un certain remous au-dessus des eaux troubles, elle émergea. D’un aspect répugnant, d’une taille aussi imposante que celle de Polyphème, ce gigantesque monstre de cauchemar s’élança rapidement sur le monolithe, l’étreignit de ses grands bras couvert d’écailles, tandis qu’il inclinait sa tête hideuse en proférant une sorte d’incantation ». Quelles sont tes influences fantastiques, si tu en as ? 

Je ne connaissais pas ce passage mais j’aime beaucoup Lovecraft. En fantastique, je suis fan de Thomas Owen, et en SF de Philip K. Dick. 

22- N’y a t il pas un certain snobisme de parler de littérature et à utiliser plein de mots compliqués, qui ne sont pas l’apanage de la « contre culture » ? De même, le thème de tes chansons semble être passé des quartiers populaires aux quartiers chics, tu t’embourgeoises ? Le punk (ou la Oi!) n’est il pas par essence une musique populaire accessible à tous ? 

La contre culture est ce qu’on décide d’en faire, par essence elle se fabrique sans cesse. Je me fous d’être « accessible à tous », je ne fais pas de l’humanitaire ! Bien au contraire, pour reprendre une expression dont j’ai d’ailleurs fait un titre, qui m’aime me suive ! Quand à « l’esprit bourgeois », c’est tout ce que je déteste et « En attendant l’apocalypse » est sans doute ce que j’ai écrit précisément de plus anti-bourgeois, mais c’est un mépris esthétique et dandy et non « working class ». En ce qui me concerne, je n’ai pas changé de rue depuis « Temps de crise » (et même depuis avant….) ! 

23- Tu parles souvent des prostitués, pourquoi te plaisent (ou te déplaisent ?) elles autant ? N’y a t il pas du mépris dans la façon que tu as d’en parler ? 

J’aime bien les filles des quartiers chauds, comme j’aime les filles en général. S’il y a eu beaucoup de références aux putes dans les premiers disques, c’est qu’elles sont partie intégrante d’un décor et d’une ambiance spécifique, de Pigalle, de la rue Saint-Denis, des bois parisiens. C’étais avant tout un parti pris esthétiste, il y a de tout dans ce milieu, comme dans tous les autres… Ah, désolé, j’oubliais qu’à présent il ne fallait plus dire « pute » mais « professionnelle du sexe » faute de quoi on est très méchant et ça plaît pas à Libération. 

24- Dans Punk Rawk tu fais référence à un courant musical artistique sans le citer. Quoi c’est ? 

Il ne s’agit pas d’un courant musical mais d’un courant esthétique et d’un courant littéraire. Le premier est l’Art Nouveau, ce qu’on appelle aussi le style 1900 ou le Modern Style, Mucha en peinture, Gallé en verrerie, Guimard en architecture… Le second est le mouvement décadent au sens le plus strict du terme, c’est-à-dire un certains nombre d’auteurs de la même époque (années 1880-1910) comme Jean Lorrain, Rachilde, Maurice Rollinat ou Georges Rodenbach, cultivant tout à la fois la luxure, l’élégance et le macabre. Un des livres les plus connus qui témoignent de cet esprit « fin de siècle » est « A rebours » de Joris Karl Huysmans, mais il est paru dans ces années là beaucoup de choses très intéressantes, aujourd’hui souvent oubliées. 

25- Quels projet pour le futur ? Est ce que tu vas continuer dans la veine de « En attendant l’Apocalypse », ou est ce que tu vas penser un concept différent ? Pourquoi pas un album historique sur une période donnée ? 

Pour l’été, outre l’inauguration du zine, est prévu un EP 4 titres qui va effectivement être centré sur une thématique nouvelle, à savoir le Japon, sujet de trois des morceaux, le quatrième étant plus « décadent », dans le veine de l’album. La méthode est souvent la même : faire un disque-concept sur un thème puis passer à autre chose tout en continuant à explorer cette veine dans tel ou tel morceau isolé. C’est une façon de se renouveler tout en créant une continuité. En septembre 2004 doivent sortir deux fourreaux de 2 CDs chacun comprenant respectivement « Mourir en Novembre » (nouveau tirage, légèrement relooké), et « l’âge de glace » (relooké) et « Ni fleurs ni couronnes » (+bonus tracks) et « En attendant l’apocalypse ».

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 Apatride est le fanzine d’Aurélie, jeune bird anarchiste (mais non red !), qui commence à faire parler de lui, en partie parce que sa lecture est très agréable, et en partie car c’est un zine anarchopunk qui chronique de la oi! Des gens n’aiment pas, et c’est très bien car nous on adore ça et on emmerde les abrutis et toutes les sortes de coincés ! Avec Apatride on a fait un mix-zine, et ils nous avaient interviewés dans le numéro 0, donc cet article est totalement du copinage, et si t’es pas contAnt c’est pareil !

Mai 2004

1) Est ce que tu suces ?

Ne fais pas l’innocent, tout le monde sait que si une fille obtient une interview dans un zine, c’est qu’elle a fait une gâterie au rédacteur.

2) Je te demandes ça uniquement parce que tu es une fille bien sûr !

Ben oui je suppose, t’es pas PD toi, t’es un vrai mec viril avec des couilles, blanc et homophobe, comme tout le monde quoi.

3) J'ai cru remarquer des différences de traitements de la part de certaines personnes parce que tu es justement une fille (on va finir par le savoir ! ). Suis-je paranoïaque ?

Oui, disons qu’il y a de la discrimination positive et négative, les deux m’énervant autant. Je pense que je tiens des propos que des tas de mecs tiennent, et j’ai vu des réactions totalement exacerbées quand je les ai tenu, auxquelles des mecs n’ont pas eut droit, eux, alors qu’ils disait la même chose que moi. Je ne citerais pas d’exemple parce que je n’aime pas balancer par zine interposé mais je sais que je considère certaines personnes, pourtant très bien vu dans la scène anti-faf-politisée-mes couilles comme des sous merde sexistes. Des fois t’as vraiment des surprises quand certains révèlent leur vrai nature. Sinon y’en a d’autres qui se sentent obligés d’être sympa afin de motiver les filles à se lancer dans le fanzinat, ce que je trouve un peu bête. Mais bon dans l’ensemble faut pas abuser, la plupart des personnes ont eut des réactions totalement normales, avec qui je n’ai senti aucune différence de traitement. Cela dit mon zine étant à présent mon bébé, et non plus co-écrit avec un mec, il va prendre une tonalité de plus en plus féminine, mais je ne pense pas que cela va le rendre hermétique aux mecs, au contraire.

4) As tu eu des remarques par rapport au quatrième de couv ' de ton numéro 3 ?

Oui, la plupart des gens m’ont dit « elle est charmante cette jeune fille » « tu aurait du la mettre en couv t’aurais vendu plus » bref du très frais et positif, et quelques réactions puritaines « je ne laisserai pas ma copine faire ça »  ou quelques échos féministes bourgeois qui hurlent au sexisme au moindre truc un peu sexy. Sachant pour ceux qui n’ont pas vu la photo qu’ont aperçoit juste une culotte et un décolleté…  Ah oui, y’a aussi des gens qui ont cru que c’était moi . désolé de briser le mythe !

5) Et ça t'aide d'être une fille pour vendre des zines ? Parle nous de ton zine tant qu'on y est  ?  Il y a eu une scission récemment, non ?

Je ne sais pas si ça aide, je ne pense pas parce que y’a pas de photos de moi à poil dedans… peut-être cela rend mon zine plus accessible au public féminin, ça doit leur changer des blagues potaches dignes d’un vestiaire de rugbymen en rut qui composent pas mal de zines masculins. J’essaie de développer l’imagerie féminine dans mon zine en mettant en avant des nanas autres que les seins à l’air dans un coin de page pour faire joli. J’ai envie que les punkettes, birds et autres prennent plaisir à lire mon zine, s’y sentent prise en compte à part entière, ce qui fait pas mal défaut dans certains zines fait par des mecs. Cela dit mon zine plait aussi aux garçons je pense hein ! ça reste un zine qui parle de punk avant tout ! Sinon mon zine existe depuis quelques années, un truc genre trois quatre ans, c’est Rémi un mec d’Orléans qui en est à l’origine. Un jour il m’a appelé et m’a dit qu’il voulait faire un zine à tendance anarchopunk et qu’il aimerait que je l’aide. J’ai donc commencé à faire des chroniques, des questions pour les interviews. Dès le n°1 (après le 0) on bossait à part totalement égale dessus. En parallèle j’ai fait un hors série sexe pendant que Rémi sortait deux compiles CDR punk/HC/ grind et autres trucs bizarres… Une fois le hors série sortit, juste après le mix-zine auquel Rémi n’a pas beaucoup participé, Rémi m’a dit qu’il souhaitait arrêter apatride, ne s’y reconnaissant plus dedans, n’appréciant pas mes propos « trop révolutionnaires ». J’ai donc continué seule malgré une dernière participation au n°3. Le n°4 sera donc entièrement fait par moi. C’est plus de boulot mais je suis vraiment fière de faire un zine qui est 100% moi ! cela dit Rémi et moi ne sommes pas du tout fâché, il a continué à faire un zine « le mouton » de son coté, qui lui ressemble beaucoup plus. On a tous les deux pas mal changé depuis le début du zine, on était très jeunes (Rémi avait 15 ans et moi 17) je me suis depuis intéressé à d’autres scènes que l’anarchopunk dont je ne me revendique plus actuellement (même si avec la oi ! cela reste ma musique préférée) et Rémi c’est plus tourné vers la scène HC, les trucs expérimentaux… continuez tous les 2 aurait plus ressemblé à un « mix zine » qu’à un zine co-écrit. 

6) "trop révolutionnaire" ? C'est vrai que tu parles de lutte des classe ! rhoooo mais les classes, le capitalisme, tout ça ça n'existe plus non ?

Bon déjà je tiens à préciser pour ceux qui ne connaissent pas que mon zine n’est pas un zine politique au sens traditionnel du terme, car je dispose d’un autre support pour exposer mes idées politiques. En effet, je suis anarchiste et membre des Jeunes Libertaires de Toulouse, qui font un zine purement politique. Donc la plupart de mes écrits politiques finissent chez eux, j’écris d’ailleurs rarement des textes dans Apatride, j’en place de temps en temps sur le sexe, le végétarisme, ou d’autres trucs qui n’auraient rien à faire dans le journal des jls. Cela dit, mon zine est le reflet de mes idées et je déteste par dessus tout la langue de bois, donc je ne peut pas dire que je fais un zine apolitique ou simplement musical. Je suis révolutionnaire, pour la lutte de classe, il parait que ça n’existe plus, pour moi c’est plus que jamais d’actualité et ça transparaît dans mes chroniques, mes illustrations… Sans dogmatisme ou intellectualisme petit bourgeois/branlette intellectuelle, je crie simplement ma haine d’être exploité, de ne pas être libre, de trimer pour des personnes dont je conchie les valeurs et la culture. Je n’ai pas une grande culture politique, je ne cite pas du Bakounine toutes les phrases, et je peux parfois sembler manichéenne quand je m’énerve, mais je ne vais pas cacher mes opinions. Ceux que ça dérange peuvent  ou se concentrer sur tout l’aspect musical ou fun d’apatride (c’est un zine simple et accessible à n’importe qui je pense) ou alors ne pas le lire. Tout simplement. Il y a des tas de zines, ça ne sert à rien de hurler contre ceux dans lesquels on ne se reconnaît pas. Et que les groupes qui se revendiquent comme étant politiques ne viennent pas se plaindre si je les démonte à ce niveau là. Tu joues le jeu jusqu’au bout ou tu fais des chansons sur la bière et les potes.

7) mais est ce que parler de toutes ces choses compliquées ne nuit pas à l'unité du mouvement ?

Déjà l’unité du mouvement elle existe pas elle ne veut rien dire et même si tu essaies d’être pote avec tout le monde tu n’y arriveras jamais, donc autant être soi-même et faire le tri après ! Ca attire des ennuis, tu entend des trucs pas possible sur toi (en ce moment il paraît que je suis raceuse, bruit qui court chez les rouges, et chez les apos de droite je suis une droguée qui vit en squat et qui ne connaît rien en musique en dehors des bérus. Bien sûr les personnes qui font circuler cela n’ont jamais lu mon zine). Pas mal de gens estiment que si tu n’as pas les même idées qu’eux, si tu critiques ce qu’ils ont fait, alors tu es un ennemi à abattre. Ces gens là ont une vision totalement manichéenne du mouvement, t’es ou leur pote, ou leur ennemi, t’es avec eux ou contre eux. Alors que moi je trouve bien plus respectueux de dire sur un groupe (par exemple) « bon alors c’est une bonne zique mais politiquement ils disent ça alors que, gnagnagna » ou « c’est bon esprit mais le chanteur chante comme un pied » plutôt que « oui c’est du punk engagé donc c’est génial youpi ! » même si les gars disent 3 conneries à la minute. Enfin tout le monde n’est pas aussi con, il y a des types dans la scène avec qui je ne suis pas du tout d’accord politiquement (régionalisme, patriotisme, communisme, humour douteux, bizness…) qui ont compris que des critiques  comme les miennes n’étaient pas personnelles et permettait à la scène de ne pas devenir un bourbier mou et consensuel.

8) Tu est dans la liste des contacts de l'APF [anarcho Punk Federation], pourquoi ça ? Est ce que tu crois à la carotte comme unique outils révolutionnaire ?

pfrrrr qu’est ce que t’es con, il va falloir encore que j’explique tout sinon personne va comprendre. Oui je suis dans les contacts de l’APF parce que cette organisation m’intéresse, qu’elle fait un travail intéressant, qu’il y a pas mal de gens que j’apprécie en son sein, et que j’essaie d’y participer un peu ; après ça fait 100 ans que je suis pas allé à une réunion, j’assure pas bésef à ce niveau là… Je ne me considère plus comme anarchopunk car ce mouvement a pleins d’aspects qui me dérangent, mais de toute façon je me sens à 100% rien du tout, un peu skin, un peu r’n’r, un peu punk,…  Pour continuer mon avis sur l’anarchopunk, rendez-vous dans 2 questions.

Sinon « la révolution avec des carottes »  comme tu dis, je n’y crois pas du tout (surtout que les gens qui s’en revendiquent appliquent rarement leurs belles paroles à leur vie réelle). Croire que en améliorant ton mode vie, en essayant de vivre le plus possible en dehors du système, tu vas être libre et entraîner une révolution des esprits, c’est selon moi une putain d’idéologie de hippie qui a montré ses limites et ses échecs. Tant que tout le monde ne sera pas libre, on pourra jamais être libre, même en allant vivre sur un île déserte, jamais à l’abri d’une réquisition militaire ou d’une quelconque attaque nucléaire… mais bon la révolution c’est un truc violent et pas bien et les hippies c’est des mecs géniaux, c’est CRASS qui l’a dit, et t’as pas le droit de cracher sur CRASS parce que CRASS c’est sacré (comme ETA, qui c’est bien connu sont de grands apôtres de la non-violence).

9) Bon, maintenant que tous les mous du cerveau auront lâché cette interview depuis longtemps on va pouvoir parler de rock'n'roll tranquillement entre nous, yeah ! (c'est pas toi qui trouves vendetta élitiste d'ailleurs ? je ne suis pas d'accord !). Tu ne chroniques pas que de l'anarchopunk dans ton zine catalogué anarchopunk, c'est y pas incroyable ?

Comme je viens de l’expliquer mon zine a évolué  depuis sa création et est passé de zine anarchopunk (quoique j’ai toujours chroniqué et défendu d’autres courants musicaux) par zine musical tenu par une nana anar, veg et aimant la oi ! et le punk. Ça fait un peu long comme étiquette et ça embête ceux qui voudrait me foutre dans un tiroir et n’en trouve pas de correspondant (ce qui entraîne inévitablement de se faire traiter de faf ou autres qualificatif sympas parce t’as dit qu’evilskin c’était un putain de bon groupe aux idées de merde et que la brigada n’était pas des dieux vivants. D’ailleurs j’ai même pas dit ça dans mon zine, mais je caricature à peine).  Pas mal de zines se cantonnent à un style musical, ce qui n’est pas un défaut si la personne n’apprécie que ce genre là, mais ce qui en est un si c’est parce que la personne s’est mis des oeillères et refuse tout ce qui a une étiquette dont elle ne se revendique pas. De toute façon si je ne chroniquerai que de l’anarchopunk j’aurai pas grand chose à chroniquer surtout que j’aime surtout les trucs français, espagnols, allemands et italiens, mais pas beaucoup anglais. La plupart des zines anarchopunks compensent ce vide en chroniquant du crust, du HXC et autres trucs bruyants que je n’apprécie qu’à petite dose, moi je chronique ce qui compose 60 % du reste que j’écoute, c’est à dire majoritairement oi !/ street punk, un peu de ska et de rock’n roll ; et ce qu’on m’envoie en promo bien sûr. Après y’a quelques trucs que j’écoute que je ne chroniquerai jamais car même une chronique négative ils ne la mérite pas (les trucs commerciaux comme mano solo ou autres chanteurs que j’apprécie, et les trucs RAC dont j’écoute certains groupes tout en conchiant leur idéaux de merde).

10) D'ailleurs ne trouves tu pas que dans les zines « politisés » ou anarkopunks il y a y un singulier manque de critique politique dans les chroniques ? Et que la réflexion politique se résume souvent a du slogan ? Es tu déjà arrivé à parler sérieusement politique avec un anarchopunk ?

Il est vrai que pas mal de zines anarchopunk sont aussi politisés que Mode et Travaux, ne faisant que reprendre des slogans et mots d’ordres vieux de 20 ans sans même chercher à les comprendre (Usa=caca, apo=nazi, ETA= super…) et se sentent obligé d’être enthousiasmé par tout ce qu’ils chroniquent sous prétexte d’aider la scène. Cela donne un résultat insipide qui ne fait pas du tout avancer la scène, au contraire.  Je me suis d’ailleurs intéressé à la scène apolitique suite au manque de réflexion et d’ouverture d’esprit que j’ai rencontré chez les anarchopunks et les redskins (là encore je développerai dans deux questions !). Y’a vraiment pleins d’anarchopunks qui auraient pu être n’importe quoi d’autres et qui sont ce qu’ils sont pour leurs potes, pour se sentir accepté dans un groupe… Et quand j’essaie de creuser le truc se braquent et hurlent que t’es une dogmatique ou je ne sais quoi, ou alors te regardent d’un air hagard et cherchant leur boulette de shit, bref s’en branlent totalement. C’est tout à fait leur droit mais dans ce cas qu’ils ne se planquent pas derrière des grands préceptes politiques. Cela dit il reste des anarchopunk qui ont un niveau de réflexion autrement supérieur, style Street Trash, Totalitarism, Fœtus Party… ou qui tout simplement sont des personnes adorables malgré des idées tournant au n’importe quoi (Future Noir, les P4…). Bref il y a des abrutis et des mecs supers partout, quelle que soit l’étiquette qu’ils se collent (j’ai même rencontré des mecs qui se la pétaient nazi et qui l’était autant que moi, mais bon, c’est plus rare, et c’est pas pour autant des mecs intelligents).

11) Tu chroniques des disques de oi! "apolitique" , mon dieu ! Mais que fait le RASH ?

Je pense que le RASH à autre chose à faire que s’occuper de moi et je l’espère pour lui (même si quelques uns de ses membres m’ont cherché des poux et que chroniquer autre chose que les disques de leur potes est parfois mal vu). J’ADORE la oi ! et j’en écoute beaucoup, je trouve que quand c’est bien fait c’est la plus belle musique du monde ! Alors quand j’en achète ou qu’on m’en envoie ben je chronique. Certains de ces groupes ne vivent pas sur la même planète que moi, certains sont même des réactionnaires qui selon moi n’ont rien de skinheads. (selon moi skinhead=voyou, petit con… termes flatteurs pour moi…). Le terme apolitique ne signifie rien, c’est une scène très riche qui compte les meilleurs comme les pires. Je ne vais pas m’empêcher de chroniquer un skeud sous prétexte que le chanteur s’est embrouillé avec une légende red ou que il parait que sa grand mère s’est fait tondre à la libération. Je juge un skeud à ces critères : musique, paroles, prix, jaquette, attitude assumée du groupe. Pas avec des ragots de chiotte. Si j’apprécie deux groupes qui ne se supportent pas entre eux, je ne vais pas trancher. Ça devient n’importe quoi.

12) Tu vas même au oi! en France, quelle horreur ! Comment c’est par rapport à un concert de la Brigada ? le chanteur ne t’aurait pas insultée ? Parles nous en on adore ça. Parles nous aussi de Jean-Medhi !?

Franchement c’est pas si différent, juste un peu plus (bras ?? ahahah bon c’est nul) tendu parce qu’à un concert du rash les mecs sont confiants, ils savent qu’un mec louche ne sera jamais assez courageux pour se pointer au milieu de tous ces mangeurs d’enfants (ce qui ne les empêche pas de taper parfois sur un pauvre mec qui n’a rien demandé, juste pour se défouler). Au OEF y’a toujours quelques fafs qui se pointent et attendent la fin quand y’a plus personne pour embrouiller les 4 skins (non pas le groupe) accrochés au baby foot… Quand aux bras tendus, ils sont rares, et rapidement réprimé par le grand wagner. Le OEF est juste un rassemblement de neuskis de toutes la France, avec tout ce que cela suppose de petits merdeux, de mecs supers, de gros connards poseurs, de vieux potes retrouvés et de prestations plus ou moins réussies. C’est un endroit où je m’amuse énormément sans toutefois le glorifier aveuglément. Un concert est avant tout ce que son public en fait. En tout cas je n’y ai pas vu plus d’attitude sexiste qu’à une tournée du rash (beaucoup de drague mais ça reste mignon) et pas d’attitude raciste (les gens de couleurs y sont bien accueillis me semble-t-il, en tout cas ils sont là) à part ce que je viens d’évoquer avant.

