VENDETTA 8

le punk est une attitude, pas un business Vous pouvez télécharger ce numéro en format PDF, vous l'aurez comme l'original sauf que : ça sera en A4, pas de couverture cartonnée, pas le lexique (voir page lexique) mais par contre certaines images sont en couleur.

Sinon ci-dessous vous avez le zine en ligne.

Télécharger Vendetta nº 8 (9 Mo)

 Le format PDF (Portable File Document ) est un truc pratique qui se lit avec le logiciel Acrobad Reader, gratuit et trouvable facilement sur le net. 

Sinon il en reste quelque uns, contactez nous !

 Sorti en mai 2003, ce huitième numéro (le mix compte double) été doté d'une couverture rouge en papier cartonné (recyclé ou non) et contenait 56 pages A5 sur papier recyclé + le lexique encarté (cf. le lien lexique dans le menu) + l'autocollant ci contre pour un tirage de 250 exemplaires.


 

Voici l'interview de Pablo, vieil activiste anarchopunk domicilié en Suisse. Pour les gens qui aiment bien cette musique, c'est dommage de ne pas connaître son label, donc voila une petite interview pour réparer tout ça. Si vous voulez le contacter, le mieux est de le faire en allemand ou en anglais, mais si vous ne pouvez pas il comprend aussi le français.

1) Salut ! Peux tu te présenter ? comment as tu découvert le punk ?

Salut François et tout ceux qui lisent ça. Et bien je suis Pablo, a peu prés 37 ans, père d'une magnifique jeune fille appelée Suzy et aussi esclave, travail de merde, producteur et directeur (ahah) de STONGLY OPPOSED RECORDS. Je m'occupe aussi de UNITED CARROT LOVERS DISTRO, la seule distro de suisse anti-CD depuis 1998 (ok, j'ai change le nom de la distro quelques fois..). Je m'occupe du label depuis 1998. Au vu de mon age, je suis arrive dans le punk d'une façon typique, par la télé. Pendant l'été 1977 j'ai vu une émission avec les SEX PISTOLS, CLASH etc. et j'ai été de suite attire. L'événement déterminant dans ma vie a été quand mon frère a ramené le LP des RAMONES "leave Home". A partir de cet instant, je voulais jouer dans un groupe, mais à cause de ma non-existence financière (j'avais 11 ans) ça a du attendre jusqu'en 1983, date a laquelle j'ai forme mon premier groupe, THE DECAY.

2) Et l'anarcho punk ? Y a t il une grande différence entre les deux ?

Je suis venu à l'anarcho punk durant l'été 1982, quand un copain m'a montre une boutique de disque qui avait en stock la plupart des groupes anglais. La différence entre punk rock et anarcho punk était grande. Je pensais que les groupes comme CRASS ou DISCHARGE étaient absolument horribles. Je veux dire la musique. J'ai été de suite attire par le message des groupes anarcho punks. Le temps passant j'ai commence à apprécier la musique aussi, sans jamais oublier mes racines. En ce qui concerne le message, la différence entre punk rock et anarcho punk n'était pas très grande, puisque de toute façon les groupes non politisés faisaient passer un message a travers leurs textes. Je pense que la grande différence entre les deux est apparue seulement plus tard, quand le punk rock est devenu de moins en moins politise/anti conformiste. Je pense que la scène anarcho punk n'a pas beaucoup changée - nous sommes toujours opposes aux guerres, a la vivisection a l'exploitation et out ce genre de choses.

3) tu as fait beaucoup de choses (je veux dire dans le punk) : fanzines, groupes, labels, distribution... d'autres choses ? que continues tu a faire ?

Je n'ai jamais fait qu'un seul fanzine, et des le second numéro d'ALTERNATIVE, on a vire le "fan", parce que nous n'étions, et je ne suis toujours pas, fan de qui que se soit. En dehors de ça j'ai joué dans plusieurs groupes et projets (en particulier le groupe le plus rapide qui ai jamais existé - nous avons existes pendant 2 heures et fait 3 chansons qui sont sorti sur une double compil cassette en France - ça s'appelait DECAPITED), fait tourner 3 labels (SICK RECORDS, RESISTANCE PRODUCTION et STRONGLY OPPOSED RECORDS) et fait de la distro depuis 1988. On a aussi organisé quelques concerts et événements (une parade anti Maggie Thatcher, une nuit de vidéos de CRASS) au légendaire squat WOHLGROTH a Zurich. Les choses vont plus lentement depuis que j'ai commence STRONGLY OPPOSED RECORDS en 1998. Je m'occupe surtout de la distro et du label en ce moment. J'ai fait une newsletter appelée THE SAFETY PIN pendant un moment, mais janvier 02 a vu le dernier numéro. J'ai essayé de la continuer pendant l'été mais j'ai trouve que je manquais de temps pour le faire, malheureusement. donc maintenant juste le label et la distro.

4) On peut avoir la liste complète de toutes tes productions (hihihi) ?

J'espère que tu veux parler seulement des productions de STRONGLY OPPOSED RECORDS ! Je pourrais te faire une liste de toutes les productions depuis 1984 mais ça comprendrait environs 15 disques et cassettes sur SICK RECORDS et 125 réalisations sur RESISTANCE PRODUCTION ! Donc si quelqu'un est intéressé, voila ce que j'ai réalisé jusqu'ici (par ordre chronologique) :

YUPPIECRUSHER-Results ? 7" (épuisé)

AVARICIOUS-10"

PROTEST- The connection 7"EP

DOMO ARIGATO-Soymilk&Punk Rock 7"EP

ORANGE WORLD-Fun, Noise & Message ! 7"EP

EARTH CITIZEN-To A Nation Of Party Lovers LP

EARTH CITIZEN-Complications LP

BRUTAL MASSACRE-Survival Of The Sickest 7"EP

STRAHKAHL-7"EP

NEUROSE URBANA-Morte Caotica 7"EP

POUNDAFLESH-Cry From The People 7"EP (co prod Rinderherz Records)

Et dispo en mars/avril :

RASHIT-Kapak GŸzelleri LP

DIOXIN-5 traks 12"EP

BRAINS OF HUMAN-Humanity 12"EP

Tous ceux la a part le premier sont dispo a mon adresse, et j'ai toujours besoin d'aide pour la distribution, donc si quelqu'un est intéressé écrivez moi pour des prix de gros ou des échanges. Et j'espère en réaliser quelques autres mais rien de sur encore.

5) Qu'est ce que tu penses est le plus facile a faire ? Et le plus difficile ?

Tout est simple a faire, il n'y a rien de vraiment complique dans la scène punk (ou au moins il n'y a rien qui soit supposer l'être !). a mon avis, la chose la plus difficile est encore de trouver l'argent pour publier un zine, presser un disque ou acheter des instruments. Mais si tu es vraiment dedans tout peut être fait avec très peu d'argent. Le matériel pour mon premier groupe ne m'a pas coûté plus de 300 euros, en 1983, bien sur ce n'était pas du bon matériel, mais c'était assez bon pour commencer le groupe ! Organiser des concerts peut être difficile si certains des groupes que tu invites pensent être des stars. trouver du matériel pour un compil LP n'est pas difficile, mais ça peut être très stressant ! J'an ai fait l'expérience avec BULLSHIT DETECTOR VOL. 4 en 1994.

6)Une des caractéristiques principale de STRONGLY OPPOSED est qu'il n'y a pas de CDs (ni en production ni en distribution... donc inutile de lui envoyer des CDs, il n'a pas de lecteur !). Pourquoi tu les hais ? (bon et puis la j'ai fait un jeu de mot pourri sur DEAF qui signifie sourd mais s'entend aussi DEATH, qui signifie mort. La plaisanterie est intraduisible. Je parle de ca parce qu'il a fait une chanson anti cd, et, m'as t il dit, il tape tellement fort sur sa batterie en la jouant tellement il ne les aime pas que ca l'a rendu partiellement sourd !). Tu es le seul label/distro a faire ça, a part LOONEY TUNES (le label d'une personne d'ACTIVE MINDS), non ?

Le début est exact, je n'aime pas les CDs. D'abord c'était juste le format lui même que je ne pouvais pas blairer, et je ne peux toujours pas, et plus tard j'ai réalisé que l'économie avait invente ça juste dans l'intérêt de faire du profit. Ils ont dit que le vinyle était mort et que les CD's était le nouveau truc. Je n'aime pas être forcé a suivre quelqu'un/quelque chose, donc mon opposition tait garantie. Ils ont aussi dit que la qualité était meilleure. je ne crois pas qu'il soit vrai que tu puisses garder les cds aussi longtemps que les vinyles-je ne sais pas- j'ai des vinyles de 1976 et ils semblent neuf au niveau du son.. Il n'y a pas longtemps j'écoutais un CD chez quelqu'un. Puis j'ai apporte la version vinyle- et sa qualité m'a surprise, beaucoup plus intense ! C'est ce que je disais avant mais maintenant j'ai une expérience concrète du fait que le son sur un vinyle est meilleur, ou tout au moins plus intense ! Essayez vous même, je ne peut pas garantir que vous penserez pareil, encore une fois je ne détiens pas la vérité !Je détiens seulement ma vérité.
Je ne suis pas sur que ma distro et LOONY TUNES sont les seules a refuser les CDs, il doit y en avoir d'autre. Je trouve ça contrariant de regarder toutes ces listes de distro ou tous les formats sont mélangés et ou il y a 80% de Cds, j'ai l'impression de perdre mon temps.

7) Mais avec un CD (et d'autres supports plus modernes) tu peux sauvegarder de la musique pendant très longtemps pour un très petit prix ! Et pour faire un vinyle, on doit passer par la case CD, non ?

Comme je l'ai dit, c'est peut être vrai que tu puisse garder tes CDs plus longtemps qu'un vinyle [NDV : surtout on peut facilement faire des copies qui ne dégradent pas la qualité !]. Je ne sais pas. mais de toute façon je m'en fous ! Même si c'était comme ça je préférerais toujours le vinyle, parce que les vinyles sont "vivants", contrairement au matériel digital ! Pour presser un vinyle tu n'as pas besoin de passer par les CDs. Ca dépend vraiment du studio, tu peux toujours enregistrer en analogue (la plus vieille façon et je pense qui est toujours la meilleure pour un résultat maximum), tu peux envoyer une cassette normale ou un DAT, et aussi un CD. tous ce qui a été fait sur STRONGLY OPPOSED a été mis sur DAT, sauf pour le LP de RASHIT, ils m'ont envoyé un CD.

8) Tu es aussi contre les e-mails (et internet). Ne penses tu pas que c'est un moyen d'échanger des informations ? Es tu contre la technologie ? Mais les vinyles étaient de la technologie en 1930 ! (hihi)

Haha, non je ne refuse pas la technologie en général. mais c'est la même chose au sujet des e-mails/internet que pour les CDs, quelques buisness-wo-men [féminisation en anglais] essayent de nous forcer a quelque chose. Et ma première réaction est le refus. Encore une fois, c'est au départ une répulsion personnelle au sujet des e-mails/internet et des ordinateurs en général. C'est seulement plus tard que j'ai trouve que par exemple internet est surtout contrôlé par des hommes d'affaires US et le gouvernement des USA l'utilise pour contrôler ceux qui ne suivent pas la norme, c'est a dire ceux qu'ils appellent "terroristes" (et évidement tous ceux qui ne sont pas dans le schéma gauche/droite sont vus comme des terroristes). Si tu réfléchis à ça, si tu envoies des lettres par courrier postal ils peuvent certainement les contrôler, mais c'est beaucoup plus complique puisqu'ils doivent ouvrir chaque les lettres. Maintenant sur internet, d'après ce que mes connaissances me permettent d'en savoir, il y a des mots particuliers (par exemple bombe) qui sont suffisant pour attirer leur attention et les faire enquêter. Bien sur, je sais qu'il existe des virus qui attaquent le net. Ca ne te fais pas réfléchir que les USA sont capables de trouver la source d'un virus aux Philippines. Ca me semble comme si les USA essayent de contrôler le monde entier ! Et partant, non merci, je n'aime pas qu'ils me contrôlent (ou n'importe qui d'autre).

Les disques vinyles étaient le premier moyen de rendre la musique disponible, avant il fallait attendre les concerts (pas nécessairement de punk en 1930 ahahah), donc je doute que la volonté avec ces disques ait été de faire du profit, c'était plutôt un moyen de rendre la musique accessible. bien sur plus tard les affaires ont compris qu'il y avait moyen de se faire de l'argent la dessus !

9)Tu as envoyé des disques (vinyls bien sur) a ROCK SOUND. Qu'esperais tu de ce genre de "publicite" ? As tu été déçu ? Pour toi le plus important est il ce qui est dit (au sujet de STRONGLY OPPOSED par exemple) ou de quelle facon c'est dit (dans un magazine par exemple) ? Ca me semble facile de faire le rebelle dans un magazine que de faire un fanzine !

D'abord je n'ai jamais rien envoyé à ROCK SOUND- je ne veux pas être une rock star ! j'ai envoyé mes disques pour une chronique dans PUNK RAWK. Hmmm, je n'attendais rien de particulier de ça. J'espérai montrer aux gens qui lisent des gros magazines qu'il existe un réseau underground qui est DIY/non profit. Et en lisant la chronique, j'ai vu que la description était ok et il était mentionne que strongly Opposed est un label DIY/non profit et ils ont mis mon adresse. Donc en fait j'ai atteint mon but. Maintenant c'est au lecteur de décider si ils veulent s'engager plus avant dans la scène ou pas. Je ne suis pas déçu par ce que PUNK RAWK ont marques. d'un autre cote personne ne m'a contacte après avoir lu ces chroniques. Je suis dans la scène punk depuis 1977 et je ne laisserai personne voler le peu que nous ayons, donc c'est pour ça que j'ai envoyé mes disques, pour montrer que le punk rock ne concerne pas les gros labels, les grosses sommes d'argent et tout ça. Ce que les lecteurs font avec mon message, ça les regarde. simplement, chaque fois que le nom de mon label est mentionne est une sorte de "promotion"- ça aide a montrer au monde que j'existe, donc "ou" et "comment" ne sont pas très important. Je ne vais certainement pas jouer les "rebelles" dans PUNK RAWK, tout au plus je suis un rebelle opposé à certaines règles qui n'ont jamais rien eu à faire avec la scène punk.
Faire un zine n'est définitivement pas plus dur a faire qu'un gros magazine. je veux dire, dans ton zine tu peux écrire/dessiner ce que tu veux, tu as une liberté totale d'expression ! Alors que dans un magazine tu es contrôlé par un patron, donc je dirai que c'est plus difficile de s'exprimer dans un gros magazine comme PUNK RAWK- quand le patron n'aime pas ce que tu écris ils peuvent arrêter de lâcher l'argent ! Que je me fasse bien comprendre, je préfère définitivement un joli zine anarcho punk a la mise en page faite de collages qu'un gros magazine !

10) tu vis en Suisse. Ca semble ne pas trop poser de problèmes d'avoir un look punk dans ce pays (sauf aux concerts de punk !!) ? Il y a 4 langues différentes pour un ci petit pays, n'est ce pas un problème pour communiquer avec tous les cantons ?

Effectivement, ouais, il y a quelques années je suis allé a un concert avec des spikes et les punks bloquaient sur moi, tandis que les gens dans la rue ne se retournent même pas. Donc oui, je pense qu'il est facile de s'habiller d'une façon punk, même si, bien sur, ça demande un peu de courage les premières fois. En 1982, quand j'ai commence a m'habiller punk les gens te regardaient, t'insultaient, certains te donnaient de l'argent ( ??????), et d'autres voulaient te frapper. De nos jours les gens ont l'habitude du look punk - surtout avec les technoïdes qui des fois ressemble beaucoup a des "punks". Comme pour les langues. J'ai l'impression que les 4 régions restent chacune de leur cote. Par exemple je n'ai jamais été en contact avec quelqu'un du Tessin (la partie italienne) et la partie "romanche" est trop petite pour avoir une scène punk (même si j'ai entendu dire qu'il y a eu un groupe il y a quelques temps !). C'est plus facile pour moi d'être en contact avec la partie francophone, mais bizarrement les seules personnes avec qui je suis actuellement en contact dans la partie francophone sont deux français ! C'est vraiment étonnant et je ne peux pas l'expliquer. J'ai essaye d'entrer en contact avec des "romands" [suisse francophone] en écrivant en anglais et en français, mais ça n'a pas marché. c'est assez scandaleux. [Pablo est a moins de 20 kilomètres de la partie francophone !]

11) Quels sont les pays avec lesquels tu es le plus en contact ? Et ceux que tu penses avoir la meilleure scène punk ?

C'est une question difficile ! Je ne peux pas dire qu'il y a des pays avec lesquels j'ai beaucoup de contacts. C'est variable. Au début des années 90 par exemple j'avais pas mal de contacts avec des gens d'Espagne et de Croatie, dans les années 80 c'était principalement le royaume uni, et maintenant ça serait plutôt avec la France, l'Allemagne et les USA, et aussi un peu la république Tchèque. je pense que la Croatie du début des années 90 était un bon exemple de ce qu'est un bon endroit pour la scène punk, parce qu y avait énormément de gens impliques dans la scène. Ca a un peu périclité depuis. En ce moment, la Palestine et l'Iraq devraient être des endroits ou le terme punk aurait un sens. En d'autres termes des endroits ou tout part en couille sont parfaits pour qu'une scène punk existe. Je ne sais pas ou est la meilleure scène maintenant, ça semble disperse sur toute la planète. De 1976 a 1985 le meilleur endroit pour le punk était sans conteste l'Angleterre.

12) La Suisse est connue pour ses nombreux squats, tu peux nous en dire plus ? Quels sont les groupes suisses que tu connais qui tournent actuellement ? Et quels sont les groupes suisse les plus connus ?

je dois avouer que depuis que je suis a Bienne [Biel en suisse allemand], c'est a dire 1993, j'ai un peu perdu le contact avec la scène squat. A Zurich nous - EARTH CITIZEN- avons joues dans presque tous les squats. nous avons été arrêté quand on a essaye de squatter le légendaire WOHLGROTH. C'est seulement la seconde fois que ça a été squatte que ça a tenu plus longtemps. c'était un immense squat avec un café, une bibliothèque, un endroit pour habiter et une grande salle pour les concerts. a la fin il y avait pratiquement un concert tous les soirs - même trop ! Je sais qu'il y a encore des squats qui continuent et certains d'entre eux, particulièrement a Zurich, font encore des concerts.

Pour les groupes qui tournent actuellement, apparemment STRAHLKAHL sont très actifs et jouent souvent, ils ont change de nom et s'appellent désormais ASEC. BRUTAL MASSACRE jouent aussi assez souvent. Pour les autres groupes il y a SCALLY (deux 7" dispos et bientôt un 10"), FLEISCH, VANILLA MUFFINS (toutefois  ils préfèrent jouer a l'étranger). Le groupe le plus célèbre doit être FLEISCH (viande !), ils existent depuis 1988 et viennent juste de sortir un 7" de 5 titres. Bien sur il y a plus de groupe que ça, mais certains (la plupart !)n'ont rien sorti jusqu'a maintenant.

13) Les anarcho punks chantent pour changer la société, mais font ils autre chose que (ne pas) bosser la semaine en attendant le week end pour crier des slogans durant les concerts ? (ce n'est pas une question sympa !) Pense tu qu'un zine ou un disque a déjà permit à quelqu'un de s'engager politiquement ?

Je ne sais vraiment pas. A cause de mes problèmes d'oreilles je ne vais plus aux concerts depuis environ 4 ans. Donc je ne peux pas te dire. En général, je pense que l'anarchopunk a fait un paquet de trucs, et j'ai rarement vu des anarcho-punks poseurs. Apres tout, un concert n'est pas un endroit pour planifier des activités, c'est un endroit ou tu t'amuses et a l'occasion avoir des informations, si des brochures/fanzines sont diffuses. Il faudrait regarder ce que font les anarcho punk pendant les semaines ou il n'y a pas de concert. Je veux dire, qu'est ce que tu espères ? que les anarchopunk vont déborder le gouvernement ? Si on considère la scène suisse par exemple, ça serait ridicule tellement la scène anarcho punk est petite. Et je ne nous voit pas prendre d'assaut le siége du gouvernement ! Pour moi le travail d'un-e anarchopunk est de vivre sa vie et de discuter avec les gens, montrer des alternatives et tout ce genre de choses. tu ne me verra pas porter un drapeau avec un A cercle quand je me balade en ville. Ca ne résoudrait rien, a part peut être que la personne qui porte le drapeau se sent bien (je le serai !). Si nous voulons changer la société alors nous devons faire face aux vrais problèmes, aux préjugés, et ça signifie que nous auront à affronter ceux qui ont soutenu cette société et à essayer de les faire fléchir. C'est tellement facile de critiquer la mouvement anarchopunk, c'est plus difficile de faire reconsidérer aux gens leur attachement à un système base sur l'exploitation et la mort des animaux, des humains et de la terre.

En effet plusieurs personnes m'ont dit qu'elles avaient été influencées par des disques/zines que nous avons fait. Cependant je ne suis pas sûr de comment nous les avons influence politiquement puisque nous même nous étions plus ou moins anti-politique. Je ne vois pas l'anarchisme comme quelque chose "de gauche". De plus en plus je pense que ce qui est a gauche n'est pas meilleur que ce qui est a droite, et l'anarchisme est en dehors de ce clivage, en ce qui me concerne. Des gens ont commence des groupes, des labels, des zines et ils disaient qu'ils avaient commence parce qu'ils avaient été inspires par des choses que nous avions faite. Certains ont arrêté d'acheter des CDs, et dans un certain sens c'est une action politique.

14) Il y a des punks qui m'ont dit que "Crass est mort". Penses tu qu'il y ait une place pour les punks politises a l'interieru de la scène punk ( et pas a cote !) ? Est ce que c'est une scène dans la scène ou quelque chose qui transcende les scènes ? Comment vois tu l'évolution de la scène anarcho punk ? Et du punk ?

Je ne comprend pas trop ce que ce punk entendais par "crass est mort". c'est vrai que le groupe est mort (et de plus le collectif crass n'a jamais fait qu'un concert !) mais pourquoi le message qu'ils ont répandu serait aussi mort ? L'anarchie et la paix sont des choses en lesquelles je crois et je pense toujours qu'un monde de paix et d'anarchie serait beaucoup mieux que la plupart des systèmes existants. Et les "politisés" ont définitivement leur place dans la scène punk. Un bon exemple de ça est DIE TOTEN HOSEN qui ont posés nus pour la campagne anti fourure de Peta. Pour moi ça montre que tu peux mélanger le punk rock avec un message, en fait un groupe qui reste éloigne de tout message peut difficilement être appelé un groupe "punk", de mon point de vue. Les gens devraient finalement comprendre que que tu sois soit dans le street punk ou l'anarcho punk, hard core straigh edge ou crust punk, tout ça c'est une scène et si nous commençons à travailler ensembles alors on peut espérer des changements à long terme. L'évolution de la scène, ben ouais, la scène anarcho punk est des fois trop auto critique, tandis que la scène punk rock ne l'est pas assez. Si la tendance pouvait être inversée, ça ne pourrait qu'aller mieux. Et je suppose qu'une fois que la mode punk mélodique/street punk sera finie alors les gens qui seront encore là seront plus aptes à partager des choses avec différentes parties de la scène.

15) Et bien merci pour tes réponses ! Un dernier mot ? Quels sont tes projets ?

Merci de m'avoir donner l'occasion d'exprimer mes idées, c'est très appréciable. Guettez les prochaines productions de STRONGLY OPPOSED RECORDS, certainement vers avril, si tout va bien. Si quelqu'un veut me contacter, n'hésitez pas à écrire :

STRONGLY OPPOSED, Flurweg 29, 2504 Biel, Suisse, Terre.

[retour au sommaire]


Frank Michel est un "jeune" écrivain, auteur de plusieurs recueils de nouvelles et d'un roman, en auto production ou à compte d'auteur. Déjà de part cette démarche il a sa place dans les colonnes de Vendetta. Mais de plus dans ses écrits il traite sous l'angle du "roman noir" des sujets dits sociaux mettant en scène parfois des punks, des skins... Donc une raison supplémentaire de l'interviewer, dont acte.


1) Peux tu te présenter en quelques mots ?

Je suis né a la fin des années soixante, j'ai fait un peu de musique dans les années quatre vingt/quatre vingt dix. Depuis j'écris en dilettante. J'ai publié en 1996 une nouvelle "Fragments" chez un petit éditeur associatif du nom de "Les Germes" qui m'a valu un premier encouragement sous la forme d'une chronique de Frédéric H. Fajardie dans "Charlie Hebdo". Ensuite j'ai poursuivi avec "Le Biffin", en 1997, une nouvelle sortie chez "Traümfabrik" une petite structure associative fort sympathique. Puis, en 1998, Earquake a publié un recueil de mes nouvelles, illustrées par Romuald des Partisans. Suite à cela, "Les Belles Lettres" ont édité un recueil de nouvelles dans leur collection "Le Cabinet Noir" en 1999 sous le titre "L'ordre des Choses". En 2000, ça a été plutôt calme si l'on excepte ma première coopération avec Romuald sur une BD dans le nº 1 de "Contre Carré" (magazine BD des Lyonnais des "7 Piliers"). En 2001, j'ai autoédité "Retour en avant", mon premier roman et repris le boulot avec Romuald sur différents projets qui se sont concrétisé avec une histoire dans le nº 175 de Spécial Rodéo et un héros à suivre tous les deux mois ("Le Chat") dans Yuma, pocket disponible chez tous les bon libraires.