Pour ce qui est du chanteur de la brigada, on a eu une pauvre embrouille où je me suis faite traiter de pétasse par internet et quand je suis allé lui parler à Toulouse il m’a limite tapé dans le dos, donc preuve en est encore que les embrouilles par internet ne valent rien et que seule une discutions face à face vaut quelque chose. C’est quoi cette question à la con ? Tu crois que ça intéresse quelqu’un ? [si vous vous étiez battus, certainement !]

Quand à ce pauvre jean-medhi n’en fait pas une icône, je ne pense pas que ça lui plairait. C’est un gars super gentil, je lui dis bonjour d’ailleurs. Disons qu’il est comme d’autres skins dit « apo » que j’ai rencontré : il jouait dans un groupe de oi ! aux paroles débiles, sans aucune revendication politique, et il s’est révélé être la personne avec qui j’ai parlé le plus politique à un concert, et dont la culture anarchiste et la radicalité écrasait la mienne à plate couture. J’ai d’ailleurs raté la moitié de last ressort à cause de lui ! bravo !

13) L'antifascisme est un truc assez vendeur, mais n'est ce pas une limite politique énorme ? Combien de fois entend ton "ils sont antifasciste donc ça va" ! C'est totalement anti politique cette façon de "raisonner" ! non ? (leçon n°1 : comment transformer une phrase en question)

je n’en sais rien si c’est anti politique, au contraire je trouve ça très politicard : « votez pour nous on est des  escrocs et des assassins mais c’est nous ou les nazis ». Des groupes qui sont apprécié juste parce qu’ils sont anti-fasciste c’est assez rare quand même (la star ac c’est anti faf aussi par exemple) même si la chanson anti fn a encore son petit succès [je ne suis pas sûr que ça soit exactement le sujet]. Je pense juste que le mot « facho » est utilisé à tort et à travers. Certains groupes de oi ! par exemple sont clairement anti-racistes, mais se font traiter de faf quand même, alors qu’il y a pleins d’autres critiques à leur faire qui elles auraient un fondement : ce groupe là est nationaliste, ce groupe là est homophobe, ce groupe là est régionaliste… Mais ce sont des distinctions trop compliquées pour ceux qui voudrait que les barricades n’aient que deux cotés. Je pense que les individus sont plus complexe que cela, et si certaines choses sont impardonnables, d’autres méritent la discussion, le dialogue et non pas des raccourcis douteux.

14) Au fait, j'ai oublie de te demander de te présenter, oooups !

Alors moi je suis Aurélie, 20 ans et demi (je suis née le 11 dec 83 si vous voulez m’offrir des cadeaux) et cette année je fais des petits boulots pour me payer mon année de fac d’histoire l’an prochain  voilà ça c’est pour dire que la working classe ça me connaît hihi. Je vis à Toulouse con, mais ça devrait plus durer longtemps.  J’ai deux rats obèses (panik ou argy et moustic ou bargy), un chouette amoureux, des chouettes amis, je ne mange pas d’animaux parce que j’aime tous les petites animaux à part les punaises, je suis une victime de la mode punk et skin dans laquelle partent tous mes sous avec ceux des disques, j’aime manger des cochonneries, faire des cochonneries, écouter des cochonneries, boire des cochonneries. Sinon je fais un fanzine pleins de cochonneries diverses dont je suis très fière, j’ai essayé la zique mais je suis tout le temps tombé sur des sombres cons, donc voilà c’est la seule chose que je sais faire, mais c’est déjà pas mal non ? Sinon j’aime aussi beaucoup le cinéma, la bande dessinée et les bouquins, mais comme tout mon fric par dans les vinyles, les fringues et apatride, je n’assouvis pas beaucoup ces passions. Et j’adore manger mon vermicelle avec une paille, vous devriez essayer c’est très rigolo, les petites lettres passent dans la paille.

15) Parlons de ton hors série sexe. Pourquoi ? pour qui ?  Quels retours a tu eu ? Ovidie ne sert elle pas uniquement de caution anti sexiste au patron Marc Dorcel ?

J’ai eu envie d’interviewer jean louis costes, le menstruel et ovidie au même moment. C’était à une période de ma vie où ma sexualité était en train de connaître de grand bouleversements, où j’ai enfin assumé ma bisexualité et mon infidélité chronique. L’idée d’un hors série n’a donc pas tardé à germer dans mon esprit. Dans l’ensemble j’ai eut les retours auxquels je m’attendais, peut être un peu moins violents (à part quand j’ai mis le lien sur le relou bar et que des fafs m’ont menacé de mort si j’apprenais à leur fils à se palucher, chose qu’il doit très bien faire tout seul le fiston). Avec le recul je le trouve un peu trop brut de décoffrage, un peu trop « j’ai la vérité » mais dans l’ensemble j’en suis fière car c’est la première fois que je vois un zine faire ça et que je n’ai pas sombré dans le féminisme bourgeois ou le cul racoleur. J’ai pu balancer plein de trucs qui me pesaient sur le cœur. Maintenant je suis plus calme, plus sereine, mais mes idées n’ont pas beaucoup changées.

Sinon je ne connais pas Ovidie personnellement même si j’ai un peu bossé dans le milieu porno et que j’y bosserai sûrement encore, mais les contacts internet et téléphoniques que j’ai eut avec elle m’ont donné l’impression d’une personne sympathique, intègre et modeste. Comme elle l’a dit elle même, je pense que Marc Dorcel se cogne complètement d’avoir une caution anti sexiste ou intello. Il fait son bizness, qui marche, et c’est tout. Je ne pense pas que le porno soit si sexiste que cela, en tout cas je pense qu’il fait beaucoup moins de mal aux femmes que la pub ou la religion. Et il a réussit à banaliser l’homosexualité féminine chez pas mal de gens. Il pourrait être un formidable outil d’éducation sexuelle. Et puis faire l’amour devant un porno c’est vachement sympa non ? Surtout un avec ovidie, qui est une femme très désirable.

16) Que penses-tu d’internet, des forums, des sites…

Je pense qu’internet a des avantages au niveau diffusion de plein de choses et il permet de communiquer avec des gens de la terre entière. Il a néanmoins créé un putain de mouvement cyber punk que je conchie totalement avec des kids qui ne font que télécharger des morceaux, se branler sur des forums, et ne sortent jamais dans un concert, n’achètent jamais un zine…  Internet est également, comme on l’a vu avec mon embrouille pourrie avec matéo, un lieu où les esprits s’échauffent très vites, planqués derrière un écran. Les bastons à coup de barre espace c’est fini pour moi. Je m’occupe en y faisant des petits tours, je m’en sers pour faire de la pub pour apatride, mais j’essaie de ne pas lui donner une trop grande  importance dans ma vie. Au niveau des forums, j’apprécie le relou bar pour son dynamisme et son humour, et celui de dynamite pour la qualité de pas mal d’interventions. Je fréquentais le red forum mais on m’a virée !

17) Des projets, d’autres activités ? Je te laisse conclure.

Je prépare le numéro quatre qui sera sûrement sorti quand vous lirez ces lignes. Tenez vous au courant en allant sur le site ou en m’écrivant, j’adore recevoir du courrier ! je prépare aussi une compile en co prod avec Rémi et un jeu de 7 familles « militants ». Sinon j’attend de devenir riche pour sortir des vinyles et organiser des concerts !

Bonjour à tous mes amis, à mon bébé, à ceux qui me soutiennent d’une quelconque manière que ce soit, aux gens qui se bougent et qui restent ouverts d’esprits.

Merde aux lécheurs de culs, aux rock-stars et à ceux qui m’ont trahis.

Et surtout un grand merci à toi François pour m’avoir laissé squatter ces quelques pages. C’est ma première interview et ça m’a énormément amusée !

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 Pour dire les choses crûment, Fœtus Party est, avec UrBan Blight et René Binamé, un des rare groupe d’expression francophone dont les textes, la musique et la démarche me siéent très bien, espérons que ça durera. Donc je leur pose quelques questions, pour que vous puissiez vous même vous rendre compte de leurs degré de causticité.

Juin 2004

1) Un petit historique s’il vous plait. Pour un groupe mort, on entend beaucoup parler de vous !

Sarah : On s’est formés en 1994, on a sorti une démo K7 en 96 et fait quelques concerts, surtout dans notre ville et aux alentours. A cette époque on été tous militants dans la même ville (Tours), alors on organisait des concerts entre 2 manifs et 3 textes, en 1999 on a eu l’occasion d’enregistrer un album CD en home studio, qu’on a sorti en total DIY (pliage des pochettes, gravage un par un des Cd, auto-distribution....) Après Sam est parti à Lille, alors on a splitté. Puis au bout d’un an, on s’ennuyait et l’album commençait à se vendre, alors on a refait des concerts, en sortant un peu de chez nous cette fois ! Puis on a enregistré notre premier concert avec les Pekatralatak (en 2001) qu’Apache a sorti (pareil, en DIY, avec toujours pliage et gravage à la maison !) et là a commencé une grande carrière internationale... en Euskara !! Bref, on a joué pas mal de fois avec les Pek, et après 3 concerts aux Tanneries à Dijon, Maloka nous a proposé d’enregistrer un vinyle au début d’année 2003 et voilà, on en est là !

Samos99 : Bon, ça c'est  pour l'historique, version officielle émanant du Comité Central du FoetusParty. Après, sur le fait qu' "on entend beaucoup parler" de nous malgré le fait que nous soyons un "groupe mort" cela tient moins à notre stratégie commerciale misérabiliste (réussir une carrière posthume) qu'à une certaine nécrophilie qui n'est qu'un des aspects caractéristiques de la rédaction de VENDETTA.

 2) Le nom de votre groupe fait référence à un bouquin de SF. Etes vous des amateurs de SF ? Partagez vous l’analyse qu’il y a une forte connotation anti-capitaliste dans cette littérature ?

Yom : Par définition la SF met en scène un monde « alternatif » au nôtre, elle présente toujours des utopies ou des contre-utopies. J’ai l’impression que pendant la guerre froide la SF tournait souvent autour du totalitarisme, du pouvoir d’Etat tandis que dans les ouvrages récents (à partie des 80’s) les multinationales et le libéralisme en prennent souvent pour leur grade. Mais bon, en fait, pouvoir d’Etat ou pouvoir économique, il s’agit toujours de la bourgeoisie. La SF, c’est pas mal lutte de classe en fin de compte. Dans le dernier bouquin de SF que j’ai lu (« Les Dépossédés » de Ursula Le Guin, 1980) y’a carrément une histoire de planète entièrement gérée de manière anarchiste contre une planète où règne la propriété. [En fait elle a obtenu le prix Hugo en 1975 pour Les Dépossédés, la traduction française date peut-être de 80. Elle est aussi membre des IWW]

Samos99 : Sur les rapports entre la SF et la critique sociale (voire socialiste), il y a de quoi écrire une série de brochures... remplies de propos pontifiants de spécialistEs auto-proclaméEs, de pinailleries sur la définition et la portée du sujet, et de la mauvaise foi qui caractérise trop souvent les rapports dont font preuve les anarchistEs qui causent de la même chose... Je me souviens de débats passionnés sur le portée "subversive" du film STARSHIP TROOPERS du "sulfureux Verhoven" dont le scénario n'était qu'une adaptation du roman "Etoiles, garde à vous !" que R. Heinlein avait écrit lors d'une de ses crises de paranoïa MacKarthiste (au secours ! les méchants communistes veulent nous envahir...). Oui, je "sors ma science " et j'en profite même pour régler des comptes.... Et ce n'est qu'un exemple de production SF à "connotation anti-capitaliste" avoisinant le zéro. Pour caricaturer, la majeure partie du commerce SF peut se résume à un recyclage de récits qui n'ont d' "exotiques" que le décorum (un problème technique sur une expédition extra stellaire à la place d'une panne d'essence sur l'autoroute, des robots qui parlent au lieu du formulaire Assedic, des pilules protéinées à la place d'une cuisse de poulet...).

        Pourtant la SF (Science Fiction ou Fiction Sociale ? ) trouve une de ses origines dans le "roman d'utopie", à l'image d'un Thomas MORE (XVIème siècle) relatant les voyages d'un protagoniste visitant et décrivant des sociétés  imaginaires (situées "nulle part", en "utopie"... histoire que l'auteur ne se mouille pas trop) qui sont étrangères ou s'opposent aux  formes sociales existantes. Dans cette même veine on pourra également citer Swift "Les voyages de Gulliver"... Par souci  ou non de se préserver de la répression, un certains nombre d'auteurs se contentent d'"imaginer" des sociétés fictives mais cohérentes... charge restant au/à la lecteur/trice d'interpréter les contradictions entre réalité sociale et utopie.

        Autre source majeure de la "Fiction Sociale": une certaine "contre-utopie", l'ANTICIPATION. Plutôt que de décrire des alternatives au système actuel pourquoi ne pas pousser ce  dernier dans ses contradictions, histoire de le discréditer ? L'anticipation c'est demain levéE 5h00 avec un gros mal tête : ça ressemble à aujourd'hui en pire ! On peut citer 1984 (Orwell), et Kafka (Le Château, Le Procès)... mais aussi Brunner, Spinrad et Ballard qui poussent à leur  paroxysme les tendances actuelles (urbanisation, médias, écologie, ...) [Je ne suis pas tout à fait d’accord, contrairement à ce qu’on croit souvent, 1984 n’est pas une anticipation mais une SATYRE. Et le camarade Franz ne faisait que décrire ses sensations du monde dans lequel il vivait…].  

 3) Il y a des militants politiques dans votre groupe ? C’est plutôt rare dans le milieux non ? Est ce que c’est pour ça que vos texte sont politiquement d’un niveau supérieur à ce qui se fait autrement ?

Yom : La particularité de nos textes c’est qu’on les écrit à trois autour d’une table, qu’on y passe beaucoup de temps, et qu’on se crêpe le chignon pour chaque virgule. On pond des textes plutôt théoriques. C’est peut-être cet aspect théorique et impersonnel que tu appelles «politiquement d’un niveau supérieur», camarade. On est (ou on a été) militantEs dans des groupes anarchistes ou gauchistes, ça laisse des traces. On s’attaque à un thème quand on le maîtrise bien et on essaie d’aller au fond du sujet. Nos thèmes de prédilection sont l’impérialisme, le patriarcat et le côté aliénant de la vie moderne, la dépossession de soi. Peu de chansons à la première personne chez Fœtus Party, on est pas très « émo ». J’aime bien gueuler des chansons anti-flics dans la rue, mais c’est pas ce que je me sens d’écrire avec Fœtus Partoche..

Samos99 : Hein !?, des militantEs politiques dans FoetusParty... Ah ah, je le savais bien que c'en était des Bolcheviques Moscoutaires ! Effectivement, FoetusParty était exclusivement composé dès le début de militantEs anarchistes ditEs "organiséEs" au sens où nous étions actifVEs au sein d'un groupe (le GROupe LIbertaire de TOurs) qui était affilé à la FA et à NO PASARAN. D'ailleurs, c'est par ce biais là que nous nous sommes rencontréEs.  Pour autant, le fait même de jouer/jouir (j'adore insérer des "/" un peu partout, ça fait pseudo-intello marxiste qui a raté par  pur romantisme sa première année de sociologie à la Fac... là je me moque un peu à cause que j'ai fait des maths) avec FP (mettre "FP" à la place de "FoetusParty" ça kiff' trop grave méchant du style BR-PCC, CGT-FO, RASH ou CNT-AIT... [Tu admettras que Fœtus Party est un peu moins long à écrire que Confédération Nationale du Travail section française de l’Association Internationale des Travailleurs]) implique de participer à une scène DIY (les parenthèses c'est giga néo-situ'... du style "je te re-explique ce que tu sais en le réifiant") et de tenter de la développer. Ce qui fait de nous des "militantEs" qui s' "organisent" au même titre que les indigentEs qui vivent dans des lieux SANS PAYER DE LOYER, ou les handicapéEs de l'ouïe qui organisent des manifestations BRUITISTES où l'alcoolisme du public cède le pas à l'indigence musicale des fanfares qui s'y produisent, ou encore d'autres qui s'IMPROVISENT "JOURNALISTES" et  déversent leur bile dans des publications hasardeuses et d'un ton général plus que douteux (dont l'infâme torchon "Vendetta" n'est malheureusement qu'un exemple). Comme,  en plus, on a la fâcheuse habitude de sortir tout plein de mots méchants comme "patriarcat", "impérialisme", "aliénation", "domination", "élections" et de dire du mal de Monsieur l'Ambassadeur et de Madame au nom d'insanités comme "anarchie"ou "révolution sociale"... et bien qu'on nous traite de "politiqueEs". Le plus affligeant étant qu'il est plus que fréquent que dans ce "milieu" les gens tiennent des propos séditieux et agissent en dépit de la Loi, de l'Ordre et de la Morale. Il en est même qui adhèrent à des sociétés de comploteurSEs ou fréquentent des syndicats factieux... C'est dire où va la France !

            Après, la recette du FoetusParty pour obtenir des textes "politiquement d'un niveau supérieur à ce qui se fait autrement" (et d'une)  est fort simple  : recopier des bouts de phrases tirées au hasard d'articles indigestes du  "Monde Libertaire", de "Courant Alternatif", de "Reflex", de "Vendetta" (et de deux) ou du "Combat Syndicaliste " [lequel ? hahaha]. Sans rire, avec une telle question, j'espère que la Rédaction de VENDETTA va enfin sortir un "Hors-Série d'Eté - Spécial Jeux" avec le grand test "Compare ton Quotient Politique avec celui de FoetusParty et gagne une mobylette "... [Tu vas être comblé…sinon c’est vrai que je ne me souvenais pas d’avoir tourné cette question d’une manière aussi maladroite !]

 4)Vous semblez assez impliqués dans l’APF, on peut avoir quelques explications ? Cela veut il dire que vous soutenez politiquement les propos qu’on peut y lire ?

Sarah : On participe effectivement à l’Anarcho Punk Fédération, en tant que Fœtus Party on a joué à Dijon pour un concert APF et à Lille pendant la tournée de l’APF en 2003, on a aussi fait un morceau (inédit) pour la future compil qui regroupera des anarcho groupes récents et plus anciens, qui devrait être gravée sur CD et agrémentée d’un beau et épais livret avec des historiques, des paroles, des textes… et qui devrait voir le jour au 21ième siècle ! On s’investit aussi individuellement , sur Tours avec Apache on a organisé deux concerts APF et je m’occupe de contacter les groupes (vivants, je te laisse les morts !!) qui participeront à cette fameuse compil et de regrouper leur matos. On essaie d’être présents quand on peut aux réunions mais c’est vrai qu’on a pas écrit une ligne dans le fanzine Contre Culture ! Mais ce n’est pas parce qu’on n’est pas d’accord avec ce qu’il y a dedans, perso c’est que je suis fainéante, je pense que ce fanzine est intéressant  parcqu’il est varié, que chacun y met ses textes (et qu’ils sont signés d’une personne et pas de l’APF), ses histoires, ses lectures et ses chroniques, et qu’il n’y a pas de « ligne éditoriale », rien d’imposé (à part l’antifascisme, antisexisme, antiautoritarisme… youpi youpi vive l’Anarchie, ce qui rassemble les membres de l’APF à la base).

Samos99 : Nous sommes diversement impliquéEs dans l'APF, Sarah étant la plus active. Evidemment, l'APF étant une Organisation Dogmatique, la Discipline du Parti m'impose de défendre tous les propos tenus dans l'organe officiel  "Contre Culture". Les individus qui se permettent de critiquer la ligne éditoriale ne sont que des révisionnistEs petitEs-bourgeoisEs visant à déstabiliser la nécessaire hégémonie politique de  l'APF.

 5) Vous êtes le seul groupe à ma connaissance à avoir des textes anticitoyennisme ? Pourquoi c’est pas bien d’être un bon citoyen ? Vous êtes pas allé voter Chirac ? Est ce que c’est un discours présent dans le milieu  ?

Yom : De quel milieu est-ce que tu causes ? [C’est vrai que je me demande si j’ai pas oublié un morceau de la question…] Le groupe est plutôt sur des positions « lutte de classe ». Alors le citoyennisme, son appel à reprendre en main les outils « démocratiques » des Etats bourgeois, en éludant la question centrale de la propriété privée ça nous intéresse pas trop, voire ça nous agace carrément et on le chante ! Dans le milieu anarko-punk, cette question est assez claire et tranchée. Dans le milieu punk en général je sais pas trop, y’a quand même un rejet de l’altermondialisme et compagnie j’ai l’impression.