2) Qu'est ce qui t'as poussé à écrire, tes influences littéraires (ou autres) ?

C'est une question très difficile, ça. Je pourrais citer les auteurs que je lis à l'heure actuelle, ou décrire l'évolution de mes goûts, mais ce n'est pas ce que je vais faire. Ben, non. A l'origine de tout, il y a les après midi des samedis, dans les années quatre vingt, où j'écumais les bouquinistes. J'y trouvais, pour pas cher, des bandes dessinées en éditions populaires (les super héros de chez Lug par exemple) et ce qu'il est de bon ton de nommer la "para littérature" (ou "littérature de gare") avec des collections de SF ("Anticipation" bien sûr) ou de polar (notamment la "Série Noire" sont j'achetais les volumes au pif). Je ne cite que les plus connus, mais il y en avait d'autres avec des auteurs qui savent raconter une histoire... Donc c'est dans ces rayonnages, ou dans ces piles posées à même le sol que j'ai découvert des gens comme Manchette ou Goodis. En plus, à cette époque, l'actualité était bine fixée sur les films noirs ou de science-fiction : Tchao Pantin, Rue Barbare, les Walter Hill, les Inspecteurs Harry, Mad Max, New York 1997, etc... Voila pour l'arrière plan. Pour situer le "déclic", je crois bien qu'il s'est fait après la lecture du recueil de nouvelles de Frédéric H. Fajardie ("La colline de cristal", "La nébuleuse du Nord",...) et Marc Villard ("13 cow-boys dramatiques", "Du béton dans la tête",...) aux éditions Néo. C'est grâce à eux que j'ai découvert les possibilités qu'offrait le texte court.

3) L'autoproduction ou la publication à compte d'auteur est ce un choix ou plutôt une nécessité ?

Avant "Retour en avant", je n'avais jamais publié à compte d'auteur. Le choix s'est posé à la sortie de ce roman. La collection où avait été publié "L'ordre des choses" s'est arrêtée. Je me suis retrouvé avec un manuscrit qui m'avait demandé un certain temps à finaliser (pas loin de six ans, même s'il y a eu de longues périodes d'abandon) et cela ne me plaisait pas trop de le ranger dans un tiroir. D'un autre côté, je ne me voyais plus envoyer mon texte à plein d'éditeurs en croisant les doigts dans l'attente d'une réponse (pour les plus polis) positive ou négative qui pouvait pendre des mois,(je l'avais déjà fait je savais que c'était pas trop festif). Alors j'ai décidé de prendre les choses en main : je me suis renseigné auprès du CALCRE (Comité des Auteurs en Lutte Contre le Racket de l'Edition) qui publie un "annuaire" commenté de l'édition et j'y ai trouvé un prestataire pas trop cher et rapide. Le tirage est limité à 120 exemplaires, mais, rassurez vous, il en reste quelques uns...

4) Dans tes nouvelles, il y a souvent des références à la situation sociale présente ou "future (cf. "fou furieux"). Les personnages sont au chômage, font grève, certains se battent carrément contre le système, de façon parfois "expéditive" il est vrai. Tes écrits sont ils un moyen de parler de la situation sociale actuelle ou future, un biais pour faire passer des idées, une forme de militantisme ?

"Militantisme", non, ça me paraît un bien grand mot... "militer" ça implique une organisation, une action collective, alors que l'écriture c'est un acte purement individuel...
On va donc parler de l'"écriture". Le cadre, c'est celui du "roman noir", donc du roman qui présente le "côté obscur" de la vie, de l'état du monde. C'est le postulat de base.
Au niveau de l'écriture, j'essaie -de plus en plus- de m'en tenir, pour les personnages, à la seule description de leurs actes. Même quand ils parlent ou pensent, j'essaie de rester dans un domaine très factuel. Dans un certain nombre des nouvelles de l'"ordre des choses", ce qui fait sens, c'est surtout "l'arrière-plan", c'est à dire le "décor", la situation (sociale ou autre) derrière l'histoire. J'invente rien du tout en disant ça... C'est une phrase de Jean Patrick Manchette qui m'a fait comprendre ce qui me paraît (ce n'est que mon humble avis) l'essence du roman noir. C'est au début de "Le petit bleu de la côte ouest". Dans les premières pages de ce livre, donc, Manchette décrit l'activité de son personnage (il roule sur le périphérique en écoutant du jazz) et il arrive comme ça, un rien distancié, à cette phrase "La raison pour laquelle Georges file ainsi sur le périphérique avec des réflexes diminués et en écoutant cette musique là, il faut la chercher surtout dans la place de Georges dans les rapports de production"... Donc, pour en revenir à la question, le type d'histoire que j'écris fera forcement référence à des situations difficiles. C'est la base du roman noir : y'a un gars qui a des soucis. C'est pour cela que certains de mes textes mettent en scène des gars largués, englués dans un environnement, qui subissent une situation (forcément difficile) et essaient de s'en sortir. Comme -ne l'oublions pas- on est dans du roman noir, les solutions qui leur viennent à l'esprit sont parfois "expéditives" (ce type de personnage de fiction ayant peu recours à la lettre recommandée et à la conciliation pour régler ses ennuis), même si ce n'est pas toujours le cas... Là aussi c'est une "figure imposée" du genre. Je n'ai, à ce sujet, absolument aucune prétention à l'originalité, ce que j'écris a déjà été largement codifié par bon nombre de vrais écrivains.
Mais c'est bien sûr que mes textes n'abordent pas vraiment la difficulté des errements amoureux de la bourgeoisie tertiaire parisienne... Alors ça doit quand même traduire une sensibilité quelque part... peut être...

5) Penses tu que c'est occulté dans la littérature aujourd'hui ?

De voir le côté sombre de la vie ? En fait j'en sais rien du tout car je lis très peu de "nouveautés", donc je ne sais pas trop ce qui se fait. Je me fournis peu en livres "neufs". J'achète surtout des livres d'occasion ou alors des éditions "de poche" de bouquins sortis depuis un bout de temps...


6) Sans indiscrétion tu te sentirais proche de quelle mouvance "politique" ?

Je pense qu'il n'a pas échappé à nos lecteurs que j'étais plutôt de gauche...

7) Pour poursuivre sur les personnages, il y a souvent des punks et des skins ou des références, dans tes nouvelles, à la "scène", comme on dirait, à a musique, le fanzinat, le DIY (cf. le passage de "Fou furieux" cité dans vendetta nº 3). Tu te sens proche de ce milieu ? Quels sont tes liens avec la scène punk/oi! et le DIY ? (Là tu me fais le plaisir de parler de ton aventure en tant que chanteur/bassiste de The Abhored). 
Penses tu que les deux sont intimement liées ? Et à propos de tes livres, est ce que ça t'as permis de toucher plus de monde, de vendre plus ? Et financièrement, ça rapporte ? (je blague)


J'ai découvert le Rock'n'roll au début des années 80 avec Trust et les Strys Cats qui passaient à la radio. C'est vers 84/85 que j'ai commencé à faire de la musique (le terme est peut être un peu exagéré) dans un groupe qui essayait de jouer du punk/metal. Ensuite, j'ai pas mal vadrouillé dans diverses formations confidentielles oeuvrant essentiellement dans le HxC ou le punk/oi! J'ai donc effectivement joué dans The Abhored, groupe SHARP et Straight Edge qui a eu quelques productions vinyliques au début des années quatre vingt dix et s'est séparé après un quarante cinq tours. Cela fait quelques temps que j'ai arrêté toute activité musicale, mais j'ai bien sûr gardé des relations amicales avec quelques personnes impliquées dans la "scène" (avec pour certains une abnégation qui force le respect...). Quand "Retour en avant" est sorti, j'ai donc contacté des gens pour en assurer la distribution, sachant qu'il m'était impossible de verser un pourcentage à un distributeur, comme j'aurais du le faire pour un libraire, par exemple. Les copains ont donc été OK (merci à eux !) pour distribuer le livre, ce qui fait qu'il n'est disponible que sur des listes "musicales", dans un esprit non profit. Il est donc introuvable ailleurs et les chroniques dont il a bénéficié sont uniquement parues dans des fanzines musicaux (Earquake, Les caves se rebiffent...). Pour répondre à la dernière interrogation, je ne me suis pas encore remboursé de la sortie de "Retour en avant".

8) Que penses tu de la "scène" actuelle ? Quels sont les groupes que tu apprécies, français ou étrangers ?

Là aussi, je vais être assez décevant car je suis peu au fait de ce qui se passe dans "la" (?) scène musicale. Y'a trop de trucs qui sortent pour que je me tienne au courant. Je suis ça d'assez loin même si j'achète régulièrement des disques. J'écoute toujours un peu les mêmes trucs, un peu dans tous les styles : Motörhead, Oppressed, Rose Tatoo, Camera Silens, AC/DC, Angelic Upstarts, Sick of il all, Stalag, DRI, Le mor aux dents, Redskins... Comme formations plus récentes, j'apprécie énormément Les Partisans et Rancid. Ah ! Oui ! Le EP de Negative IQ déchire grave aussi. 

9) Que penses tu de la reformation de dinosaures du punk français comme Oberkampf, Warrior Kids, Parabellum et autres ? Et de cet engouement pour le style "Chaos Production" ?

Tous ces groupes font partis de ma culture musicale, que j'en ai acheté les disques ou que je les ai vu en concert. Comme je ne suis pas trop au courant des nouveautés, je ne sais pas comment ils sonnent désormais, mais je n'ai aucun a priori là dessus. Dans le même ordre d'idées, un truc qui tourne pas mal sur ma platine c'est la compilation "Killed by death" nº 200, consacrée au "Rare punque français 77-83"... Pour compléter, je trouve ça pas mal, également, de préserver la mémoire d'un mouvement qui a eu ses propres spécificités. En ce moment, au niveau bouquins, il y a vraiment des choses intéressantes qui sortent : "Nos années punk" de Eudeline, évidement, mais aussi le "Best of no governement 1985-2000" (allez, je fais de la pub : c'est 23 euros pc à Adrénaline Records- BP 2176 - 51081 Reims cedex) et "Les années Stalag", le second volume de la biographie de l'ancien chanteur de Stalag, mythique groupe bordelais de la fin des 70's (à commander chez www.thierry-tuborg.nfrance.com ). Au niveau disques, quelque chose qui serait vraiment bien, c'est la sortie de quelque chose sur le Mors Aux Dents, parce que c'est vraiment un groupe trop injustement méconnu dans nos contrées.

10) Et pendant qu'on y est, les suppléments "Punk Rawk" (qui n'en sont d'ailleurs plus depuis) de Rock Sound, t'en penses quoi ?

Oh, plutôt du bien... J'en ai acheté deux ou trois pour me faire une idée, surtout pour le CD, en fait. J'adhère pas à tout ce qui y figure mais ça peut être un point d'entrée pour les jeunes qui découvrent le truc (surtout qu'il y a pas mal d'infos) et un moyen de pas être trop largués pour les vieux (dont je suis).

11) Pour en revenir à nos moutons, enfin tes nouvelles, au niveau des situations, les concerts pourraves, les tables de presse, les balloches de merde qui dégénèrent... C'est du vécu ou de la pure imagination ? Les personnages aussi ? Et les personnages récurrents de rugbymen avinés, débiles et agressifs, c'est de la pure fiction ? Pourquoi tant de haine envers ces pauvres sportifs ? On a l'impression que tu as eu maille à partir avec ces charmants spécimen de la "Francd d'en bas" ?

Comme je l'ai dit un peu avant, j'écris des oeuvres de fiction, avec des personnages qui ne sont pas réels. En plus, je tente absolument d'éviter les monologues intérieurs des personnages, pour me concentrer sur les seuls actes. Même quand le personnage pense, il se concentre uniquement sur les aspects factuels d'une situation. On reste toujours dans le "faire". Pour être plus clair j'essaie de faire comprendre la logique interne d'un personnage, comment il en est "arrivé là", en tentant de garder cette complexité interne à chaque être humain (c'est bô ce que je viens de dire, non ?). Bon, ça c'est ce que j'essaie de faire.
J'ai déjà dit que je ne prétendais à aucune originalité, alors je vais citer mes sources. Le gars qui fait, très bien, ce que j'essaie de faire, c'est Jim Thompson (1275 'mes, Le lien conjugal...) un écrivain américain qui réussit à faire entrer ses lecteurs dans la peau de chacun des personnages (y compris les plus ignobles) qu'il décrit. C'est super intéressant. Parce que, bien sûr, un "méchant" un "salaud", ne se lève pas le matin en se disant "Ah et bien je suis un gros salaud moi, allons faire du mal..." (ou alors des cas pathologiques lourds...).
Pour en revenir à la question, je me sers effectivement d'événements que j'ai vécu, ou que l'on m'a rapporté, de discussions, de reportages télé, de la presse,... Pour écrire mes petites histoires. Parfois, je mets une dose de vécu dans un bon paquet de pure fiction, et puis des clins d'oeil aussi. C'est d'ailleurs rigolo de voir les gens ensuite essayer de démêler le vrai du faux. Par exemple, ce n'ai pas parce que je mets en scène un personnage appartenant à un modèle, ou un groupe social (exemple : un sportif méchant) que je généralise l'attitude de ce personnage de fiction à un groupe de gens "réels" (pour reprendre notre exemple, les sportifs). Même si le but du roman noir est de faire écho à la réalité, on reste toujours dans le domaine de l'imaginaire.

12) Sur la couverture de "L'ordre des choses", il y a une illustration avec un skin qui fait le salut. Peux tu m'en parler ?

Cette couverture a été réalisée par la maison d'édition. Je l'ai découverte lors de la parution du livre, comme n'importe quel autre lecteur. Je n'avais aucune idée de ce qu'il y aurait sur la couverture avant publication. Ce n'est pas mon choix.


13) Allez zou, l'chons nous, disons du mal. Y'a t il des gens avec qui tu as eu des accrochages ou des divergences de point de vue ?

Non. Je n'ai que des amis.


14) Pour conclure, quelque chose à ajouter, des comptes à régler, des gens à, remercier, une pensée définitive et profonde sur la vie ?

Une citation pour finir, une phrase de Victor Serge que j'ai lu je ne sais plus où : "Le métier de vaincu est un des plus ingrats. Moyens ou faibles, les gens ressentent la défaite, la leur propre et celle des autres, comme une tare".



"Retour en avant" est disponible contre 12,20 euros port compris chez Earquake, Gig à la Benne, et I want you to be punk.

[retour au sommaire]


René Binamé est un groupe que l’on aime beaucoup par ici, à cause de leu punk original, de leurs textes intéressants ou hilarants et surtout à cause de leur sérieux sens de l’humour. On les apprécie encore plus depuis qu’ils sont gentiment venus à Toulouse pour un concert de soutient aux Jeunes Libertaires. Je profitais d’un festival aux tanneries à Dijon, le premier novembre 2002, pour poser quelques questions à Es Gibt. Il a même relu ses réponses, ce qui explique la clarté des phrases pour du live, et binam’ en a profité pour ajouter deux trois trucs.

V: René Binamé, est ce que c'est des gens qui travaillent? Vous habitez où?

EG : Y en a un qui habite à Bruxelles, les autres autour de Bruxelles, à 30-50 km. On travaille le moins possible, ce qu'il faut pour bouffer et payer les factures etc. On travaille pas tout le temps mais y'en a toujours l'un ou l'autre qui travaille. On se paye pas sur l'activité musicale. Disons qu'on essaie qu'elle soit auto-suffisante, pour pouvoir faire les concerts qu'on a envie de faire en sachant seulement qu'il faut payer l'essence, la camionnette, l'entretien du matos, le téléphone, toutes les conneries comme ça. Si " on en vivait " , il faudrait en faire pour qu'il y ait des thunes qui rentrent etc. C'est un choix quoi.

V: J'avais cru comprendre que vous habitiez tous dans une même maison ou immeuble squatté ?

EG : Ce sont des légendes... [NDV : ah ben grâce à vendetta, un vilain ragot de moins !] personne d'entre nous n'habite dans une maison " occupée ", au sens légal..., mais on en fréquente évidemment, on y a des potes, on y joue...

V: Et un des anciens guitariste de Hiatus (défunt groupe de crust considère par beaucoup comme une référence) a joué dans RB, c'est fou ça !

Bin : C'est complètement ouf ! Azill a joué dans René Binamé et Hiatus en même temps et même, encore plus ouf, Jonas a joué de la guitare dans René Binamé avant de jouer de la basse dans Hiatus.

V: C'est parce que la Belgique est un petit pays?

Bin : S'il faut absolument une explication autre que nous nous sommes connus et appréciés et nous avons aimé jouer ensemble, pourquoi pas celle là, mais il y a bien plus de gens mille fois plus proches géographiquement qui n'ont pas joué dans René Binamé.

V: ça vous arrive de jouer dans des concerts de crust ?

EG : Les critères c'est pas tellement le style. Lorsque nous sommes contactés, nous essayons de percevoir les motivations du côté des organisateurs. Tu peux être en contact avec quelqu'un de super enthousiaste qui a envie de te faire venir mais il s'agit de savoir si sur place il n'est pas le seul. Et je ne sais pas si dans un truc complètement crust, les gens qui ont envie de voir que du crust, est ce que ça les amuserait de nous voir ? Souvent c'est comme ce soir, c'est mélangé. C'est le genre de catégories et d'écoles qu'on ne discute pas trop.

V: Je connais pleins de gens qui connaissent le premier album et qui apprécient beaucoup et après quand il y a eu du synthé ça les a rebuté, il semblerait que c'est un instrument qui rebute les punks?

EG : Ce n'est pas ce qui nous semble...

V: Mais avez vous remarqué un net changement?

EG : C'est rigolo dans la mesure où c'est parfois difficile de savoir en concert qui fait quoi au niveau des sons. y a des morceaux où le synthé fait la basse, ou des sons distos, des trucs bizarroïdes. Et sur le disque aussi on mélange un peu les bidouillages... On écoute tous des tas de trucs et c'est tant pis pour ceux qui ne font pas la même chose. Cela fait maintenant 9 ans qu'il y a du clavier dans le groupe, c'est-à-dire près des 2/3 de son existence, il fait un peu partie du décor (rire).

V: Loin de moi l'idée contraire ! Une autre particularité de RB est qu'il n'y a pas de frontman comme on dit...

EG : Effectivement. [NDV : oui je sais je suis très observateur]

V: ...parce que souvent, ailleurs comme chez les punks (et malheureusement chez les punks pourrait on dire) le chanteur fait le guignol et c'est un peu la star du groupe. Chez vous y a personne qui fait le guignol.

EG : ...ou on le fait tous un petit peu. C'est un truc que j'aimais bien dans le groupe quand j'étais spectateur. [NDV : en fait je voulais dire que comme ça il ne peut pas y avoir de star/frontman]

V: Et vous tirez à combien?

EG : Quand on sort un CD on en presse un millier, puis quand il n'y en a plus on les represse, c'est-à-dire que le premier CD [NDV : d'ailleurs d'abord sorti en LP] c'est genre trois ou quatre milles. La discographie est assez compliquée, y à les albums et les espèces de disques bizarres. Le dernier arrive au bout de son premier tirage plus l'édition sortie au Québec, avec une compile de tounes des autres disques sur la place restante.

V: Et le vinyle, c'est pas dommage d'avoir arrêté?

Bin : Bof, pas sûr, c'est un bon début, l'idéal serait d'arrêter le cd aussi.

V: Charb a réalisé une de vos pochette ainsi que le gars qui fait cow-boy jean (j'ai oublié son nom, désolé), comment une telle collaboration s'est elle faite? Et maintenant?

Bin : Her Seele nous avait invité a jouer dans un festival qu'il organisait à Torhout en Flandre, lors de la préparation du CD anti-papique, il a coulé de source de lui demander un dessin pour la couverture, il a fait la totale et a remis ça quelques années plus tard avec un superbe Cow-Boy Henk (en vo in het vlaams) en Pêre Noël à la hotte bien garnie (illustration de " j'ai tout ce qu'il faut dans ma hotte pour assainir toute la clique des affameurs de l'univers " dans la version de Noël du Père Lapurge). Charb, c'est moins personnel, ça c'est fait en deux coups de téléphone. A l'époque, nous trouvions Charlie Hebdo décapant et intéressant, il l'était peut-être, ce serait une bonne idée d'allerrifier, les derniers qui nous sont arrivés dans les mains était au contraire exaspérant malgré Charb justement, Siné et Gébé. Triste.

V: Vous jouez une fois par semaine en moyenne, non?

EG : On fait une trentaine de concerts sur l'année. On pourrait en faire plus si on répondait à la demande, si on la titillait un peu. En plus des concerts isolés on se fait quelques gros wéékends, comme ça, vendredi/samedi/dimanche, on doit compter avec les contraintes de boulot, puis y'en a deux qui ont des bambins, et on jongle un peu avec tout ça. On ne se sent pas de partir 15 jours ensembles sur les routes, à la trash, concert sur concert.

V: Vous êtes allé au Canada quand même?

EG : C'est une des seules fois où on a fait une espèce de tournée, une douzaines de dates en deux semaines et c'était très chouette mais en même temps c'était très vacances. Il faisait beau, on était dans un grand autobus, tout ça... et de voir comme notre zique circule là-bas, c'est marrant de faire 6000 km et de tomber sur des gens sympathiques qui connaissent ce que tu fais. Ici une tournée de ce style pourrait s'organiser en mettant bout à bout les endroits où on sait qu'on peut passer, en faisant un tour plutôt ques des aller-retour, mais voilà, c'est un truc qu'on fait pas.

V: Vous ne jouez quasiment que dans les pays francophones ?

EG : Mais depuis pas très longtemps on commence à faire des concerts en Hollande, un peu dans le même genre de circuits que en France ou en Suisse ou en Belgique. A la limite plus en Hollande que dans la partie néerlandophone de la Belgique. Et chaque fois qu'on en fait un il y a des propositions pour d'autres. En général, on se promène plutôt dans la francophonie, effectivement. Par rapport à ce qu'on chante, en français, c'est important pour nous de pas juste balancer la sauce musicale et basta pour le reste. Par rapport aux autres langues, ça pose des limites de communication réciproques, qu'on assouplit pas en une soirée.

V: Une question people : Hermann (un des guitariste) a t il toujours le même t-shirt, ou il l'a en plusieurs exemplaires? (c'est-à-dire celui qui parodie Motörhead, mais en fait je me suis planté car ce soir là justement il en avait un autre? Ou alors il l'avait en dessous?)

EG : Il faudrait lui demander.

V: J'ose pas...

EG : Mais si tu vas comme ça chez lui la semaine il est sapé exactement comme il est quand il vient au concert. Il doit avoir des doubles pour la lessive.

V: Et ça veut dire quoi René Binamé ?

EG : C'est un nom comme Muller en Suisse, ou pas tout à fait Dupond [NDV : ou Dupont ?] en France. Le nom " René Binamé et les Roues de Secours " c'était un peu en réaction aux noms de groupes à particules anglophones " untel and the machin " version crédibilité. René Binamé et les Roues de Secours, cela prenait un peu le contre-pied de ça. Puis finalement avec le temps et les changements de formations c'est plutôt devenu René Binamé (increvable?).

V: Et Aredje?

EG : " Ké n'aredje " en wallon c'est un peu " quel bordel ", " quel vacarme ", " quel désordre ".

V: Et chal e asteure? (le truc qu'y a marqué au dessus)

EG : C'est " ici et maintenant ". Par rapport à toutes les promesses qu'on nous fait, par rapport à la patience dont on nous demande en général de faire preuve, " travaille plus pour avoir moins et le bout du tunnel ce sera pour plus tard "..., " ici et maintenant " c'est un peu l'urgence du "tout et tout de suite ".

V: Vous avez un synthé, pas de frontman, vous chantez en français, vous avez pas un nom de gros méchant, c'est pas un problème pour faire du punk?

EG : Justement on prend tous ces trucs-là un peu de biais, parce que c'est comme ça qu'on aime bien le faire. On ne se revendique pas d'une " scène " . Les accointances " punk ", c'est sans doute plus par rapport à une certaine démarche, à ce qu'on chante, que par notre musique. Je crois pas que nous fassions de la " musique punk ". Bon, y a un côté électrique dans les guitares, un truc un peu blues dans la première époque du groupe [NDV : et un truc plus disco maintenant?], chacun vient comme dans tous les groupes avec ses propres goûts, mais c'est pas dans l'optique de défendre "une scène ". Le synthé, le côté un peu pop, les reprises de chansons, pour nous c'est important parce que on se ferait chier à faire un truc formaté. Je crois que ceux qui aiment bien ce qu'on fait, c'est aussi à cause de ça.

V: Aredje c'est donc une feuille d'info et aussi un label, mais en fait seulement le label de René Binamé et des Slugs?

EG : Oui, c'est pas vraiment un label, c'est les mêmes qui d'un coté font la musique et puis de l'autre... Enfin c'est Binam' et Marcor qui s'en occupent. Binam' s'occupe de la sortie des disques, y compris graphiquement, de la mise en page du zine, du site internet, des contacts pour la distro en magasin, pour les concerts. Marcor s'occupe du vpc et de la table aux concerts.

V: Et Marcor c'est quoi ? C'est qui ?

EG : Selon nos auto-définitions de voyage: un des " pontes du label ", ou encore "membre du crew ", concept qui nous sert à compter les places dans la camionnette. Il y longtemps on disait simplement que c'était " le manager des Slugs ", et puis tu te rend comptes que c'est plus compliqué que ça à cerner... On ne sait pas toujours exactement ce qu'il fait. Il s'est auto proclamé " beer-stage-manager ". La chose la plus visible dont il s'occupe avec nous aux concerts c'est ce qui s'appelle en France la table de presse et que nous appelons le " stand " [NDV : en belge?].