Samos99 : C'est quoi ce nouveau mot "anticitoyennisme"... à part du verbiage social-démocrate pour stigmatiser, catégoriser et minimiser l'action de ceux/celles qui ont décidé d'en découdre avec l'Etat  et ses actionnaires ? Evidemment nous ne serons jamais des citoyenNES d'aucune société tant qu'elle sera basée sur la domination et l'exploitation. Les foutaises du style "Démocratie Participative"  (...jardin communautaire pour le quartier!? C'est bien, c'est "social", mais dans 3 mois la mairie en fera un parking....) voire les inepties  genre "Contrôle Citoyen" de l'OMC/FMI/etc... ('y paraît que les pauvres peuvent influencer les bourgeoisES) : on n'est pas prêtEs d'y croire. Et cela n'a rien d'original, on n'est pas les seulEs  à refuser de cautionner tant la démocratie représentative bourgeoise (A BAS L'ETAT !!) que les efforts d'une certaine "gauche" qui n'a de fond de commerce qu'un mythe (le réformisme social) et qu'une réalité : la COLLABORATION DE CLASSE.

 6) L’« anarcho-independetisme » a plutôt bonne audience dans le milieu, bonne chose ? Il me semble avoir entendu de la bouche de l’un d’entre vous quelque chose qui parlait du « droit fondamental de parler la langue de ses ancêtres » ! Montjoie ! Saint Denis ! Boutons ses sauvages qui écorchent la langue de mes aïeuls !

Yom : Le fait est qu’on vient de régions à faible identité locale, au centre de l’Etat français, proche de la capitale, donc on a pas été influencé par les idéologies indépendantistes. Non sérieusement, on est internationalistes avant tout. Les luttes de libération nationales sont un faux problème. Le centralisme culturel est un méfait du capitalisme. Mettons fin à l’exploitation et au système de classes et parlons toutes les langues qu’ont veut !

 7) Un dix pouces est sorti, quoi d’autres de prévu ?

Yom : Un dix pouces on peut aussi appeler ça un vingt-cinq centimètres si on veut utiliser les unités de mesure de « la langue de ses ancêtres ». En projet : un DVD du making-of de l’album dans la chambre à Yomp3. Un side project sataniste black metal de Samos99. Un album de reprises de Dalida par Sarah.

Samos99 : Après la sortie du dix pouces (merci MALOKA), mon plus grand projet qui me tient à cœur vraiment très fort c'est d'imprimer le livret du dix pouces et de le mettre dedans (y'a eu un petit contretemps à ce niveau là, mais rien de grave, ça le fait quand même). Sinon y'a aussi aller en Sarah Mobile (cette bagnole tu peux pas la louper, elle est rouge comme un drapeau rouge) dans des endroits où qu'on peut brailler nos conneries devant des gens et qu'on peut y boire de la bière gratos pasqu'on est du genre "invitéEs". Mais faut aussi qu'on mette pas que les K7 de YomP3 dans l'autoradio pasque parfois c'est un peu chiant. Et puis y'a aussi acheter ou mieux apprendre à fabriquer des cordes pour les guitares pasqu'on les casse souvent pendant les concerts et ça fout la zone genre minable et Sarah elle est pas contente et elle se tire de la scène pour aller boire de la bière. Et puis y'a aussi écrire des nouvelles conneries pour mettre des "poum tchak tchak" et des riffs genre énervés dessus histoire de pouvoir se la jouer en concert style "Le prochain morceau, c'est un nouveau morceau " pasque j'trouve que ça fait cool (de mon point de vue) un peu  comme les P4. Faut aussi qu'on pense à demander aux autres groupes avec de la diplomatie si on peut pas leur taxer un ampli de gratte pasqu'on est un peu à la dèche à ce niveau, mais tu vois genre provisoirement juste le temps de faire notre set. "Set" j'aime bien comme mot, c'est comme "Play List" ou "Jack", j'trouve que ça sonne un peu comme "on est un groupe de rock, on fait du rock" tu vois, ça fait partie des choses que j'ai un peu en commun avec Angus Young. Après dans les projets qu'on a y'a aussi les gros trucs du style la grève générale, insurrectionnelle et expropriatrice, l'abolition de l'état, des frontières, de l'exploitation capitaliste, de la domination patriarcale, etc... un peu le genre de trucs qu'on dit dans nos chansons qui sont en général politiquement d'un niveau supérieur à ce qui se fait autrement" (et de deux). Enfin quand je dis les "gros trucs" c'est surtout pour dire que c'est des trucs qu'on va pas arriver à faire toutEs seulEs avec juste Sarah, Yom et moi. Tu vois, par exemple, pour le truc de la grève générale, comme Yom il est chômeur il peut pas vraiment la faire, mais ça l'empêche pas de filer un coup de main pour les autres trucs. Après, si tout le monde s'y met, je pense que y'a moyen que ça fonctionne.

 8) Vous avez fait pas mal de trucs avec les Pekatralatak, ça vous amuse de gueuler Gorra ETA Militara ?

Yom : Oui, ils nous font beaucoup rire.

Sarah (7 et 8) : Pour l’instant pas grand-chose, ya quelques endroits ou on aimerait faire des concerts, mais vues  nos disponibilités respectives, c’est pas facile de s’y caler ;  on a l’intention de faire un disque de reprises avec les Pekatralatak mais on sait pas quelle année (au fait, on reprend Gorra ETA militara ?!! Mais en Euskara alors ! Ah ouais, avec un couplet en Breton !)

Samos99 : En réalité ce sont surtout les P4 qui ont fait pas mal de trucs pour nous. Nous permettre de squatter leurs concerts, leur public, leurs bières, voire même une fois leur cagoules, ça c'est une véritable preuve de solidarité  (ou de pitié). Après, même si je  préfère leur histoire de petit renard qui court dans la forêt, ça m'amuse aussi de gueuler "Gora ETA Militara" surtout parce que je ne partage pas les bases idéologiques et encore moins les stratégies d'ETA. Evidemment c'est aussi bien de la provo' punk à deux roubles qu'une lourde contradiction  personnelle qu'il me faut résoudre avec les conseils d'un bon commissaire politique.

 9) Et à Tours alors il se passe quoi ? C’est quoi Apache ?

Yom : A Tours, on s’ennuie, on s’amuse, on boit, on cause, on se fait exploiter, on se drague, on va aux concerts, on s’engueule, on va au ciné, on chaparde dans les magasins… comme partout non ? Sinon Apache est une tribu amérindienne du sud-ouest des Etats-Unis, pourquoi ?

Sarah : Apache c’est une asso, basée à Tours, qui existe depuis 4 ans maintenant, on avait l’intention d’ouvrir un lieu mais comme on est plus que 2,5 dans l’asso, c’est pas gérable ! Alors on se contente d’organiser quelques concerts, on tient une distro, on a un site (apache.ouvaton.org) pas toujours mis à jour, on fait une émission de radio avec d’autres gens. Les autres gens c’est : Le Collectif des jeunes qui s’emmerdent (mais en fait il est tout seul !) qui fait aussi des concerts, plus émo-post-harcore-punk ; Dal Basso qui est plus branché Oi-street-punk-ska et qui fait concerts et distro et peut-être bientôt label. On se file des coups de main aux différents concerts, on s’invite à tenir une table de presse…et aussi avec Music pour cheat people (ex-Urban Struggle) qui est dans le crust-grind-core. Quand on n’aide pas à l’organisation, on fait public les uns des autres ! Un jour on a essayé de faire un truc collectif organisé, avec les assos et d’autres individu-e-s,  mais ça a été un grand fiasco (concert avec un groupe merdique pour contenter tout le monde, gros trou financier épongé par Apache, désespoir collectif…) donc on préfère faire chacun notre truc et s’entraider quand ya besoin ! A Tours ya pas un gros public pour tous ces concerts DIY, on a vu des soirées à 4, d’autres à 70 mais la vraie moyenne, c’est 20 ! Mais comme on est têtu-e-s on continue !

[c’était la question bateau numéro 1, je ne veux pas perdre mon statut de zine musical]

 10) Ca fait quoi d’avoir une fille au chant ? ça fait vendre ?

Yom : C’est marrant parce qu’on dirait que ta question est adressée aux mecs du groupe, et pas à Sarah. Une fille au chant dans Fœtus Party c’est pour le sex-appeal. On sait bien qu’une énorme partie du public punk est mâle et hétérosexuelle. Je sais pas si ça fait vendre des disques pass’qu’on aime pas trop mettre nos jolies frimousses sur les pochettes, on préfère mettre des têtes de patrons. Mais Sarah fait peut être venir des gens aux concerts, les filles qui font du rock, c’est super-excitant non ? [en jupe encore plus] Sinon, avoir une fille au chant ça fait rien de spécial.

Sarah : …J’ose même pas répondre ! Si ta question est sérieuse, je ne pense pas que mon sexe à piles fasse vendre, celui de la boîte à rythme est beaucoup plus développé !

Samos99 : Parce qu'il y a quelqu'unE qui chante ? Vrai ? C'est sympa... surtout pour Sarah. En plus c'est une fille ? Dingue ?! Y paraît même qu' y'en a plein d'autrEs "filles" qui jouEnt, chantEnt, dansEnt dans des groupes/troupes, organisEnt des concerts, tiennEnt des distro', ouvrEnt des squats, écrivEnt des tracts, publiEnt des zines, manifestEnt, conduisEnt des voitures, se réunissEnt pour comploter, boivEnt de la bière, font la grève, s'émancipEnt et s'épanouissEnt, etc ... et qui n'ont même pas attendu l'autorisation condescendante des "garçons" pour le faire!!!

[c’était la question bateau numéro 2]

 11) Vous pensez quoi des groupes de oi ! apolitique ? (cette question m’a été imposée, je n’y suis pour rien ! NdV)

Yom : Moi j’aime bien Angelic Upstarts, mais ils ont fait « England », et Cock Sparrer, mais ils ont fait « England Belongs to me ». Les mods et les skinheads, ils avaient un problème avec le nationalisme non ? Le revival oi autour du RASH ça nous concerne pas trop. Ambiance trop « virile ». La oi c’est le punk sans les filles et les pédés. C’est des grands gars qui s’auto-persuadent qu’ils sont des grands gars. Et faut pas les embêter. C’est l’impression que j’ai. Et c’est pas trop notre truc. Au début du punk, une frange du mouvement s’amusait à détruire les genres. Tout ça est bien loin. Mais les skinheads ont très bon goût en reggae et en soul. Dommage pour la oi et la glorification des genres.

Sarah : Alors, t’as un souci pour auto-gérer tes questions ? [en fait la remarque se reportait à une partie de la question qui a été supprimée] La oi apolitique, je suis pas sûre que ça existe, dans ce que j’ai pu en entendre ya toujours au minimum un vilain relent de patriotisme, d’homophobie haineuse ou de sexisme vulgaire. En gros les skins apos c’est des beaufs racistes qui ont troqués leur casquette Ricard et leur short Monoprix contre un uniforme Fred Perry (mais malheureusement, j’ai trop souvent la même définition pour les redskins !!).

Samos99 : Franchement, c'est pour moi la fin d'un mythe. Où est passée la proverbiale "Liberté de Pensée" de la Rédaction de VENDETTA (et de trois) ? Où est passée l'impertinence politique qui faisait de VENDETTA le tison le plus incendiaire depuis le "Père Duchêne" ?... En lisant cette question j'ai flippé et tout imaginé, y compris le scénario le plus improbable : un commando de Red SkinEs débarque à la rédaction de VENDETTA, séquestre les anarcho-punkEs et force - l'arme au poing - le ou la plus trouillardE d'entre vous à taper cette question. Voulez-vous que nous prévenions Amnesty International ? [chut moins fort ils pourraient revenir ! C’était horrible, j’ai du garder les bras croisés tout un journée en écoutant la BFM !]

 Après je pense que les goupes de Oï font de la Oï, d'où leur style qui s'appelle de la Oï [voire de la oi!]. Si certainEs veulent brandir cela comme identité, pourquoi pas... pour ma part je préfère l'anarchisme. En plus, même si j'accroche souvent musicalement, j'ai surtout beaucoup du mal à m'identifier au modèle "Jean's feu-de-plancher" + "calvitie intentionnelle" + "Je règle tout à coups de poings/BarreDeFer" : un skin ça me fait peur, et quand certains me disent "on est du même côté" ça me rassure qu'à moitié...  j'dois pas être assez "viril". Quant à la scène dite "apolitique" elle n'est souvent qu'un défouloir  pour  des petitEs  fachos qui n'attendent qu'un nouveau Führer pour enfin oser lever le bras droit.

 12) Quand c’est qu’on vous voit dans Punk Rawk ? Et dans Tracks ?

Yom : Oh non ! On vise mieux que ça. On veut la couv’ de Rock’n’Folk et une interview fleuve avec Philippe Manœuvre et des photos où on pose devant des murs délabrés. Et puis un passage télé aux jeux de 20h. Sinon rien.

Samos99 : C'est dingue l'envie qui semble posséder la rédaction de VENDETTA de devenir l'organe officiel des "Bo-Bos" anarcho-punks : vouloir vous comparer à des pros comme Punk Rawk et Tracks ça pue l'absolution... [tu es très méchant, Vendetta est quand même bien meilleur que Punk Rawk !] pourquoi pas un spécial "Anarcho-Punk en 2004" réalisé en commun avec la rédac' de TELERAMA ? Merd'alors, ce genre de plans minabloïdes-underground ne risque pas de nous arriver, faut voir notre zone : on est touTEs justes capables de se faire interviewer par VENDETTA, on risque pas de faire les pages culturelles de LIBE'.

 13) Vous n’avez pas de site Internet, n’est ce pas un frein au développement d’un groupe ? On en vous vois même jamais sur les forums ou autre. Avez vous vraiment une présence si vous n’existez pas virtuellement ?

Yom : Wah ! « Avez vous vraiment une présence si vous n’existez pas virtuellement ? » c’était pas une question au bac de philo ça ? En tous cas ça serait bien qu’on ait une page internet pour y mettre nos textes et tous nos morceaux en mp3 téléchargeables. Le téléchargement libre c’est incroyable, c’est un îlot de communisme, ici et maintenant ! Le communisme c’est Napster à l’échelle de la société tout entière : donne ce que tu peux et prends ce dont tu as besoin. Sinon un site avec bio, disco et news quel intérêt ? En 10 ans on a rien fichu et on est beaucoup trop feignants pour s’en occuper réellement. Je crois que c’est le groupe lui-même qui « existe virtuellement ».

Sarah : On a l’idée de faire un site avec les pochettes, les livrets et la musique téléchargeables …dès qu’on aura splitté une deuxième fois !

Samos99 : Un web-site de FoetusParty c'est pas prêt d'exister, surtout par incapacité technique ! Et puis, y'a une nouvelle loi (la LEN) qui devrait forcer ceux/celles qui hébergent des sites à être garantEs des propos qui y sont tenus et encore mieux (tiens-toi à ton zine !) à recueillir les plaintes des poujadistes-néo nazis qui se sentiraient choqués par le contenu du site voire même à leur donner un droit de réponse ou à les communiquer à un juge. Sympa, non !?

 14) D’autres choses à rajouter ?

Yom : Aimez-vous les unEs les autres, sauf les bourgeoiEs.

Le communisme, j’adore !

Rends-moi mon moule à tarte !

Sarah : Pour contacter Fœtus Party :

foetusparty@no-log.org

ou encore

chez APACHE  83 rue de la Rabaterie  37700 ST PIERRE DES CORPS (ici on peut commander les albums de Fœtus, même le 10 pouces parce que le livret est arrivé !!  et d’autres !)

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BARRICATA n°10, 64p A5 

Ahh enfin le nouveau barricata, source inépuisable de plaisanteries et de commérages. Sur la couverture, il n'y a plus marqué "organe de combat" mais "fanzine de contre-culture", ce qui doit justifier la métamorphose en un espèce de rock'n'folk d’extrême-gauche bien pensante parisienne, mais nous allons voir ça plus en détail. Le coté Red Skin a totalement disparu, a part une interview pathétique des nationalistes d'Okpio K 95 et un texte d'une demi page hallucinant de bêtise (disons qu’après ils s’offusquent que certains surnomment « barricata, le fanzine qui pense avec les bras »). Fini le trip skin, voilà un second Rash. A quand le troisième Rash ? (je dois avouer que cette plaisanterie n’est pas de moi). D’ailleurs, pour de la contre culture, les 9 disques chroniqués font un peu léger (et que de l'infra-engagé : Charge 69, Usual Suspect...), mais que barricata n'y connaisse rien en oi! ou en punk, on le savait depuis longtemps. Pas mal de chronique zine, qui ont le don de faire semblant d’ignorer des attaques directes à leur encontre, mais ça c’est pour quasiment tous les zines pareils, apparemment politique et consensus font bon ménage. Une interview en live d'Oi Polloi est une très bonne idée, mais même si c'est un excellent groupe à qui la longévité et la notoriété n'a pas tourné la tête, je ne peux plus supporter les conneries qu’assène le chanteur, qui montre encore un fois qu'on peut traîner 20 ans dans des milieux dits politisés sans dépasser des analyse de gamin de 16 ans (la fierté de son pays et de sa langue, beurk beurk beurk, vous pouvez m’expliquer ça comme vous voulez, ça me fait toujours vomir, et l'anti-fascisme de merde, genre "la révolution ne vient (viendra ?) pas, allions nous avec n'importe qui contre les fafs". Tu m’étonnes qu'elle est pas prête d'arriver le révolution avec des raisonnement comme ça. Tiens, qu'est ce que tu pense de ça : "allions nous avec les fafs du coin pour sauver notre environnement local". C'est pas la même chose ? Et pourquoi s'il te plaît ?). Et c'est moi, pauvre fanzine musical, qui suis obligé de faire une analyse politique des positions que le chanteur d'Oi Polloi défend dans Barricata, qui ne pipe mot ! Pauvre France ! Alors je repose la question : être politisé, c'est imprimer tout et n'importe quoi sous prétexte que ça parle politique, ou au contraire c'est avoir une analyse politique de ce qui est écrit ? Sans compter la remarque hallucinante d'un interviewer sur le végétarisme (ça coûterai plus cher que de manger de la viande !!). Pour le reste le morceau de bravoure reste l'hommage à Joe Strummer, que j'ai lu en entier uniquement par scrupule, mais ça n'a effectivement aucun intérêt, vous emmerdez pas à le lire, en plus bon moi Joe Strummer, je m'en bas les couilles. Et en plus il parait qu'il était "intègre". Ca veut dire quoi ? tout ce que je sais c'est qu'il a fini sur un label de merde (Hellcat) qui protège ses CDs de la copie (la seul label soit disant punk qui ait osé faire ça. Salauds, on vous pendra !). Et les textes homophobes de Buju Banton ? L’interview de Tardi (et Dominique Grange) est intéressante les autres bof (c'est un peu "on est politisé parce qu'on interview les copains du syndicat. Regardez on est un bon syndicat car on a lui lui et lui...". a part bien sur celle de Combat Rock, on essaie de re rentrer dans la scène punk par le garage ?). Un jeu pas très malin à mon goût que de mettre en avant les "gloires" de syndicat, le même type de raisonnement que d’être fier que Noir Désir ait joue pour la fête de la CNT en 2000 ? hihihi je sais je suis très méchant. Il y a une interview de la brigada (le gars qui y répond est un des rédacteur du zine...), qui n'apporte rien de plus que celle parue dans Punk Rawk, à part deux photos superbes qui désignent la brigada comme les dignes successeurs des 2 Be 3. Ni un fanzine redskin, encore moins un fanzine skinhead, pas un bon fanzine punk, pas vraiment un fanzine politique, c'est un fanzine de musiciens qui appartiennent à la CNT vignoles.

  RAD PARTY n°30 et 31 52p A6, 

Rad Party est un fanzine assez connu de part sa longévité, l’originalité de son contenu et les superbes dessins de l’auteur. Pour ceux qui ne connaissent pas, c’est très axé hard core américain, genre jean converse skate et casquette, avec un fort relent des années 80. Dans chaque numéro on trouve un gros paquet de chroniques écrites en suivant. En parlant de l’écriture il faut signaler que c’est écrit à la main et que le résultat est hallucinant de régularité. Ce qui fait l’originalité de ce zine ce sont les texte, soit des histoires personnelles d’histoires d’amour (toujours très foireux, c’est plutôt le personnage du gentil looser qui est présenté là), vraies ou fausses, ou des vieux souvenirs, ou des reports de concerts etc. Pour le numéro 30, on a droit à un texte/réflexion sur les agissements d’un vieux requins de la scène hc qui se fait maintenant du pognon chez les neuskis (bien qu’il ne le nomme pas on a pas de mal à reconnaître Acrude), et un texte ou l’auteur découvre le RAC, musique qu’il n’avait jamais écouté auparavant, et loin de toute l’hypocrisie ambiante à ce sujet, il explique franchement qu’il a été obligé de balancer les cassettes car « Des les premiers accords j’ai été surpris par l’accessibilité de leur musique, et au sixième titre j’étais carrément subjugué par la hargne et la haine quoi s’en dégageait au point d’avoir presque envie d’en chanter les refrains à tue-tête. J’étais effrayé d’y retrouver la même fureur qui avait fait mon amour de la scène hard core employée à mauvais escient. » C’est clair que des groupes comme la brigada ou bolchoi ne font absolument pas le poids en matière de puissance et de conviction que des groupes comme Bunker ou DSH. Et il n’y a rien de provocateur a constater ce simple fait ! Pour le numéro 31, outre les trucs habituels, on a une super longue interview en live de Ian Mc Kaye (du label Dischord et des groupes Minor Threat, Fugazi etc., personnage historique du hard core), qui est la version entière d’une partie passée dans Rock Sound (parce que le rédacteur est un vieux pote à Frank Freijnick, le chef de Punk Rawk, ce qui lui permet d’aller voir plein de concerts à l’œil). Ca commence très intéressant, sur les débuts du hard core aux USA, mais ça part pas mal à la discussion de spécialiste sur tel groupe ou tel label (ou telle chanson !) et un pauvre profane comme moi à vite du mal à y comprendre quelque chose. Enfin ça reste très instructif et les amateurs seront comblés. Voilà un très bon zine de hard core sans les défauts habituels.