V: D'après ce que j'ai cru comprendre (en lisant les pages " assez gué gué " mais néanmoins brut de brut de Marcor dans Aredje), il est quasiment a tous les concerts de René Binamé et des Slugs?

EG : Des Slugs toujours, nous quasiment.

V: Et c'est ça qui m'interpelle, voir le même groupe en concert tous les week-end pendant plus de dix ans, c'est pas un peu lourd?

EG : Ah ben il faut interviewer Marcor. D'ailleurs il se fait interviewer ce soir [NDV : Dans le fanzine suisse " Pendez les haut et court " du camarade Daniel]. Il va sûrement lire ce que je vais raconter ici, je vais faire attention à ce que je dis. On passe du temps à voyager pour les concerts ensembles. A des moments on s'est demandé si c'est nous qui avions créé le personnage de Marcor, mais on ne sait plus très bien qui est l'imitation de qui. Ou alors, dernière hypothèse, est-ce Marcor qui a créé en nous la part de nous même qui a créé Marcor, c'est assez métaphysique [NDV : je dirais même pataphysique].

V: C'est un peu le Mac Laren des René Binamé?

EG : Non, pas tellement. Je ne crois pas. Il faudra lire l'interview de Marcor. Et à propos de " Mac Laren ", je ne voudrais pas parler de ses passions secrètes...

V: Vous avez un site internet qui est assez mis à jour, et on peut trouver pas mal de chansons (toutes?)...

EG : Oui, y a au moins toutes les nôtres. Binam' a lancé le site en ྜ, dans l'idée qu'on puisse s'y balader souplement sans lambiner des plombes pendant que se chargent automatiquement des choses " lourdes ", images, animations... On choisit un peu ce qu'on a envie de voir donc y a pas besoin d'une super connexion méga boostée. C'est pas la course à la technologie : "sur internet y a tout "... mais il faut acheter la machine qui assure. Bon forcément il en faut une (ou un cyber-brol du coin) pour aller sur le site, mais y a moyen d'y circuler assez facilement. On vend aussi un CD gravé avec l'état du site à telle date.

V: Ca permet aux gens de télécharger vos chansons gratuitement sans avoir à payer les connexions?

EG : Oui. Il y a deux trucs différents. Sur le CD tel qu'il est là je ne sais pas s'il y a la musique en MP3, je ne suis pas sûr. Pour ce qui est des chansons, la position de ne pas rentrer dans le système du droit d'auteur s'est clarifiée au fil du temps, par rapport à ce qu'on fait. Et conséquemment on refuse la logique de gestion des droits d'auteur par des sociétés de droits d'auteurs. 

V: Vous avez fait un texte contre le droit d'auteur, et vous êtes le seul groupe que je connaisse qui ait fait un texte comme ça, même chez les groupes " politisés ".

EG : C'est vrai que d'habitude les discussions s'arrêtent à : " les droits d'auteurs sont mal gérés par les sociétés qui s'en occupent ", mais bon c'est un peu comme tout le reste de la société, on t'explique que ça irait mieux si il y avait pas la corruption, la "mauvaise gestion "...

V: Comme la télé " elle est pas bien mais ça pourrait être mieux " 

EG : Oui, alors que c'est un produit comme tout le reste, donc c'est à l'image de tout le reste. Le droit d'auteur, c'est de la circulation d'argent, c'est du capitalisme, dans la musique comme dans autre chose. Là-dessus, le droit d'auteur, c'est un enrobage juridique, qui a la prétention de défendre " la création " et de protéger " le créateur " par rapport à ce qu'il fait.

V: Dans le texte vous attaquez aussi le concept de propriété intellectuelle. Les gens qui font de la musique n'ont ils pas le " droit " en tant que producteurs d'être reconnus et d'avoir un contrôle sur leur travail?

EG : Le truc est complètement retourné par rapport à la réalité, comme on en discute d'habitude, parce qu'on te dit : " oui mais pour ne pas se faire arnaquer en tant que musicien il faut déposer les morceaux, pour qu'ils restent notre propriété et qu'ils ne puissent pas être utilisés par d'autres, notamment pour faire du fric etc. " Au-delà de la question de réclamer des sous quand quelqu'un joue ta musique, la copie ou la diffuse, il y la question du lien entre toi et tes morceaux. Nous sortons des disques avec les morceaux que nous avons joués et enregistrés. Maintenant dire que cette musique " est à nous " et c'est nous qui en sommes " les créateurs ", faut déjà être assez culottés! Toutes les musiques et tout ce qui sort, c'est toujours une re-digestion de tas de choses. Qui peut être originale, créative en tant que redigestion, mais dire " c'est ma création c'est moi qui l'ai inventé ", faut vraiment être culottés. Une fois ces limites posées, dire que les morceaux tels qu'on les sort sont quand même " les nôtres ", pourquoi pas, mais ça, ça n'a toujours rien à voir avec le droit d'auteur. Après il y a toute la mystification " on va se faire piquer nos morceaux ". Franchement, je rigole. Quand tu commences à y réfléchir, tu te rends comptes qu'à un niveau plus global dans la musique et dans tout le reste, le droit de propriété intellectuelle sert plus comme espèce de brevet pour que certains en fassent travailler d'autres et que ça rapporte de l'argent sur la base d'un droit propriété, comme une maison rapporte à son propriétaire parce qu'il est reconnu comme tel. La base est bien triviale matérielle, de l'ordre de l'appropriation privée, puis vient la formalisation juridique, " le droit ", et enfin toutes les mystifications qui font apparaître ce " droit " comme " naturel ", comme tous les autres " droits ". Dans le domaine de la musique il y a vraiment chez nous tout un matraquage auprès des jeunes groupes: " le droit d'auteur c'est le salaire du musicien ", " il faut déposer vos morceaux auprès de notre société ", ce qui correspond en fait à déléguer la gestion de tes droits d'auteur à des sociétés de droit, à reconnaître d'abord cette existence des droits d'auteurs, tout en maniant menaces et appâts: " vous êtes démunis face au piratage ", " il y a des sous à récolter auprès des radios etc ". Cela participe de toute une politique de " professionnalisation", de "responsabilisation ", d'encadrement des musiciens, des groupes. La seule perspective qu'ont à nous offrir ces bon apôtres du droit, c'est de devenir des employés de l'industrie du disque, d'une maison de disque, d'une société de droit d'auteur, d'organisateurs de concerts,... avec de beaux contrats dont on sera sensé être fier. Et ça, c'est ce qu'on n'avait surtout pas envie d'être et de devenir, c'est devenu de plus en plus clair en cours de route. Le choix par rapport au droit d'auteur s'est imposé comme une conséquence logique.

V: Mais il semblerait qu'en France ça soit impossible de fabriquer un disque sans la mention " ce truc est protégé par machin ", c'est-à-dire que sinon l'usine refuse de presser le disque.

EG : Non, je ne pense pas. Il faut parfois se contenter de déclarer que ces morceaux ne sont pas déjà " déposés " . Il est faux que ne pas " déposer " les morceaux, les déclarer " propriété intellectuelle " ou ne pas être affilié à une société de gestion des droits d'auteur t'empêche de presser des disques. Tu peux donc ne rien faire de tout cela, et fixer toi-même les limites de " ton copyright personnel ", en terme de copies, de diffusion… Nous on essaie d'être pas trop confus là-dessus. Sur le dernier disque on a mis une espèce de petit logo, qui passe un peu inaperçu, un détournement des campagnes anti-copie. En gros notre message c'est: " tant que nous pressons des CD on sera content des les fourguer (en les vendant, difficile de faire autrement...), et puis faites autant de copies que vous voulez ". Ajouter "hors motivations lucratives évidemment ", ce serait encore supposer qu'il y ait moyen de monter un business de copies de Binamé... je pense qu'il y a d'autres filons plus juteux! Concernant nos disques, il y a un truc qui est clair c'est que depuis les débuts du groupe, il y a une douzaine d'années, il y a beaucoup de copies (K7 puis MD et maintenant CD) qui se font... On l'a encore constaté quand on a débarqué au Québec où on avait jamais sorti de disques, les seuls qui s'y trouvaient avaient forcément été ramenés d'Europe, ou copiés. On ne fait sans doute pas le genre de zique qui correspond au prototype du consommateur qui va toutes les semaines s'acheter des CDs au magasin parce qu'il a ’’bien travaillé " et qu'il a " bien le droit d'en profiter "... et de claquer toutes ses thunes. On est plutôt du style à se faire passer nos morceaux de potes en potes, à se faire copier et recopier. Donc c'est difficile de savoir exactement où, comment et quelle quantité ça circule, et puis on est bien content que ça se balade comme ça.

V: Vous reprenez pas mal de morceaux " standards ", vous n'avez jamais eu de problèmes ou eu à effectuer des démarches à ce niveau-là?

EG : Si, pour le pressage de disques, on est tenus de payer quand on fait la moindre reprise et qu'on la " reproduit mécaniquement " (sur un support), ou qu'on " l'exécute " (en concert). Si on ne la déclare pas et qu'elle est repérée, on s'expose à des emmerdements sur lesquels on a pas envie de passer du temps, du fric et de l'énergie. Donc quand on a enregistré des reprises sur lesquelles il y a encore des droits (parce que c'est pas le cas de tous les morceaux, comme certaines des " chansons révolutionnaires " tombées dans le " domaine public "...), on a raqué. Pour ce qui est des concerts, c'est l'organisateur qui défini sa position par rapport à sa sacem locale, tu ne douteras pas que, s'il le faut, nous ne jouons absolument pas de reprises, tu vois ce que je veux dire. 

V: Il y a quand même assez peu de chance qu'il y ait une personne d'une maison de disque qui vienne a un concert de René Binamé?

EG : Y'en a, pas des maisons de disque mais des sociétés de droits d'auteur. En Belgique ils viennent de toute façon même faire chier pour la zique qui passe entre les groupes, il y a un réseau comme ça d'inspecteurs locaux, espèces de sous-fifres qui déboulent dans les salles (concerts, soirées,...) et qui sont payés à la commission. [Petit intermède pour essayer de déterminer si le groupe qui jouait venait d'arrêter ou pas]

V: Pour un groupe aussi vieux et relativement connu et qui tourne pas mal, on entend assez peu parler de vous dans les fanzines.

EG : Ah ouais?

V: Par exemple votre dernier album, je n'ai vu aucune chronique (en France).

EG : Mais il est pas vraiment sorti en France en quelque sorte. Parce que depuis le début du groupe, il y a quand même pas mal de relais au niveau des fanzines et à un moment il y a eu des pistes pour savoir si on le distribue dans certains réseaux plus ou moins style Crash Disque en France. Y a rien qui se fait vraiment.

V: Même sur les distros je n'en vois pas souvent...

Bin : La section logistique du label est assez aléatoire et le suivi n'est pas notre point fort. Du coup, c'est au fur et à mesure et au hasard des concerts qu'il apparaît par-ci par-là.

V: Oui donc on parlait des fanzines, tout ça, et ce qui se passe c'est que vous êtes passés dans Rock Sound (hors série), à votre âge, vous avez pas honte?

EG : Je sais pas, je connais pas, c'est quoi?

V: Ben tu sais, un magazine.. tu vois vraiment pas ce que c'est ?

EG : Non.

V: C'est un magazine français, je veux dire un vrai magazine avec des vrais groupes de merde dedans et tout ça et ils font des hors séries...

EG : Oui, oui, je vois [NDV : ce petit rigolo me faisait marcher !]. J'étais là, mais je ne savais pas, j'ai pas voulu, c'est la faute de Crash Disque (rires).

V: Rhoooo, c'est pas beau de dénoncer ses petits camarades...

EG : Je ne sais pas ce qu'il faut raconter par rapport à ça... Effectivement c'est une espèce de magazine de merde, voilà... l'histoire nous jugera, mais je pense qu'elle retiendra d'autres choses que nous finalement, on a fait mieux et on a fait pire.

V: Et ça vous a apporté une recrudescence de commandes?

EG : (rires) M'étonnerait! Qu'est ce que ça a apporté? Je ne sais pas. A par des questions chiantes ! Mais il faut assumer !

Bin : Je ne crois pas non plus, le bénéfice s'il y en a un serait plutôt de se faire connaître plus largement ou de se rappeler au souvenir. Est-ce une bonne idée ? Difficile à dire parce qu'il y a peu de retour, on nous en parle rarement. En Belgique, il y a eu des périodes où nous avons fait pas mal d'interviews dans la presse musicale et quotidienne, c'est à double tranchant, ça apporte une notoriété certaine qui n'est pas inutile puisque ça amène parfois du peuple aux concerts, ça élargit l'audience mais ça émousse le propos, faut être prudent.

V: Et sur l'affiche de 71-86-21-36 (l'album de reprises de chants révolutionnaires), il y a le logo d'Alternative Libertaire (de Belgique, qui n'a pas de lien avec l'organisation crypto-trotskiste française du même nom).

EG : Oui parce que l'affiche avait été imprimée par Babar [NDV : ancien directeur du journal AL] à son imprimerie où il imprimait aussi AL. C'est que nous avons eu pas mal de contacts, plus que des contacts d'ailleurs, nous faisions des choses avec le journal, des choses dans le journal aussi, pendant un certain nombre d'années. Puis ces liens se sont relâchés, jusqu'à devenir inexistants. Aujourd'hui pour résumer, le journal existe toujours, il a entre-temps été repris par d'autres. Certains d'entre nous le lisent, d'autres pas, enfin de fort loin disons, juste de quoi polémiquer dans la camionnette.

V: Et AL est à moitié à l'origine de la fameuse brochure pour l'unité du mouvement libertaire, vous en pensez quoi?

EG : On a reçu ça comme beaucoup d'autres...

V: Vous êtes cités 2-3 fois dedans quand même [après relecture rapide, il y a au moins deux fois le nom binamé et une fois celui d'Aredje].

EG : Tiens?

[En il y a une petite confusion. Ils croyaient d'abord que je leur parlais d'un texte pour l'unité qui a circule sur internet sous forme de pétition -la police leur dit encore merci. En fait je parle d'une brochure qui est sortie peu après avec le même titre, et signée par un militant connu de la FA et par Babar. Une fois la confusion levée...].

La brochure je ne la connais pas. L'appel on l'a lu et on a décidé qu'on ne signerais pas parce que ça nous semblait assez bien du style : " on ratisse tellement large pour faire une espèce de grande famille libertaire " et finalement, c'est pour se retrouver un maximum sur un truc flou [NDV : sur les quelques dizaines de pages que comporte la brochure, à aucun moment ne sont définis les termes libertaire ou anarchiste. Ne parlons même pas du terme révolutionnaire...], tellement flou que finalement le seul contenu qu'il y a dedans c'est " il faut se retrouver ensemble mais en en disant le moins possible pour ne pas soulever des questions qui risqueraient de créer des divisions ". [NDV : notamment au sujet des élections... Il est d'ailleurs amusant de constater que l'auteur de la brochure a depuis appelé à voter Chirac, ce qui a eu pour effet de créer une scission au sein de la FA ! C'est beau l'unité ! Et depuis, on n'en entend plus parler, de cette fameuse unité… j'ai l'impression que je parle d'un groupe de hard core ! Tiens ça me fait penser à ces paroles du chanteur d'Opstand : " l'unité, c'est un truc de rugbymen. On laisse nos idées au vestiaire et on continue de se pisser dessus sous la douche "]. C'est un peu le principe, " il y a des positions, des critiques dont il ne faut pas trop discuter, qu'il ne faut pas mettre en avant parce que ça va mettre en péril cette unité du mouvement libertaire " [NDV : et puis d'abord, ça existe le " mouvement libertaire "?]. Cela revient à ceci: mieux vaut se mettre d'accord sur le minimum pour être tous ensemble, tous ensemble, ouais-ouais-ouais [NDV: vieux slogans de manifs " unitaires "], que clair sur un truc moins " rassembleur ". C'était un peu aussi de dire: "dans tout ce qui se passe aujourd'hui y a du libertaire " -tout le monde n'est-il pas un peu " anti-autoritaire ", un peu " pour la liberté et contre les oppressions "... du moins tant que les questions restent floues- et donc faisons une grande famille libertaire, youkaïdi-youkaïda ". Nous avons été sollicités plusieurs fois, mais nous n'avons pas souscrit. Nous pensons que la critique sociale, théorique, pratique, a davantage à perdre qu'à gagner dans ce genre d'initiatives... pas très neuves dans ce milieu d'ailleurs.

V: Très bonne réponse (rires).Vous avez eu une période pas mal axée contre la religion, il y a quand même un 45t, un mini-CD la dessus, plus des vieilles chansons (et la proposition en 94 de jouer n'importe où gratuitement pourvu que ça soit contre la venue du pape !). Pourquoi ce blocage?

EG : Ce blocage ! (rire) C'est plutôt un déblocage qu'un blocage. Je vois ça comme une partie d'un tout qui à un moment se manifeste comme une sorte d'étape parce que ça fait partie des choses auxquelles on est le plus directement confrontés et principalement à l'école, via la religion, les curés.. En terme d'institution, sur la question de l'église, c'est une des institutions par laquelle tu es confronté à l'Etat quand t'es gosse. Il y a toutes ces chansons de rupture par rapport à ça, blasphématoires, sarcastiques et autres.. Après on a pas eu envie d'être " le groupe anticlérical ".Y a eu les chansons à l'occasion de la visite du pape, on a sorti des trucs là-dessus à ce moment-là et on a fait d'autres choses, y a eu les reprises de chansons révolutionnaires et puis le dernier album, on y parle d'autres choses, à un niveau plus général duquel la religion fait partie, mais dont ce n'est jamais qu'une partie. C'est pas en fermant les églises que le reste s'écroule, puisque l'Etat s'est repeint aux couleurs de la laïcité, parallèlement au foisonnement de sectes de tous poils. Plus fondamentalement t'as tout les mécanismes de culpabilisation qui sont très religieux, et très ancrés dans les trucs laïques. " Tu travailleras à la sueur de ton front ", ça n'appartient pas qu'aux curés. Ils en sont des flics efficaces, mais quand ils ne sont pas d'autres prennent le relais, puisque ce qui compte c'est bien que nous travaillions à la sueur de notre front, bien plus que de savoir si on va à la messe ou pas. La télé a d'ailleurs largement et fort avantageusement remplacé les sermons en chaire de vérité, avec l'avantage supplémentaire de caler chacun chez soi. C'est pour ça que nous avons pondus des chansonnettes sur d'autres choses qui nous semblaient importantes, ce qui ne nous empêche pas de les mêler aux autres en concert.

V: La papamobile ça reste quand même un grand tube !

EG : Oui (rires), puis c'est aussi une parodie de chanson anticléricale, de juste chanter " le pape immobile dans sa papamobile..." et puis c'est tout ...

V: Justement dans le dernier album il faut quand même dire qu'il y a des textes politiques d'un niveau...rare, dans le sens où pour une fois il s'agit vraiment d'une critique politique de l'aliénation quotidienne (et qui, fait rare, ne résument pas le changement social à un changement de consommation !). Jamais René Binamé n'a fait de chansons contre les vilains fascistes ou n'est passé par une phase " Le Pen est pas beau " " les flics sont méchants " (amen) comme la plupart des groupes " engagés " (vers où?)... enfin si un peu au début...

EG : Les chansons, elles se font par les discussions qu'on a entre nous donc c'est toujours un l'état des lieux des discussions, et pas un espèce de catéchisme qu'on a envie de balancer. Et on se retrouve de fait [NDV : du fait de réfléchir avant d'écrire un texte?] en marge des thèmes de prédilection qui deviennent souvent un peu des thèmes bateau que tu retrouves dans les chansons et dans les slogans, les affiches, les tracts, les tables des presse [NDV : les cerveaux]... où il faut la chanson un peu antifasciste de base, une autre un peu nationaliste qui pays basque qui Chiapas, une autre contre l'injustice et les abus de bavures... 

V: Ah ben justement on peut pas faire un pas même dans le mouvement même dit libertaire sans tomber sur des textes qui, au final, se révèlent être du nationalisme. Tiens, vous avez fait un 45t en Wallon, pourquoi ? Y a t il des gens en Belgique qui ne perlent que Wallon et qui ne comprennent pas le français?

EG : Au départ le français en Belgique c'est la langue de la bourgeoisie, qui est la langue des affaires et du patron. Et la langue de l'ouvrier c'était dans la partie nord du pays les dialectes flamands et dans la partie sud du pays les différents dialectes wallons. Et puis pour la bonne marche des affaires, il faut renforcer la cohésion nationale et donc unifier la langue, et ça peut se faire avec plusieurs langues comme ça se fait chez nous avec le flamand d'un côté et le français de l'autre. Mais donc au départ la bourgeoisie de Flandre était également francophone, tandis qu'aujourd'hui elle parlera plutôt flamand. Le " tu travailleras à la sueur de ton front " arbore maintenant les couleurs de l'unité nationale flamande. Ce n'est pas n'importe quoi qu'on chante en wallon non plus, vu qu'évidemment à la télé t'as du folklore wallon ou du théâtre wallon... bien inoffensifs. On a aussi soit recherché soit écrit (là je pense à Laurent qui jouait avec nous à cette époque, et qui est assez calé dans le domaine), des textes et des thèmes du mouvement ouvrier, à l'époque où il s'exprimait encore en wallon et où il était clair que le français était la langue du patron. Mais ce n'est pas une démarche identitaire et encore moins nationaliste. Il y a des républicains wallon, des nationalistes wallons comme il y a des nationalistes flamands etc.

V: Et vous avez repris le " Chant des Partisans ", et vous m'aviez expliqué que vous le regrettiez un peu en découvrant par après l'origine exacte de ce texte?

EG : Ah, il en rate pas une ! Tout à fait. Dans le choix des chansons pour le CD de reprises de chansons révolutionnaires celui la nous nous semblait avoir sa place dans le contexte où on le mettait, et puis en cour de route, et malheureusement une fois que le disque était boucle et en gros sorti, qu'on a eu dans la foulé des discussions sur la véritable origine de ce morceau, qui est en fait un morceau écrit par Joseph Kessel et son oncle Maurice Druon de l'académie française, et au moins Kessel était clairement stalinien. En fait c'est un chant patriotique de la résistance, et quand tu le relis avec ça en tête il y a de sérieux problèmes dans la chanson. En plus, " il y a des pays où les gens aux creux des lits font des rêves ", pour eux c'étaient les pays soi disant communistes de l'est... Le PC français faisait dans l'ultra-patriotisme, " buttons les sales schleus " pendant la guerre et " produisons français, achetons français " dans la suite. C'est-à-dire " tu travailleras à la sueur de ton front et tu achèteras français ", avec pour ligne politique de crier au fascisme à tout va. On s'est rendu compte de tout ça et en plus de la confrontation terrible entre Makhno, exilé à Paris, et Kessel, crapule stalinienne qui publie un roman assez dégueulasse et diffamatoire, affabulations autour de la vie Makhno (il a même été réédité encore récemment) [Ca s’appelle « Makhno et sa juive », et c’est hallucinant de bêtise !]. Makhno protesta vivement contre ce qui était raconté dans le bouquin, où dont notamment reprises les accusations bolcheviques d'antisémitisme, que nous savons être des diffamations, mais qui malheureusement circulent même dans le mouvement libertaire. Le problème pour Makhno, c'est qu'il était réfugié politique à moitie illégal sur le territoire et menacé de ce qu'on appellerait aujourd'hui la double peine, c'est-à-dire qu'il était toléré à condition de fermer sa gueule. Suite à des meetings à Paris, il avait été interdit d'activité politique. A côté de ça il y a Kessel avec son aura de grand littérateur français qui sort son bouquin, tient des conférences pour justifier ce qu'il raconte dans son bouquin. Ce sont des choses qu'on a découvertes dans des discussions après la sortie du disque et du coup on a arrêté de faire la chanson en concert. C'est un peu con, on aurait pu s'informer à temps. C'est aussi un peu la misère de la situation dans laquelle on se trouve, comme coupés de notre mémoire, alors on essaye de se balader dans cette mémoire, et on s'est un peu planté sur certains trucs.

V: C'est très intéressant parce qu'a Toulouse il y a " Motivés " , groupe d'extrême gauche avec le groupe musical Zebda par derrière, et à l'époque où ils étaient soutenus par la LCR ils avaient sorti un disque qui s'appelait justement " Motivé ", cd de reprise de chants d'extrême gauche, et où donc Zebda reprend cette chanson en y ajoutant le refrain "motivés, motivés " (pour aller voter), qui fit fureur chez les jeunes vaguement à gauche à l'époque....

EG : Zebda je ne les connais pas vraiment. Sur ce disque y a aussi " La butte rouge ", je trouve la version sympathique et c'est une chanson qu'on pourrait chanter aussi, il y a " le temps des cerises ", autre chanson issue de la Commune, on n'a pas voulu la reprendre parce que c'est une chanson qui en dit en même pas assez, et qu'Yves Montand peut aussi chanter, comme il chanta le " Chant des Partisans ". Dans le petit monde musical, ce que la presse aime bien mettre en avant comme " groupes engagés ", après quand tu lis un peu ce qu'ils racontent, c'est de la social démocratie, c'est l'intégration, la citoyenneté... et je ne vois pas où est la critique sociale là-dedans. Et en plus le fait de se présenter aux élections... Ces groupes servent un peu de phare et quand tu vois ce qu'ils racontent c'est souvent un peu hallucinant. Même indépendamment des intentions qu'eux y mettent, y en a qui tiennent lieu de bannière, du groupe engagé de service. Au niveau le plus spectaculaire t'as des groupes comme Rage Against the Machine qui passe pour rentre-dedans, et après tu vois ce qu'ils racontent c'est plutôt affligeant. Mais on peut aussi nous balancer des critiques par rapport a ce que nous faisons. Bon d'ailleurs c'est un peu ce que tu fais et malheureusement ça ne se fait pas assez souvent, on ne parle pas assez souvent de ce qu'on met dans les chansons [NDV : et surtout derrière !] et on pourrait nous rentrer dedans un peu plus souvent, ça serait plus de discussions intéressantes et ce serait pas plus mal.

V: Et par rapport aux wallons, vous avez entendus parler des GAM, Groupes d'Actions Musicales ? D'après le peu que j'en sais c'était pendant les luttes anti-nucléaires des années 70, comme à Chooz, où ils allaient animer les luttes en faisant de la musique. Ne trouvez vous pas justement que les groupes musicaux " engagés ", ce sont des groupes qui jouent toujours dans les mêmes circuits avec des textes engagés tout ça, alors qu'il n'y a quasiment aucun groupe qui va jouer par exemple dans une usine en grève ou sur des sites en lutte? ça ne serait pas plutôt ça un groupe politiquement engagé?

EG : C'est une question qu'on ne peut pas séparer de la période dans laquelle on est. GAM c'est une génération juste un peu avant la nôtre, et ils se sont retrouvés à faire de la zique dans des manifs plutôt que de faire de la zique qui parle de manifs, et d'ailleurs après, quand ce mouvement des années fin 70/ début 80 est retombé, ils n'ont pas continué a faire des concerts comme groupe de musique, comme on pourrait dire que nous on le fait, mais ils encore de temps en temps, en soutien à des luttes. Les Binamé ont démarré dans un contexte plutôt de mouvements étudiants, lycéens, à l'âge où nous on se retrouvait là-dedans. Le GAM est né dans un contexte de luttes, nous on est apparu à une époque où ils s'en passe un peu mais pas énormément, a fortiori en comparaison aux années ླྀ, ou dans "l'entre-deux-guerres ". Et ça détermine beaucoup ce que c'est que de faire de la musique, qu'est ce que c'est de faire des concerts, et on se retrouve dans des endroits où les concerts sont une sorte d'activité à part entière [NDV : pour occuper la jeunesse?]. Les squats eux-mêmes sont pas à l'abri, les concerts pour les concerts ça peut pomper un maximum d'énergie. Il y a le fait d'occuper une maison, l'atteinte bien réelle au droit, et puis il y a ce qu'on y fait après, qui n'est pas à isoler de ce qui se passe dans la période qu'on vit maintenant. C'est pas une question de s'auto-flageller ni de se déresponsabiliser complètement. On vivrait en Argentine aujourd'hui (voir date de l'interview...), qu'est ce qu'on ferait ? Est ce qu'on ferait des concerts dans des manifs ? Est ce qu'on ne ferais plus de concerts ? … Je ne sais pas. Et c'est un contexte sans doute plus enthousiasment qu'être aujourd'hui à Dijon ou à Bruxelles...

V: Et le contre sommet à Bruxelles l'an dernier ?

EG : A tout sommet son contre sommet, à toute messe de gouvernants sa contre messe ONG réformiste, c'est ce qu'on entend de plus en plus, aussi dans ce qu'on peut lire là-dessus, comme critique dans le mouvement. Y a comme les deux faces d'une seule et même chose, les sommets et contre sommets (avec la grand'messe de Porto Allegre et son cortège de ministres en fonction), et après il y a un mouvement de contestation qui se situe en contre ces deux faces, et je pense que c'est la qu'il y a le plus de trucs intéressants, qui critiquent aussi le fait d'aller systématiquement se rendre dans les lieux où il se passe quelque chose au moment où les flics sont sur le pied de guerre pour t'attendre et où il y a des côtés assez spectaculaires, spectacle de guérilla urbaine... Il y a pas mal de critiques qui sont apparues aussi pas rapport au fait de voir là-dedans la forme ultime de la lutte [NDV : ou la seule forme de lutte pour certains !]. Et des situations comme l'Argentine aujourd'hui bouleversent un peu ça parce que les gens sont rattrapés par leur quotidien, par l'agression du capital contre leur vie et là il est plus question d'attendre un sommet ou un contre sommet pour descendre dans la rue, ils sont dans la rue. Et ça remet un peu les pendules à l'heure par rapport à ce calendrier des réunions. C'est partout et tous les jours qu'on accepte ou non la dégradation de la survie, l'austérité sous toutes ses formes, la pression de l'exploitation. (NB à tout cela on peut ajouter entre-temps tout ce qui se passe autour de la guerre en Irak : luttes et oppositions réelles, sur plein de terrains différents partout dans le monde, puis les divers détournements nationalistes, identitaires, et chez nous les grandes promenades pacifistes organisées sous la tutelle d'un paquet de gouvernement auto-proclamés " anti-guerre " ou " pour la paix " avec le cynisme le plus déconcertant...)

V: Et ce qui est paradoxal, c'est que dans les milieux " contestataires ", anars etc. il y a eu très peu de textes avec une analyse politique de la situation en Argentine (il y en a beaucoup plus eu sur le Chiapas, où les choses paraissent beaucoup moins claires.. L'attrait de la cagoule en guise de solidarité internationale?). Dès qu'il se passe quelque chose de vraiment intéressant, tout le monde rentre la tête dans le sable !

EG : En France et en Europe surtout c'est difficile de trouver quelque chose qui te parle de quelque chose qui se passe pas en France, c'est une réalité, même à propos de l'Algérie (NB entre-temps a été publié par " l'encyclopédie des nuisances " un texte de Jaime Semprun, " Apologie pour l'insurrection algérienne "). Et puis quand ça commence par " ah ben tiens ils se passe quelque chose dans le tiers monde " c'est souvent mal barré... Il y un feuillet sur l'Argentine ici à l'entrée, de l'OCL, et qui est une espèce d'apologie tous azimuts où tout est un peu mis sur le même pied, l'action directe, la fameuse " autogestion dans les usines "... tout mélangé alors que forcément, ce doit être des situations où les choses sont très contradictoires, où les buts, les moyens ne sont jamais clairs une fois pour toutes, et dans ce genre de feuillet t'as rien de ces contradictions justement. Pendant ce temps, la répression attend son heure, l'enterrement du mouvement se planifie. Et dans les milieux libertaires c'est souvent l'apologie de l'autogestion qui s'arrête aux portes de l'usine " Ah les ouvriers ont pris l'usine, chouette " et puis sur les perspectives du mouvement en dehors de l'usine, c'est très pauvre comme analyse. Mais c'est intéressant de discuter de tout ça parce que ça nous sort de tous les trucs du début de l'interview, la popotte familiale du petit milieu, pourquoi crust machin tout ça [NDV : oui mais bon, vendetta est un " fanzine musical " selon les hérauts du fanzinat " politisé ", il ne faut pas que je les déçoive !]. Ne pas faire 2-3 concerts par semaine, c'est aussi avoir plus de temps pour essayer de comprendre un peu ce qui se passe hors de nos petits ghettos...

V: Sur votre stand ce soir y a pas mal de brochures sans mentions d'éditeur, c'est vous qui les produisez?

EG : y a un pote qui tient l'infothèque à côté du stand de Marcor. ça c'est un peu le paradoxe chez nous, c'est qu'on a des discussions entre nous, sans doute pas assez... qui sont forcément perpétuellement en cours et par rapport auxquelles on arrive pas assez souvent à prendre des décisions et à se mettre d'accord : " au concert on débarque et on met ça, ça et ça sur la table, on photocopie tel truc... " du coup ce qui a sur la table, il n'y a rien sur lequel tout le monde va être d'accord dans le groupe, certains amènent leu caisse de ceci ou cela, là un pote vient avec nous et fait une infothèque... On a des envies de faire nous même certaines choses style brochures etc., comme le Aredje papier il n'existe pas vraiment aujourd'hui de fait (NB entre-temps un numéro est sorti...), alors qu'on a des idées, qu'on en parle.. on a du mal à concrétiser ça, c'est un peu dommage.

V: Le mot de la fin ? J'ai l'impression qu'il y a pas mal d'endroits où vous pouvez jouer et où vous allez jouer sans vous prendre trop la tête, avez vous l'intention de conquérir de nouveaux marchés ? Des disques en préparation bla bla bla?

EG : Il y a de la musique en préparation depuis cet été, on a un peu enregistré. On se prépare a enregistrer ça un peu mieux. En fait il y a deux choses : ce qui est le plus avance, ce sont des versions plus calmes et un peu bizarroïdes d'une sélection de morceaux du dernier album et des chansons révolutionnaires qu'on a faites en concerts à des endroits où on devait jouer calme, et ça a donne des versions différentes, où l'un et l'autre changions d'instruments, qu'on a eu envie d'enregistrer et de voir ce que ça donne. Ca c'est l'idée qui est la plus loin vu que les morceaux sont déjà la avec leurs textes et leur musique. Y compris des reprises inédites pour nous. Et puis il y a de nouvelles chansons ou morceaux mais qui en sont plus au stade de la musique pour l'instant, et ça on ne sait pas encore exactement ce que ça deviendra. Et puis pour le reste on continue notre petit bonhomme de chemin sur la route, ce qui fait qu'on a la chance de se rencontrer là, ayant chacun fait un bout de la route dans un sens et l'autre !

V: Pas d'arrêt de sitôt? Vous faîtes pas à la Crass, en 2004 on s'arrête?

EG : Ils l'ont fait vraiment?

V: Ben ouais, ils avaient dit en 1984 on arrête et en 1984 ils ont arrêté.

EG : Eh bien René Binamé s'arrêtera en 1984, promis.

Voila, vous en savez assez pour l’instant. Les contacts du groupe et compagnie, c’est :

RENE BINAME, 3 clos des Mayonnes, B5530 Houx, Belgique,

mais aussi :

AREDJE 55 rue des âmes, B 7864 Deux-Acren, Belgique

et de plus : www.aredje.net, sans oublier :

rene.biname@aredje.net

 [retour au sommaire]


 

APATIA NO « Cuando el rumor es informacion » Ep Apatia No/Noseke rec.

 Ce groupe vénézuélien commence a être connu par ici et il y a vraiment de quoi. D’abord parce que ceci est déjà leur huitième EP (voir le split avec Sin Dios chroniqué plus loin), et parce que musicalement c’est un excellent anarcho punk tirant crust à plusieurs chants. On regrettera l’absence du chant féminin sur cet enregistrement, mais nul doute qu’il s’agit la d’un des meilleur groupe anarcho punk hispanisant. Pochette dépliante où tout est en espagnol. 

ATTENTAT SONORE « Social Headache » 10’’ Maloka/Guerrilla Musique/ Rural Muzik 

Voila un groupe anarchopunk français qui a plus de dix ans d’existence, et n’avait sorti jusque là que des K7 et deux splits EP. Toujours pas d’album en vue apparemment, enfin on s’en rapproche avec le format 10 pouces, hihihi. (et tout ça pour finir sur le sampler d’un magazine !). Donc avant c’était chant mixte et boite a rythme, et depuis quelque temps, de nouveaux personnels, notamment au chant masculin, ont emmenés une touche un peu oi! (si on retourne le disque on peut apercevoir deux Harringtons), et des chansons en anglais aussi faut croire, je trouve ça un peu dommage mais bon… textes a teneur sociale non propagandiste, et musicalement très bon punk avec chant qui gagne en puissance donc par un petit coté oi! (ça est aussi le chanteur de Negative IQ). Ajoutons de très drôles intro en français (quoique LO a la place des mormons ça aurait été encore plus drôle !!), et vous tenez un très bon disque. 

PROPAGANDHI/ CRIA CUERVOS « Live » Split mnCD Diabolik

 Propaghandi ils sont canadiens je crois et ils font un hard core mélodique pechu politise je pense, mais bon y’a pas les textes, c’est dommages, j’aurais bien voulu lire ceux de la chanson qui s’appelle « Apparently i’m a « PC fascist » ! Le son est bon mais musicalement je trouve pas ça renversant. 5 titres aussi pour les franco-espagnoles de Cria Cuervos, je trouve ça personnellement un peu mou, bon … mais surtout on ne sait pas pourquoi un live, pourquoi ces deux groupes, pourquoi diabolik, pourquoi mon grille pain est en panne ?Quelques photos mixées « artistiquement » et voila… manque un truc je sais pas... 

AUTREMENT Video Alternaction 

Voila une vidéo sur quelques espaces autonomes (ou auto gérés) de suisse, vidéo (en français) apparemment financée (mais non réalisée) par un genre de ministère de la culture. C’est ça la Suisse ! Pour le premier, l’espace noir de Saint Imier, un court rappel historique vachement bien fait sur ce qui fut un des bastion de la tendance anarchiste de l’AIT. Par contre les gens du lieux interviewe m’ont bien gonflé, mais on m’a dit que c’était surtout du aux aléas de la chose filmée, donc je n’insisterai pas. La seconde partie est un montage sur les nombreux centre autonome de Lausanne, monté par les intéressés, assez rythmé, et on fini par Bienne, avec un petit tour au fameux squat d’alcolo crustie le Schrot Bar (qui a cramé depuis d’ailleurs), et un reportage sur un « Centre Autonome de Jeunesse » dans cette même ville, en gros un local d’aide aux clochards tenu par des punks, intéressant. 

ACTIVE MINDS/ JESUS CRÖST Split EP Filth Ear/ UPS 

Revoilà un des plus fameux groupe anarcho punk européen, connu pour son attitude DIY sans aucun compromis depuis un paquet d’année maintenant, et bien sûr ses textes très critiques sur la scène même et sa musique minimaliste caractéristique (batterie/guitare/chant). C’est d’ailleurs leur 14 ieme EP (d’ailleurs moi il me manque le split avec Urko, si quelqu’un sait où le choper ça m’intéresse !). On ne déroge pas a la règle pour celui-ci, musique toujours minimale à la Discharge, avec un son assez gros par rapport au toutes premières prods, des textes sur la dépolitisation de la scène crust etc. (textes traduits en quinze mille langues mais pas en français). Bref, que du bon. Jesus Cröst, eux, ne font absolument pas de crust, mais pas du tout. L’intro est très bonne, très musicale, et pour le long premier morceau, la musique est assez rapide tout en étant très mélodique. Le chant est lui aussi très mélodique, en fait ça fait beaucoup penser au groupe Petrograd, peut être ce qu’on appelle du peacy punk ? Le reste est musicalement un peu plus crust avec un chant assez psyché. En tout cas pour moi ce skeud le fait bien sans problème. 

20 MINUTES DE CHAOS « Mieux vaut mobiliser son intelligence sur des conneires que mobiliser sa connerie sur des choses intelligentes » / EXECRADORES Split LP Maloka 

Un titre à rallonge (que je ne trouve absolument pas justifié) pour le nouveau split LP de 20 minutes. Dès les premières notes de la gratte on sent le coté trash qui se dégage de la musique (Slayer rules), pour un crust assez touffu et bien particulier. Le chant féminin est aussi bien particulier, pas vraiment hurlé. De très bons textes chantés en français et un disque qu’on ne se lasse pas d’écouter ! Pour les brésiliens d’execradores, qui se sont fait connaître entre autre par un split avec Sin Dios, toujours le même crust rapide, bien que je trouve qu’ils maquent un tout petit peu de pêche sur cet enregistrement, par contre la technique semble plus présente.

  POUNDAFLESH « Cry from the people » EP strongly Opposed/ Rinderherz rec. 

Ce coup ci il s’agit d’un groupe de punk anglais, et c’est rapide avec deux chants énervés , ça fait un peu penser aux excellent In The Shit, d’autres passage un peu à Exploited, enfin voila 4 titres excellents, un disque qu’aurait aussi bien pu sortir Mass Prod. 

 DOMO ARIGATO « Japanese Punk » 45t Strongly Opposed 

De quoi s’agit il donc ? D’un groupe japonais qui fait du bon punk crust des familles, Discharge rules avec un son bien roots ça le fait et le chant en japonais c’est mortel. Bon en fait c’est presque ça sauf qu’il s’agit de l’enregistrement (de 1996 !) d’un projet de l’ami Pablo, en qu’en fait c’est un groupe suisse qui parle le japonais aussi bien que vous (moi je le parle couramment) ! Mais par contre il y a des textes écrits vraiment en japonais Quand on sait ça, c’est assez mortel et ce disque se double d’un cote comique assez rare ! (enfin c’est ce que j’ai compris ! 

GERBOPHILIA « Gerbilation » CDR geocities.com/gerbophilia 

V’la un groupe de Lausanne au nom assez incroyable, et croyez le si vous voulez mais c’est quand même bien la claque en concert. Grind métallisant (le guitariste aurait été vu avec un TS de Dark Throne, mais pour les textes bien que je ne les connaisse pas je ne crains rien). Donc trois morceaux studios qui sont quand même sacrement bon, avec un chant mixte (la chanteuse étant, comme souvent dans ce genre d’affaire, assez incroyable). Le reste du CDr est constitué de morceaux live, mais le son est pas super au rendez vous. Dommage que l’artwork soit si misérable. 

DIE SCHARZEN SCHAFE « Last Gang In Town » EP Campary Records 

Il parait que Die Schwarzen Schaffe (les moutons noirs) est une vieux vieux groupe d’anarcho punk/autonomes allemand. Seul le chanteur serait d’origine, et sur scène c’est assez impressionnant de voir des grosses males de plus de quarante balais crier rageusement dans un micro ! Musicalement, c’est plutôt du punk rock, chanté en allemand, mais sacrement rageur et vraiment oui du très bon punk rock. Je sais que ça ne vous avance pas, mais que dire de plus ?

  NEUROSE URBANA « Morte caotica EP » EP Strongly Opposed 

Un nouveau disque de Strongly Opposed, toujours sous une pochette noir et blanc somme toute assez caractéristique à la longue. Neurose Urbana est un groupe de crust brésilien et ce disque contient de enregistrement de diverses périodes (avec ou sans chanteuse etc), mais le son est égal. C’est bien dis, la gratte a une saturation de fond de garage, les rythmes sont martelés efficacement. Certainement pas original mais du bon crust lourd. 

LES GROGNASSES « s/t » CDR 

A ben que v’la un chouette nouveau groupe. Des membres de Fœtus Party dedans, chant mixte, mais pas la chanteuse de fœtus, une (?) autre qui a vraiment la pêche avec des envolées bien hystériques, avec un boite a rythme d’un beat légèrement techno et de la guitare par dessus, quelques petits délires, et le tout a bien la rage. C’est beaucoup plus rentre dedans que tous les groupes à boite rythme qu’il m’ai été donne d’écouter. Des vrais textes politiques, choses extrêmement rare dans la soupe politisée qu’on nous sert a toute les sauces. Ca plaira pas aux beaufs. 

DARE DARE DEVIL / EXXON VALDEZ « Exxon valdez V.S. dare dare devil » Split EP Dangerous at drive / POGO 

Ah ben tiens un production du label pogo, dont je me souviens des compils cassettes d’il y a quelques années, du genre « La peine de mort est révolue mais les flics l’exerce dans la rue », espèce maintenant en voie de disparition-les compils k7, pas les flics imbécile ! Bon alors keskinou font la ? Ah ben avec un pochette comme ça c’est du rock (sumo japonais ou catcheurs mexicains, c’est kif kif). Et ouais. Les deux faces ne tournent pas à la même vitesse, les fourbes, mais j’ai su déjouer le piège ! Exxon Valdez font du rock assez hachuré, et assez lent, tandis que Dare Dare Devil eux jouent plus vite et ça sonne plus rock’n’roll. Mais l’ami toto n’est malheureusement plus la pour vous préciser tout ça. 

AK 47 / RACAK split EP 

On retrouve les croates d’AK47 (premier et dernier groupe non francophone que j’interview en live, c’est trop la mort !) pour ce qui doit être leur premier vinyle. Toujours du crust core, plus étoffé que ce que j’avais écouté, c’est bien bon et les interlude en croate ça fait toujours son petit effet. Quand a Racak, contrairement a ce qu’indique leur orthographe (je ne connais pas la bonne touche pour vous en faire profiter !) ils sont allemands, et c’est dans le même style, en un peu plus grind, un peu bourre mou. La pochette livret est jolie et bien illustrée, c’est classe. 

ONE MORE REASON demo CD Nadege Teri, 310 ancienne route de paris, 13540 Puycard, 0675104960, onemorereason@ caramail.com 

Voila un groupe d’emo composé de deux éléments féminins. Elles sont seulement deux, mais arrivent a bien remplir l’espace sonore. Trois titres alternent sur des durées plus ou moins longues des magnifiques passages mélos avec d’autres plus violents et hard core accrocheur, la variété et les mélodies réussies faisant de ce CD quelque chose que j’écoute avec plaisir en boucle. Un quatrième titre qui s’essaye a l’électronique/chant mais avec toujours autant de sensibilité. L’emo, c’est beau ! 

 

 Voila des splits et compiles EPs avec la fameux groupe madrilène Sin Dios qui ne sont pas tous forcement récents, mais j’ai pensé que c’était bien d’en parler quand même parce qu’ils sont en général moins bien diffusés que les albums et on peut facilement ignorer leur existence, ce qui est fort dommage ! :

SIN DIOS / APATIA NO split 45t La Idea 

Bon, je commence par le meilleur à mon goût. Sin Dios propose deux titres : un un peu hard rock (sisi) puisqu’il s’agit d’un morceau anti sataniste (sous titre la bête du fascisme), et un morceau sur le terrorisme patronal, rien à dire. Quand aux trois titres d’Apatia No, c’est la grosse claque dans la gueule ! Anarcho punk tirant légèrement crust à chant mixte (le chant féminin ne se contentant pas de faire les cœurs), rapide, son nickel, bien exécuté, c’est un des meilleur truc que j’ai entendu depuis longtemps ! 

SIN DIOS / INTOLERANCE Split 45t la Idea 

D’après ce que j’ai cru comprendre, Intolerence est un groupe de harc core anar assez vieux et pas mal connu en Espagne, et ce disque est en fait compose de reprises mutuelles. Intolerence reprennent Requiem et l’excellente Ingobernables d’une façon excellente. Mais pas d’énormes différences par rapport aux versions originales. Sin Dios doivent donc reprendre deux morceaux d’Intolerence, « Di no al speed », qui est assez rapide (ahahah) et « el libro o la bala» 

SIN DIOS « EL poder mundial »/INNER CONFLICT « Play their smash hits down and scene » split EPTwisted Chords. 

Celui la date de 2001 et n’est pas produit par le label de Sin Dios, La Idea. Et on se retrouve encore avec deux très bon morceau de Sin Dios, un sur la culture, plutôt mélodique, et un autre plutôt plus rapide, avec de bon breaks. Quand à ces petits rigolos d’Inner Conflicts, ils ont mis leur adresse, mais pas de quel pays ils sont ! Je crois qu’ils sont allemands, mais ? Alors là plus de hard core, un titre où on est complètement dans le punk mélodique, à la Petrograd, et un autre plus énervé, plus punk. Les deux morceaux n’ont rien à voir, quel type de morceau jouent ils habituellement ? 

SIN DIOS / CEMENTERIO SHOW « El hmobre contra si mismo » split 45t La Idea 

Deux autres titres de Sin Dios, qu’est ce que vous voulez que je vous raconte ? Toujours pareil, c’est super bien et on est contents ! Quand à Cementerio Show, alors la attention, du punk hard core rapide avec un chant de fou furieux, mmhhh on pourrait même dire que c’est limite crust/ grind, assez furieux en tout cas. 

GENOVA 2001 compil 45t Moskito rec / Malinke rec. 

Voila une compilation en soutient aux victimes de la police à Gêne (et non pas un live à Genève). Sur une face, il y a Affliction qui prennent presque toute la place avec deux morceaux qui sont sur leur deuxième CD, et il reste très peu de temps à Sin Dios pour terminer la face ! Le reste de la compil est aussi assez bruyant avec deux morceaux de Dir Yassin, c’est sympa mais ils ont l’air de jouer beaucoup moins vite, et un des allemands de Kobayashi, hard core sympathique un peu dans la même veine. Livret assez conséquent en trois langues, par contre la pochette est moche c’est incroyable, pourtant pas dur de mettre une photo. 

UPS the record compil EP UPS 

Comme pour l’autre compil’, la pochette est un peu moche, disons que ça paye pas de mine, par contre le contenu est à la hau teur. Il s’agirait de la premier prod de UPS (underground Punk Support), qui a sorti le dernier disque d’Active Mind entre temps. Un morceau de Sin Dios qui s’appelle Solidaridad, et il est excellent ! On trouve aussi Shears, groupe de hc apparemmen espagnol aussi, les fameux crusts de Vision of War les anarcho punks allemand de Dekadent (certainement un groupe qui gagnerait à être plus connu), et PCP, Point of few ...

 

  UNLOGISTIC « Anger » maxi LP+miniCD Annngrr 

Comment faire original quand on fait du hard core ? On sort un LP et un CD avec hihihi non je rigole, d’autant plus que ce groupe de hard core a boite a rythme, ce qui non plus n’est point banal, est vraiment bon, passages énervés, d’autres mélos et des fois une chanteuse et tout, hmm ça a aussi un petit coté punk. Il y aura sûrement deux ou trois crétins pour dire que ça ressemble aux berus, cause la boite a tchouka tchouka, mais voila un groupe de hc hors des lourdeurs de la « scène ». 