  DOUBLE PROGRAMME par Hell Bastard et Pancho Casual 36pA5

 pas de prix, pas d’adresse, pfff, quel mauvais journaliste je fais ! Bon alors un recueil de deux nouvelles, dont les auteurs se cachent sous des pseudo, mais on les a reconnus haha (j’avoue, je fais le malin, en fait on me l’a dit). Première nouvelle, Summer of Love, par Régis de Limoges, polar assez classique et sympa mais malheureusement un fin assez foireuse…. Ce qu’il y a de plus dans ce genre d’écrites, c’est le fond culturel punk/hc qui ressort. La nouvelle de Frank M., Un travail de spécialiste, est beaucoup plus rigolo et original puisque il s’agit pour un journaliste à la con d’aller faire un reportage sur les punks, hihihi. Et bien sûr, il se fait casser le nez à la fin, ce n’est que justice. Comme dans son roman, retour en avant, on a droit à de bons passage sur le mode de fonctionnement du hard core. Lecture très recommandable, c’est ça la contre-culture, et pas de chroniquer dans un fanzine des bouquins sortis en librairie ! 

BLACK LUNG n°10, été 2003, 1,5 euros pnc, 32 pages A4, 

Déjà le dixième numéro de ce sympathique zine hard core. Le contenu est pas mal orienté trashcore/planche a roulette, avec un petit cote émotif propre à ce genre de publications (ça commence par "ce week end on a passé une soirée chez mes parents avec Vinc, Fab, Mike, Augustina et Cécile", super non ?), et on a donc droit pour commencer aux inarrables colonnes, et cette fois ci on touche le fond avec un texte qui commence (mal) par "les américains ne nous aiment pas" (cocorico !). Bon passe ces aspects folkloriques, les reste du zine est assez intéressant, avec un interview du group Brésilien quasi féminin de Infect (on a droit a des photos ici !), brésiliens aussi de Sick Terror et Reagan SS, qui valent toute la lecture (cf la partie citations). On oubliera les branleurs de Wisdepread Bloodshed ("je suis trop fatigué pour penser"), et personnellement je retiendrais surtout l'interview de 39 francs le Kilo (sic! one man grind) : "Je suis satanarchiste, c'est à dire que je crois à l'avènement du royaume de satan sur Terre (black metal represent) à travers une révolution libertaire", j'adore ! Et pour finir une bonne quantité de reports de concerts (avec une photo hallucinante du batteur de WHN ?) et de chroniques qui me font penser que je n'y connais vraiment rien en hard core !Je me dois de faire une remarque quand à sa chronique de La Terrible Vendetta de Strom l'Apatride, ou il dit "Ca m'as juste fait un peut marrer dans l'édito de voir Vendetta s'auto proclamer "moteur de la scène" et de parler de sa "notoriété"". Il s'agissait bien décidément d'une plaisanterie, peut être que les rédacteurs de zines hard core devraient arrêter de se prendre la tête dans des "colonnes" et apporter une touche de dérision dans leurs publications ? 

MONONOKE n°1, 2e, 28pA4,

Comme expliqué dans l'édito, ce zine a un an de retard, et quand on le lit, on a l'impression de lire un truc sorti il y a deux ans (le temps que vous lisiez ça en plus !), mais ce n'est pas grave car il est vraiment très bon. D'abord la mis en page qui est excellente, encore plus pour un premier numéro ! Les interviews ne sont pas bateau du tout et les interviewés bien choisis : 21 Enemy (hc oldschool de Bordeaux, RAS), La Casa Del Phonky (hip hop, cool !), Earquake (mon héros !), Maldoror (organisation de concerts, 31 questions !!) et le chouette groupe Porto Ricain Cojoba. Hormis ces qualités, qui en ferait un bon zine comme il y en a d'autres, ce zine a une particularité très intéressante : il est ouvert sur le cinéma fantastique (chroniques de zines et interviews d'un éditeur de films gores Uncut Movie) et surtout sur le Manga (le nom du zine et des chroniques de manga). Ca n'a rien à voir avec le punk, mais ça m'intéresse plus que le foot en tout cas !! Par contre je m'insurge contre la mauvaise utilisation du mot metal qui est faite par le logo Hardcore different Metal, car en plus le rédacteur reconnaît lui même que les bons vieux passages de brutal death, et bien ça le fait toujours !

  EARQUAKE n°82 et 83, 24p A5 3 timbres, 

Ben comme d’hab rien à dire, de loin la publication la plus importante en France, ceux qui le prennent pour un fanzine musical seront comblés, les autres aussi. Entrevue avec The Gee Strings (punk 77 allemand) et Nasum (crust suedois). On remarquera la chronique d’un pirate de Brutal Combat (avec les collabos), groupe dont on entendra parler aussi a deux reprises dans le numéro suivant, surtout dans une chronique de BRA qui vaut vraiment le detour ! Je pense que c’est vraiment le seul zine a pouvoir se permettre quelque chose de ce style ! Sinon un interview de Trojan Horns (du ska, facile à deviner) et Ensign, hard core, ce qui, avec le numéro precedent, fait une grande diversité. Et puis paf, le numéro 84 qu’est dejà sorti ! La ça semble plus les pekatralatak que Brutal combat qui ont marqué l’auteur. Un bonne grosse interview de Stalag, une des premiers groupe punk en France, de Bordeaux, ça change d’Eudeline et Cie ! L’internationalisme est aussi de mise avec Roots’n’Boots de Malasie et pour finir un groupe de hard core de Montréal : A Death For Every Sin. Sinon l’édito est terrible, héhé. 

LEAN ON ME n°4 24pA5, 1,5 euro pc (?) 

Ce numéro me semble moins axe reggae/ska à la skinhead que les autres, et plus punk, ce qui pour moi n’est pas plus mal, je comprend plus de choses en le lisant haha. Les interviews sont fort sympathiques, même si aucune ne laisse le souffle coupé, c’est au dessus du niveau moyen. Mum is Trunk ont l’air fort sympathique, cf extrait quelque part, quand à Attentat Sonore, le bassiste envoie une pique au rédacteur si j’ai bien suivi l’histoire- c’est vrai que ça aurait été rigolo une question sur leur participation aux caves se rebiffent.. Y’a aussi Crevure et Maïte et les moules. Pas mal de chroniques zines et skeuds qui sont bien écrites et assez développées, et la aussi, plus consistantes que la moyenne. Bon zine punk, ce qui est incroyable pour un bon zine de ska. Y’a aussi sa liste de distro à l’intérieur. 

DIMWIT n°2, 40pA4, prix libre 

Je ne connaissais pas le premier numéro, mais celui ci est bien sympathique, disons que c’est un fanzine de hard core dans la veine gentiment concerné, mais sans texte ni colonne, ce qui n’est pas forcement plus mal à mon goût. La mise en page est très soignée, et les interviews assez longues. Après, comme tout les zines de ce type, ça a peut être un peu tendance à poser des questions sur n’importe quel sujet (ou une citation de Kierkegaard !), on obtient certes de la ligne, mais les propos n’en sont pas plus intéressants pour autant. Les plus corrosifs semblent être l’idéal, je suis curieux d’entendre ce groupe, sinon on a droit aux incontournables Submerge, dont les propos pseudo réalistes de travailleur social anti-politiques et parfaitement ignorants du guitariste me courent chaque fois sur le haricot. Il est certes bon de relativiser certains discours politiques naïfs ou crétins, mais de la a les réduire à une ignorance crasse…surtout avec des arguments de PMU… A la fin longue interview de la distro/zine Abstraction/Inertie (8 pages ! bon ils sont trois aussi) assez posée. On a aussi droit à Costa Cake House (mention spéciale au membre Matthias qui quand on lui demande ce qui le dégoûte le plus dans le monde répond : « En ce qui me concerne c’est la capitalisme. Ca peut paraître exagéré, mais je pense que c’est la racine de beaucoup de maux » Mais non mon gars ce n’est pas exagéré ! Tu as tout as fait raison ! N’ai pas peur de sortir la tête du consensus étouffant de la scène hard core !), les japs de Unholy Grave (pas grand chose à dire) et Cheerleaders of the apocalypse + paquet syndical de chroniques. 

NO GOVERNEMENT n°48 26 pages A4 2e,

Bon ben ça renchaîne les sorties de No Gov’. Je suis très content de l’édito, et aussi du contenu, les gens interviewés sont un peu moins bêtes que dans le précédent. On a droit à un dossier sur les forums sur internet. Enfin je ne le trouve pas très complet, il manque toute une réflexion sur l’aliénation technologique et des choses de ce genre. On commence par le Redform, langue de bois garantie, le meilleur exemple concernant les expulsions, où d’après lui seuls les fascistes le sont. Hors des anarchistes furent exclus, mais il est vrai que dans la phraséologie communistes, ces deux termes sont souvent synonymes ! Plus sympa est l’intw de Dynamite, et un peu space celle de Néophyte ! Une petite interview des organisateurs du Rude Bois Unity qui se plaignent que les jeunes n’aillent pas voter ! Le rouge et noir a décidément bon dos, surtout quand on sait comment se passe la vie politique dans ce pays. Quelques groupes de punk sont aussi en intw, plus Fat Europe ce qui n’était vraiment pas nécessaire à mon avis et pas mal de chroniques. Je suis aussi très content de trouver une chronique des excellents BDs Shenzen et Pyongyang, lectures qu’ils devraient conseiller à leurs nouveaux amis communistes du Redforum hihihi ! Trêve de plaisanterie, mise en page nickel, sauf les chronique zines qui ne sont pas assez mises en valeur, ce qui est dommage (le fond gris n’engage pas à la lecture). 

FANZINE n°3, 44 p. A4,

Revoilou le retour de ce cool zine, genre skinhead, assez ouvert, SxE (sisi) et surtout, ce qui fait sa grande qualité qui le place en tête de peloton, de l’humour ! Un dessin de Flav en couvrante (bon, faut avouer que c’est pas…) et zou, des interviews de groupes punk/hc comme All that, G-string, Body Trap, Traquenard et d’autres, bon je vais pas recopier le sommaire. Les plus marquantes sont une assez longue et bien intéressante de Paulo du magasin parisien de Sonic Machine (dans la série les vieux parlent), et une d’un tatoueur (le chanteur de Cortège), qui m’a bien intéressée, alors que le tatouage, je m’en tape un peu. Y’a aussi les locaux de Punish Yourself, avec de bonnes photos, mais sinon bofbof. Des chroniques assez fouillées et variée (pour le concours pour le EP de traquenard c’est moi qu’ai gagné, nananéreheu). Il faut ajouter à sa une mise en page qu’est vraiment bien. Et un tableau avec les significations des lettres bizarres qu’on trouve dans les distros d’occase, que je vais me dépêcher de mettre sur mon lexique en ligne, héhé… Une chouette lecture. 

LA FAUTE A QUI ? N°4 24 p. A4,

 Décidément c’est la mode des zines A4 agrafés en ce moment ! Ce zine à l’air gentiment RASH, avec des interviews de nos amis de Bolchoï et de Brixton Cats et une chronique tzarrible de l’album de la BFM, dont la conclusion est à pleurer (de rire). Sinon entre autre une bio de Nabat et une interview de Cortège, groupe qui a sorti un EP sur Crane Blasé, une info sur un SP de Komintern… c’est un peu confus tout ça dites moi ! N’oubliez pas que les barricades n’ont que deux cotés ! A la fin hop on colle deux encarts parce-que-quand-même-on-est-concernés-par-les-problèmes-du-monde-et-que-tant-qu’a-lécher-les-trucs-politisés-à-la-mode mettons en un peu nous même : un sur la protection animale (ça mange pas de pain),et un .. Sur le Tibet ohohoh ça va plaire à certains rouges ! Y’en a pour tout le monde ici ! C’est sympa, bonne mise en page, mais un peu de clarification e ferai pas de mal ! 

DYNAMITE n°20 10pA5 

Bon ce numéro date d’octobre 2003, et impossible de me rappeler si il en a sorti un entre temps ou où je l’ai mis ! Enfin c’est pas grave, vous en commandez un et vous verrez (contact dans la liste des contact, hé !). Dans ce numéro, contrairement aux autres, pas d’interviews, que des chroniques, comme on les aime, pas de racolage ici, c’est franc et direct. C’est bien branché punk rock mais pas débile pour deux sous (des sous entendus ? Où ça de sous entendus ?). Et on rigole bien avec un droite de réponse que lui a envoyé un groupe et qu’il a publié, non par souci d’équité, mais parce qu’il est bien fendard ! Bon allez hop, le suivant ! 

ROTTEN EGGS SMELL TERRIBLE ! N°8, 34 p.A4, prix libre, 

Un autre numéro est sorti, mais je l’ai pas, alors… Ce zine est déjà assez « vieux » et il semblait ne plus exister, et il semble re-exister, et dans une optique légèrement différente, enfin passons… Bon d’abord y’a des trucs très drôles, ce qui a foi mérite bien d’être souligné. Donc c’est vraiment pas mal éclectique si on lit bien, pas mal de news (qui sont agréables à lire, c’est pas un catalogue d’infos brutes, des chroniques oi! et punks séparées. Niveau interview, Western Special et Fact From the Vault ça m‘a pas marqué, sinon Urban Blight, ok, une interview croisée de Fœtus Party et Pekaralatak, c’est une bonne idée ça (nonon c’est pas un seul groupe), et puis Chester, c’est bien et le très intéressant KK44. Et donc voilà, déjà les interviews sont bien intéressantes, mais ne plus il et des extraits de paroles des chansons des groupes pour illustrer, et c’est une bonne idée ! J’aimerai bien lire le suivant ! 

APATRIDE n°3 36 p. A4, 2 euros pc, 

Voilà le dernier numéro en date de ce zine qui commence à bien se faire connaître. Le prochain sera sûrement sorti quand vous lirez ceci. C’est le dernier numéro avec le sieur Rémi, donc à partir de maintenant, fini les chroniques de 10 lignes de disques de hard core ! Donc place à des chroniques punk / oi! C’est déjà une originalité de ce zine, qui chronique ce qui lui plait en disant ce qu’il en pense. En particulier de la oi!, on ne cache rien pour faire plus rouge, et d’un autre coté, le ton lutte de classe est beaucoup plus marqué que dans d’autres publications qui s’en servent surtout comme d’un argument publicitaire ! On a aussi droit à des reports de concerts (étalé sur plusieurs numéro, ça va du Rude boys Unity au oi! En France !), bien écrit, car d’une manière générale, ce zine est très bien écrit, donc agréable à lire. Coté interviews, Ebola un peu éthyliques, Urban Blight fidèle à lui même, et Dynamite, cool. Au niveau des originalités, on notera une interview d’un chien et d’un rat (« Et oui, apatride n’est pas comme tous ces soi-disant anti-spécistes qui se permettent de parler au nom des animaux, apatride va plus loin et le interroge directement ! »), un terrible BD illustrée par FloFlo de l’APF, et un jeu de labyrinthe ! La quatrième de couv’ est terrible, malheureusement il semblerait que certains esprits plus remplis de slogans qu’autre chose l’ai trouvée sexiste ! 

LES CAVES SE REBIFFENT n°8, 82 p. A4, gratuit, cf

Toujours très gros et toujours gratuit. Bon, je pense qu’ils n’en ont plus, alors cherchez ailleurs (ça part vite). Ca commence par une liste de gens morts entre temps, ce qui est non seulement très gai, mais montre qu’ils s’y connaissent bien en punk/oi!, et ceci est flagrant dans tout le numéro, surtout dans le chroniques. C’est donc vraiment une publication de fans, avec pas mal de photos (récentes ou historiques) qui intéresserons les amateurs. Un paquet de groupes interviewés, mais comme souvent les rédacteurs semblent les connaître, c’est à conseiller aux fans. Y’a Lourds 5, Filaments, On file (avec des tofs super intellectuelles), Warrior Kids, Slaughter & The Dogs, Kidnap et aussi du hard core avec Unfit 2 life, rien qui m’ai vraiment marqué. Y’a aussi Les Troubadours du Chaos, dont je n’adhère pas du tout à la philosophie (« Le problème est que sans profit et donc sans bénéfices, on ne peut pas faire avancer la scène car il n’y a pas de fonds pour réinvestir ou pour produire »), car c’est totalement faux, des dizaines (des centaines ?) de disques non profit sortent tout les mois. En fait, ils oublient juste de préciser qu’ils doivent prélever leur salaire au passage, alors forcement, c’est une autre histoire… Operation S ont la palme de l’interview la plus originale de ces dernières années, puisqu’ils répondent par des photos ! Comme d’habitude une entrevue avec un gars qui fait de la BD, ici Pierre Druilhe. Une petite nouvelle de Régis IQ, et hop, voilà fini un gros pavé. 

PLUS RIEN n°17/18 écrasons la vermine, 14 p. A5 

Une newsletter en numéro double, ça fait un mini zine. Bon, il doit en avoir sorti une dizaine d’autre depuis, mais vous saurez c’que c’est. Un long édito sur la situation actuelle avec en guise d’illustration un punk en train de pisser sur la France, ça s’annonce bien. Des chroniques punk à clous, certaines terribles comme celle de no gov, j’aurais pu la signer ! On a du plus bourrin aussi, comme le montre l’interview de Wolfbrigade, des contacts et deux textes intéressants dont un court et parfaitement clair (qualité rare qu’on apprécie énormément) qui revient sur les érections pestilentielles. Bref une lecture vivement conseillée.

  SCHIZOPHRENIC n°1, 32 p. A5, 2 euros pnc 

C’est un premier numéro et ça se voit : les pages sont en désordre. Heureusement il a eu la présence d’esprit de les numéroter, on est sauvé ! Le contenu est pas bateau, la mise en page est bonne, bref ça part très bien. On commence avec une interview du zine HC punk Hey you !, l’interview est bien menée, comme les autres d’ailleurs. Il y a un coté HC (plutôt oldschool) marqué avec des views de Fat Society Age of Venus le label hc Nantais. C’est un professionnel, et je ne partage pas vraiment ses préoccupations, et un coté oi! avec Les Corons Puent, qui ont l’air assez fun, et Gig à la Benne (en parlant de puer), moins fun (quoique…), qui ne fait pas la différence entre écouter du Rac et en vendre. Il y a des réponses posées et intéressantes, et d’autres d‘une bêtise crasse, comme son indignation « comparer un neusk avec une merde de rappeur ??? » « Le rappeur n’a aucune culture, suffit de voir certains morceaux qui sont en fait juste des scratchs d’autres morceaux » ! C’est vrai que les 9/10 des disques qu’il distribue doivent être si cultivés et originaux… et le « un uniforme de prisonnier leur irait aussi bien » est carrément un appel au lynchage qui aurait tout a fait sa place au JT de TF1 ! En plus il geint que les ‘rappeurs’ (connais t il vraiment beaucoup de gens qui font du rap ?) prenne les femmes pour des objets sexuels, vaudrait voir combien des disques qu’il distribue ne le fait pas, histoire qu’on rigole ! Ajouter pour finir le délire « on est envahi », et vous aurez tout compris… et ça se dit apolitique ! Bon on finit plus en douceur le zine avec quelques scène reports. On attend le second. 

DERNIERE VIREE n°9 4p. A4, 

C’est le « bulletin de propagande du scalp et des redskins de Limoges », ce qui commence bien. Leur souci constant d’unité « à la base » (lire manque de positionnement) leur fait faire de grands écarts idéologiques, puis qu’après l’interview de staliniens nationalistes dans un précédent numéro, on a droit ici a une interview de 3 pages de Haine Brigade (sisi c’est bien eux et non non ils se sont pas –encore– reformés) qui est, disons le simplement, excellente. Voilà. D’autres numéros ont du sortir depuis. 

RUDE BOI! 112 p. A5 

En voilà un pavé, pffff, et puis un paquet d’interview, un truc de fou ! 32 en tout ! Bon faut dire que la plupart, je les ai oubliées aussitôt lues, les seules un peu consistantes étant Guérilla Urbaine/Attentat Sonore et KTS et Black Lung (un zine). J’ai quand même tout lu mais je ne vous recopierai pas le sommaire non non non. Y’en a deux, on se demande vraiment si c’est une blague : Molly une soi disant hardeuse bird (mais qui ne travaille qu’avec son keum, c’est limité), et elle a l’air tellement conne qu’on peut soupçonner un canular (la présentation nous y invitant d’ailleurs), et une interview de une page (!) de Bad Brain ou il trouve le moyen de lui demander si c’est vrai que les blacks ont une grosse bite ! (apparemment c’est faux). Mais dans l’ensemble, comme 90% des lecteurs sont habitués à des interviews courtes et simples, je pense que ça plait bien. Du travail de fou en tout cas, avec un milliard de chroniques (consistantes part contre) et des reports de concert, ce qui garanti un bon volume de lecture en dehors des interviews. 

BARRICATA n°9 

yop, y’a encore un numéro qui doit être sorti juste avant que je sorte ça, mais de toute façon, une fois qu’on a compris comment ça marche, plus vraiment de surprise. Maintenant c’est A4 en couleur (d’ailleurs on se demande l’intérêt d’une photo noir et blanc sur la couv ?). Neo-stalisnisme oblige, nos fiers rédacteurs ramènent un dossier de leur(s) voyage(s) en Palestine (ki ki paye ?), un peu comme les cocos ramenaient des témoignages d’URSS dans les années 60 j’imagine. On a droit à l’interview d’un trotskyste de la bas, et à un passage glorieux ou ils intws quelqu’un qui est « au service de la Palestine » ! J’te jure ! On sent bien que la lutte de classe, l’internationalisme prolétarien, tout ça, c’est bien pour vendre des disques ou pour craner avec les potes, mais une fois qu’il s’agit d’avoir une analyse qui tient la route, tintin. C’est un mix entre No Pasaran, pour le confusionnisme gauchiste, et Punk Rawk, pour l’interview des bérus. Ils doivent se croire originaux en demandant au chanteur pourquoi qu’y avait des nazis aux concerts de Molodoï (et pourquoi y’a des staliniens aux concerts de la brigada ?), mais on s’en branle complètement (de Molodoï aussi d’ailleurs), on préférerais comprendre comment on peut passer de Tromatism aux transmusicales de Rennes ! On a aussi droit a un patron d’édition et une chronique de Rancid pour commencer, la contre culture j’imagine ? Une interview de Reflex que je conseille à tous les identitaires pour les infos sur leurs scènes qu’elle leur apportera (vite ! Je veux la même chose sur l’anarchopunk fait par des raceux !). Une chronique de Kochise est le élément libertaire que j’ai réussi à trouver la dedans (on s’apercevra que la chanteuse fait partie du comité de rédaction).

  POURVU XA DURE n°5, 22 p A5, 3 timbres par courrier 

La distro/feuille d’info s’est transformée en petit zine, avec un dessin de Chester en couv’, c’est cool (il s’est fait payer avec la pub au milieu du zine ? Hihi). La mise en page est vraiment class, rien a changer de coté là, mais on voit bien que c’est leurs premiers pas, puisqu’ils sont tombés dans l’erreur fatale de ne pas avoir un multiple de 4 pour le nombre de pages haha ! L’édito explique que « ce qui est intéressant avec le fanzinat, c’est que vous avez une excuse pour entrer en contact avec des gens que vous appréciez et pouvoir ainsi leur parler », ce qui est fort vrai. Mais il n’est pas faux non plus de dire qu’il faut mieux choisir pour les interviews des gens qui ont des choses à dire, sinon on risques quelques déconvenues. C’est par exemple le cas de Jesse James. Y’a aussi Dropkicks Murphys, une intw surtout pour les fans. En fait c’est surtout une interview de Schultz de Parabellum qui nous contentera. Quelques chroniques (surtout de la face émergée de l’iceberg) et voilà 22 pages. Une parution à rythme régulier en prime et ça serait très agréable. 

DIMWIT n°3 Prix libre 

Pour ce nouveau numéro, ça change de ton, annoncé dans l’édito : on rigole moins et on serre les dents et les poings dans ce monde de merde (pour faire court). La mise en page est aussi plus sombre. Tout ceci est très bien, la frustration et la colère ne sont elles pas les deux mamelles du Hard Core ? Interview de ses copays (oui, copays, pas copains) de HK pour commencer. De toute façon, en général des intw de HC ça parle du monde et un peu de musique au final, ce qui est en général l’exact opposé des zines punks, donc on est assuré d’un minium de lecture. Human error, groupe de grind/hc hongrois, qui dit être le seul à jouer ça la bas (?) et les défunts Recht, en fait surtout in intw du rédacteur de Trashzone. C’est aussi très intéressant, mais on apprend avec stupeur qu’il faisait partie du service d’ordre (beurk beurk) de la CNT (Fait il au moins partie de la CNT ?) à Evian. Doit on en conclure que quand il monte a Paris il participe au lynchage d’anarchistes cote à cote avec les flics du PS ? Sinon pour finir le zine, outre un tombereau de chroniques, un texte tiré du très sympathique zine anar Trais Noir sur le Larzac, c’est très bien ça un zine hc qui ne sombre pas dans le citoyennisme culcul. On attend donc le prochain avec impatience ! 

AREDJE n°60 16 p. A5

cool le nouvel Aredje, le petit zine des binamés/slugs. On a pas droit des fameux reports de Marcor, mais d’une grosse interview live qu’il a fait avec les bérus, instructif sans plus (dommage que ça a été fait avant que le monde entier apprenne via Libé que le chanteur vote Chevenement !), a noter un passage rigolo : « beaucoup de gens se disent influencés par les bérus […] les groupes qui utilisent les mêmes outils musicaux, soit la boite à rythme et les guitares […] » réponse de Loran : « attends, Hiatus, on ne dit pas qu’ils ressemblent aux Rolling Stones, pourtant ils avaient une batterie, des guitares et une basse » héhé c’est en plus très juste ! Sinon ils poursuivent leur combats contre l’industrie du disque et la propriété intellectuelle (ce en quoi nous les soutenons entièrement), avec un texte de Costes, un d’un vieux chanteur hollandais qui a un peu fricoté avec les requins et qui en est bien revenu, texte de propagande sur la LEN, le Juke Punk, etc. Bref beaucoup d’idées en peu de pages sans couleur (la mode étant plutôt à la tendance inverse). 

HUMAN PUNK John King, édition de l’olivier, diffusion Seuil. 

Ce gars avait bien fait parler de lui en particulier avec son roman Football Factory, et là il nous fait un truc sur les punks anglais, dans la banlieue de Londres, en 1977. Attention, pas de révélations fracassante sur tel ou tel groupes, ceux ci n’apparaissant qu’en arrière plan, uniquement parce que les protagonistes en écoute. Le roman se découpe en trois parties, les deux dernières contiennent l’histoire des années après, sont pas mal, mais rien n’arrive à la cheville de la première : le quotidien d’une bande de quatre potes de quinze ans dans la banlieue de Londres, qui viennent de finir l‘école, bossent ou pas, zonent, s’emmerdent, boivent, n’arrivent pas à sortir avec des filles, font des conneries, et écoutent des chansons de groupes qui parlent de leur vie : le punk. C’est vraiment stupéfiant de réalisme, on comprend tout à fait de quoi il s’agit, voilà ce qu’est le punk à la base, pas besoin de chercher plus loin ! Enfin je vous en met un extrait, ça parlera plus que de longs discours (sur le rapport des punks à la politique) ! Là aussi merci à la personne qui me l’a passé, car d’après ce que j’en avais vaguement lu à droite à gauche, j’avais peur que ça soit un peu chiant (dés qu’il s’agit de littérature, les gens se croient obligé de faire de chroniques longues et chiantes !), en fait c’est passionnant !

  NO PROPAGANDA n°20, 16 p A4 pliées dans la longueur, 

 Il me semble bien que ce petit zine (à la couverture couleur) est gratuit, pasque’en fait y’a des pubs, genre pour des magazines de tatoo du coin, ce qui n’est pas un procédé choquant quand le but est de promouvoir une scène locale. C’est assez « alterno », avec quelques coups de gueules, y’a notamment un groupe super con qu’ils avaient interviewé dans le numéro d’avant et là ils s’en expliquent. Ca arrive à tout le monde d’interviewer des groupes super cons, là au moins ils s’en sont rendus compte, ce qui n’est pas toujours le cas ! Bon la grosse partie du zine c’est une entrevue avec Lofofora (pas vraiment mon trip… enfin ils arrivent a trouver des putains de question ! Toutes les interview de ce groupe ne doivent pas être comme ça !) et Tagada Jones (j’écoute déjà un peu plus), qu’ils ont l’air de bien connaître, donc ça passe bien. 

EKELEKTIK n°4, 40p. A4 

Toujours la même couverture faite de pochette de skeuds, l’idée était originale, mais maintenant il est condamné à faire comme ça jusqu’à la fin de son zine, hahaha. Donc Eklektik ça porte bien son nom puisqu’y a pas mal de metal (du metal, du vrai, arrêtez de nous faire chier avec votre neometal à la con !), avec des groupes de death, black etc. et aussi du crust (Human Error). En fait je l’ai lu y’a super longtemps… bon rien des interviews normales quoi, musicales. Penchons nous plutôt sur les chroniques : ça commence, une demi page d’une anthologie de Johnny (c’est pas une blague), puis une chronique d’Oi Polloi, Agathocles et Fugazi avec Joe Cocker et Ben Harper sur la page d’à coté ! Et y’a 22 pages comme ça ! Y’a aussi de la lecture, et c’est le même topo : une chronique de Vendetta est coincée entre un bouquin d’Epicure et un de Luc Ferry (sisi !). Dés l’édito les choses sont mises au point, en fait voilà ce qu’est ce zine : c’est fait par quelqu’un qui s’y connaît en musique (et on a pas l’habitude haha). Bon c’est donc une lecture très intéressante mais qui fera hérisser quelques punks : dire que Les sales majesté est « un des meilleurs groupe punk français » et que Haine Brigade n’est pas du bon punk…(à part ça très bonne remarque sur les prisonniers politiques dans cette chronique). Le punk, c’est exactement l’inverse ! 

LA PHILOSOPHIE DU PUNK—Histoire d’une révolte, Craig o’hara 222 p, 15 euros

La philo du punk ? Tout un programme diront certains. Il s’agit de la traduction en français d’un bouquin de AK press assez renommé. C’est un vrai livre et tout et sorti par des punks et tout donc ça c’est quand même super bien. Après un avant propos, une intro et une préface (!) (et pour les plus courageux une outro de zoop complètement à coté de la plaque). Bon je l’ai lu y’a un an, donc je me rappelle plus très bien, donc vous aurez pas droit à de longues analyses ni d’extraits bien choisis. Ca a été écrit aux États Unis, et par un gars « conscientisé » comme on dit, et DIY, c’est pour vous donner une idée de sa vison des choses, c’est forcement très partiel et partial. Ca parle des skins, du SxE, des genres (de sexe), d’anarchisme blahblah enfin ça reste assez flou. C’est très sympa mais ça m’a pas transcendé (et vous attendez pas à « le punk en 10 leçons »). Y’a un paquet de pures photos de plein de groupes américains des années 80, mais qu’on pas de rapport avec le texte. 

QUESAKO n°0, 20p A4 

Ahah dans le même sommaire y’a les bérus et Pekatralatak ! Je suis sûr qu’il y auraient jamais cru ! Bon en fait en guise de berus, c’est la copie d’une partie de leur historique, et en guise de peks on est servi. Ces sinistres individus devaient encore être passablement ivre, et on a droit à toute une page de considérations mythonationalistes sur des marxistes léninistes (petite précision par ailleurs, Greenpeace de Londres n’a rien à voir avec la multinationale du même nom). Plus intw d’un grapheur et de Alkotest, des potes à eux. J’ai pas trouvé de contact sur le zine ? 

FORMICA ROJA ZINE n°18 4p. A4 

Ce bulletin fonctionne de la manière suivante : une très courte interview d’un groupe (ici Pere Rofes), en fait qui permet d’en savoir le principal en quelques mots, une liste de CDs à 5 euros punk et hard core, quelques chroniques, une page de contacts (fanzines, labels, groupes etc.), et sur la dernière page deux interviews (qui font donc chacune une demi page), ici c’est Riot/clone et Paradox Uk. C’est espagnol et écrit en espagnol, mais y’a pas mal de trucs français car le rédacteur parle français ! C’est diffusé à 1000 ou 2000 exemplaires je crois, donc c’est un bon outil que je vous recommande, c’est enfin un pont avec l’Espagne, pays tout à coté et dont la scène est très peu connue (et vice versa j’ai l’impression !) ! Ca serait encore plus efficace si c’était bilingue ! 

WEE WEE n°8 / In Dust We Trust n°3 92 p. A5 

Un gros pavé pour le retour d’un figure du fanzinat hardcore (yeah,sisi j’vous jure) qu’est wee wee aka le zine au trois Davids. C’est un split avec un autre zine qui serait lui aussi entré dans la légende si il ne changeait pas de nom à tout les numéros. L’assemblage est assez original, puisqu’un qu’une page sur deux est à l’endroit et compose un zine. Alors weewee, comme ça fait des années qu’il devait sortir, et que cette chronique a aussi des années de retard, tout date un peu du siècle dernier dedans, mais on s’en fout pas mal au final. Trois pages d’éditos pour commencer, ça met bien les pieds dans le plat, on adore ! Au niveau interview, une de huit page de l’asso veg’ Avis (passage obligé de tout zine contenant un végétarien), qui à mon goût ne parle pas assez de grind core (le monsieur est spécialiste), car le reste, ça doit faire la quinzième fois que je le lis. Enfin tout le monde n’est pas forcément dans mon cas. Deux interviews de Negative Approach qu’ont à peu prés vingt ans et qui permettent de voir que «les ’problèmes’ n’ont pas beaucoup changés » hmm à conseiller aux spécialistes, et une de Headway, un groupe qui n’existe plus depuis des milliards d’années (9 pages, les fans apprécieront). Plein de chroniques, pleines de franc parlé, illustrées par des chouettes photos de concert, y’en a vraiment plein, du hard core donc –plutôt old school, si on a pas peur d’employer des mots compliqués! Hop on retourne le zine, et on tombe sur un truc fait par un seul gars, mais l’édito fait quand même 4 pages ! (le hard core, une thérapie ?) Ca casse bien le milieu, c’est bien c’est bien… mais ça donne vraiment l’impression que le hc est sur une autre planète ou dans un monde parallèle je sais pas… [mais après c’est pas parce que c’est pas content que c’est forcement tout de bon aloi. Par exemple, je ne vois absolument pas où est le problème à parler de porno dans un zine hc ! Le problème c’est comment en parle et ce qu’on veut en faire !]. Ca commence avec une interview des vieux punks de New Wave, c’est donc assez éclectique, ce qui est confirmé avec les nombreuses et fouillées chroniques zine et livres.Views de H2oil et Face up to it (bien sympathique), et la moitié du zine est composée de chronique de skeuds ! 

WALL STREET DESTROY (WSD) n°1, 46 p. A5,

 Ce zine fait suite au zine Anarkoi, mais c’est vachement plus étoffé. Je crois qu’y en a un autre qui est sorti depuis mais je suis pas sûr. Interview de Worst, Oxymoron, Earquake, Disguted (des gens de très bon goûts) et de Crobard (dessinateru gothique satyrique ?) et aussi Melmor et action directe. Y’a un historique du grind core, ce qui est très bien, allez hop, il va finir dans mon lexique ! Des chroniques (écrites à la main mais très lisibles) et des reports de concerts (dont un très bon des p4 haha), ainsi que plein de conneries par ci par là. La mise en page est destroy et aérée en même temps, avec plein de fautes d’orthographe, c’est très bien. En plus y’a écrit zine sans fan sur la couvrante ! Il me tarde de lire le prochain ! 

SLINGSHOT n°1 44 p. A5

Encore une bonne surprise dans ma boite au lettre ! Dessus y’a marqué « Agis maintenant ou tais toi à jamais », ce qui donne un petite idée du contenu, et l’édito est sympa : « Si avec les mesures prises aujourd'hui les punks ne se sentent pas les premiers concernés, qu’ils crèvent les premiers » ! Y’a deux interviews : Gvuarapita (qui malgré leurs voyages en Amérique du sud font preuve d’un parisiannisme exacerbé : « une chose est sure c’est que toutes les manifestations ont lieu à Paris et que si tu habites la province il est plus difficile de pouvoir s’y rendre » !!!) et Inner Terrestrial (par Cheri bibi), qui apparemment essaye de faire cracher le morceau au batteur sur les embrouilles de Conflict à Genève mais n’y arrive pas ! Ces deux groupes sont aussi dans Baricata mais là l’interview est cinq fois plus longue. Quelques chroniques de skeuds crust et hc, et ce qui fait vraiment l’intérêt de ce numéro : un historique du crust, ce qu’on attendait tous avec impatience depuis des années ! (même si il manque quand même Hiatus et les groupes d’Auch !). Un long texte sur le féminisme, qui commence bien par une bio d’Emma Goldman, au milieu une traduction de passages d’un bouquin sur l’anarcha-feminime, un peu plus vaseux (toutes les femmes seraient anarchistes sans le savoir !), un petit aperçu de la question dans la scène, bon rien de transcendant, mais certainement intéressant pour les gens qui découvrent la question. Là aussi on attend le prochain avec impatience. 

BRA n°4 36 p.A5 1 euro + port 

Nouveau numéro du RASH bordeaux, plus épais que les précédents. Au moins ici on ne trompe pas sur la marchandise, c’est rouge et bien rouge et ça n’essaie pas de racoler à droite à gauche. Un long texte sur les révolutions chinoises (piqué d’ailleurs), c’est intéressant (et pas très commun) mais pas super limpide non plus. Pour la musique on a droit aux crypto-staliniens de Nucleo Terco, et au groupe de Hard Core bordelais 21 Ennemy, ce qui fait que sous ses airs de gros rouge qui tache, BRA est bien plus ouvert que baricata. Preuves supplémentaires dans les chroniques ou la recette végétarienne. 

MOLODOI n°2 36 p. A5 

Les vieux (?) alcooliques de Deviance, Propagande et Future Noir peuvent se rassurer, la relève anarchopunkcollagesaportoutrttextesàlamain est là. D’ailleurs Deviance et Future Noir sont interviewés ainsi que...non voue devinez pas ? … allez un petit effort… oui ! Les Pekatralatak ! Bon tout est comme d’ahb, les intw sont assez longues (ça ira pour cette fois les gars, vous dites pas trop de conneries hahaha !). On remarque que les photocopies sont laser, quelques passages à la main, les mateurs ne seront pas déboussolés. 

FILS DE CREVURE n°3 8 p A5 

Certainement que d’autres numéros ont parus entre temps. Donc une newletter bien remplie oi!/punk, on commence avec trois pages de news et d’annonces concert (bon c’est le numéro de octobre 2003 que je chronique, donc ça risque pas d’être tout frais), et pis y’a une interview de Mickey Porno, certainement le groupe de oi! le plus hype chez les anarchopunks ! (non c’est pas vrai en fait c’est Hors Contrôle les plus hype) .dont la moitié est consacrée au batteur, qui s’occuppe du site skinhead revolt (une mine d’infos : www.skinheadrevolt.fr.st), certainement le skin le plus hype chez les anarchopunks toulousaines, qui ont répondu a son annonce. Et trois pages de chroniques pour finir, c’est carrément oi! en fait et un peu hc. C’est assez poussé, les questions de l’interviews font plus de quatre mots, je pense que c’est largement au dessus de la moyenne. 

INERTIE n°2, 64 pA5, prix libre, 

Arf encore un gros paquet de lecture punk et politique du fin fond de la Normandie. Bon là il a un peu tripé avec l’ordre des pages, heureusement qu’elles sont numérotées, mais ça fait drôle de trouver l’édito qu’à la troisième page. Alors plein d’interviews, dont les Jeunes Libertaires de Toulouse et Storm (rip) pour vous donner le ton : c’est bien anarchiste, on confond pas avec du gauchisme radical ici. Y’a aussi zanzara athée, la célèbre distro de brochures, et une meuf qui fait un site de hc, heu j’ai lu tout ça y’a longtemps, ras. Y’a aussi les gens qui se sont occupés du fameux camps no border a Strasbourg (les zines c’est toujours à la pointe de l’actualité), ça prend 12 pages en tout et c’est une bonne idée d’interview ! Y’a aussi une view des pédés de bang bang qui sont très lourds avec leur provocation à deux balles et je suis très étonné que le rédacteur ne réagisse pas à leurs propos anti-bisexuels ! Y’a des chroniques zines mais pas de disques, c’est vous dire, et puis plein de textes de l’auteur, dans une veine très libre pensée. Il faut quand même se méfier, car on a déjà vu où l’individualisme exacerbé mêlé à un peu d’aigreur pouvait mener… Les Hommes Libres ne sont pas tous fréquentables ! 

DYNAMITE n°21, gratuit, 12 p. A5 

Bon le retour de ce minizine (qui est super hype en ce moment, il est interviewé partout. Moi personne ne m’interview jamais, snif) qui, comme tout le monde, se met à avoir une parution irrégulière. Comme toujours, plein de chroniques punk (le monsieur il aime le punk à clou en majorité) et de zines, dont la franchise du langage a fait la renommée, ainsi que la longueur substantielle des chroniques. Et il y a aussi toujours une interview bien consistante, ici un gars de Saint Etienne qui fait le zine Meantime et plein de trucs, et qu’a essayé d’ouvrir une boutique à Saint Etienne. Même si je ne connais pas son zine ou son groupe, c’est bien intéressant grâce à l’expérience de la boutique, et la description de Saint Etienne : ville ouvrière et bon vivier pour le punk. Il y a une forte corrélation, de la à en déduire un effet de causalité... 

L’HEURE-TARD, n°42, 44 p. A5, 

Bon c’est la couv du numéro 40, mais je vais vous parler du 42 ! Parce que entre le temps où je scanne la pochette et celui où je chronique, paf, il a sorti deux autres numéros ! Ce qui explique qu’il en ai sorti 42 ! Cette publication est assez originale, puisqu’elle est constitué de chroniques, de news et de textes. Pour une bonne part, ça parle ou c’est, de la poésie, chose à laquelle je suis totalement hermétique, je dois bine l’avouer à ma plus grande honte… Mais ce zine est vraiment éclectique, puisqu’on a des chroniques disques et zines aussi (la première c’est Agathocles et la dernière est une compil electro dub. Pour les chroniques et contacts des publications, il y a des zines punks, mais aussi des orgas anarchistes ou communistes (publications communistes intéressantes j’entend, pas du « boum dans ta têt moi j’ai un pin’s avec une étoile rouge »). L’éclectisme n’est pas un vain mot ici, mais on sent quand même un liant à tout ça.