THE CASUALTIES « Die Hard » Side one mummy 

Alors première surprise ce disque n’est pas sorti sur punk core, étrange.. Sinon les trois quart des gens diront que c’est nul et que c’est toujours la même chose, mais là je trouve que cet album est meilleur que l’avant dernier, toutes les chansons sont plus accrocheuses, surtout « Mierda Mundial » chantée en espagnol et qui casse toute la baraque. Donc treize titres speed. Par contre le chanteur devrait arrêter la moquette car ses spikes ne ressemblent plus a rien. 

RIGOR « Glam’Punk Superstar » Loadingzone / Moaic musiac 

Premier album pour ces ariégeois. 13 titres de hard-core mélodique. C’est technique et carre, un sampler discret vient se greffer a la batterie qui fignolle les titres. La voix a quelque chose de Noir Desir et quelques passages me rappellent Luise Attaque. Un groupe que l‘on risque de retrouver sur Rock Sound et pourquoi pas sur la FM avec des titres comme « vieux et fou ». Un clip a découvrir en CD rom a la fin. C’est surtout un album pour les jeunes de 10 a 14 ans. Pour pas dire que c’est de la daube.

  DEFIANCE « out of the ashes » Punkcore 

Après le EP « No Time » qui m’a pas botté le cul, voila le troisième album. 11 titres plus variés dans les rythmes que « No fututre No hope », des textes toujours aussi engagés sur le capitalisme, le terrorisme, ben c’est à la mode. Entre punk rock et punk core cet album peut toucher un public plus large, enfin je pense. Pochette ouvrante sur une multitude de photos, un disque marbré orange. Mon titre préféré est « Into the dust », puis pour finir une petite reprise comme a leur accoutumée qui est « No room for you ». Le top. 

VIRUS « Nowhere to hide » Lp punkcore 

12 titres pour ces punks que l’on ne présente plus. C’est speed, des mélodies qui accrochent cash, avec quelques titres plus punk rock à la Pull My Strings pour les connaisseurs. Suite logique de leurs précédentes productions où l’on retrouve le même son. C’est très court mais au moins ça gave pas. Pochette ouvrante avec photos a donf. C’est du punk core et oui. 

A GLOBAL THREAT « What the fuck will change ? » LP punk coreJ’hallucine complet, après Unseen et Self Destruct, voila encore Marc Unseen au chant, aidé cette fois par un pote qui donne un chant question/réponse très speed. C’est la même chose que les formations précédentes. Bon, je vais pas me plaindre car j’adore ce style. Une guitare qui tranche, des rythmes rapides coupes de mi tempo, 15 titres en tout juste 30 minutes. C’est toujours la même recette chez punk core. Mais quand on aime… 

CIDER BREAKFAST « Anti patriotic Frankenstein » Dirty punk/Apash

 Premier album pour les punks a crête et perfs cloutes. A la première écoute, t’es accroché tout de suite. 15 titres de punk core a la sauce US, une gratte bien abrasive comme Unseen, mais là où ça tue c’est l’accent franchouillard sur les textes en anglais, et cette grosse caisse qui sonne très fort. Des textes excellents et approfondis sur la dope, le mouvement des squats ou « riot », dédicace a Carlo Gilluani, puis un spécial fuck à offspring et enfin surtout une chanson sur la sincérité des groupes punks. Une très belle pochette avec un insert bien foutu. C’est du bon. 

ANTI-CONFORM « Ensemble » CD Le keupon voyageur 

Premier album de ce groupe d’Avignon qui nous fait de l’alternatif. C’est bien chanté, nous pouvons les comparer a un mélange des Sales Majestés et de Golpe De Estado. 17 titres plus un caché, c’est fluide et agréable a écouter, avec ces textes qui reniflent la sincérité et l’envie de vivre.. a part le texte « Les femmes au boulot » qu’il vaut mieux prendre au 36ieme degré. Insert quatre pages avec textes mais pas plus. C’est très bon pour un premier album. 

RED FLAG 77 « Moving on top » EP Dirty punk 

Fidèles a leur punk rock, la premières face est très énergique avec deux titres qui se laissent écouter, mais je préfère la face B avec les titres « On the line » plus clashien et « Why do you do it ? » qui recolle avec un style plus 77 spontané, plus énervé. Je crois que c’est leur meilleure production. Les textes se trouvent sur une simple feuille glacée, ce n’est pas degueu. 

  COJOBA « Espiritu de punk / Vienen por nosostros » CDR Boisleve 

Ce CD doit regrouper les deux premiers albums de ce groupe punk de Puerto Rico. Le chant est en espagnol et les textes sont traduis en anglais. C’est du punk à boite a rythme, il y a même un des deux albums où ils ne sont que deux, mais ça ne fait absolument pas musique minimaliste. C’est même bien fait, quoiqu’on pourrait s’ennuyer le long des 26 titres de ce CD, mais la voix de la chanteuse (plus ou moins chanté) vaut le détour, ça me fait pas mal penser a… heu… bon j’ai oublié.. je vous en parle si ça me reviens. Par contre dieu que les pochette est laide ! C’est incroyable que Boisleve fasse des trucs comme ça ! A son age ! 

URBAN BLIGHT « It’s (a)live…! » CDR Les nains aussi/ React / Maloka/ Urban Blight 

Yo ! Un nouveau truc de Urban Blight ! C’est chouette c’est toujours très intéressant, en attendant la discographie et le fameux split LP avec les pekatrarlesienne. Il s’agit de 13 morceaux lives, enregistrés lors de trois concerts différents Pas d’inédits a ma connaissance, mais ça fait des enregistrement différents. Par contre je trouve que le son n’est pas très bon. Il ne s’agit pas du volume, qui est très bien, mais plutôt de l’enregistrement lui même. C’est à dire que ce CD est plutôt pour les gens qui connaissent déjà et qui apprécie, sinon attrapez plutôt d’abord un truc en « studio ». C’est un CDR, mais il est tout noir des deux côtés, ce qui fait qu’on dirait pas, c’est rigolo. 

ANTIBODY « Progrès » CD Musicanard 

Voila un album intéressant. Punk hc avec un chanteuse, varié et très bien exécuté, pas de problème coté musique (avec une petite touche de Trust à un endroit humm), et des texte en français « engagés ». Bon ça reste bon enfant, Amazonie en danger, malbouffe, etc, rien de vraiment révolutionnaire, mais vu le niveau actuel c’est pas mal. Surtout que musicalement c’est très accessible, pas mal de gens devraient accrocher. Un peu a la Tagada Jones en moins violent, ça peut aussi faire penser à Affliction, mais moins que leur titre sur la compil Autonomie aujourd'hui. Avec un invité pour un titre un peu plus hip hop hc yo ! 

20 YEARS OF DISCHORD coffret dischord 

« Dis papa, c’est quoi le hard core ? » « Hé bien tu vois, tu prends cette cassette de Tracy Lord.. »..heu.. non… le hard core.. hé ben voila, Dischord, c’est le premier label de hc et toujours en activité, géré par l’ancien chanteur de Minor Threat, qui est considéré comme le premier groupe de hard core (de Washington). Donc pour fêter ses 20 ans, un coffret avec trois CDs. Sur les deux premiers, des extraits de quasiment toutes les productions du label, a savoir 50 titres. Donc sur le premier, on a le début du hard core. Alors c’est quoi le hard core ? Ben du punk, hein, tout simplement (sauf qu’au lieu d’avoir des crêtes et des docs ils ont des jeans et des converses), et si t’es pas d’accord retournes écouter du neo-metal dans ta chambre . Y’a aussi un morceau d’Iron Cross, le premier (?) groupe de oi! (voire de neuski) aux states (et les auteurs du fameux « Crucified »). A part ça que des stars, State of Alert, Youth Brigade…. pour le second CD c’est la suite des prods, mais y’a eu une évolution « emo » (le gars s’est mis à chanter dans Fugazi). Alors attention hein, c’est pas du brutal emo core comme y’a eu en France c’est heu.. musical et des fois y’a des trucs.. surprenants ! Et le troisième c’est des inédits d’un peu toutes les périodes avec des bons vieux trucs au son pourri au début. Donc si comme moi vous n’y connaissez rien c’est parfait, et pour les autres le troisième CD doit être sympa. Dessus y’a aussi 6 vidéos de concerts d’époque (1980-1983) c’est très intéressant. Les CDs sont joliment présentés (beaucoup de photos en grand et en couleur), et avec y’a un livret de la mort, 134 pages avec quelques textes et surtout une bio+photo de chacun des groupes ! La grande classe ! Et tout ça pour a peu près 200 balles ça le fait ! 

MIGRA VIOLENTA LP Les nains aussi / La resistencia 

Cet album a aussi été sorti en CD par des labels hispanophone, mais comme c’est la mort pour trouver ces trucs par ici, les nains ont eu la bonne idée de le sortir en LP. En plus l’insert est class, en papier glacé, comme les vrais ! C’est un groupe argentin et il y a un petit texte traduit en anglais sur les « luttes » (révolution ?) qu’il y a (eu ?) la bas; là aussi, pas facile de choper des infos précises. Alors niveau zique, ben c’est marque dessus, HC crust, avec une chanteuse, c’est bien violent et rentre dedans, et quand même assez punk. Je ne cacherai pas que par contre a la longue ça me fatigue un peu, mais une face a la fois, c’est nickel ! 

DISARM « TSO 120772 » / BORNSICK split EP 

A ben les italiens de Disarm, ça golri aps ! Photos superbes (de gamins enfermés en asile !?), une page de texte (anglais ou italien) contre la psychiatrie, 3 bonnes minutes de doom teinte de crust (!! du sludge ?) et une accélération la fin pour une minute de crust/grind. Plus quelques lignes anti copyright, c’est efficace !! Pour Bornsick, on retourne à un pochette plus conventionnelle, idem pour la zique, punk très rapide tirant crust, avec un bon son de gratte bien entêtant, ça passe bien, mais assez anecdotique a coté de Disarm. 

YAGE EP Level plane 

Une photo avec des gamins qui courent sur une plage en guise de pochette, ça, c’est un disque de hard core ! Gagné ! Alors hc, hc c’est bien joli, mais plus exactement ? Car il faut arriver a décrire la musique, et c’est pour ça qu’on nomme certains type de musique ou de son, c’est pur pouvoir communiquer, alors les petits poseurs à la « ouais mais nous tu vois on a pas d’étiquette, les styles tout ça c’est de la connerie », allez niquer vos mères !! Bon alors de toute façon ici en l’occurrence je ne me casserai pas à vous décrire ce machin, parce que que le livret (joli soit dit en passant) m’a bien énervé, avec ces étoiles découpées, avec un gros poing avec écrit « equality » et un texte expliquant que ils sont pas révolutionnaires parce que de toute façon on changera pas le monde et que c’est mieux de continuer à se branler sur nos relations avec les autres, le sens de la vie (!) et blah blah…. vous voulez pas assumer d’avoir rien à dire et fermer vos gueules un peu ? Pourquoi j’achète ces disques moi ?

  GEORGES BITCH JR. « s/t » LP 

Voila un groupe du sud ouest qui commence a se faire connaître. Pour ce disque, parlons d’abord de l’objet lui-même. La pochette simpliste ne doit pas prêter a confusion, ils nous ont gâtés pour l’intérieur : il y a la pochette elle-même avec les texte (et vous aurez compris a leur nom qu’il y a beaucoup d’humour, une feuille avec d’autres infos et au verso un bon détournement , une autre feuille avec les notes d’une chanson intitulée « fuck education wee need more jail » et un poster couleur constitué de collages, toujours bien fun. De plus le LP n’est gravé que sur une face (c’est donc un split avec rien ?), et l’autre où il n’y a pas de sillons ils ont gravés pleins de conneries. On apprécie beaucoup tout ça ! Bon, et la musique là dedans ? Power violence / grind, qu’ils sembleraient « assurer le leadership dans leur catégorie en France » comme on dit. Assez étrangement cette musique ne m’accroche pas des masses, mais il semblerait que c’est ce qui se fait de mieux. 

DISBEER « Kids in satanic service » CD Devil’s rec / Murder 

Voila le grand retour de la horde au service du malin, de la bière et du rock’n’roll (la musique du diable !). Après un premier album fort intéressant, une nouvelle livraison avec un son plus gros, disons que c’est plus directement du crust (des légendes locales et hexagonales jouent dans ce groupe au service des forces obscures !), musicalement il y a moins ce mélange metal/motorhead, mais c’est quand même du son dans ta tête tout ça ! Les illustrations du livret sont bien dans l’esprit, moi j’aime ! Il n’y a en fait que quelques nouveaux morceaux, le reste étant un enregistrement de concert, mais bon son ok. 

KABU KI BUDDAH « Life is a movie.. but how to live it ? » CD SK 

Enfin un album pour ce trio lyonnais. Encore un fois ils ont apportée une idée pour la présentation du livret, c’est fort appréciable. On regrettera même qu’ils n’aient pas fait un LP. Et sinon, pour la zique, et ben une basse, une batterie et puis soit un violoncelle, soit un trombone, soit un clavier, c’est très riche, très bien exécuté, et ça permet d’élargir ses sensations sonores, même si on écoute que du punk, parce que comment dire, c’est quand même super accrocheur, et en concert c’est absolument fabuleux. Apres pour faire plus précis… ben ces instruments et plusieurs chants.. et puis merde, z’avez qu’a écouter ! voila voila je vous conseille un écoute, et je vous re recommande le terrible split EP avec Banana at the audience. 

LA DERIVE DES INCONTINENTS « Discoh* » CD  

Voila un groupe dont j’ai pas mal entendu parler, surtout dans earquake Par contre c’est déjà leur quatrième CD, mais jamais écouté avant qu’ils aient la bonne idée de m’envoyer celui-ci. Et ça vaut effectivement le détour, du punk mi sombre mi gouailleur mais énergique, un mélange entre Zabriski, OTH et KK44 (non ?), un chant en français qui colle très bien à l’ambiance, avec des textes mmhh les gens qui ont déjà lu des interviews d’eux comprendrons. En tout cas le tout est bien hypnotique,et ça c’est bon. Il y a vraiment des passages excellents sur ce disque, comme quoi le punk français peut encore faire preuve d’originalité. Je pense qu’il est bon de promouvoir la musique de ce groupe, comme d’autres, pour éviter d’écouter toujours le même punk rock. 

AMANDA WOODWARD « Ultra mort » miniCD 

La demo de ce groupe avait fait beaucoup de disque, tellement qu’elle a même été gravée sur vinyle ! Comme les interviews que j’avais lu d’eux m’avaient bien gonflées, je n’avais pas écouté, ah lala ce du être une grande erreur car ce nouveau CD (aussi pressé en LP il me semble. D’ailleurs je crois qu’il viennent de sortir un autre truc.. vraiment pas à la page moi) est fort agréable. Le chanteur est ancien guitariste d’Alcatraz, et donc on suit un peu la même voie, on s’éloigne de l’emo (oui c’est de ça qu’il s’agit) violent et rapide pour une musique plus complexe et posée (toujours hurlé à part quelques passages à chant clair de bon effet), des passages font presque pop et y’a même un morceau de reggae ! Bref, musicalement ça vole haut. Les textes (en français) bof, moi la poésie... 

  GANTZ S/T CDR Impure Music 

Vous ne devez pas voir grand-chose avec l’image de la pochette, mais sachez que c’est recouverts par un film plastique contenant des espèces de cheveux rouges, c’est magnifique. La présentation des textes (en français) à l’intérieur est aussi originale, en espèce de puzzle. Bon et la musique alors ? Du hard core emo ahalala, des passages super bruyants (la production et le son sont excellents), d’autres avec une musique assez violente et un chant clair/parlé, ou des passages violon/piano et chant hurlé, des moments on dirait presque certains groupes de black tellement c’est prenant. ’La complainte de Rutebeouf’ version hc avec violon, chant plaintif puis hurlé ; la dernière chanson est un texte récité sur le témoignage d’un ancien enfant- soldat buveur de sang etc. en Sierra Leone avec de la zique derrière, effet garanti ! Je regrette vraiment que ça ait été sorti en CDr et pas en LP ! 

SUFFERING DOWN « Misanthropic and nihilistic dharma » CD autoprod.

 Ahhh, un groupe de black metal. Du balck metal basque en plus (comment ça ça veut rien dire ?). Et c’est pas des nazis attention (par pitié arrêtez les réflexions du genre « le black c’est une musique de nazi, j’ai vu un reportage sur arte » (ou sur M6. M6, arte, même combat, aux chiottes la télé). L’image de la pochette représente une explosion atomique, mais pas évident de comprendre avec les textes s’il y a une idée là derrière. En tout cas la musique c’est la grosse claque, loin du black de super marché dont on nous abreuve depuis que c’est à la mode de se peindre la gueule en blanc (ici pas de photos de poseurs). Quand même symphonique avec synthé, et bien varié, avec des passages à la flûte etc., certains tendant death, d’une exécution terrible, on est super content, on peut enfin écouter un groupe vraiment jouissif l’esprit tranquille. 

GUERKA « Psycopains » CD 

La pochette est originale, genre film gore à/de hollywood. Donc on s’amuse, tout ça a l’air bien fun, mais qu’est ce que ça peut bien être comme zique ?L’intro commence à la trompette (?) et on a droit à une envolée rock / ska d’une fluidité à toute épreuve. Enfin je dis rock/ ska, c’est parce que je ne sais pas quoi dire d’autre (un peu de samba aussi ?)!En tout cas intro super réussie, un bon son pour tous les instruments (et y’a l’air d’en avoir quelques uns). Pour la suite, pas de mauvaise surprise, et le chant en français/espagnol colle bien la dessus. De plus, 5 euros pc, ça c’est plus que très appréciable aussi, surtout que c’est un vrai Cd avec un vrai livret et tout, c’est même encourageant de voir des groupes de « musiciens » ne pas se prendre pour des stars. 

BENUMB / PIG DESTROYER split CD 2 ‘’ Robotic Empire 

Chic, un 2 pouces ! Ca court pas les rues ! Et on dirait que c’est une spécialité des groupes de grind/crust ? En tout cas on rentre bien 20 minutes de zique la dessus. Alors 3 titres pour Benumb, on appelle ça grind metal, mais en fait c’est du death metal joué beaucoup plus vite (sisi c’est possible) avec des bons hurlement mmhh, le death du 21ieme siècle. Quand a Pig Destroyer, autre groupe ricain et qui ont l’air d’être des petites stars dans le domaine, c’est effectivement plus grind, avec quelques relents de metal quand même, parce que faut pas déconner, mais quand même plus de fun (une reprise de Dwarves, c’est quoi Dwarves, un groupe de Rock), et le dernier c’est heavy noise dans tes oreilles. C’est cool, vingt petites minutes de charcuterie. 

SHORTCUT « The truth they know. » / ASIDE « Today robots… tomorrow tins ! » Split CD Mass prod. / Subsociety / Boisleve / El trasgo / L’atrabilaire rec. 

Rhaaaaaa un disque de Aside !!! Bon avant il faut y’a 17 morceaux de Shorcut, groupe de hard core de son état (la France), musique bien sympathique avec un chant à la voix presque cassée c’est rigolo, mais bon désole moi je veux écouter les 14 titres posthumes d’Aside !! Groupe de anarcho-hard core/crust de Bretagne, qui nous avaient gratifiés d’une demo sympa, d’un bon EP, et de deux titres absolument fabuleux sur la seconde édition de la compil Reconstruction. Enfin bon, et maintenant ? La première chanson « No Pasaran », déboîte grave c’est la tuerie, arf. La reste est du même allant, production excellente, qui accentue le coté hard core du groupe, avec toujours chant mixte speedé sur des textes engagés comme on dit, surtout en français et anglais et espagnol. Y’a aussi la chanson anti black metal de service, qui , avec l’antifasciste et la libération animale, et en train de devenir un standard dans les milieux chébrans. Une reprise d’Electro Hippies de 3 secondes, une de Infest et « ghetto » de Metal Urbain (sisi, c’est bien rigolo). Un disque excellent. 

OHUZARU « Thrash is business » EP 5 ‘’, Heroine rec., Sly action, Wee Wee. 

Chic, mon premier cinq pouces, à savoir un vinyle de la taille d’un CD ! Alors forcement, les deux chansons par faces sont rapides ! Le rond central fait tellement plus grand en comparaison de ce qui est gravé que les textes et le blah blah habituel y sont dessus ! Bon alors sinon ce groupe italien nous fait trois titre de hard core punk, c'est-à-dire là du punk joué plus vite. Genre un peu du trash quoi. D’ailleurs ils font une reprise de SOD. De toute façon on a pas vraiment le temps de se lasser. 

ANGSTZUSTAND « Ohne dich sind wir allen » LP Alerta Antifascista

 Bon, je vous met pas la pochette parce qu’elle est quasiment toute noire avec une fine écriture bleue/rouge dessus. Ce qui augure du type du livret, et effectivement, je le trouve assez réussi, très beau. Ce qui laisse deviner qu’il s’agit d’un groupe de hard core metal politisé bouillonnant avec des passages chaotiques et un bon coté emo.  Quel talent de déduction ! Bon, avant que je l’écoute, on m’avait dit « c’est comme Catharsis mais en mieux » En mieux, bon moi je trouve faut pas exagérer, ça doit dépendre des goûts, mais c'est très proche (ici ils sont allemands), je dirai que ça ressemble aux passages les plus métalliques de Catharsis et qu’il n’y a pas tout le reste, ou alors moins. A noter une plage totalement vide (genre la dernière gravée est une chanson fantôme.

  INERTIE « S/T » miniCD Stonhenge 

Voici une nouvelle production du label Stonehenge, promoteur du hc underground et pas mal de l’emo en France depuis pff un paquet d’années. Et en plus il s’agit d’un de ses nouveaux groupe. Et là surprise ! Exit l’emo rapide et hurlé d’antan. Même si les textes (chantés en anglais heu j’ai l’impression et traduits) sont toujours assez centrés autour de l’individu, musicalement il s’agit d’un hard core pas mal metal et surtout très lourd et parfois bien lent. Le chant pourrait faire penser a du crust. Bon, je suis pas vraiment fan, je préfère les petites filles heu… les trucs hurlés, mais bon on peut pas faire tout le temps la même chose… enfin si on peut mais.. Bon, très jolie pochette en carton qui a l’air serigraphiée. (Rien à voir a priori avec le zine du même nom). 

IL ETAIT UNE FOIS LA REVOLUTION CON compil’ k7 +affiche+journal = 3 euros pc 

Voila une bonne initiative des camarades des jeunes libertaires de Toulouse. Sur une face, les chants anarchistes les plus classiques (Père Lapurge, Makhnovscthina, Le père Duchenne, Révolte, La java des bon enfants…) dans des versions « d’époque » -pour deux ou trois titres il doit exister de meilleures versions, je pense notamment au chanteur Marc Ogeret, mais ce n’est pas important. A noter une curiosité excellente : un remix de « Paris s’éveille » de Dutronc, sorti à l’origine sur la compile « Pour en finir avec le travail » dans les années 70. De l’autre coté de la cassette, du punk et assimilé : W5, Sin Dios, Les binamés, Anarkotic etc. L’idée n’est ni originale ni nouvelle, mais il était temps que quelqu‘un ressorte un truc comme ça, car le risque est grand que les plus jeunes (ho le vieux con !) n’aient plus connaissances de ces chants, malgré les efforts de groupes comme René Binamé, et que ça soit une culture qui disparaisse (et la culture anarchiste, sans patries ni frontières, est bien plus importante à sauvegarder que vos merdes de cultures occitanes ou autre, qu’on se le dise !). Une version CD doit exister, mais je suis content que ça existe en support cassette. Le tout bien sur accompagné d’un bon livret, avec les textes et un commentaire plus ou moins long en fonction du besoin. 

A L’ARRACHE « Skanard hie prod » CDR compil 

Petite compil de quatre groupes de ce label de Pau. Bon je zape sur les deux premiers groupes car je vais en parler a la suite de cette chronique, car Fuck Ze Duck en est à son deuxième album auto produit, et Skaweed n’en est pas à son coup d’essai. Donc nous pouvons trouver aussi Nada Punk, avec un punk rock speed avec textes funs, ici pas de politique, vive la fête, rien que les titres veulent tout dire : « moustaches et kepi », « rock star de mes deux », « technofux » avec un délire sur la chanson de Goldorak. Flyn c’est du punk rock aussi avec une touche de hard core mélodique destroy chanté en anglais. Sinon c’est fait maison, CD gravé, pochette photocopiée. 

FUCK THE DUCK « t’as gagné le yoyo » CDR Skanard hie prod

 Deuxième album pour ces jeunes punks du sud ouest, avec un punk rock basique et leurs textes 100% délires tout en balançant quelques vents à l’état. Des titres excellents comme ANPE Dans le débile vous rentre dans la tête cash. Une chanson à la gloire des Destropouillaves oui c’est un remix de plusieurs titres, une reprise de Ludwig von 88 qui est Sprint plus cinq titres bonus enregistrés en repet. Tous les textes ne sont pas dans l’insert, comme on comprend bien les paroles c’est pas grave. Putain, la relève du punk débile est là ! Super ! Contact : 0603842812 CD 7 euros pc, 18 titres 

SKAWEED « Ca te brûle la langue » CDR Skanard hie prod 

13 titres de ska hallucinogène chanté en français et en anglais avec des passages speed. De jolies mélodies qui donnent envie de skanker et faire la fête. Pour un gravé on peut dire que le son est excellent. 

OPUS DEAD « Chicas de hoy » / TROPIEZO Split EP La Idea/ React etc..