  APATRIDE n°4, 30 p. A4, 2 euros pc 

Déjà un nouveau numéro, et le nombre de page n’est pas un multiple de 4. D’habitude je me moque éperdument de ce genre d’erreur, mais il faut savoir que pour le coup c’est ma faute ! Je suis vraiment très con ! Enfin, pour ce numéro, outre le dessin de couvrante, a un très joli dessin de Kostik en poster. On commence avec 10 bonnes raisons d’être punk et dix bonnes raisons d’être skins, ce qui est très drôle et très juste, et c’est ce genre de truc en plus qui font l’originalité d’Apatride. Une grosse interview de Medef Inna Babylone, qui n’occupe pas la place qu’ils devraient dans le fanzinat français. Je connaît bien de quoi toute l’interview parle, donc je la trouve très intéressante et drôle (en plus j’y étais..), le lecteur lambda s’y retrouvera-t-il ? Mystère… et une fort sympathique d’olivier Rude Boi! (qui refuse de balancer sur Acrude, arf, c’est pas bien de pas balancer ses petits camarades !).Des chroniques bien écrites et bien longues surtout pour les zines, et de disques de oi!, ce qui fait la ‘renommée’ de ce zine, et comme d’hab plein de reports de concerts bien écrit, et maintenant que la miss a un appareil, y’a plein de photo, ça se voit que c’est un truc de meuf (ce que je dis est il vrai ? Est ce sexiste de dire ça ?) 

BARRICCATA n°12 

Bon ben ils enchaînement eux aussi. Un dossier prison, (c’est original tiens en ce moment !), avec des trucs bien intéressants comme la longue interview de Ras les Murs (par contre je ne comprend pas quand ils disent qu’il n’y a jamais eu de société sans prison… alors que la prison est un apport de la Révolution Française, et que c’était un châtiment très marginal avant…), et une de l’ancien chanteur du groupe de grind Dir Yassin (ie un anarchiste israélien), ce qui m’a étonné à deux niveau : ça doit être la première fois que barriccata interview un militant anarchiste, et un groupe de musique violente, alors qu’ils entravent que quick d’habitude. Y’a quelques trucs qui sont bien typiques d’eux aussi : un lettre d’un keupon prisonnier qui termine en disant qu’il veut recevoir des albums de la brigada, oser publier ça est quand même la preuve d’une suffisance frisant le ridicule. La chronique d’Apatride est bien symptomatique aussi, mais je pense qu’elle répondra à leurs falsifications grossières. Enfin la morale de cette chronique est assez édifiante : on pas le droit de dire qu’on aime un disque dans un zine ! C’est incroyable ! Surtout que juste en face, on a une chronique d’un zine ouvertement nationaliste (indépendantiste breton), et leur conclusion est de dire que politiquement ça tient la route ! Tout est résumé là : une apparence de politisation juste ce qu’il faut pour vendre des disque et des t-shirts aux jeunes rebelles et se prendre pour les grands manitous de la scène politisée (l’édito est hallucinant à ce niveau là ! Commence par éteindre ta sono de merde en manif et on pourra discuter entre nous !), et d’un autre produire un clone de No Pasaran avec trois disques en plus qui surfe sur la confusion ambiante. Mais ça marche, donc pourquoi s’en priver ? On remarquera que l’aspect skinhead, ou redskin, est totalement oublié dans ce numéro (a part pour dire qu’Apatride est « anti-red  primaire»… hahaha des libertaires pro-rouges, on aura tout vu !) - c’est moins vendeur ? 

STREET TRASH n°4 84 p. A5, imprimé, 6 timbre -

On termine par la grosse claque de l’année, tout imprimé en A5 comme un petit livre, à prix libre (tout le monde doit leur demander ou c’est qu’ils ont fait ça ! Le prix libre, c’est de la main à la main), et une mise en page qui laisse loin derrière tout ce qui a pu être fait jusqu’à présent (sisi je pense). C’est beau rien qu’a regarder (non ce n’est pas une chronique de baricata dans un zine du rash ou dans punk rawk !). Et y’a a lire. Y’a pas mal de textes politiques, qui sont assez sympas dans l’ensemble, je n’en dirai pas plus, ça serait cynique, héhéhé ! Interview du groupe anarchopunk du nord Phase Terminale (qui sont à banlieue rouge ce que les pekatr sont aux bérus, c’est à dire pas grand chose au final) et du zine du bassiste Forme Létale (ben vous vous étés pas trop déplacés les gars haha) et des grindeux de Blockheads. Y’a aussi un gros dossier sur l’action directe (et non pas sur action directe), qui compile des trucs de différents horizons. Entre autre un article sur la politisation dans la scène métal, malheureusement un peu sommaire je trouve (Certes Kreator sont ou se disent anti-fascistes, mais quid des propos homophobes dans leur troisième album ? Je veux dire, c’est facile de s’acheter une crédibilité à ce compte là…), et pis y’a pas Carcass, et pis ça répond pas à la terrible question : Bold Thrower sont ils un groupe pro ou anti guerre ? Plein d’autres trucs aussi, bref attrapez le. 

UNE VIE POUR RIEN ? N°6, 68 p.A4 + EP, imprimé, 6 euros (4 sans le EP) 

Si vous vous intéressez un tant sans peu au mouvement skin head ou à la oi!, c’est en fait ce zine la grosse claque de l’année. Les chroniques de la premières pages suffisent à le placer très haut dessus de ce qui se fait en France, et tout le reste est à l’avenant. La mise en page est quasi pro, les interviews sont traduites en anglais (on comprend maintenant pourquoi Barricata traduit les siennes : pour nous faire croire que c’est une truc de skin ! Mais c’est pas comme ça que ça marche !), sauf celle du groupe Dernier Recourt, où ils ont oublié de traduire en français le nom du groupe ! Ce sont eux sur la superbe couvrante, et on savait déjà que Roi Pearce est très laid, maintenant on sait qu’il est très bête. C’est ( surprenamant ?) la moins bonne des interviews à mon goût. Les autres sont vraiment passionnantes, d’abord parce qu’elles sont toutes live (le boulot de fou !), et surtout que le rédacteur s’y connaît vraiment et est loin d’être bête ! La grande révélation, c’est celle des bérus, qui enfonce largement toutes celles qu’on a pu lire jusqu’à maintenant, et qui nous offre réellement un autre aspect de ce groupe et du punk français (certains risquent l’apoplexie en la lisant !). Rien que pour ça ce zine vaut le détour ! Comme je l’ai reçu juste avant de terminer et que j’ai plus de place, je ne peux pas dire tout ce que je pense de tout ça comme je le voudrais, vous en saurez plus ultérieurement, car il y a de quoi ! Il y a un EP avec (c’est plus class qu’un CD) avec des morceaux de groupes interviewés : Janitors (de La Rochelle, UVPR va sortir un EP d’eux), Esclaves Salariés (du Québec, avec deux marxistes dedans. Apo ? Qui a dit apo ?), The Analogs (de Pologne, très instructif) et surtout Hard Times, qui malgré les textes que je trouve bien écrits mais bizarres (ce garçon a l’air un peu torturé), est musicalement une avancée dans le petit monde des oi!oi!oi! Je dois m’arrêter là, désolé ...

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BOLCHOI s/t CD Solitude Urbain / Rude Boy Konnection 

Voici le fameux album de Bolchoï. D’abord j’ai été surpris par la pochette qui est toute simple et l’intérieur du livret ne contient que des dessins qui forment peut être un tout  ? (je ne sais pas je n’ai rien compris, ce doit être ce qu’on appelle de l’art). Pour le contenu, après une intro très sympathique, on a droit a pas mal de morceaux de la démo et du EP mais re enregistrés. Comme d’habitude, ça gagne d’un côté (gros son etc..) ce que ça perd de l’autre (beaucoup plus lissé, chant moins impressionnant…). Si on se rappelle les propos tenus par ce groupe dans Punk Podium, à savoir qu’ils ne font pas de « folklore » comme ils disent, on est assez étonné. En effet, quasiment tout dans les textes en relève : couleur des lacets, classe ouvrière, reprise de chaos des 4skins, fierté (il faudrait compter combien de fois ce mot revient), ma famille mon crew (et pourquoi pas « mon honneur s’appelle fidélité » tant qu’on y est ?), la pluie sur les Donkeys, histoire de soûlard, etc. y’a même du foot ! Et puis franchement, même le fait de crier « oi ! », quelle autre signification ça a, à part folklorique ? Ils n’auraient pas l’air de se prendre tant au sérieux qu’on pourrait penser qu’il s’agit d’une plaisanterie ! Bref, ils ne transigent pas avec le petit milieu : on dit un truc et on fait l’inverse. Après, ça s’écoute souvent et avec beaucoup de plaisir, ceci n’a rien a voir avec ce qui précède, c’est même un excellent album de punk. Je dirai simplement que l’attitude qui consiste à faire cette confusion s’appelle de l’apolitisme, ni plus ni moins, quelque soit le discours tenu par ailleurs, les slogans criés ou les badges portés. 

AUCHARDCORE PUNK COMPILATION v/a CD Absolut, Devil’s rec, Fast & Beer, Worst People 

Voici une bonne idée des groupes d’Auch dans le Gers : une compil des groupes existants actuellement là bas (car il y en a eu un paquet !), avec 4/5 titres par groupes. On commence avec le très bon groupe de crust Sickness, ici peut être pas au niveau de leur EP. Puis le groupe de punk (de base) Kron’oi !, qui se proposent de se substituer aux services de police afin de livret les pédophiles au bourreau, si je comprend bien le sens des textes, bref, on n’en dira pas plus. Suis le groupe de crust le plus maléfique qu’il soit : Disbeer, encore plus lourd, encore plus glutural, encore plus rock’n’roll, de la balle ! Drie Lagen c’est du punk-hc tirant crust bien sympa et énergique, genre pas trop prise de tête, c’est cool. Mais pour moi la révélation de ce CD, c’est Death Buring (c’est un avis qui ne sera certainement pas partagé par tous !). Intro et outro démoniaques, chansons sur le grand Cthulu (il n’est pas mort celui qui dort à jamais etc.), et bon en gros c’est du Disbeer en plus (death) metal, simple et à l’essentiel. Leur démo ne m’avait pas marquée, ces quelques titres si. 

TEKKEN / PARKINSON split K7 Broken Noise

 Ces fous de malaisiens, après avoir sorti une k7 (ici il s’agit de vraie k7 avec un vrai livret et tout, la classe !) discographique de Tekken, en sortent une autre avec dessus les morceau du split EP avec Parkinson (pour le côté Parkinson de cette k7, c’est aussi les morceaux du EP avec d’autres), et les morceaux (sauf un ou deux) du split EP avec les Pekatralatak (ce manque justifie donc l’achat du EP héhéhé). Donc niveau chronique pas vraiment à dire, à part que je suis très fier de participer (pour le split EP) au challenge d’un groupe qui, s’il continue comme ça, aura sorti plus de trucs qu’Agathocles ! 

SEDITION CD “End in the beginning beginning in the end” Flat Earth rec. 

Ce Cd regroupe la quasi-totalité de la discographie de Sedition (un EP, un LP, un split LP, y’a pas le split EP avec Disaffect pour cause de place mais y’a la démo). Si je comprend bien, ce groupe vient d’Écosse et faire partie de la même bande que Disaffect ou Catha. Le Livret montre bien la ligne écolo radical du groupe (un dessin d’un gars dépecé avec écrit « Avant l’homme se sacrifiait pour sauver la Terre.  Maintenant l’homme sacrifie la Terre pour se préserver ! », on peut difficilement faire plus explicite… ah oui c’est un dessin pas une photo, n’ayez pas peur..), et si on a pas compris, les longues intros en indien (enfin j’imagine que y’a des amérindiens qui causent, je sais bien que ça existe pas l’indien). Et niveau musical c’est la grosse claque, un espèce de crust super speedé, avec un chant hurlé du fond des entrailles, mais rapide aussi (et ça semble bien être un homme qui chante ! pas évident par moment !). Les morceau sont pas ordre croissant d’age, au début la production est vraiment nickel (le son est vraiment super bon), pour finir sur la démo, beaucoup plus brute forcement ! Un excellent CD. 

PARIS VIOLENCE « En attendant l’Apocalypse »CD/ LP 

 Cet album est infernal : je n’arrête pas de l'écouter ! Bon d’abord la pochette qui est superbe (surtout en LP, si tu n’as pas encore compris qu’on ne peut pas écouter de musique sans platine vinyle !), avec des illustrations fin 19e et des photos de Flav en dandy (malheureusement trop petites) ! La progression est énorme par rapport aux albums d’avant : plein de guitares, de synthés et de plans métal ! C’est clair qu’il m’a fallu plusieurs écoutes pour bien l’apprécier, certains le trouveront nul par rapport au terrible premier EP de ce groupe, et ils auront bien raison, et d’autres trouveront cet album phénoménal, et ils auront bien raison aussi ! La tendance littéraire des textes c’est accentuée, il y a plein de mots que je ne connais pas, les ambiances sont extrêmement bien restituées, et surtout ce mélange punk/oi!/métal est sans précédent. Bref, illustrations, textes et musiques forment un tout très cohérent, on pourrait même parler d’album concept. Écoutez le pour en savoir plus ! 

SKEW WHIFF « Taedium Vitae » LP / CD Trujace Fala

 Skew Whiff est un groupe de crust Belge composé d’anciens Hiatus (et d’un ancien René Binamé même tiens !). Leur concert à Toulouse m’avait laissé sur le cul, ainsi que leur demo. J’étais donc très impatient de découvrir ce LP (trouvable chez Stonhenge pour chez nous), et il faut bien dire que les premières écoutes m’ont un peu déçues. La musique de ce groupe est un mélange subtil (si on peut appeler ça comme ça) entre du crust (tendance hiatus plutôt le dernier LP) et des bon vieux plans metal. Sur la démo ça déchirait tout, et là j’ai l’impression qu’il faille une écoute plus attentive, ou alors je vieillit ? Il est possible qu’il y ait des titres de la démo sur cet album. En tout cas, le moment de surprise passé, c’est une pure merveille, parfaitement maîtrisé, qui comblera les amateurs. De toute façon, tous les fans de Hiatus (et il y en a) apprécieront certainement. 

DISFEAR « Powerload » EP Throne Records

 Disfear est un groupe de crust Suédois (l’autre pays du punk et du metal !) qui jouit d’une certaine notoriété, aussi bien chez les punks que chez les metalleux (ils font des références explicites à des groupes comme GBH ou –bien sur—Discharge, et ont sort un album sur Osmose). Le chanteur Toma joue dans plusieurs autres groupes, et chantait dans l’excellent groupe de death metal At The Gate. Tout ça pour dire qu’il n’y a aucune surprise, on retrouve le même crust sur puissant (et sur classique ! Avec un nom comme ça de toute façon...) avec un chant qui a bien du coffre sans être lourdingue, bref un bon EP sans surprise. A noter la pochette en couleur très réussie. 

AUJOURD’HUI COMME HIER V/A CD Worsty rds / Combat Rock

 Bon on passe à quelque chose de beaucoup plus terre à terre : la fameuse compil’ de reprises des années 80. Je ne m’arrêterais pas à savoir si sortir des reprises est ou non une entreprise intéressante, d’ailleurs je ne trouve pas cette réflexion intéressante ! 23 groupes récents, sauf les Kromen dont on retrouve l’indispensable Rock Connection, et force est de constater que le choix ne s’est pas fait à la notoriété du groupe (des « grands » groupes ayant été refusés) mais bel et bien au niveau de la prestation. On retrouve nos gloires locales les Dahugarous, qui reprennent un morceau des Vampires (ça change de Komintern ! Ici c’est le groupe the Conwicts qui se charge de la lourde tache de reprendre pour la 787ème fois Unis par le Vin). Bon sinon rien de spécial à dire, pour moi il y a deux titres qui se détachent de très loin du lot: les Boum Bomos (qui avaient fait l’hilarant Boulangerie Pâtisserie) qui reprennent Juin 40 en changeant les textes pour en faire une chanson sur le 11 septembre ! Quand enfin un groupe de punk ose détourner des textes (au final les punks ne sont pas très audacieux), le résultat est garantit. Et Paris Violence qui reprend Suicide de Camera Silens, un son énorme, un truc époustouflant. 

CAMERA SILENS « Réalité » / « Rien qu’en trainant » CD/LP Euthanasie

 Tiens, quand on parle du loup. Enfin une réédition des deux albums de ce fameux groupe bordelais des années 80. Je suis sûr de ne pas me tromper en affirmant que Camera Silens est une des meilleur groupe de punk qu’il y ait eu en France (tu connais quelqu’un qui n’aime pas Camera Silens ?). La fait qu’ils aient beaucoup investis dans le son à l’époque y est peut-être pour quelque chose. Réalité, le premier album de 84 est une merveille de punk/oi!, avec des textes terribles. Le CD est agrémenté de morceaux des démos (les mêmes mais avec un son plus roots) et tout à la fin des trucs qui ressemblent à des trucs de répétitions. Le second de 87 change d’aspect musical, avec des cuivres, c’est plus saoul/reggae (enfin moi je dis ça j’y connais rien) et c’est magnifique (et pourtant je ne suis pas amateur du tout de ce genre de musique !). On trouve en plus le morceau de la face B de leur EP et la version d’Identité (certainement leur morceau le plus repri) qui est sur la compil Les Héros du Peuple Sont Immortels, qui est bien meilleure que la version de l’album. Ils avaient ensuite suivit une évolution plus marquée dans ce sens là (plus lent plus de cuivres plus dub etc.) mais rien enregistré. Le CD nous propose donc des titres qu’ils jouaient en live à l’époque mais enregistrés récemment en studio. Les livrets contiennent les textes et pas mal de photos mais malheureusement ni biographie ni discographie. Pour cela il faudra aller sur des sites dédiés à ça pour ceux qui ont une connexion à Internet. Les autres peuvent crever la gueule ouverte. Une réédition indispensable. 

KOCHISE « Plus dure sera la chute » 10’’ Autoprod. 

Enfin une nouvelle production de Kochise, le plus fameux groupe anarchopunk français en activité. En plus un 10’’, un format apprécié par beaucoup. D’abord la présentation est super classe, tout en couleur, y compris le livret, avec un poster et tout. Livret bien fournit évidement, avec une liste impressionnante de contacts, et force est de constater que le patriotisme d’organisation n’y règne pas. Coté musique, c’est moins basique qu’avant, certains n’ont peut être pas apprécié, moi j’adore, disons pour faire court que c’est à fond de banjo. C’est très dansant en tout cas. Quand aux texte sur les 6 textes, il y en a deux à relever : un sans concession sur le vote, avec un texte « aux camarades qui ont voté pour leur ami Jacques Chirac » - on pourra reprocher pas mal de confusions politiques aux anarchopunks, mais leur intransigeance sur certains points est une qualité que n’ont pas tout les « libertaires ». L’autre s’appelle « Chien de garde » et il rejoint un aspect de l’anarchisme qui est un peu tombé en désuétude, en ce sens qu’il est méchant. Je regrette par contre pas mal le morceau « Zapata vive ! », dont l’exotisme suranné flirte avec de l’idolâtrie –par contre musicalement il est super bien. Du DIY anarchopunk de grande qualité ! Incroyable ! Mais que fait la Tcheka ? 

KEITZER « System Overload » / REMAINS OF THE DAY « Dead cells » split EP Yellow Dog 

Ce disque marque la tournée commune qu’on fait ces deux groupes (ou l’inverse peut-être). Keitzer sont allemand, et outre le fait d’avoir un nom sympathique, sur scène c’est l’hallu, jamais vu un groupe faire autant de bruit ! L’apocalypse ! Alors forcement (?) sur disque leur hard core hurlé métallique presque chaotique ça rend un peu moins, mais ça reste très bon. Quand à Remains of the Day, ils viennent de Portland (si vous ne savez pas d’où vient un groupe, dites Portland, ça a de forte chances de marcher). On m’avait dit le plus grand bien de ce groupe que je ne connaissais pas, mais après le déluge de Keitzer, leur prestation scénique m’a vite ennuyé. Ca passe là beaucoup mieux sur disque, hard core avec violon, avec pas mal de passages lents et melos vraiment bien faits (c’est le plus intéressant en fait), qui me rappelle un peu Ire/Black Lung. C’est une musique qui doit être vraiment intéressante sur la durée, et donc un album entier doit bien le faire. 

KANSALAISTOTTELEMATTOMUUS « Fuck their fuckin’ system » EP Kamaset Levyt 

Un nom réellement imprononçable, une pochette et un titre super original, qu’est ce que c’est que ce truc ? Ben le nouveau groupe du chanteur d’Oi Polloi, qui vit maintenant en Finlande (d’où le nom). Alors niveau artwork et textes pas de surprise (anglais, allemand et finlandais). Musicalement ça ressemble pas mal à du Oi Polloi donc, en plus lourd, et avec un son assez merdique. Peut-être qu’il s’agit bien d’une blague après tout ? 