 Un petit split EP bien sympa pour deux groupes espagnols. Opus Dead avaient enchaînés coup sur coup deux CDs de punk/trash, et il me semble que les deux morceaux sur cette galette sont plus aboutis, avec effectivement des passages punk tirant bien trash des 80’s et des bonnes envolées à la gratte qui ajoute un petit coté metal et surtout un petit coté original, ce sont vraiment deux très bonnes chansons. La pochette du skeud est excellente et est un bon résumé des textes. Pour les gens de Tropiezo, qui m’étaient jusque là inconnus, c’est un peu la même histoire, mais dans une version un peu plus crust, et quelques plus rapide. Mais malgré un pas sage avec chant féminin, ou quelques plans très réussis , l’intérêt de ce skeud est pour moi surtout du coté d’Opus Dead. 

  ANTIDOTE/NY REL X Split EP 

Je commence par NY-REL X. Punk rock à souhait sans plus mais la voix de la fille reste excellente, faut voir la suite. Deux nouveaux morceaux pour les hollandais avec le premier titre moins rapide que le dix pouces. Le second titre est Lost Generation, et y’a pas photo, ça péte comme ils ont l’habitude de le faire. Le petit solo entre les couplets est excellent, de même pour la pochette, voila voila… 

PROHIBER S/T CD Le cri de ralliement 

Voila le premier album de prohiber, qui contient une intro et 10 titres. Avec le hit Mickey pourri qui se shoote à la mayo et que j’encule avec son petit fils de putain qui est bush. Sinon si tu as jamais entendu les demos, c’est du punk rock alternatif avec de temps en temps un saxo et quelques passages ska. L’insert est bien sympa, c’est un petit poster. 

CLIT 45 « Your life to choose » EP Punk core 

Voila le dernier EP de ce groupe américain. 3 titres punk core avec un son moyen mais de superbes mélodies pour remonter tout ça. Ca va tellement vite qu’ils auraient pu mettre deux titres en plus, ça aurait fait moins bâclé. Le son de basse plutôt aigu m’éclate. Toute façon, si tu aimes le punk core, tu aimeras. 

SCHLEIMER « Mais pourquoi sont ils si mauvais ? » CDR 

Deuxième demo pour ce groupe de Toulouse. La première démo m’avait laissé sur le cul avec leur oi ! à l’ancienne. Ben à on peu dire que c’est plus punk-rock avec un nouveau guitariste qui tape plus dans les solos et des rythmes moins basiques à la batterie. Pour les textes, c’est toujours aussi bien écrit et approfondi. Le dernier et septième titre est joué sur les accords de Belsen was a gaz des pistols. Tous ça est présenté avec une belle pochette dépliante avec textes et photos de cette Jack Daniel crew.

  LES POCHES « Le seigneur de Lager » EP Les poches, hate moron, Lion rec, bout d’bois 

Premier EP pour cette bande de bordeaux qui font dans le oi ! rock’n’roll et oui avec cette guitare utilisée sans distorsion, qui donne un coté non commun. Ca renifle les années chaos tout ça. 4 titres aux textes sur l’amitié, la beuverie et les femmes, ça par contre c’est plus commun, surtout chez les neuskis. Le dernier titre en anglais sonne un peu comme du Cock Sparrer. Une pochette alcoolisée et un insert avec photos et textes. 

THE UNSEEN « Complete singles collection 1994-2000 » Double LP Punk core

 Voila une bonne initiative de punk core de sortir les 5 EPs de ce groupe bien speed. Nous trouvons aussi les morceaux tirés de compils plus deux bonus tracks. Cela se trouve sur deux vinyles avec pochette ouvrante fournie de multiples photos et affiches de concerts. Je me demande quand même s’ils n’auraient pas pu tout de mettre sur un seul vinyle, ça fait tout de même 30 titres et même si tu trouves deux fois le même titre, les versions sont totalement différentes, carrément rien à voir. Le son assez lourd donne de la hargne. Je le conseille vivement. 

CRI D’ALERTE « Première frappe » CDR 

J’avais découvert ce groupe sur Revolution Kaotik avec leur punk-oi !, ben la demo est dans la même veine. Nous retrouvons donc le titre une pint of guiness, puis cinq autres titres qui parlent de religion, de la triste réalité, cops pour coups pour mon titres préféré. Le morceau 7 est une reprise de Kriegspiel Station. C’est basique avec une basse qui claque bien, un son bien lourd qui fait pas dans la dentelle. Pochette et insert sur photocopie couleur donne une demo bien propre. Enfin c’est la claque. 

BROILERS « La vida loca EP » CD/10’’ 

Après un superbe premier album, voila le repressage du premier EP plus des nouveaux titres. Je le dis de suite, si t’es à fond dans le street punk, ce skeud est à posséder. Du speed, des ballades, du ska, voila le contenu du skeud, des mélodies cartonnées à l’ancienne et un instant délirant avec textes puis des photos, c’est carrément de l’art, oui oui. 

FUNERAL DRESS « a way of life » CD 

Ils avaient fait la plus belle pochette de Lp du monde avec leur couple de keupon embrassés, celle çi avec une jeune devotchka ne l'égale pas, mais l'artwork de ce CD digipack sorti sur ce label autrichien est vraiment joli, avec des dessins et des photos. Les paroles sont sur la mode ("women get mad when they're too fat, they wanna be like beaties on the TV, day by day, night by night, she's like a pupet on a string"), les sansabris, les flics, l'amitié, la rue, les terroristes... Classique, mais très bien écrit, ça change des trucs débiles à la Exploited. Y'a aussi 3 titres live, 2 qui blastent bien, et un délire à l'accordéon sur la bière! Musicalement c'est punk/oi!( street punk quoi) , les chansons ne se ressemblent pas entre elles, y'a des bons passages sautillant/ coeurs mélo/ gros coeurs/ solos guitare/basse, comme j'aime!! Un très très bon album pour un très bon groupe. A noter la participation d'un membre de discipline sur 3 titres (chant) et d'Erika de banner of hope sur un titre magnifique et la reprise de « Party political bullshit ».. 

GENERATION 69 « strength thru strength » CD 

Des singapouriens à en juger les horribles drapeaux brandis sur la couvrante d'une pochette moche avec juste les paroles. Apparemment c'est leur premier album, 14 titres en anglais dont une reprise de "skinhead times" d'Oppressed. Ils ont l'air un peu con même s'ils font l'effort d'écrire des textes un peu fouillés, paroles sur la trahison, le foot, l'amitié, la baston et les filles (pardon, les salopes). Par contre c'est efficace niveau musical, street punk très marqué oi!, dommage qu'ils chantent pas en chinois ça aurait été terrible et j'aurai pas pu critiquer! ahah! 

TOXPACK « die andere seite » CD DSSr/rotten noise records 

A voir la pochette de ce digipack avec les têtes de morts, l'écriture métallique et le look des types je m'attendais à un truc hardcore mais pas du tout, c'est du punk avec un gros chant en Allemand. Carré, ça va droit au but, 20 titres qui passent comme du petit lait! Les paroles je sais pas de quoi ça parle je parle pas allemand, mais les poses des musiciens et l'esthétique très guerrière du truc laisse penser qu'on est loin d'un truc hippie... Une reprise terrible de Discipline "everywhere we go" est au milieu du disque. Sinon ils ont de l'humour parce qu'au milieu de tous les groupes hardcore et oi! qu'ils remercient y'a las ketchup! 

THE CRACK "live in atlanta usa 2001" CD 

Une pochette horrible toute bleue avec des drapeaux (encore!), sans rien à l'intérieur. Apparemment ils sont anglais et connus à en juger les réactions du public, moi je connaissais pas, c'est pas mal du tout, rien que des hymnes à reprendre en coeur! Un bon punk des familles avec tout ce qu'il faut, les intros qui mettent en jambe, les choeurs virils, les solos qui font pleurer... Heureusement que le contenu permet d'oublier l'emballage, même si à la longue c'est un peu toujours la même formule, aussi efficace soit-elle. A noter un très bon son pour un live. 

STOMPER 98 « jetz erst recht » CD 

L'artwork de ce digipack est terrible, présenté comme une jaquette de cassette vidéo. c'est de la oi! qui blaste avec un saxo, et un super chant en allemand, des fois ça se calme et ça sautille. 11 titres en allemand mais y'a une petite phrase explicative de chaque morceau dans le livret, et donc ça parle des connards, des skinheads, de "on regrette rien", des résignés au système ("fight for your freedom and your class. Fight the system" que c'est beau) ...Et ce qui est teriiiible c'est la chanson "um die welt" qui est une adaptation en allemand de "vive la bière vive la baston et vive le cul" de Skinkorps!!! 

LA MADRE « Todo llega » CD City rock music 

Ce CD date d’assez longtemps, mais comme le punk d’Espagne ne court pas les colonnes des fanzines français, allons y. Le nom du groupe est assez étrange, mais il s’agit bien d’un groupe anarcho punk (comme tous les groupes de punk en Espagne ? non, n’exagérons pas). En fait musicalement ça reste très punk rock, mais avec une chanteuse au chant bien entraînant et un peu agressif. 

AKKAI « Manos que estrechan planes de muertes y sometimiento » CD 

La Idea Voila le groupe d’emo qui m’avait scotché en concert. Sur scène ils me faisaient pas mal penser à ce que font With Love, mais sur disque on s’aperçoit qu’il n’y a pas vraiment de coupures passages lents/passages rapides. La musique est toujours foisonnante, avec un chant hurlé presque pleuré comme on les aime. Ca manquerait peut être justement un peu de variété, mais pour les gens qui apprécient l’emo core, je pense que c’est un bon album. Comme souvent pour ce genre de groupes les textes (en espagnol) sont très développés. A noter que c’est sorti par La Idea, le label de Sin Dios, et on apprécie cette diversité musicale dans les production.

  BRAIN DAMAGE « Breaking the broadcasting » CD  

A mater la pochette (et les photos ?) on a l’impression qu’on va avoir à faire à un sympathique groupe de surfeur punk. Mais à la première écoute on s’aperçoit qu’on a affaire un groupe de punk. C’est en général assez mélodique mais sans tomber dans de la guimauve, et le son n’est pas propre à outrance, c’est bien. Sinon on dirait un groupe américain, alors qu’il s’agit de gens de chez nous qui n’en est pas à son coup d’essai il me semble. Une chanson me rappelle violement quelque chose mais il n’y a pas l’air d’avoir de reprises pourtant. Les textes n’auraient pas fait de mal dans le livret. A noter une promo totalement ridicule et rock star, les fanzineux qui ont reçu la lettre accompagnant le disque me comprendront.

  SUBMERGE / SUPERSTATIC REVOLUTION split EP Shogun 

Submerge nous avaient déjà gratifiés d’un EP de leur hard core tirant pas mal métal et très intense et étouffant. Pas vraiment de changements notables, si ce n’est peut être une légère épuration au niveau du son et des compositions. Pour Superstatic Revolution, il s’agit toujours de hard core, un peu dans la même veine, avec un chant hurlé étouffé, et une musique légèrement chaotique, avec des accélérations du plus bel effet, et un coté metal plus accentué.

LES VIEILLES SALOPES « Aime moi tendre, aime moi vrai » CD  

On remarque d’abord pour ce CD un effort pour la pochette, qui est originale et réussie, et ça fait plaisir parce que bon, les pochettes en général, la création est à minima. La musque est du punk rock énergique ce qu’il faut avec une chanteuse qui le fait, avec un coté presque chanson, c’est pour moi un des truc les plus sympa que j’ai écouté récemment. Pour les textes, il y a a qui sont légers et rigolos, ambiance baloche sympa, et d’autres moins, notamment ceux sur la scène punk, par exemple « la grosse tache » qui est bien rentre dedans, c’est bien. 

LARSEN IS ASYLUM vol. 2 compil CDR Apatride 

Deuxième tome de cette compil du zine apatride, qui est nettement plus réussie que le premier. Tout d’abord on remarque la pochette, format EP, en fait un bout de tapisserie bombé avec un pochoir, c'està- dire totalement fait à la main, et ça rend super bien. Et ça c’est la beauté du DIY, et tu pourra mettre autant de thunes que tu veux dans tes bouts de plastiques, ça ne dépasser jamais la force de la création personnelle. Et pour la musique, on retrouve les sympathiques Urban blight, Vieilles Salopes, Les Grognasses, Les nez Rouges, Brigitte Bop (mais pas d’inédits a priori). On a aussi du bruit avec Hypoptalasias et happy face (grind) et des curiosité, comme le délire je-hurle-dans-ma-chambre de ILOM, le noise de Fink Brau, le truc terrible de kukozu et vaderetro : piano + gratte+chant déformé, à la mister bungle/fantomas. Bref c’est super intéressant tout ça, avec un bon livret qui s’ouvre sur un texte pas content « Lettre ouverte à tous les prétendus « punks ». Et pour finir on trouve aussi deux morceau des pekatrsouslatable, qui sont eux des inédits, à savoir un morceau issu de la session d’enregistrement de leur premier EP, donc ambiance anarcho funk sympa (« RPR nique sa mère »), et surtout une reprise d’un chanson de Gilles Servat « Chanter la vie l’amour et la mort », dont le texte est absolument terrible, chanté avec la chanteuse de Fœtus Party. Bon d’accord, l’enregistrement est pourri, mais quelle importance ? 4 euros PC

  ZE BARGE « De Troyes Rock City » CDR  

Voila une chose assez étrange (du vlöbeurgh selon les auteurs) : basse et boite à rythme avec un chant en français qui font bien keupon (les textes ont leur bien rigolos et débiles, mais il ne sont pas imprimés). Là ou ça commence à partir en vrille, c’est qu’ils essayent de mettre de temps des plans metal ou autre, et à deux sans gratte, c’est bien zarb ! Ca peut devenir très intéressant, le son est pas trop mauvais ci, mais avec une bonne prod, ça devrait bien le faire. 

  DICK SPIKIES « The worst of » CD Worst 

Une pochette très moche malgré les crêtes des messieurs, aucune imagination à ce niveau là. Sinon le livret est fourni, avec les paroles et des photos. Dommage que tout soit chanté en anglais, le chant japonais ça doit tuer! Rien de bien original tant au niveau des paroles que de la musique,moi j'ai du mal avec le chant très grave. Il est néanmoins agréable de voir que les punks français commencent à s'intéresser à autres chose que des groupes blancs et occidentaux. 

BAD NASTY / THE DICK SPIKIES:split EP dynamite records 

Un groupe français et un groupe japonais, les deux chantent en anglais, c'est dommage. Une belle pochette couleur avec une photo de manif devant et pleins de crêtes derrière. Pour bad nasty c'est du punk lourd très efficace, j'aime bien mais le son est moyen, avec des paroles introspectives Pour dick spikie c'est beaucoup plus bourrin avec un chant plus grave et des paroles plus trash aussi, le son est meilleur, bref j'aime beaucoup plus que le "worst of". Mais c'est dommage que la différence géographique des groupes n'apporte pas d'originalité particulière

 …. CRUST IS DEAD compil K7 

Donc comme son nom l’indique, une compil de crust. On trouve 4 groupes de Pozega, en Croatie. La k7 est une k7 repiquée, mais la jaquette est imprimée comme les vrais et dépliante, c’est class. Les quatre groupes sont : Fight back, Dislike, Starvation et Apatridi. Alors je suis bien incapable de vous dire qui fait quoi, mais en tout cas vous avez un groupe avec un chant mixte avec un bon son de gratte bien crust comme on l’aime, un autre qui ressemble pas mal à Hiatus. Le quatrième lui sonne plus hard core/anarchopunk, genre à la Puagh, bien varié avec des bon délires, chant en croate et anglais, c’est très bon (ça doit être Apatridi). Quand au troisième, il ressemble encore plus à Hiatus que l’autre c’est incroyable, un vrai clone ! Bref une excellente compilation à dominante crust. 

SIBYL LEëK s/t CDR 

A voir la pochette, on pense qu’on va avoir affaire à un groupe de grind, mais sur un label anarkopunk. En fait c’est beaucoup plus compliqué que ça, il s’agit d’un groupe de metal avec un chant un peu hard core, pas mal de breaks, bon je ne veut pas dire de gros mots mais c’est un peu à la Rage against la machine genre, avec des passages un peu plus barjots, le genre de musique qu’on ne s’attendait pas à voir sur un label madrilène comme ça. Des passages vraiment plus bourrin ou vraiment metal ravirons les amateurs. C’est une bonne surprise car c’est très bien de pouvoir écouter des musiques de plusieurs types dans des réseaux d’activistes.

  USUAL SUSPECT « garvaghy road » CD combat rock 

Tout le monde connaît parce que y’a arno gov’ dedans. D’ailleurs y’a Juliette gov’ (ça sonne moins bien de suite) qui fait l’artwork du disque qui est plutôt sympa. Donc c’est de la grosse oi! carrée bien sympa sauf le chant qui me fait bloquer, non pas qu’il soit faux mais je le trouve plus adapté à une musique punk que oi! Sinon les paroles sont bien écrites mais un peu connes : contre les vieux les collabos de 45,les casinos, pour le foot bref pas mal de trucs dont je ne me sens pas concernée… En chanson cachée un massacre total d’ » « identité » de Caméra Silens. Un chant un peu plus posé et tout ça serait pas mal du tout quand même, et puis c’est tellement rare de nos jours un groupe de oi! qui dépasse le 45 tour! 

lOS MUERTOS DE CRISTO « la gran estafa del rock’n roll » odisea records 

Et bim dans la tête aux ska-p! en effet tout le monde reconnaîtra le détournement de « el vals del obrero » un album de ska p où on voit un ouvrier manipulé comme un pantin par les fils d’un patron, ici c’est un patron de major qui manipule un punk qui chante des textes engagés !! excellent !!! Au moins en Espagne ils sont clairs. Sinon, particularité dont on se demande si seuls les espagnols peuvent se le permettre, ce CD accompagne une BD (ou l’inverse ?), pas mal épaisse et qui a l’air bien fun où les personnages principaux sont les membres du groupe. Mais ne parlant pas l’espagnol je ne vous en dirait pas plus. Quand au CD, il contient, outre bien sur une reprise (détournement je pressens) de La grande escroquerie des Sex Pistols, soit des morceaux de 91/92, soit des morceaux de 2002. Je ne peut pas vous dire si ce sont des inédits, mais en tout cas il s’agit d’une autre production de ce célèbre groupe de punk rock anarchiste espagnol, qui, comme on le dit toujours, n’a pas la notoriété qu’il mérite de ce coté des montagnes. 

FIST FUCK PRODUCTION VHS angrr! 

J’avais déjà vu deux de leurs films au clandé à un concert où j’étais complètement bourrée, et j’avais trouvé ça vraiment génial ça m’avait fait pleurer de rire. A jeun sur petit écran j’ai trouvé ça moins fantastique mais c’est pas mal quand même, disons que ça dépend des films, tout ce qui est courtsmétrages avec acteurs et trucages pourris c’est vraiment très rigolo, par contre j’aime moins tout ce qui est animation et montage sur fond de techno. Très original, à voir entre potes à la fin d’une soirée arrosée. En tout 13 films de 1 à 9 mn. 

25 CDR 

 Apparemment ceci est un Cd promo de ce trio de Marseille. Ils disent faire du « lo-fi punk », je ne sais pas ce que ça veut dire, mais je me souviens les avoir vu cet été, et ce fut un concert de punk assez speed avec des textes qui semblaient fun. Sur ces trois titres, c’est bizarre, mais je ne les aurais pas reconnus. Pour le premier, un son de guitare super bizarrement saturé (ou alors c’est mon lecteur qui est mort ?), sur des rythmes répétitifs et hypnotiques, avec un peu de scratch, et des textes en français chantés genre funk, c’est très étrange ! Le second titre c’est la même histoire avec un chant ragga en anglais.. Le troisième c’est un peu la même histoire que le premier, vraiment étrange tout ça ! 

  MEDEF INNA BABYLONE « timeo patronat et dona ferentes » CD 

Déjà le deuxième album pour ces toulousain, toujours avec le concept « entrepenarial » (en gros ça veut dire que la pochette a l’air très moche mais en fait c’est très drôle en la retournant). La première chose qu’on remarque, c’est le livret , où les textes sont bien illustrés, et ces textes sont intéressants, soit avec de l’humour, soit politiques, et une chanson comme « revolt » est une bonne idée pour faire connaître les grands noms de l’anarchisme. Ou un texte comme « Chanson contestataire », qui prend un recul salutaire. Il y a même un titre en africain. pour la zique, c’est du punk avec un paquet d’instru exotiques à certain moments : (surtout de la flûte). En fait ça fait un peu chanson aussi, avec des passages speed. C’est pas mal varié, la production est bon, mais peut être les mateurs de punk de base ne trouverons ça pas assez méchant ? sais pas. 

ANARKOPUNK CONTRA EL PENSAMIENTO UNIKO compilk7 anarkaosmos 

Yo, une compil k7 d’anarchopunk espagnol, alors que chez nous ce format est tombé au fon des oubliettes, en Espagne c’est jaquette couleur et tout, avec un livret, attention, couv’ papier glacé couleur aussi, 32 pages A5, avec pleins de dessins/BDs dans tout les sens. Au niveau des groupes, une flopée de petits (?) groupes qui m’étaient tous inconnus, à part Electroduendes. Donc tout gravite autour du punk, plus ou moins hard core selon les groupes, une vingtaine de groupes (y’en a un qui s’appelle AK48, arf arf), c’est bien sympa, rien qui m’a renversé, mais ça s’écoute avec plaisir. 

BAJO KLEBO s/t K7 Mala Mente 

Même remarque que la chronique du dessus, je suis content de voir une cassette. Ici la jaquette est en couleur mais photocopiée, et pas de livret apparemment. C’est un groupe de Madrid qui fait un punk speed un peu hard core avec des bon passages melo, et le son est pas mauvais du tout si on considère que c’est une demo. Bref, typiquement un groupe espagnol. 

DENY LIFE « Soundtrack to a mass riot » CDR 

6 titres pour cette demo du groupe du rédacteur d’Eklektik. Musicalement ça ressemble beaucoup à du death metal, avec quelques coté hard core, ce qui pourrait être pas mal (le son est pas encore super to nickel, mais pas vraiment de problème de ce coté là), mais c’est le chant genre hc un peu forcé que je trouve ça ne colle pas vraiment. Il n’est pas toujours comme ça, car on a droit a des passages hurlés limite grind. 

TRACKLAR « Look a me boot 2 » compilCD tracklar  

La présentation est assez originale, à base de photos de chaussures, et ouf, il y a quelques docs qui traînent. Il s’agit de la compil de l’asso Tracklard, dont le but est de « promouvoir les groupes rock du nord des Yvelines », a renfort de sponsors et d’adresse postale à l’hôtel de ville. Ils organisent aussi des concerts (Inner Terrestrial, Tagada Jones, Charge 63, Squad 96 pour les plus punks). Le seul groupe que je connaissais est Happy Kolo, pour le reste du pas mal du tout et du plus anecdotique, ça dépend de vos goûts, ça va du neo metal au vrai metal (untuned très bon) en passant par du rock, du ska et du punk (disgusted). un livret avec une page par groupe aurait été nickel. Enfin 16 groupes en tout, bonne prod pour tous.

[retour au sommaire]


 

MAKHNO L’Ukraine libertaire 1918-1921, 2 tomes, 70 pages chaque, A4, François Hombourger, Ed. Libertaires et Ed. du Monde Libertaire 

Que voila une intéressante bande dessinée. Le titre est un peu trompeur, puisqu’il ne s’agit pas a proprement parler d’une BD sur Makhno, mais plutôt sur la révolution de 18 à 21 en Ukraine, à travers l’histoire d’un jeune révolutionnaire allemand, qui fuit la répression après l’écrasement de la révolution Allemande de 1919, et part pour la Russie, où une révolution a donc éclatée en 1917. Cette révolution, ou ce qu’il en reste, est en butte à la contre révolution blanche, mais, fait ignoré alors par les gens hors de Russie a cette époque là, la contre révolution rouge est aussi en marche. L’ignorant, notre jeune camarade (personnage fictif) se retrouve dans l’armée rouge, et au contact des éléments anarchistes et/ ou makhnovistes de l’époque, ne tarde pas a rejoindre ceux-ci. Bon, je ne vais pas faire un cour sur la révolution ukrainienne et le mouvement makhnoviste, mais j’engage ceux qui ne connaîtraient pas a se renseigner sur une des plus grande expérience auto gestionnaire de l’Histoire. De toute façon, les pérégrinations de jeune permettent de suivre en fond tous les épisodes connus de cette épopée, dont on trouve témoignages chez Voline (La révolution inconnue), Archinoff (le mouvement makhnoviste) et le bouquin de Skirda sur Makhno. De toute façon cette BD peut être une bonne introduction. Cette manière de présenter les choses est un bon parti, puisque il y a une histoire à suivre, cela évite un ton trop docte, et a travers la vie quotidienne de ces personnages, des questions « annexes » mais essentielles sont abordées : la place des femmes dans la révoltions, l’alcool, le lien entre le peuple et les révolutionnaires etc etc Le dessin est en noir et blanc, assez touffu, au début on a un peu de mal a différencier les personnages, mais ça passe vite et l’histoire prend vite aux tripes. Et surtout, ce genre de document donne une bonne idée de ce qui s’est effectivement passé en Russie, et du vrai visage du bolchevism e . P l u s d e « libertaires » devraient se renseigner la dessus, ça éviterai des confusions idéologiques certes pardonnables en 1920, mais plus maintenant. Les bolcheviks donc, qui menèrent une guerre contre le peuple, pour briser toutes aspiration à la liberté, séculaires et en partie organisée, dans ces pays, car, comme le disait Boukharine, idéologue du parti bolchevik, la liberté, c’est petit bourgeois. Bref, mensonges, arrestations arbitraires, tortures puis massacres de villages entiers, qui préfigurent les génocides trotskistes (ami crétin qui te réclame aujourd'hui du trotskisme, ouvre un vrai bouquin d’histoire) et staliniens. Enfin, on va pas refaire l’histoire hein ? Je n’insisterai pas plus, cette BD est très bonne, et en plus quelques pages de (re)mise dans le contexte au début aideront le lecteur néophyte a ne pas être trop perdu. 

PERFUSION nº 1 20p A52 timbres à 0,53 euros chez 

Voila un nouveau petit fanzine, et , malgré ce que le nom laisserai présager, il ne s’agit pas d’un zine de drunk punk ni de tox punk ni d’hero punk etc etc Le jeune (?) homme interview un groupe Epitaph (Heirdosjes), mais malgré cela (car on voudra ce qu’on voudra, force est de constater que ces employés de l’industrie du disque on pas grand’ chose a raconter), bref, nonobstant disais je, le rédacteur se démerde pour trouver pleins de questions et pas bateau, ce qui, pour un premier numéro, est une bonne chose. Un peu la même chose avec un groupe appelé Spunge, ou le rédacteur de se demande même s’il n’a pas été trompé sur la marchandise… Une view de Motocross, assez sympa, des chroniques skeuds punk ska hc et anarcho punk bien plaisantes, et des chroniques zines pas mal du tout, disons que les lectures du monsieur ont l’air plus intéressantes que les groupes qu’il interview hihihi (et il n’a pas l’air bête non plus… bon j’arrête, on va encore me dire que je donne des leçons)… Donc assez inégal mais très prometteur, espérons qu’il aura entre temps réussi à sortir un autre numéro.

45 REVOLUTIONS PAR MINUTES, version 2002, Jose Vinci, autoprod., 160p A4 

En voyant cette publication, on ne peut s’empêcher de penser a l’incontournable discographie du rock français, du label Euthanasie, qui, ais je entendu, devrait être réédité. Mais il y a des différences avec celui-ci qui font qu’il ne s’agit pas exactement de la même chose; là il n’y a que des EPs, et il semble plus complet au niveau rock varietoche (enfin a vu de nez, je me suis pas amusé a vérifier ! Mais il doit y 250 disques de Johnny Halliday !) mais il y a aussi les disques de punk hc etc (y’a même Tekken, c’est dire ! Par contre là aussi le metal semble être le grand absent). Ca l’air complet. Disons que cette discographie prend tout du début, et pas seulement depuis 77, ce qui fait qu’il y a énormément de titres. La présentation est très sobre, en liste, et il y a un tout petit peu de pochettes reproduite, mais pas mal de punk. A noter qu’il s’agit d’un travail non professionnel. Pour les collectionneurs avertis. 

LA GUERRE SOCIALE nº 1 24p A4 gratuit, c/o 

Voila un zine révolutionnaire sans chapelle de Bordeaux qui me semble fait par des skins, mais rien n’est précisé. Qu’est ce qui me fait dire ça ? D’abord la phraséologie vaguement marxiste/ouvriériste, une partie d’un historique sur la soul/funk (très intéressant, on attend la suite), et deux pages sur les boneheads, dans lequel la haine des rédacteurs contre les méchants nazis rend la truc assez ridicule a des moments (par ex. ils fustigent « l’amateurisme déplorable » des bones en faisant références a leurs zines qui ne sortent que le temps d’un ou deux numéros ! Hey les gars, y’a combien de zines reds en France qui sortent plus de deux numéros ? Vous même existerez vous encore dans un an ? De même la zique, il doit y avoir plus de disques de RAC que de red qui sortent en France !) , et dernier indice, une interview des nationalistes (heu on dit régionaliste en novlangue) occitans d’Anaram Au Patac. C'est-à-dire que le zine utilise les concepts de classe etc (ce qui est une très bonne chose qui tend a disparaître), et en illustration de ce zine on a.. Une carte de l’Occitanie.. Et pour la dessiner il a fallu.. dessiner des frontières.. et les frontières (et les langues)… ça divise le prolétariat ! Damned ! A ce propos, la dernier carte occitaniste que j’ai vu, il y avait Bayonne dedans ! Après renseignement, on m’explique que Bayonne est en fait bilingue basque/occitan ! Ben mon colon ! Savais pas ça moi ! Et à Bayonne, ils sont au courant ? Enfin bref, j’étais en train de chroniquer un zine… view de prochoix Toulouse malheureusement un peu court. Par contre au niveau des rares chroniques, on est plus trop dans le truc neuski, entre Dieudonné, Renaud et Assassin ! Et kek autres trucs aussi, c’est assez intéressant, curieux de voir le prochain.

  IRL nº 90 67p A4 

Sous une couverture racoleuse on trouve le numéro d’une vieille revue libertaire lyonnaise, qui n’existe plus mais là ils ont sorti un truc comme ça. Bon en fait je vais pas vraiment parler de ce qu’il y a dedans pour la simple raison que c’est un des trucs les plus mauvais que j’ai lu.. Ils font partie de la branche la plus réformiste du « mouvement libertaire », et sous un verbiage intellectualiste d’universitaires en pre retraite on nous explique au fil des pages qu’il faut pas être dogmatique, et patati et patata (ici ils appellent ça du puritanisme. Mon poing dans ta gueule oui !) et on fout toutes nos idées sous le boisseau parce qu’il faut être « efficace » et « proche de la réalité », mais il n’y a rien dans ce torchon a part des phrases incompréhensibles et des appels au vote ! Et ça tourne quasiment qu’autour de ça ! Un seul exemple : un article de huit page (d’un étudiant ou prof de socio ?), qui a l’aide du logiciel truc et de la méthode machin, arrive le plus sérieusement du monde (après huit pages donc) a la conclusion : « l’analyse réalisée par le logiciel Alceste a permis de confirmer que les libertaires ont une représentation de la société libertaire spécifique, le sens commun privilégiant une représentation plus utopique de celle ci » Ah ben mon gars, t’as pas l’air d’être coupe des réalité toi ! T’as l’air d’avoir beaucoup milité aussi ! C’est à se demander qui finance des torchons pareils (couverture couleur etc.), parce que franchement, pour éloigner le quidam de l’anarchisme, y’a pas mieux que d’essayer de lui faire lire des merdes pareilles ! 

GUIDE DE SURVIE POUR L’ERE N U M E R I Q U E 28pA5 FTP nº 11, www.kmfms.com

 Ah que voila une bonne idée ! Alors enfin quelque chose qui explique qu’est ce que l’informatique sous un angle anti capitaliste, avec un lexique pour expliquer les termes techniques pour ceux qui n’y connaissent rien. Qu’est ce que l’informatique, Microsoft, les logiciels libres, internet etc.. instructif. La suite qui constitue la grande partie est consacrée au hacking et aux cracking et toutes les sortes de piratage informatique. Mais le plus intéressant reste le CDr fourni avec, qui contient un paquet de logiciels libres et gratuits, de traitement de texte, navigateurs (genre abi word ou opéra), de crack, de cryptage, pour faire des polices etc. et pleins de conneries genre jeux, fond d’écran etc. Bref, pour 1,5 euros, c’est vraiment de la balle. Indispensable (si vous avez un ordi bien sûr bande d’imbéciles). 

EARQUAKE nº 80 28pA5 3 timbres 

Yo ! Un autre numéro d’Earquake est sorti depuis, voyez ça plus bas. Pour celui-ci, une couverture bien sympa qui nous change de la rengaine « ah ben le capitalisme il va pas s’effondrer, la révolution c’est pas possible alors allons aménager ce système de merde dans nos collectifs de spécification des luttes ». Enfin, n’oublions pas que là aussi nous avons à faire à un fanzine musical comme diraient certains. Une interview de DS13, groupe de hc que l’on m’a dit que je perdais à ne pas connaître, et un groupe de oi! indonésien disons heu.. sauvage comme l’explique l’auteur de l’interview, Fred la raleuse, ce qui annonce la collaboration qui suivra + nombre syndical de chroniques habituelles.

  UNE VIE POUR RIEN ? nº 5 28pA4, 4 euros pc,

Couverture couleur class, on comprend de suite que une vie pour rien est le fanzine skin en France. Ceux qui connaissent l’auront déjà lu, quand a ceux qui veulent s’intéresser a ce mouvement c’est la lecture qu’il faut. Ce n’est rien d’autre, ni plus ni moins. Les interviews (en français/anglais) sont faites en live, et les questions vraiment bien tournées. On commence par Warrior Kids, dont l’intérêt est inversement proportionnel a la quantité de lignes qu’on peut lire d’eux, et on enchaîne avec Fabian, un des premiers skins de France, et c’est passionnant (trouver quelque chose d’intéressant, ça ne veut pas dire y adhérer, ok les boeufs ?) On apprend vraiment des choses, ce qui est pas souvent le cas dans d’autres publications. L’anecdote la plus amusante étant que l’individu ne cache pas avoir été au FN, et il a aussi fait le sécu pour les berus !! Rien que pour ça ce zine vaut le coup, mais ça enchaîne avec une interview de Hard Skin, qui est l’interview la plus drôle que j’ai jamais lu. Et je ne m’attendais pas a franchement rigoler en lisant un fanzine skin head ! Y’a aussi Toltshock avec un discours de classe que je trouve bien plus crédible que celui exprimé dans certains concerts dits politisés, allez savoir pourquoi… Une interview de Swingo Porkies (premier groupe de oi! parisien) et d’autres trucs. Je dois avouer que j’étais très septique quand on m’a proposé cet échange, mais ça vaut franchement le coup (sauf si vous cherchez des compilations de slogans). 

A LA MASSE nº 6 24 p A5 gratuit 

A la masse est le petit zine d’une asso de Nice qui compte apparemment faire pas mal de chose dans leur coin. Donc si vous passez/êtes par là bas ça peut être pas mal. Sinon quelques chroniques de punk / ska, et trois petites interviews : Le carcharias, les amis de ta femme, Drunk again. Mise en page très aérée et quelques pubs. Alamas (Association Limitant l’Anonymat des Musiciens Alternatifs du Sud) est en fait une asso qui fait label (capsule, cf chronique de Brain Damage)/distro/graphisme et cerkons. Il faut espérer qu’ils arrivent a bien gérer tout ça (le projet de zine à 5000 exemplaires, c’est sérieux ?).

  GUERILLA URBAINE nº 9 28pA4, 1,5 euros + port, 

Guérilla urbaine était un zine qui était pas sorti depuis pff des années. Son rédacteur est assez connu dans le milieu anarcho punk depuis moultes années. Nonobstant, il collabore aussi au zine collectif Les caves se rebiffent (bizarre, vous avez dit bizarre ?). Enfin bon, voila donc un nouveau vieux zine Apunk, garanti lisible et sans collage (hihi). On retiendra des interviews de groupes finlandais (ça serait encore mieux si on pouvait écouter sur une petite k7 !!), en fait ça fait même un dossier. Une view d’Oi Polloi de y’a dix ans mais pas mal intéressante, avec un passage assez fendard sur Wattie d’Exploited, mais aussi les tristes « concepts » de la révolution par le régionalisme : « on se sépare de l’état anglais (ils sont écossais) et pis on se fédère comme ça petit à petit gentiment et après c’est l’anarchie ! Youpie ! », qui font que l’anarcho punk ne sera jamais plus politiquement pertinent qu’une rédaction de français d’un élève de troisième. Une interv du groupe de hard core anarcho espagnol Intolerence et Oberkampf (en live). Quelques autre interviews et quelques chroniques, il n’y a pas les éternels textes d’opinions (sauf un truc chelou d’Henry Rollins à la fin, entre une apologie du patriotisme et un appel a soutient de jeunes accusés de satanisme, c’est un blague ?), mais ça reste bien consistant –en tout cas je trouve les views plus intéressant que dans les zines de punk rock. V’la, un bon zine.

  FANZINE nº 2, 52 pages A4, 1 euro + port, Houp

Le nom du zine paye pas de mine, mais la couvrante assure, sous un titres provoc « boycott Dead Kennedys » et un texte explicatif. C’est typiquement l’esprit de ce zine : par exemple le rédacteur me demande si j’ai des plans distro alors que son précèdent numéro a été diffusé à..500 exemplaires (et les gens qui ont fait un zine savent que c’est beaucoup !), ou alors il nous présente les photos de ses 33 préférés, en indiquant qu’il ne s’y connaît pas trop, mais dis donc, entre les LPs des collabos, Heimat Los/Kromozom 4, le premier 1984, le premier France Profonde et Paris Mix, il y a de quoi être sur le cul ! Et la mise en page, contrairement a ce qu’il a l’air de penser, elle est très bien. Bon sinon, de quoi il s’agit ? D’un zine fait par un skin head straight edge, sisi ça existe même qu’ils ont pas l’air super nombreux, d’ailleurs la première interview est celle de Value Driven, groupe hc old school sxe avec un ancien Voices of Belleville dedans. On a des intws de groupes oi! (Q Sec, Lutece Botgia et une organisatrice de cerkons), de ska (les skalopes) et une longue d’un tatouer. Les intws sont bien foutues, pas le genre trois questions/deux lignes, et il y a aussi Inner Terrestrial, ce qui montre l’ouverture du rédacteur, ouverture que l’on retrouve aussi dans les chroniques, fouillées elles aussi. De plus, qualité aussi rare qu’importante, ce zine a de l’humour. C’est donc vraiment une bonne surprise (et pas de politique a trois balles ni de plans chelous). Entre les hard skins dans Une vie pour rien ?, fanzine et La raleuse, qui a dit que les lectures les plus drôles (les plus fines ?) viendraient des skin heads ? 

IMODIUM nº 15 une feuille A4 pliée, deux timbres à Immodium, 

La petite feuille d’info continue à sortir et c’est vraiment très bien. Ecrit à la main super lisible, ça parle soit de zique soit de BDs soit d’autres choses, pour ce numéro par exemple, présentations de quelques activistes, quelques chroniques punk/hc et toujours une bonne liste de concerts (pas mal éclectique. Ils projettent un zine, Ultraturax, me tarde de voir ça. PXD distro nº 3, Pourvu Xa dure, 483 bis, route de Frans, 69400 Villefranche sur Saone Pourquoi je chronique des listes de distro ? Et bien parcequ’elle fait aussi mini zine, puisque qu’outre la (petite pour l’instant) liste de skeuds de punk il y a une interview de No Milk et une des Partisans, donc c’est tout ça c’est plus intéressant que de juste sortir la liste de distro. Il s’agit aussi d’un label qui a 33 sorti pour l’instant le split CD KGB:Krazy Times. 

FILS DE CREVURE nº 1 10pA5,

Donc Fils de crevure c’est une (grosse) newsletter qui succède au zine crevure. Pas mal branché oi! et un pu de punk et de hc, on a pas mal de trucs en 10 pages (c’est assez condensé), avec une interview de Monster Club, un groupe de psycho (ça existe ?), Bad riot, punk a la Usual Suspect, et pas mal de chroniques assez complètes, le gaillard a l’air de savoir de quoi il parle. Pas de prise de tête, de la zique. 

DERNIERE VIREE nº 6, 4pA4, 

Bon, la news letter du Scalp/ Rash de Limoges. Une page avec un edito « les temps sont durs », et un tract anti sarko, la seconde avec des news et de la vpc d’autocollants, et une interviews de Nucleo Terco pour les deux dernières pages. Qu’est ce que c’est que ce truc ? Un groupe de reds espagnols. On apprend dans l’intro qu’il y a une « valeur doctrinale » du groupe non partagée par le rédacteur. De quoi qu’il s’agit ? Serait ce quand ils nous parlent de « nationalisme révolutionnaire » ? non, c’est pas ça. Quand ils citent comme référence Marx, Engels et Lénine ? Ben non, quel est le problème avec Lénine ? D’ailleurs un beau portrait de Lénine orne l’interview. Non, là où ils sont pas d’accord avec le groupe, c’est parce qu’il cite Staline.. Alors nos fiers rédacteurs nous expliquent qu’ils crachent sur Staline.. parce qu’ils sont libertaires !! Par contre Lénine ça ne dérange pas nos fiers libertaires. Quand je leur ai fait la remarque, ils m’ont répondu qu’ils ne s’occupaient pas des ‘vieilleries’ et que seule la lutte compte, en me traitant bien sur au passage de petit bourgeois gardien de musée (hey, qui c’est qui fout des portraits de Lénine dans ces interviews ? C’est pas du passéisme ça peut être ?). Bien, mais pourquoi dans ce cas bondir quand ils parlent de Staline ? C’est clairement une ignorance de l’histoire de la Révolution Russe, que l’on entretient afin de garder ses potes communistes ? Car apprenez, camarades libertaires, que pour des Maximov, Volines, Archinoff, Makhno, Gorélik et des milliers d’autres anarchistes et des millions d’annonymes crevés en exil, en déportation ou par la Tcheka, ou à la lumière des théories anarchistes, Lenine= Trostky=Staline ! En plus, camarades à la pointe de la lutte anti fasciste, permettez moi de vous rappeler ce passage de David Shub, dans sa biographie de Lénine, où on apprend que les tenants du national bolchevisme, qui allèrent signer l’armistice en Allemagne en 1917, ont alors beaucoup influencé ceux qui allaient devenir les tenants du national- socialisme ! Ca t’étonnes ? Apprend par toi-même au lieu d’engranger des slogans stupides.

  ZOOP! nº  21, 88p A5, 3 euros pc

Voila un zine dont je n’avais lu que des bonnes chroniques, et que je n’avais jamais vu. Maintenant que j’en ai lu un, je suis assez déçu. Pas au niveau des chroniques de zik, éclectiques et fouillées, ni des interviews, mais surtout au niveau de ce qui était toujours mis en avant comme une qualité de ce zine : le mélange zique et politique. Or, l’essentiel de ce numéro (comment sont les autres ? Je ne pense pas que ça soit vraiment différent) est constitué de trucs que l’auteur a repiqué à droite à gauche. Et en plus c’est assez n’importe quoi, hormis le manque d’unité qu’il y a forcement (or, développer sur des bases claires et cohérentes, n’est pas plus politique que de coller n’importe qui a coté de n’importe quoi ? La politisation n’est elle pas un travail de clarification avant tout ?), on tombe sur des trucs assez hallucinants, si on se donne la peine de lire, et de pas seulement feuilleter en disant « ha ben c’est bien c’est gros et y’a de la politique ». Du risible (un texte AL/FA d’après les élections qui nous explique « l’unité des libertaires ne cesse de progresser » arf arf je dirais plutôt « l’unité des trous du cul qui appellent a voter ». D’ailleurs il y a eu une scission a la FA a cause de ça. Alors l’unité, quelle bonne blague !), au truc on se demande ( un texte nous explique gentiment que ben qu’il faut aller voter tiens, car en allant pas voter on perpétue le système ! La frontière entre psychiatrie et politique est souvent bien fine) à des trucs, bon, je vais pas faire un catalogue, on peut pas être d’accord sur tout. Certes il y a de la lecture, mais quel intérêt ? 

BLACK LUNG nº 9 60pA42 euros pnc, 

 Voila un gros zine, dans la veine hardcore politisé. On commence par les inévitables colonnes, mais pas de quoi se rouler par terre pour cette fois (rien de bien intéressant non plus). Et après un petit paquet d'interviews, dont une avec un punk colombien (dont le groupe préféré qu'il cite en premier est Manu Chao, avant Madball, Sin Dios et Los Crudos !), et en général des groupes d'un peu partout, toujours du hard core (youn wasteners, spitting teeth, one more reason, action fall short..) les questions sont bien menées, même si les mêmes reviennent souvent, et en général les interviews assez intéressantes. L'interview de Haggard m'a un peu déprimé, genre on fait partie de la scène homo femme, le reste on s'en torche, avec de arguments politiques aussi percutants que "aucune femme n'a jamais été présidente des états unis" !!!?? Les deux nanas font du vélo, et on apprend qu'un jour elles ont joué avec des nanas qui faisaient du skate et que ça c'était bien passé ! et toi, t'es homme ou femme ? homo ou hetero ? VELO OU SKATE ? On nage ne plein délire. Politisation, autodéfense, communautarisme à deux balle ou passe temps ? Enfin, bon sinon on continue le zine avec des reports de concerts, et comme le rédacteur s'est lancé lui aussi dans l'organisation, on a droit à quelques passages bien rock'n'roll ! On finit par un tonne de chroniques, pour un zine bien épais, et qui en est a son numéro neuf, c'est fou ça, j'en avais jamais entendu parler, en tout cas dans le genre ça le fait. 

Split EARQUAKE / LA RALEUSE 26pA4 4 timbres chez

Première surprise pour ce numéro 81 d'Earquake (ha ben dis donc, à ce rythme il faudra 30 ans à vendetta pour arriver au numéro 81 !!) il est au format A4 (ça permet de mieux voir la jolie couverture d'ailleurs) et c'est un split ! Mais que fait Sarkozy ? Alors toujours les chroniques habituelles, une interviews de Sickness, dignes représentants du crust hexagonal, et originaire d'une capitale du crust européen : Auch dans le Gers. Et une super longue interviews des Red Skins (le groupe), où on s'aperçoit que effectivement ils sont bien rouges (trotskisme pur subodorai-je). L'interview a été piquée a un vieux zine anglais, et dis donc les questions qu'il pose le type, jamais vu ça moi, c'est du précis, très intéressant, on a encore du boulot pour faire des interviews comme ça par ici !! En tout cas de la part du groupe une politisation ouvrière d'un type jamais vu en France (mais les luttes de prolo anglais c'est aussi du jamais vu faut dire). Enfin si on a un peu vu ça en France, mais ce fut tellement risible qu'on en rie encore, comme le prouve le quatrième de couverture de La Raleuse, dans la même veine que nous avait déjà proposé Fils de Pute, mais ici en encore plus drôle (en clair c'est se foutre la gueule de la couv' d'un vieux barriccatta). D'ailleurs les chroniques du rédacteur skin head vicking indonésien sont terriblement drôles (et sérieuses à la fois, le top). Outre un nouveau témoignage sous forme de nouvelle sur le être punk en Indonésie, on a une intw de Totalitarizm (courte je trouve) et une interview qui s'intitule "Schtroumpf noir and the Dead Chiracs", cad une interview d'un pote à Maxime Bruneri (ha bon, le fanzine RB! (?) est fait pas un ancien anar ?), très parano, très embrouillant, très bien. Voili voilou, ils devraient recommencer plus souvent. 

Split FUTURE N O I R / PROPAGANDE/ DEVIANCE 66pA4, 

Le terrible gang des anarcho drunk punks attaque en force avec un pavé de collages. Ce fanzine réuni les trois principaux (les trois seuls ?) fanzines anarcho punk vieille école de par chez nous. Pleins de pages, politique+ musique, c'est de la balle, lisez le. Ca c'est la chronique standard du zineux qui veut pas s'emmerder, mais voyons voir ça plus précisément (oui je sais, je suis chiant, très chiant. Mais quand on choisi de faire un zine politique, on doit se justifier politiquement, sinon c’est pas du jeu, pas vrai les gars ?). On commence avec future noire, qu’a un ordi maintenant et donc on arrive à lire ce qui est écrit et il vaut mieux pour suivre l'interview de Joëlle Aubron, membre d'Action Directe toujours en taule depuis plus de 15 ans. Cinq questions (malheureusement rien sur sa détention) pour 9 pages de réponses, bon courage, moi personnellement je n'ai absolument rien compris aux réponses (à par qu'AD sont communistes, mais ça on le savait déjà). Des témoignages de prisonniers (basques. Pourquoi ?) torturés, des chroniques, une view du groupe de Crust polonais Wlochaty, et pour finir greg nous présente ses sites RAC préférés, voila une rubrique qui gagnerai à s’étoffer, gnark gnark ! Sinon la chronique de Cider Breakfast est bien marrante puisque ce groupe a fait un texte contre une chanson hippie/non violente de Crass, et cette critique ne plait pas à Future Noir, grand spécialiste de la promotion de la lutte armée, qui se retrouve à défendre le texte de babouze de Crass ! Le temps de comprendre ou se trouvait Deviance dans ce bordel, et on a pu lires qq interviews : Gilbert et ses problèmes (groupe qui me répulse un peu depuis que je les ai vus en concert avec leur chanson sur la série Magnum : "Magnum avec ta chemise t'es une tarlouse, Higgins avec ta petite moustache t'es un gros pédé" ou un truc dans le genre.). Une interview du SCALP de Dijon, avec des propos affligeants sur l'interdiction des groupes fafs. C’est ce type de raisonnement anti fasciste à deux balles qui conduisent le rédacteur à mettre à la fin de l'interview un coupure de journal où on apprend que parce que des disques nazis ont circulé dans un bahut le MRAP a porté plainte. Pour moi ces connards du MRAP sont beaucoup plus dangereux que trois pauvres CDs gravés de légion (oh mon dieu ! des disques nazis ! au secours ! Soyons sérieux, que celui qui n'a jamais écouté de rac lève la main). Ils foutent même Costes en procès, ces abrutis. Ils sont beaucoup plus dangereux pour la liberté que trois pov’ groupes de nazis ! Bon, on se calme, on respire, on continue. Une view d'antybody où on se dit que les réponses sont quand même différentes d'un membre à l'autre, et que donc il vaut mieux éviter d'assimiler systématiquement un groupe aux propos tenus par un de ses membre. La grosse moitié de Deviance est écrit à la main, mais là ou ça devient vraiment rock'n'roll, c'est pour Propagande. D'ailleurs comme j'ai eu du mal à déchiffrer le premier texte sur les élections, je ne suis pas sûr d'avoir bien compris le propos de l'auteur (il y a quelques phrases ambiguës, j'ai un peu peur, j’espère avoir mal compris). A noter un texte anti skins poseurs antifa d'une rare violence écrit par la partie féminine de ce zine. 