URBAN BLIGHT « Révolté » / PEKATRALATAK « Mort au Punk » Split LP 

Voici enfin ce disque qui commençait à devenir légendaire : quatre ans de retard ! Alors forcement, on connaît (quasiment) tous les morceaux : Urban Blight parce que sa discographie est sortie (versions différentes des morceaux ici présents) et les Peks car pas mal sont sur le live (au son largement supérieur) avec Fœtus Party. Mais même si vous connaissez ça vaut le coup, c’est d’autres versions et surtout c’est un LP : pochette dépliante qui contient les traductions et un gros collage, et bien sûr le gros livret de service - avec 5 pages sur Mesrine pour les pekatr, c’est beau l’anarchisme ! Avec pas mal de trucs intéressants. Dont un texte tiré d’un tract que je reproduit par ici, pour pas que vous vous explosiez les yeux sur la version présentée dans le livret. Il m’a même fort surpris, présentant des positions (classisme, anti anti-fascisme..) étrangère à ce qu’on connaissait du groupe. Si par le plus grand des hasards, vous revenez d’une mission scientifique en terre Adélie, et que vous ne connaissez pas les morceaux, c’est incontournable dans le genre (rien que parce que rare par chez nous). Je ne vais pas m’étendre sur Urban Blight, il y a huit titres dont 4 titres en français, que je préfère nettement à ceux en anglais (normal non ?), qui sont super bien etc. etc. Quand aux P4 c’est la même histoire, y’a des interludes entre tous les morceaux, blah blah… deux groupes à boite à rythme machin tout ça… dur de chroniquer ce disque en 2004, j‘arrête ici ! 

LOST « fear strach » LP Malarie

 Lost est un groupe polonais, et avec la chanteuse d’Homomilitia, ce qui a l’air de mettre en émoi du monde ! La pochette, très sombre, est superbe, par contre le poster fournit avec est assez laid. Ils avaient déjà sorti un EP sympa mais pas franchement transcendant, surtout par rapport à Homomilitia (anarchopunk). Ce LP est beaucoup plus intéressant, la musique est très lourde, avec des passages bien lents, mélange punk/crust, et assez sombre, et la chanteuse (il y a fort à parier que les gens pas habitués ne verront d’ailleurs pas qu’il s’agit d’une chanteuse !)avec une voix roque le fait bien par dessus. En tout cas c’est assez original, 10 titres dont une reprise de 13 Wither, groupe que je ne connais pas. 

EKKAIA « Manos que estrechan planes de muerte y sometimiento » LP La Idea

 J’ai déjà parlé de ce groupe espagnol dans le dernier numéro, car non seulement leur prestation scénique et leur précédent album, d’emo core super intense, m’avait bien impressionné, et en plus ils se qualifiaient simplement d’anarcho-punks ! En plus le chanteur avait un T-shirt d’Anomie ! Un an plus tard ils ont joué en France (toujours avc le même t-shirt d’Anomie !), et ils ont bluffé tout le monde: une musique plus hard core, genre les trucs qui marchent bien en ce moment comme Tragdy, avec toujours leur petit coté emo. A la fin du concert, tout le monde allé acheter son petit disque d’Akkai, et ils avaient bien raison ! 

EKKAIA «  cuantos mas moriremos hasta que esten satisfechos ? » EP Yellow Dog

 Un EP sorti presque en même temps que l’album, sur le label allemand Yellow Dog. On dirai que la pochette est toute noire (j’ai éclairci l’image) mais en fait ça représente une foret brûlée, ce qui reste dans le même esprits que leurs pochettes de désolations urbaines précédentes. Les morceaux sont de décembre 2002, ceux de l’album de mai, mais je ne sais pas de quelle année, hihi A l’intérieur on trouve entre autre un texte de l’individualiste Armand (en espagnol). Sinon par rapport au LP j’ai l’impression que les morceaux sont légèrement meilleurs. 

CROMWELL O. « Danse ce soir, soumet toi demain ! » k7 Spurt

 Ah, il y a encore des gens qui sortent des k7, ça fait plaisir ! Boîtier carton en couleur agrafé à la main et textes sur une feuille glissée à l’intérieur, le DIY n’est pas mort en France ! La pochette et le titre sont très réussis. C’est sorti par le label qui a sorti la discographie d’Anomie, et effectivement ça fait penser, tant au niveau des textes que de la musique, aux groupes d’emo core qu’il y a eu en France il y a quelques années. Enfin musicalement, c’est un tout petit peu moins hurlé et un peu plus costaud, mais le cœur y est. En tout cas les textes (présents en français et en anglais sur la feuille, à vous de deviner en quelle langue il chante héhé) sont bien dans l’esprit, avec ce soupçon de naïveté inimitable. Je suis très content de voir que cet esprit perdure encore. 

HELL ON EARTH / HILL OF THE DEAD Split MCD Crimes Against Humanity

 Une pochette très laide de trash de troisième zone, on a du me le conseiller pour que j’écoute ce CD. Et quel bien me prit ! Je suis passé assez vite sur Hell on Earth, bien que ça soit très sympathique (j’ai lu quelque part que ça ressemblait à du Marduk ! Il y a quelques ressemblances, mais si Marduk avaient fait du hard core je doute que ça aurait ressemblé à ça !), mais la grosse claque c’est Hill of The Dead ! On comprend que la pochette et tout ça sont bien à prendre au second degré, et ça balance un hard core rapide, à deux chants terribles, un grave et un genre je me suis coincé la gorge dans la porte, avec un très fort coté fun et un autre coté metal avec des riffs de mort ! C’est épuisé chez le label, donc je vous conseille d’essayer si vous le croisez par là. 

SUBMERGE / DEAD FOR A MINUTE split EP Abstract rds / Acid Folik / Shinya rds / Shogun rds 

Submerge a sorti quelques disques en peu de temps, et même une discographie (sortir une discographie d’un groupe qui existe, ça m’a toujours paru étrange), pour ainsi dire que ça a cartonné dans la scène (au moins l’an dernier, là on est en 2004 je ne sais pas où ça en est). Donc pas de surprise, un hardcore un peu lourd et super étouffant (le son l’est d’ailleurs un peu étouffé), texte en français et en anglais. Dead For A Minute chantent aussi en français, mais on comprend toujours rien. Hard Core plus décontracté que Submerge, avec un chant hurlé et un autre chanté. Intro et Outro très réussies. Le vinyle est vert et la texture de la pochette pas habituelle. 

LES GRILLES DEGOUTS « Guerre » CDR Le Keupon Voyageur

 démo de chez démo, avec juste un petit insert, pour une musique bien dans l’esprit anarchopunk français, comme il y en eu dans les années 90, genre Utopia. 6 titres (avec batterie, ce n’est pas un groupe de l’espèce boite à rythme) avec un son assez moyen, ce qui est normal pour une démo, on aurait tendance à l’oublier. Textes sur la guerre, la chasse, la prison, bref RAS, du moins de ce que j’en comprend (enfin ça va, on comprend bien quand même). Les derniers titres me rappellent grave (pour la zique) la musique des Dahugarous, c’est cool. On est très curieux de voir la suite. Contrairement à ce que j’ai longtemps cru, ce groupe n’est pas le même que Bush Dégoût. 

HK / PLEDGE ALLANCE split MCD Malodoror / Impure Musik 

Le boîtier qui contient le disque est très réussi : il se déplie et à l’intérieur les divers textes sont sur des carrés de papier (y’en a un paquet !), qui sont tous très jolis. Tout est en français/allemand/anglais. On commence avec 3 titres (assez longs) de HK qui sont de heu… enfin vers Dijon par là. Malgré d’excellents passages très intenses, je n’arrive pas à accrocher à leur Hard Core. Pourtant bien joué et le prod est nickel, mais non. Je sais pas pourquoi. A noter qu’ils ont aussi fait un split LP avec l’excellent groupe d’emo italien With Love. Quand aux autrichiens de Pledge Alliance, dont la démo et la prestation scénique m’avaietn beaucoup plus, ben c’est toujours aussi bien, du hard core metal un peu (voire beaucoup !) à la Catharsis. Beaucoup plus metal même il me semble sur cet enregistrement (alors le mot metal est super ambigu. Disons que ça fait plus death melodique que hc des fois, ce qui n’est pas pour me déplaire !). Enfin bon moi le genre de groupe que j’apprécie énormément. Et en plus un groupe anarchiste, avec par exemple là un texte sur la révolution argentine (pas traduit en français, bouh). 

TEKKEN « All i Wanna Do Is Sniff Some Glue » 

 Alors Tekken est quand même le seul groupe du monde qui soit capable de sortir une disquette ! Sisi une disquette d’ordi, avec un morceau en mp3 dessus ! Bon en fait c’est pas vrai c’est pas les premiers, Charles Pasqua l’ont fait avant eux (sisi j’vous jure !). En plus c’est pour fêter la mort des gars des Ramones là, donc on a droit à une pochette détournée absolument parfaite (ils ont rajoutés leurs gueules dessus, c’est super bien fait !), et sur la disquette donc le morceau All i Wanna Do Is Sniff Some Glue  mais pas trop massacré non plus. Mais qu’est ce qu’il dure longtemps alors, j’ai du l’écouter pendant 2h30 et il était toujours pas fini ! En plus on a droit à un badge ! Vive Tekken ! 

V/A S/T 10’’ Les potagers nature

 Autant vous l’avouer tout de suite, j’ai acheté ce skeud uniquement pour sa pochette, que je trouvais merveilleusement babouse, du vrai bonheur ! Et oui, et si t’es pas content, arête de lire, c’est un truc de tapette, continue plutôt détruire tes dernières neurones ! Bon alors c’est sorti pas Les potagers nature, dont on m’avait expliqué le fonctionnement qu’avait l’air assez intéressant, mais malheureusement me rappelle pu ! Bon alors c’est dans une veine un peu ‘expérimentale’, on commence avec Hapi Uiz et son ami, ça commence basse/batterie, et après ça peut un peu faire penser a du Resident et d’autres passages à des trucs genre Ka Bu Ki Buddah, enfin c’est bien sympa? Sur la même face y’a Radikal Satan, heu en fait c’est peut être eux que j’ai chroniqué ? Dur de voir où est la séparation hihihi. Sur l’autre face, on a Agripon, c’est déjà un peu plus déstructuré, mais c’est bien marrant, genre Lucrate Milk en beaucoup beaucoup plus sage (oui ça n’a peut-être rien à voir, mais il faut bien que je dies quelque chose !). On finit avec Erez Martinic, synthé prisunic, percus, c’est un peu plus evil, c’est cool. 

DAYMARE s/t EP ratbone / Stonehenge

 Pochette très sobre mais dépliante en poster pour un groupe contenant quelques stars dedans (matte les labels). C’est donc ce qu’il convient d’appeler de l’emo core comme il s’en ait fait, c’est à dire du bon hard core punk ‘politisé’- enfin qui s’interroge sur la vie quoi, avec chant mixte, avec des textes en français (c’est emo, ça veut pas dire que le chant est pleuré, ça veut dire que les textes parlent de relations humaines ou de choses légèrement personnelles). Enfin moi je trouve ça très sympathique, je suis content qu’il y ait des groupes qui jouent de cette musique que j’apprécie bien, et vous pouvez écouter les morceaux sur le site de Stonehenge. 

MISERY « The early Years » CD/LP CAH / Havoc rec

 Ce disque est pour moi la grande découverte de ces dernier temps. C’est donc la discographie de ce groupe de Minneapolis que je ne connaissais pas. C’est du punk très lourd, avec un chant limite crust (enfin c’est quand même un groupe de crust à la base !), plus ou moins lent selon les périodes je pense, avec quand même des mélodies sur certains morceaux. C’est donc une lourdeur qu’on retrouve souvent dans le crust, mais avec des morceau bien punk quand même, enfin bref moi je suis fan ! Le truc s’appelle « early years » donc j’imagine qu’il ne contient que ce qu’ils faisaient au début (je sais, je suis très fort en anglais). Dans le livret il y a la reproduction de 5 pochettes et… c’est tout, je peux même pas vous donner les dates. Pour le reste ils disent d’aller voir sur internet, je trouve ça assez gonflé ! Alors sur le site—de l’excellent label Crime against humanity- on apprend que ça contient «  Blindead, Born Fed Slaughtered, Children Of War 7"s et le Split Lp avec SDS », bon sinon c’est un groupe des années 90. Il y a des morceaux du CD qui ne sont pas sur le LP et vice-versa. 

RATTUS CD Peculio / Terror / Rotthenness

 Ceci est la discographie de ce fameux groupe finlandais, et c’est cool, parce que sinon ce genre de trucs, cultes pour ceux qui en ont des k7, c’est pas facile à attraper. 32 titres sur le CD, donc vous devinerez que les morceaux font en général moins de deux minutes. Les deux premiers morceaux dont de 81 et sont assez inécoutables, puis on a droit à 28 morceaux de 82 à 83, de ce qu’il est convenu d’appeler du scandi-core. En fait c’est du punk à la Discharge de la haut, tout simplement, chanté en finlandais, , et eux sont des pionniers dans le domaine. Il y a un petit historique dans le ‘livret’ (enfin ça parle surtout de l’histoire de leurs morceaux et de leur rééditions si je comprend bien), quelques photos et c’est tout, ça commence à devenir saoulant de faire des discographies minimales ! Pour finir 2 titres en live. Les 6 derniers morceaux sont en fait des reprises de standards du punk (Clash, Discharge…). 

G-77 « Peine de vie » CD exutoire rec.

Voici le nouveau groupe harccoreemometal de Bordeaux (cf Cloudburst ou Acrimonie). Pour moi c’est plutôt cool, comme j’aime beaucoup ces groupes là. La pochette est soignée, comme d’habitude avec ce genre de productions, textes en français bien sympas, c’est pas mal du tout, mais bon, malgré des passages atmosphériques bien rendus et une production nickel, je trouve que c’est loin d’être le furie des deux autres groupes cités. Enfin c’est quand même pas mal du tout !
 



BRIGADA FLORES MAGON « Rock or Die » CD Dans tous les Virgin


Le monde des gens qui écoutent du punk se divise en deux : ceux qui pensent que le punk est une musique qui a une façon d’être qui refuse l’idolâtrie, qui refuse les rock stars, qui ne fait pas de différence entre le public et les musiciens, qui rie devant les attitudes de poses… et ceux qui écoutent la BFM. Le livret est exemplaire à ce niveau là, c’est du vrai boys band. Après c’est toujours aussi relou, malgré que le chanteur ai semble t il appris à chanter. On trouve une chanson d’une beaufferie et d’un sexisme extraordinaire (un mec qui rentre bourré qui réveille sa meuf –pour se faire sucer ? - et en plus elle est pas contente cette salope !), enfin ça doit être de l’humour (le même que Komintern Sect avec Sonia j’imagine). Le comble du ridicule est atteint avec une version acoustique de Pernod et Pastis (ou alors Blaireaux et Martyrs, je me rappelle plus..). Quand à ceux qui jouissent en écoutant « pour ma classe », je leur dirai simplement de s’essuyer les yeux et de regarder la composition sociologique des cortèges de la CNT parisienne.

TRIKARDS s/t EP Fight 45 rec.

L’intéressant label Fight 45, qu’on entendait plus depuis quelques temps, sort deux Eps en même temps. On commence avec Trikards, le groupe du boss, et où y’a aussi le batteur de Civil Agression au chant. La pochette est rigolote, et le vinyle rouge tacheté de noir est superbe. Pour les morceaux, ben celui qui va vite se faire connaître c’est «Apos», qui m’a bien fait rigoler, mais qui va pas faire rire tout le monde, ça c’est certain ! La fin du morceau est une reprise de « Skinhead de Paris pourris » de Final Blast, transformé en « Apos de Paris Pourris » hihihi. On peut l’écouter sur le site du label. On me dit que musicalement ça ressemble à Haircut, heu, j’ai jamais vraiment écouté Haircut (des bons patriotes), mais en tout cas les textes c’est pas vraiment ça héhé. Bonne oi!/punk de base, ça dépote pas mal, le son est correct. Pour les autres morceaux, on remarquera un anti-foot et un anti-élections, c’est cool tout ça. Bref ça le fait, car voici enfin un groupe ni red, ni bones, ni apo héhé.

INNER TERRESTRIALS « X » CD Motarhate

Nouvel album, assez court (36 minutes), qui n’est pas sorti par Maloka, mais par Motarhate, le label de Conflict (de canard). Il faut d’ailleurs savoir qu’un gros tiers de IT! Joue dans Conflict. Toujours la même recette, alternance reggae/dub/punk, qui a fait la juste renommée de ce groupe excellent. Donc pas de grandes surprises pour cet album, si ce n’est qu’il y a des chansons dessus que je connais déjà (celle du mncd Barry Horne en particulier), alors que déjà il est court.. enfin bon il est bien bon, le son est tellement excellent qu’il en peut plus.. Quelques passages un peu plus originaux quand même... voilà voilà… c’est peut être un peu gavant à la longue, mais c’est quand même super bien fait ! Ils ont aussi sorti un autre mini :   « Guns of Brixton », j’imagine pour pouvoir participer à la messe collective.

TEKKEN / CORPORAL ABUSE s/t CDR ca/cr prod


Photo de Day of the Deads en couvrante, c’est à peu prés tout ce qu’on peut récupérer de cette prod… non, je suis méchant… 26 titres de Tekken en live, donc RAS, et que 3 de CA, mais des morceaux de 8 minutes ! Incroyable pour du grind ! Enfin, il suffit de jouer 15 morceaux à la suite me direz vous… grind bruitiste ça fait « bleuuurkkkheuuu ». Ou alors c’est le son qui est très mauvais ? 39 min en tout ce CD… En tout cas, bon, moi j’ai ce disque uniquement parce que je collectionne les disques de Tekken (non, c’est pas vrai, c’est parce qu’on me l’a donné !)

TEKKEN / JAN AG s/t split CD 2’’ WeeWee /Zas


Ouais chouette un 2 pouces ! Mais dans un boîtier CD normal, ce qui fait que pour craner, on est obligé de le laisser ouvert, ce qui n’est pas des plus pratiques. Commençons par Tekken, 3 titres « normaux » (cad du grind assez rock’n’ roll !?!), et 4 remixes plus ou moins électroniques assez chelous (celui de kukozu est bien). Et le dernier morceau on entend.. le bruit des doigts sur la guitare pendant un morceau ! Donc ce Cd est déjà un objet étrange, mais en plus on a les morceaux de Jan Ag (3), qui sont vraiment bien. C’est une sorte de grind assez lent et en fait électronique, avec un synthé derrière, et un chant tout remixé il me semble, c’est pas mal du tout, pas inaudible du tout. C’est un projet du chanteur d’Agathocles. Bref, un chouette disque !

TEKKEN / PARKINSON split EP s/t 213 rds / Jason R. / Emostyle Army / No fucking label, Wee Wee

Pochette dépliante, d’un goût artistique qui me laisse assez perplexe. Morceaux de Tekken pas mal dut tout, avec un chant un peu plus bourrin que d’habitude, j’ai même eu du mal à les reconnaître ! Un morceau terrible sur le circle pit (tourne, tourne, tourne, mais pour quoi faire ?). Un court mais terrible remix de Kukozu pour finir. Pour les Malais de parkinson, ça rigole beaucoup beaucoup moins. 6 titres de grind punk en malais, qui dépotent bien tout à fond. Le son est terrible sur les deux faces. Ces morceaux sont présents pour les radins sur la k7 chroniquée sur la première page des chroniques. Un chouette EP là aussi.

TEKKEN / AMANNON « Audio sexual terrorism » k7 Sexy Witch rec.


Voilà un cassette dont la pochette est un goût très douteux, et qui m’étonne beaucoup de la part de Tekken (des gens si sérieux !). Non sans rire je suis vraiment étonné. Alors Amanonn, c’est un espèce de bzzz tout le temps, avec de temps en temps un gars qui fait ahhhahhhahh, c’est super chiant. Si au moins la cassette tenait les promesses du titre.. mais c’est pas de l’Abruptum, loin de là ! Suivent 22 titres live de Tekken, son moyen.

TEKKEN / DISSECTED split k7 s/t zézette prod.


Ca c’est de la pochette ! En tout cas ça a rien à voir avec la précédente ! Bon on commence avec 30 titres de Tekken en live, son bien pourri, mais qui c’est qui peut bien écouter des trucs comme ça ? Bon après trois titres de Dissected, pfff, du grind bien étouffé, son assez moyen, heu c’est pas du black plutôt des fois ? Enfin, pour ce que ça change… je pense que ça pourrait être sympa si c’était audible...

TEKKEN s/t CDR Skud rec.

28 titres de Tekken de plus. Ceux qui ont eu le courage de tout lire jusqu’ici seront récompensés en apprenant que, si il vous faut un CD de Tekken, et bien je pense que ça sera celui-ci ! Tous les textes + commentaires tiennent sur une page (format CD), et toutes des ‘song against’, exemple : « Shit Pants : get the fuck out of my way… you better shit in your pants instead of stay ! (song against english teachers, yes our english is really poor… so what ?)». En fait c’est une compil de quelques une de leurs prods (les moins pourries ?) avec d’autres trucs. Par exemple on ne pourra pas passer à coté d’une reprise de « Punk rocker de merde » des P4.. En reggae ! En fait, y’a 17 titres studios qui sont compilés + 4 lives + 5 remixes.

URBAN BLIGHT CD discographie 1998 - 2001 Les nains aussi / React


Drôle de chose, cet engouement pour l’imagerie maoïste chez les anarkpounks..enfin… Donc la discographie de ce « groupe » incontournable de l’anarkopunk francophone. Boite à rythme, gratte, chant légèrement saturé, musique simple et efficaces, textes terribles (la plupart en français, quelques-uns en anglais). Il y a les titres du split LP avec les pekatr (puisque, pour les deux ou trois pas encore au courant, ce disque doit avoir 4 ans de retard), mais réenregistrés, je crois. Quelques titres en live. Ben les discos, c’est cools, y’a tout les morceaux (y’a ceux des démos) - on regrettera par contre l’absence de « je m’ennuie ». Ce disque est le minimum à avoir quoi.

BERURIER NOIR « Même pas mort » 2xDVD + CD, Folklore de la zone mondiale

V’la le fameux DVD des bérus ! Bon je vais pas polémiquer des heures, c’est assez simples : 2 DVDs contenant les clips, gavés de live (mais vraiment beaucoup !), donc pour à peu près 20 euros (le prix du dernier Exploited ?) c’est incontournable (y’a même la vidéo de leur premier concert !). Le seul truc où ils abusent vraiment, c’est qu’il manque deux clips, alors qu’ils auraient largement eu la place, vu le nombre incroyable de conneries qu’ils nous ont mis ! D’ailleurs les trucs intéressants tiendraient largement sur un DVD à mon avis ! Y’a aussi un CD audio avec des versions différentes ou des nouveaux morceaux, qui sont nuls à chier, je leur conseille de renoncer à sortir un album, ils vont faire halluciner des milliers de gens ! (Sur le DVD y’a des inédits, mais on comprend pourquoi ils sont restés inédits). Le seul truc vraiment intéressant sur le CD, c’est une autre version de Vietnam Laos Cambodge, beaucoup plus anti communiste que l’autre (dont je vous met les paroles dans un coin, juste pour le plaisir !).

RENE BINAME « A la casa del Populo » DVD Aredje


René Binamé, en plus de tout ce que ce groupe a de bien, a toujours été à l’avant-garde quand il s’agit de nouvelle technologie. C’est à ma connaissance le premier groupe de punk à sortir un DVD (je parle des groupes de punk qu’on trouve pas à Virgin). Le corps du DVD est un concert qu’ils ont fait au Québec, c’est dans un bar, filmé avec une seule caméra, à moitié en noir et blanc. Eux trouvent que c’était un super concert, niveau ambiance, en tout cas niveau visuel ça en jette pas des masses (pas autant que la vidéo de leur concert à Genève pour le premier Rude Boys Unity que j’ai pu voir), mais c’est pas mal, on a quand même un concert des binams, et un DVD c’est cool, les chapitres c’est quand même pratique… 4 clips aussi qui sont très.. Binamé ! Et une présentation de leurs skeuds avec un morceau de chaque qu’on peut écouter. Voilà. Et je me rappelle plus le prix, mais c’est pas du tout cher du tout.

DISGUSTED s/t EP Fight 45 / Pogopunx

Ce disque à la pochette bien keuponne mais rigolote est coproduit par un label Hollandais, et en écoutant la zik on pourrait tout à fait croire qu’il s’agit d’un groupe de là-bas. Genre punk core bien rentre dedans, avec un chant assez déchiré et des chœurs toutes les deux secondes. On peut d’ailleurs voir sur la pochette qu’ils ont fait un concert avec Antidote. Mais je crois bien qu’il s’agit d’un groupe français. Et oui, en France aussi il y a des groupes qui jouent comme ça. Je dis je crois car je n’ai pas d’insert (y’en a pas ?) et y’a pas de contact sur le disque. Enfin j’en suis quasiment sur, même qu’il semble y avoir le monsieur de Fight 45 qui joue aussi dedans. Les titres sont « lives » nous dit on, c’est pas la top qualité, mais bon ça passe pour le son.

FICTION ROMANCE «Mission insoumission » CD le keupon voyageur / Karamekos / LCdR / Trauma social


Voilà leur troisième album si je ne m’abuse.. Heu au moins le second en tout cas.. Un groupe du sud-est de la France, et qui joue ce que typiquement on peut appeler du punk-rock français. Si la quatrième chanson ressemble hallucina ment à du d’OTH, la ressemblance est plus ténue sur le reste de l’album, ils ont leur son avec un chant bine caractéristique. Le livret est tout en couleur, et c’est vrai que ça en jette pas mal. Quand aux textes ils ont sympathiques et plein de bonnes intentions, même si on peut sourire quand ils se demandent s’il n’y a que roger Bové pour démonter les Mac Do. Vous allez jamais en manif ? Par contre celle sur les élections est très claire, j’apprécie.

OI! THE ARRASE « Anarkoi! » CD Arrase rec / Bronco Bullfrog


Oi! Oi! Oi ! Voici la discographie de ce fameux groupe de punk/oi! espagnol, avec un gros neuski au chant.Intro de La Haine en espagnol pour commencer, et 21 titres de assez oi! et lourds, certains font penser aux vieux groupes de oi! Italienne pour le chant. Musicalement c’est un peu plus rapide et punk, avec des gros chœurs énormes. La dernière chanson me fait penser à quelque chose, mais quoi ? Le tout en espagnol. Si il y avait un groupe comme ça avec un chant en français ça exploserai tout ! Le livret se déplie en poster, et au niveau de textes, ben le titre du Cd est on ne peut plus explicite !

THE FLYING WORKERS s/t EP Destrucutre/We are not wizards/ Erode


Voilà un pochette bien étrange, je suspecte que ça veuille signifier quelque chose. Mais quoi ? C’est sûrement encore un coup de la branche intellectuelle de la scène hard core ça. Ils ont sorti deux splits EP avant ça, et aussi un CD 3’’, c’est cool ça. Ils viennent de france mais on n’en saura pas plu, la jaquette étant assez sommaire. Bon sinon ben du hard core comme on a dit alors, limite émo c’est à dire quelques passages mélodiques chantés et le reste légèrement chaotique et hurlé avec toujours en fond des mélodies sympathiques et un peu de synthé dès foi, ce qui ajoute une petite touche (de synthé.. bon j’arête).

ACRIMONIE / LA QUIETE s/t Split EP Life of hate


Je vous mets pas la pochette parce qu’elle est vraiment très laide et ne présente pas vraiment d’intérêt. Donc je suis très content de retrouver Acrimonie, qui m’avaient fort emballé avec leur split 10’’ avec Cloudburst. D’ailleurs le premier morceau s’appelle cloudburst (Cloudburst avaient bien un morceau qui s’appelait acrimony sur le 10’’). Toujours le même hardcore screamemomachin limite metal qui tue tout. Le son est peut être pas au top c’est dommage. Le second morceau a des passages qui font gravement penser à du Impaled Nazarene, je les ai d’ailleurs vu faire une reprise de ce groupe, chose dont ils s’expliquaient, et ici aussi un texte met les chose au point (à moins qu’il s’agissent des paroles ? J’arrive pas a reconnaître), enfin bref en tout cas c’est un morceau qui déchire tout. On a aussi un petit texte de Proudhon, mais idem, sont ce les paroles ? On a droit a un superbe passage chanté en fond dont ils ont le secret, mais encore une fois, le son ne permet pas d’en profiter pleinement. Pour les italiens de La Quiete, c’est un peu la même histoire, en moins fou quand même, avec des bons passages mélodiques.

R.A. BHOP Demo CDR

Il y a marqué Punk Alternatif sur la pochette (ce qui n’est pas faux, puisqu’il s’agit d’une démo), mais, allez savoir pourquoi, je m’attendais plus a voir un truc genre hardcore voire, pourquoi pas, lorgnant vers le neo-metal. Heureusement, ça lorgne plus vers le bon vieux trash des familles, mais je soupçonne le son d’y être pour quelque chose. Sinon ça lorgne effectivement un peu vers des choses a la Tagada Jones (voir Lofofora tant qu’on y est), mais outre le son (pas mauvais au demeurant), on a droit a des accélérations bien punks et surtout un chant qui lorgne plutôt vers le death ou le crust ! Donc tout ça c’est très bien, il faudrait continuer dans cette voie/x là !

SENS INTERDIT s/t CD Keupon voyageur/ Trauma social / Limo Life


Je ne sais pas si c’est bien la peine de chroniquer ce disque, car il doit être bien fameux depuis le temps, et à raison, puisque ça doit être un des meilleur truc en punk français sorti ces dernier temps (non ?). La musique n’a rien d’original, mais bien rapide et rentre-dedans, avec un chant féminin qu’assure, ouaip. Depuis z’ont un nouveau gratteux. C’est keupon jusqu’au bout des ongles sales, tous les poncifs y passent, avec pas mal de bière, et y’a même un texte sur le service militaire (chanté par une nana trois ans après sa disparition, y’a que des punks pour faire des coups comme ça !).

KTS « Tapage Nocturne » MnCD

Voici un des exemplaire des 300 (!) disques promos qu’ils ont envoyé, le skeud étant tiré lui même à 1000, on leur espère de rentrer dans leur frais. Pour un groupe qui soigne son management, c’est pas trop pérave. Nan, je plaisante. C’est même carrément bien. Je connais pas leur premier album « Les zicos ont l’air d’influences bien variées, mais c’est bien de punk rock qu’il s’agit, avec un chant presque chanté (!) mais ça le fait bien. La zique est assez rapide, enfin c’est rentre dedans, quoi, ça doit assurer sur scène. Ca fait un peu hard core (KTS = Kick The System, donc on s’en doute un peu). Eux ils appellent ça Punk rock New Blood. En tout cas des passages bien incisifs à la gratte. Les textes sont pas transcendants ni trop relous, y’en a un sur une grève de dockers qui change un peu, et qui part d’un sentiment qu’on encourage !

LOS FASTIDIOS « Siempre Contra » CD Cob / Mad Butcher


Tiens il me semble que ce CD m’a été envoyé par Combat Rock, et il y a pas leur logo sur le skeud (et comme je jette les enveloppes… Bon alors Los Fastidios tout le monde à l’air de connaître -sauf moi jusqu’à présent. P’tet je les ai vu en concert, me rappelle plus, je suis pas très au fait de ce style de groupe. Je sais que ça fait de l’émulation chez les punks et skins politiquement corrects, voyons ça. Ouais du punk carré bien fait, un peu oi! Si on veut, ça va plus ou moins vite, et le gens en italien ça le fait toujours, ça change de l’anglais ou de l’allemand. Y’a un morceau où ils chantent en français et là faut qu’ils arrêtent tout de suite. Idem le morceau en anglais, mais les francophone le remarquent moins. On peut imaginer comme les anglophones sont morts de rire quand un groupe de chez nous chante en anglais…. Voilà, aussi du ska –un peu surfait, une énième version de « johnny was a good boy », changé en « Johnny & the queer boot boy », livret class, antifascisme bien pensant, libération animale (c’est surtout la leur originalité, pour un groupe pas mal écouté chez les neuks), livret class avec les textes traduits.

BRIGITTE BOP « Back in eul’ Berry » CD Trauma Social


Je remercie bien le label de m’avoir envoyé ce CD, car il est tout simplement excellent ! Alors Brigitte Bop c’est un groupe dont la chanteuse ne s’appelle pas Brigitte, d’ailleurs il n’y a pas de chanteuse. C’est du punk rapide et énergique comme on a perdu l’habitude d’en écouter ! Punk français qu’y en a qui pourrait appeler ça, mais c’est bien rapide, ouaip. Et en plus si tu mets le CD dans ton ordi, t’as tout un machin interactif, par exemple trois clips, tu cliques et t’entends «  rappelez vous, en 77, y’avait pas que Starshooter, y’avait aussi Renaud », et v’la une reprise bien punk de « camarade bourgeois », et avec des images ! Le bonheur total ! (d’ailleurs en parlant de Renaud, y’a une chanson qui y fait gravement penser) Puis y’a plein d’autre trucs, tu peux imaginer. Et si t’as pas d’ordi, y’a quand même 16 titres sur le CD, avec un gros livret bien illustré, avec du live en bonus à la fin.. Niveau des textes c’est soit bien fun (pas idiots du tout) et surtout un qui s’appelle « A mort l’Europe », avec un texte que 100000 groupes on écrit.. sur les USA. Enfin un groupe qui combat son propre impérialisme ! Encore une fois, les groupes « politisés » ont une analyse de retard sur les punks !

MAKE MENTION OF SIGHT « … the beginning… » CDR Kawaï records


Yoho premiere prod pour le gars qui fait le zine Mononoke, le zien de Hc qui chronique des mangas, et là c’est un groupe de hard core.. Japonais. Tout ceci est très louche, à mon avis ça cache quelque chose, genre qu’il apprend le japonais ou je sais pas… enfin là ils chantent en anglais sur les 7 titres (bon son + un live), mais y’a quand même un vieil accent. Voilà voilà), du bon vieux hard core des familles, à là As Friend Rust, je sais pas comment on appelle ça ?C’est un CDr mais y’a les textes et de photos.

25 « Electric Synthetized Diethylamid… » CD 


Ca commence rythmique punk rock super carrée avec un chant étranglé, et plein de breaks avec des larsen ou des passages melos. Les textes ont l’air d’alterner le français et l’anglais (et ont l’air plus ou moins étranges « l’électricité ça me plait »...), mais j’ai reçu un exemplaire sans les textes. Des courts passages bien furieux, d’autres presque electros (! ! enfin vous voyez quoi...), en fait ça a l’air bien fondu. La pochette est pas mal (et on comprend le nom du groupe), mais la photo d’un mec attaché dans un coffre de bagnole avec une citation de Marx au dessus me laisse assez perplexe !

BY MY FISTS / IN PROGRESS split CD Rude Boi!, 58 rec. Etc.


Avec des noms comme ça (surtout by my fists), il ne peut s’agir que de hard core old school. Et il s’agit évidemment de hard core, et du old school (en fait ça veut dire que c’est comme du punk en un peu plus rapide et un chant où on comprend rien). Si on veut jouer au jeu des styles, ben parait que BMF c’est du NYHC (lire New York Hard Core), mais ils sont pas de New Yok ils sont de Nancy et ils chantent en français (j’ai pas tout compris, mais c’est sympa le chant comme ça en français. Y’a un morceau sur les tirailleurs sénégalais et un sur la working class, c’est tout ce que j’ai pu comprendre. J’ai aussi entendu le mot enculé, rhooo), c’est bien carré et puissant, j’aime bien. IP il paraît que c’est plus Early HC Youth crew, c’est peu être parcequ’ils viennent de Imphy et pas de Nancy ? En tout ca là ils chantent en anglais, y’a vachement plus de mélodie dans les gratte, mais c’est quand même plus rapide, et le chant est plus à bout de gorge. Des bonus vidéo nous permettent de voir qu’ils n’ont pas de casquettes. Chansons en concert, pas de scène, bien sympa (dont une ou c’est des gars du public qui chantent toute la chanson !).

TRAQUENARD « We are the frime » EP Rudeboi


Je crois que ce disque a eu son petit succès car il a été assez rapidement représsé. J’ai d’ailleurs un peu de mal à comprendre, car même si c’est de la oi! pas mal, avec un sax, dont certains passages font que la zique bourre pas trop le mou, et les textes sont quand même super cons. Enfin j’ai rien contre les textes super cons, mais je sais pas pourquoi mais entendre des trucs genre « tu as ton être incarné dans ton gros cul de salope » ça me fait pas spécialement golri. Y’a une chanson qui ressemble à Evil Skin je trouve un peu. Sur la pochette ils se sont amuser à parodier des labels de RAC et ça donne Rebelles Guadeloupéens, ou Zouk-o-rama rec hahaha. En fait j’avais remarqué que chroniquer ce groupe faisait s’exposer aux foudres des rouges, et j’ai compris pourquoi : ils ont un morceau sur un compil qui fait en substance « Nazis rouges, RASH de merde / Nazis rouges, sacs à merde » ce qui me fait beaucoup plus rigoler. La différence est que dans ce cas, les intéressés sont parfaitement au courant et peuvent se ‘défendre’.

MOUTHGUARD / HARD TIMES split EP Narayan


Le dessin de la pochette fait penser à celui du 10’’ d’Heimat Los. En fait dedans y’a marqué que ce disque est exclusivement distribué par Acrude rec., et la demo de ce groupe vient d’être rééditée par Bord de Seine, que du bon quoi. Hardtime est « le groupe ou y’a Wagner qui chante », qui monte le RASH France apparemment. Un titre en français dit : « Fils d’arabe, fils d’Aise, fils de France ou fils d’Afrique , sa chance on la construit sans discrimination nés sous le même drapeau, fils de la même nation France », ce qui, en plus d’être une négation intolérable de l’individu et de ses racines (à mon avis à mettre sur le compte d’une expression maladroite), mais surtout c’est à mettre en parallèle avec ce qu’il y a écrit au dos de la pochette (je traduis) : «  ignore leur propagande de merde et leur politique [..] c’est anti-politique, c’est le rythme de la rue », ce qui d’un coté est parfaitement justifié, mais de l’autre ils n’ont pas l’air de se rendre compte que des textes comme celui cité est le discours DE TOUTE LA CLASSE POLITIQUE—alors chapeau l’anti-politique, si c’est pour reprendre leur principale propagande républicaine ! Ce disque pourrait être financé par l’État ! Et les premier parti a avoir tenu ce discours, avant d’être repris par tout le monde EST LE FRONT NATIONAL ! Tout ceci montre bien la misère totale de l’anti-fascisme, et surtout sa vacuité. On ne peut pas réellement combattre le fascisme sans se positionner dans le monde dans lequel on vit. Le reste c’est de la caution morale à pas cher. Je vois mal comment on peut refuser la politique d’un coté, et faire des textes politiques de l’autre…. On peut malheureusement reprendre cette définition, écrite dans un contexte totalement différent : « Apolitique : Se dit d’une personne qui affiche son dédain pour un système auquel elle est, en fait, entièrement soumise et qu’elle conforte.» Sinon musicalement c’est pas mal du tout, le premier titre est en anglais, c’est moins rigolo. Le chant est super puissant, il à l’air vraiment poussé à bout des fois, et le titre en français le fait super bien et les morceaux sur leur site sont excellents par contre ! L’autre groupe est australien, et fait un espèce de mélange de oi! et de r’n’r assez énergique.

DAHUGAROU « Le cri qui dessaoule » CDR

Tiens quand je vous disais que j’aime aussi les groupes qui disent des conneries, v’la les dahus. Les Dahus, avec les medefs, ce sont nos gloires locales. 6 titres sur un CDR, mais on va commencé par le bonus pour l’ordi qu’y a dessus (le punk du XXIe siècle aura un ordi ou ne sera pas j’ai l’impression !), où y’a un jeu hilarant qui permet de jouer au caps avec les membres du groupe ! Sinon six titres avec un son tout à fait correct, des textes funs sans être vulgaires ou offensants (sisi c’est possible) pour une musique qu’on compare habituellement aux Shérifs, bon moi ça me bourre beaucoup moins le mou que les Shérifs, mais c’est sûr ça y ressemble plus que Agathocles ou les 4 skins !

LA DERIVE DES INCONTINENTS « La route du glaire obscur » CDR 

Ce CD sert apparemment à démarcher les zines et organisateurs de concerts, car les quatre titres semblent être un sample de morceaux de leurs 4 albums précédents (avec de drôles d’incrustations sonores ou de slogans). Ceci dit, c’est un bon moyen de découvrir ce groupe très obscur et original. Le ton est donné par le titre du CD, mais il n’y a rien de scatologique dans les textes (du moins ce que j’en comprend), mais plutôt très sombre dans le sens de quelque chose enregistré au fond d’une cave dégueulasse sans lumière (ça ne veut pas dire que le son est mauvais !). Le chant colle très bien à la musique qui, toute ‘étrange’ soit elle reste du punk. Enfin pas facile à décrire, je ne peux que vivement vous conseiller d’y jeter une oreille

KOMPILASI KOMPLIKASI vol. 2 CDr Ibuku Diperkosa rec


Une compil’ d’Indonésie, mais avec des groupes du monde entier dessus. Ca commence par Pointig finger, Trashcore sympa du Portugal, ça enchaîne avec Gampang morceau anti emo, puis Hold X True, très sympa hc d’Hongrie. Y’a aussi trois groupes de grind : Etrezm Hate et JackStone d’Indonésie, et Agathocles, qui n’incluent pas les compils dans leur discographie, ça doit être impossible à compter de toute façon ! On retrouve les trasheux de Opus Dead, et bien sur les inévitables Tekken Bref, compil de HC très diversifiée sans emo ni métal. Le Lénine du dos et le Marx de devant, les deux avec un crête c’est assez zarb… aucun texte n’explique le pourquoi du comment.. Bref, 25 groupes, 50 morceaux, vous vous doutez qu’ils sont en général très courts !

DIRTY FONZY « Playing Punk songs » CD Akirira (dist. Tripsichord)


www.dirtyfonzy.com Malgré la couvrante de Druihle des Requins Marteau, j’ai mis longtemps avant d’écouter ce CD. En fait, après avoir malencontreusement égaré dans ma poubelle tout le matériel promotionnel joint, je l’oublia. J’appris vaguement par la suite qu’il y avait des anciens 4°7 et d’autres groupes du coin dedans, mais ça ne m’a pas motivé plus que ça. Et puis je lis des chroniques, ou j’entend parler, des gens qui ont eu le même réaction que moi (devant la promo pro—c’est pas Punk Rawk ici !) et qui, plus courageux, l’ont écouté et ne l’ont pas regretté ! Ben alors hop on y va ! Et effectivement, c’est comme les groupes ricains à la Rancid tout pareil mais en bien, et de chez nous (consommez français comme dirait la CGT), par contre chant (qui colle très bien à la musique) en anglais œuf course ! Donc amateur de punk rock, pas la peine de te ruiner en import, écoute plutôt Dirty Fonzy, tu y gagneras au change !