DYNAMITE nº 19 

Depuis ce numéro est sorti le split avec Human Disaster chroniqué par là, mais ce n’est pas une raison pour que je ne vous parle pas de la feuille d’info habituelle (en fait on se trouve devant une querelle d’expert pour savoir si, avec ses 10 pages, Dynamite est une grosse newsletter ou un petit fanzine) Donc l’essentiel est composé de chroniques surtout punk fouillées et surtout pas consensuelles, comme on dit. Et comme à chaque coup une interview, ici un des gars du sympathique label Rural Music. On peut même s’abonner, c’est pas beau ? 

BESTIAL EXPERIENCE nº 1 4p A5, gratuit, 

Cette petite newsletter est complètement orientée Death metal et grind core, deux pages de chroniques et une page avec les grindeux de Gerb Of Life, qui avaient pondu une demo fort intéressante et qui ont l’air de cartonner dans les milieux chebran. Pour les amateurs de death. 

QUE VIVE LE ROCK LIBRE Nº 24, 16pA5 

Cette newsletter des gens de Troma Social est vraiment bien fournie (et colorée) avec ses 16 pages (étrangement, on ne se demande pas s’il s’agi d’un mini zine ?), et contient surtout des chroniques, mais donc un gros paquet de chroniques, sur un peu tout ce qui sort en punk en France dans les réseaux in, c’est donc un très bon moyen d’être informé. Il y a quelques news et un texte sur les embrouilles qu’il y a eu à un festival l’été dernier.

  NO GOVERNEMENT nº 47, 28pA4 2 euros +port 

Ce célèbre fanzine a donc bien repris du service et revoilà une livraison. Deux pages de chronique zine, et on fait un premier tour de manège avec une interview du chanteur de la Brigada. On décroche le pompon quelques fois, surtout en apprenant que « D’un point de vu politique, quand on pense CNT, on pense 1936 et combattants républicains anti-franquistes » [ On va encore penser que je m’acharne mais c’est quand même hallucinant de lire des conneries comme ça, surtout de la part de gens qui se targuent d’être des militants. Soit cet individu est vraiment bête et ne sait pas ce qu’il fait à la CNT, à part que ses potes y sont, soit il se fout de la gueule du monde. Je rappellerai juste que les militants de la CNT se sont battus pour, et ont fait, la révolution sociale. Ils ne se sont pas levés contre le fascisme et encore moins pour défendre la république, qui devint vite à la botte de l’URSS. On ménage ses amitiés communistes ?]. On passera vite sur les interviews des patriotes chrétiens new yorkais que sont Roger Miret, the krays et compagnie. D’ailleurs c’est un peu le défaut de ce zine, c'est-à-dire que les interviews, malgré les questions réfléchies, ne sont pas super intéressantes. Pourtant les chroniques peuvent être fines et avec de l’humour, mais les musiciens interviewés, bof… Bon, évidemment je généralise et ce n’est pas vraiment exact, la preuve dans ce 35 numéro une interview de 7 pages de Marsu (en live apparemment, bonjour le boulot !)- multi activiste historique, ancien manager des bérus notamment, qui est évidement proprement passionnante. Sinon je dois signaler que c’est le fanzine le mieux mis en page que je connaisse (moins tape à l’œil que worst). 

ILEGAL #2, 0,5 euros, 72 pages A4, 

Ilegal c’est la publication de la fédération anarchopunk espagnole (APF), et qui a l’air de sortir une fois par an. C’est assez impressionnant, imprimé en papier recyclé super épais avec un paquet d’interviews et de chronique. Tout est en espagnol évidement, alors je n’en dirais pas plus, les gens intéressés sauront se la procurer. J’en profite pour signaler que le numéro 2 de contre-culture, la publication de notre APF national, vient de sortir, et il parait que c’est mieux que le premier numéro, mais comme je n’ai pas eu l’honneur d’en recevoir un exemplaire, je ne peux pas vous en dire plus. 

TELE MAGAZINE nº 2475 pA5, chez tous les bons fournisseurs (casino, lidl etc.)

 Pourquoi télé magazine, se demandera le lecteur perspicace. C’est bien simple : d’abord l’edito résolument anti guerre, et qui dénonce au passage le rôle des medias, puis un article au sujet d’une série qui nous apprend « La tradition, c’est l’oppression ». Et alors ? Et ben, vous avez souvent vu plus poussé comme critique du système dans les zines ou les textes des groupes punks ? Moi non. Alors les anarcho machin et les politisés trucs, un petit effort, car télé magazine vous enfonce. Et en plus, eux, ils ont bien réussi dans le créneau de « tout est bon pour diffuser notre message » ahahah. 

STREET TRASH nº 3 32pA5, 3 timbres association sub society, 

Street Trash est un fanzine anarchopunk new school (les collages sont faits à l’ordi), et la mise en page est super clean, avec plein de trucs rigolos partout. On a droit a une longue interview du très sympathique groupe de hard core No Time To Loose, qui relève de très loin le niveau de ce genre de groupe. Pas mal de textes sur le capitalisme, Sarkozy, Irak, Tchétchénie, puis des chroniques et tout, c’est super bien, c’est frai, c’est clair, ça serait bien qu’ils continuent. Sinon dans la chronique de Vendetta, on on apprend qu’il y a un manque cruel d’articles de fond dans Vendetta.. Exactement. Je dirais même plus, comme dans la quais totalité des fanzines et même des publications politiques ! Ou alors on a pas la même conception de ce que doit être un article de fond, parce que une énième jérémiade sur les flics qui sont méchants, le capitalisme qui tue, ou la religion qu’est pas bien, je trouve pas ça super essentiel, encore moins de fond. Sinon ils sortent aussi assez régulièrement la feuille d’info du même nom, disponible aussi sous format informatique. 

BACTERIA nº 1, 12p A5, 

Deux interviews pour ce nouveau zine : Contaminated, dont le chanteur fait le zine Aborted Society, et une en live de Cripple Bastard, vieux groupe culte de grind italien. L’interview est en anglais et ces petits fainéants ne l’ont pas traduite. D’ailleurs les autres numéros seront certainement en anglais. Alors comme ça on pourrait penser à un zine grind, la mise ne page aidant, mais les chroniques sont plus éclectiques. Y’a même une de la brigada, où on apprend que « [la] BFM reste un des seuls groupes valables de la scène punk actuelle, et en concert c’est très sympa ». Ben mon colon ! Je savais pas que la scène punk était aussi bas ! Et on a pas dû aller aux mêmes concerts. 

ANARCHOY nº 1, 22pA4, gratuit 

Voila un nouveau zine fait par des gens très jeunes, si on s’en tient a la présentation accompagnant le zine. C’est donc plein d’allant, notamment un historique du mouvement skin qui vaut son pesant de naïveté (« Aujourd’hui de nombreux jeunes des classes défavorisées et modestes écoutent et dansent sur de la oi! » arf arf arf). On a des interviews de trucs punks sympa, KTS, Troma social et katkiller qu’ont l’air moins sympas, et un truc illisible au milieu. J’espère qu’ils continueront, ça ne peut aller qu’en s’étoffant. D’ailleurs a ce propos, je me permettrai de signaler qu’une mise en page aussi aérée, en le faisant gratuit, c’est la ruine assurée ! 

APATRIDE hors série numéro 1, spécial sex, 40pA4, 3,30 euros pc à

Voila une très bonne et originale idée de la rédactrice d’Apatride. On remarque d’abord les superbes lettrages d’Aurore du zine Menstruel sur la couverture. Elle est aussi interviewée et on a aussi Costes, l’actrice Ovidie et de la maison d’édition du dernier cri, ces derniers ne s’étant pas beaucoup foulés. Et thématique oblige, un paquet de chroniques de lecture tournant autour de la sexualité. Il y a aussi de très bon textes, notamment « les libertaires face à la prostitution », qui nous sort de l’indécision consensuelle des textes de merdes des anarchistes officiels, et deux textes de Claude Guillon sur le viol et la pédophilie. Le lien avec le punk est aussi fait dans la rubrique « chansons inexcusables », ou on peut enfin régler ouvertement quelques comptes, où dans les texte sur l’amour ou le cul illustrés. Le tout est très bien illustré (par contre si tu l’achètes pour te branler tu risques d’être déçu). Alors punk sexiste, homophobe, possessif et surtout coincé du cul, lis donc ça, et découvre les théories et la pratique de l’amour libre. 

TOTALITARIZM nº  27 48pA4, 7 timbres, 

Encore un boulot énorme pour ce zine qui m’apparaissait d’abord rebutant, et qui s’est révélé être une des plus intéressante lecture que je connaisse. Le ton franc et sans ménagement et l’esprit résolument internationaliste y sont pour beaucoup je pense. Pour ce numéro, on nous explique ce que fut la commune hongroise (tu connaissais toi ? Beaucoup plus passionnant en tout cas qu’un énième texte sur le commune de paris). Puis un historique sur le punk en Hongrie, un numéro spécial Hongrie quoi, avec comme d’hab, la suite des aventures de Makhno en BD.

  TOTALITARIZM nº 28 idem précèdent 

Deux numéros sortis en même temps, parce qu’en plus ça enchaîne grave. D’autres sont sortis depuis, et je crois savoir que le numéro 29 est un spécial Mexique. Ici, outre les aventures de Makhno, on a un texte sur l’Argentine, un report du punk en Chine (et ouais ! c’est pas dans Punk Rawk que tu lirais ça !), la 14ieme partie de l’histoire de luttes sociales en ex URSS (un truc de fou !), historique du punk Bulgare, et un long texte d’un ancien activiste anarcho punk anglais du début des années 80, c’est très spécial, un témoignage de première main ! Bref, depuis que Fils De Pute n’existe plus, une des rare publication Lutte de Classe que je connaisse. 

VIOLENT ATTACK nº 2, 32pA5, 

Plus d’un an après, revoilà ce zine totalement fuck shit die die (oui il est en anglais). On commence par deux pages avec des dessins qui laissent à s’inquiéter de la santé mentale du rédacteur, et c’est parti pour les interviews des activistes (Rodel rec, Ruido, My Minds Mine, Oath…) de la scène du bruit internationale, avec des chroniques à la fin. Le ton total fuck fuck fuck est bien plaisant, pas de prise de tête par ici ! 

WORST 28pA4, 4 euros pc 

Revoilà le fameux zine punk avec une couverture ne couleur de magazine. Ici des interviews assez longues de Steroids et Deadline, d’autres des Teckels et des excellents Pespocken (2 meufs et un noir dans le groupe ?!) et des chroniques. Bon ça parle surtout musique et vie de la scène punk/oi!. La question est de savoir si le fameux groupe allemand de oi! catho, Jesus Skin Nazareth, qu’ils vont interviewer dans leur prochain numéro, est une blague ou non ! 

EKLEKTiK nº 3, 40pA4, 

La présentation de ce zine est à chaque fois originale, puisqu’il s’agit d’un montage de pochettes de disque. On peut d’ailleurs y deviner qu’il s’agit d’un zine plutôt (true) metal, et effectivement. Mais contrairement a l’a priori qu’on pourrait avoir, les chroniques de lectures très fouillées nous montrent que le rédacteur sait lire, par contre les groupes interviewés n’ont pas grandchose a dire, mais comme il s’en rend compte, ça permet une distanciation assez comique. A part celle de Symbolic, ou comment mettre deux phots de cul dans son zine permet d’étaler sa méconnaissance sur des pages et des pages. Les chroniques ziques elles, ne sont pas uniquement metal, loin de la, oulala c’est à une vrai amateur de musique que l’on a affaire. Un très bon fanzine musical, comme on dit.

 HUMAN DISASTER / DYNAMITE split zine 60pA5, 1,5 euros+port 

Un split entre les excellents dynamite et Human dister, deux zines de punk. Les éléments des deux zines sont mélangés, mais chacun a fait ses chroniques. On commence par une interview de Virus, où j’ai appris qu’il y a dix ans l’anarcho punk et le crust étaient tellement en « vogue » aux USA que c’est casualties qui ont monté tous les truc de street punk Punk core et compagnie. D’autres interviewes pas mal intéressantes, mais celle sur laquelle on s’arrête est celle de Skinflick, groupe apo n’ayant pas grand-chose à raconter, ce qui est commun, mais ils le font sur pleins de pages, ce qui est moins commun. Les rédacteurs ont l’air de se mordre un peu les doigts de les avoir interviewés, mais à qui s’attendre ? Les punks et les skins seraient plus intelligents que la moyenne ? Parce que les conneries qu’assènent ces neuski, ne les retrouve-t-on pas dans chaque bistrot ? Et même plus, quand ils disent « Sans être raciste ou xénophobe, je trouve quand même qu’il faut mettre un point final à l’immigration irréfléchie…. En Europe on laisse entrer trop de gens de provenance non- Européenne, sans se soucier des graves problèmes de nature socio-économique que cette action entraîne forcement », n’est ce pas la même idée (ou plutôt absence d’idée) que nous ressortent plus loin les Ordures Ioniques : « Nous sommes pour l’effacement des frontières… Peut être pas physiquement vu tout le trouble juri-socio-eco-politique que ça entraînerait, amis symboliquement du moins » ? On retiendra aussi l’interview de Cider Breakfast, et bien sûr les chroniques qui son très bien faites pour les deux. Un bon pavé vraiment pas cher. 

BETTER ROCK THAN ROLL 68pA5, 

yo ! voila un zine plutôt hard core avec des trucs sympas a lire. On commence par un report de concerts de hc aux states, et franchement, ça a l’air de tuer l’ambiance, déjà en France c’est des fois risible, mais là ça fait carrément peur ! La grosse interview est celle de Jeff de In Dust We Trust, activiste bien connu dans le milieu et qui passe son temps à en foutre plein la gueule à plein de gens et nous on aime ça ! C’est donc très intéressant, modulo un passage assez louche sur la dictature du prolétariat et Trotsky. Encore un activiste de la scène hard core qui se fait approcher par une secte trotskyste ? En tout cas le rédacteur, élevé au plein air des campings libertaires répond doctement. Ouf, le révolution est sauvée. Sinon des views de groupes de hard core, et pour finir une total politique de Jean-édouard alias Cerf Noir du collectif Blackhart (qui fait le zine Storm avec qui on a fait un mix zine, tu te rappelles ?). A mon avis une interviews qui sera ben chiante pour ceux qui auront trouvé les autres intéressantes et vice versa gnark gnark gnakr 

I TURNED INTO A MARTIAN nº 3, 104pA5, 5,25 euros pc, 

Bon alors je suis désolé,pas eu le temps de lire en entier. Un numéro par an et un pave de zique, c’est hallucinant. passé au format A5 (et je suis pas d’accord, on peut faire de super choses en A5 hihi), et éclectique de International Noise conspiracy à Fast Forward en passant par Burning Emptiness (electro) et l’horreur est humaine (graphisme), et des milliers (heu.. des centaines) de chroniques et pfff en plus j’ai plus de place… y’a même un CDR avec (et nous qui croyons avoir tout inventé !) avec pleins de trucs dessus argggh 

[retour au sommaire]


 

[retour au sommaire]


LA SITUATION GENERALE EN RUSSIE


Une petite élite privatise la Russie (économie mix
te, processus de privatisation). L'économie repose sur l'extraction et la vente à l'extérieur des matières premières. Par exemple l'industrie Gazprom, qui fournit 40% du gaz de l'union européenne. Il y a une dépendance extrême de l'économie russe à la vente à l'extérieur.
L'économie est organisée en conglomérats, avec à leur tête des oligarques, qui détiennent le pouvoir économique et l'essentiel du pouvoir politique. Ce "big buisines" trouve ses racines dans la bureaucratie. Il y a actuellement plus de bureaucrates qu'en URSS, très influents.
Il y a donc un groupe social né de l'interpénétration de la bureaucratie et du privé, qui vise à consolider ses positions par tous les moyens, et pour ce faire ils ont besoin de renforcer l'Etat, c'est le rôle du président Poutine, ex-KGB. De plus ce pouvoir sert à arbitrer les conflits internes.
Dans le milieu politique, forte influence de l'ex KGB et de l'armée, la plupart ayant ralliés Poutine. Un renforcement des mécanismes de subordination de manière verticale aboutit à une pyramide bien constituée.
Le parti présidentiel, Unité et Patrie, a servi à constituer cette pyramide par affaiblissement de tous les pouvoirs locaux. C'est surtout un parti d'administration, courroie de transmission de l'Etat, sans positionnement politique mais qui sert les intérêts des bureaucrates et de l'administration et qui pénètre toutes les structures.
Les médias sont contrôlés soit directement par l'Etat soit indirectement comme NTV, anciennement indépendant et maintenant contrôlé par Gazprom.
L'élite accepte cette nouvelle donne de Poutine. Le chaos en Russie leur a permis de profiter, et maintenant que les richesses sont entre leurs mains il leur faut de l'ordre.
Certains oligarques veulent un retour à la situation antérieure (par ex Berezowski), ils deviennent donc des criminels et/ou sont obligés de vivre dans l'émigration.
Donc le conservatisme renforce le libéralisme, car il leur permet de conserver ça qu'ils ont acquis. Quand on a posé la question à Poutine : "Quel est votre mot d'ordre", il a répondu : "Défendre la propriété".
L'ambiance est à la hiérarchie, discipline...il y a une campagne pour une éducation plus patriotique. L'église joue aussi un rôle dans la constitution d'une idée nationale commune.
Mais en même temps continuent les offensives pour accroître les profits. Exemple de ces réformes : tout le monde doit payer 12% de taxes (impôts sur le revenu direct), avant c'était en fonction de la fortune.
Une réforme fiscale a aboutit à une baisse des revenus de l'Etat, qui s'est traduite par une baisse du financement du secteur social.
Un nouveau code du travail remplace le code soviétique (qui était favorable aux travailleurs, mais inappliqué). Il y a une grande propagande pour ce nouveau code du travail, mais même la presse la plus alignée le qualifie de semi esclavagisme. Il légalise les travails dangereux pour les femmes, toutes les sortes d'heures supplémentaires, et ne reconnaît que le syndicat officiel.
De nouvelles lois sur l'extrémisme (ce qui signifie "qui crée des obstacles au bon fonctionnement du pouvoir") font que tout organisateur de manif peut être emprisonné pour extrémisme.
D'autres lois sont à venir : les gens devront payer pour 100% des pris des services du gaz, de l'électricité, de l'eau (réforme communale).Elle se met en mesure pas à pas dans les villes de province. Quand on gagne 100 dollars, il faut en payer 80 pour ces services, il est alors impossible de vivre.
De nouvelles lois dans le champs politique aussi, avec la loi sur les partis politiques : seuls existeraient les gros partis (i.e. au moins 10 000 membres dans chacune des 89 provinces de Russie), en fait ceux qui supportent l'Etat et une administration forte. Seuls unité et patrie et le parti communiste répondent aux critères, ce qui conduirait à un système de bipartisme (ce qui est un objectif explicite de Poutine). Ceci parallèlement à une hausse du pourcentage minimum pour pouvoir siéger au parlement (passe de 5% à 10%).
Face à cela il n'y a aucune réaction organisée. Le plus grand partie d'opposition qui fait aussi partie de la classe dirigeante, est une alliance : l'Union Nationale Patriotique (pas de gauche) dont fait partie le PC. UNP regroupe des gens agès nostalgiques de l'URSS, dont les dirigeants veulent un bon système de capitalisme national, contre le mauvais capitalisme étranger. Il a le soutient de l'ancien complexe militaro-industriel de l'URSS. Idéologiquement stalinien, nationaliste, xénophobe, admirateur de la vieille Russie, et opportuniste face au gouvernement. Certains pensent qu'il est financé par Poutine. Il peut être utilisé pour canaliser les protestations populaires.
Il existe d'autres oppositions : le parti libéral et Yabloko, qui critiquent certains aspects bureaucratiques et totalitaires, mais sont d'accord sur la ligne sociale et politique du gouvernement. Et ils ne sont pas clairs sur le sujet fondamental de la guerre en Tchétchénie.

LA GUERRE EN TCHETCHENIE
Cette guerre est un condensé des caractéristiques de la situation en Russie.
La raison économique du début (1999) et de la continuation de la guerre est le pétrole, par le contrôle du principal pipe-line de la Caspienne à la Mer Noire. L'état major des troupes d'occupations fait des extractions illégales de pétrole en Tchétchénie, 5000 tonnes sont extraites chaque jour et vendues sur le marché noir. Les profits reviennent aux militaires, aux bureaucrates et à la maffia. 
Politiquement, cette guerre fait partie d'un processus de renforcement de l'Etat, aidé par le mythe de la Grande Russie. La deuxième invasion coïncidait avec la campagne de Poutine pour les élections. 
Le comportement de l'armée et de la police en Tchétchénie montre le vrai visage de l'Etat et ce qu'il peut être capable de faire en Russie. Par exemple plus d'une centaine de personnes ont été tuée dans le thé'tre de la Doubrovska.
La propagande explique qu'il n'y a plus que des groupuscules islamistes en Tchétchénie et que la guerre est finie. En fait elle continue, mais les médias ne montrent plus tous les jours des gens morts. C'est une guerre menée non contre des partisans armés, mais contre une population sans défense. Les soldats et policiers sont entraînés à tuer et torturer systématiquement, ce qui peut être utilisé en Russie à n'importe quel moment (pour faire avouer des crimes etc.). Des détachements de police ordinaire sont envoyés périodiquement en Tchétchénie.
Tous les partis politiques sont pro guerre. Seul le parti libéral a fait des déclarations anti guerre, mais il semblerait qu'il se soit agit d'une revanche personnelle de son principal financier et oligarque pour des raisons électorales, mais maintenant il est à l'UNP.
Il y a une petite opposition active contre la guerre. 56% de la population est contre la guerre mais ne sont pas actifs (NDV : je n'ai pas compris d'où venaient ces chiffres, apparemment se ne sont pas des chiffres officiels).
Les manifestations à Moscou rassemblent au plus 3 à 400 personnes sur 10 millions de personnes. Il n'y a pas de participation des partis politiques.

LES TRAVAILLEURS
La résistance sociale des travailleurs est faible et fragmentée, ils vont travailler des mois sans être payés (surtout les professeurs, médecins, fonctionnaires ou service public). En Sibérie, où le système de chauffage a explosé, les gens gagnent 50 $ par mois. Les grèves sont peu nombreuses et il y a des grèves de la faim (les gens se considèrent comme vivant en prison ?).
L'URSS a atomisé les travailleurs, et le classe ouvrière manque d'organisation et de conscience de la possibilité de l'action collective. Les gens ne voient pas d'alternative : pas de communisme/ pas de capitalisme, alors quoi ?
Il y a quelques trotskystes ou anarchistes ou sectes mais sans réelle signification. Quelques éléments positifs : les actions menées depuis 1991 ont produits quelques résultats et un début de conscience populaire, conjointement à la réapparition de quelques syndicats indépendants.
Quand les gens s'organisent ils récoltent les fruits : par exemple dans les chemins de fer un petit syndicat actif a mené un grève et a gagné. Ceci conjointement au fait que le capitalisme crée objectivement une conscience de classe.

ACTIVITES DU GROUPE PRAXIS, DE LA BIBLIOTHEQUE VICTOR SERGE ET DE LEUR JOURNAL : HUMANITE
En 1997 un groupe de militants et d'intellectuels, composé de libertaires, socialistes révolutionnaires (NDV courant typiquement russe issu du populisme), anticapitalistes etc. a fondé la Bibliothèque Victor Serge (NDV le but de la BVD est de regrouper et mettre à disposition des ouvrages sur le socialisme non autoritaire, interdits ou inexistants en URSS) dans le but d'apporter du matériel pour la construction d'alternatives dans un contexte de crise des alternatives.
Les activités ont lieu grâ
ce aux soutiens extérieurs à la fondation Victor Serge, et il y a un local pour pouvoir faire des réunions (centre social) pour les groupes anarchistes et trotskystes.
Il y a une évolution de la part de gens non intéressés par la politique (droits humains...) qui se sentent de plus en plus proches, notamment par le biais de l'action anti guerre.
Des petites manifs ont lieu régulièrement composées de gens de gauche non membres de sectes.
Depuis février 2000 il y a une campagne concrète de solidarité, de soutient aux victimes, envois de vêtements, livres... ces actions atteignent des gens, c'est une manifestation de la gauche organisée qui agit.
Il y a aussi un travail d'édition : d'actes de conférences, des mémoires de Victor Serge, de Voline (NDV bien qu'ils soient russes, ils ont écrits en exil après la révolution et de fait n'ont jamais été traduits du français au russe. Le prochain projet de traduction est « Hommage à la Catalogne » de Georges Orwell).
Le but est que cette accumulation d'expériences et de conscience de classe et de dépassement de la crise idéologique participe à la construction d'un mouvement de masse.

QUESTIONS
- "La BVS se réclame de la gauche non autoritaire ou anti totalitaire, trotskystes font ils parti de cette catégorie ?"
Des anciens trotskystes ont joués un rôle dans la fondation de Praxis. Il s'agit en fait du développement naturel d'un groupe trotskyste entre 1980 et 1990, qui pensait que les travailleurs feraient un mouvement social contre le rétablissement du capitalisme. Rien ne s'est passé, donc ils ont réfléchi plus avant, ont analysé la crise idéologique etc. En fait ils ne respectent pas les slogans trotskystes ou bolcheviques et ils ont abandonné leurs activités de trotskystes formels. Les autres groupes trotskystes ne sont pas vraiment intéressés. Il y en a qui sont lecteurs.
"La première guerre en Tchétchénie avait soulevée des mouvements de protestation (mouvement des mères de soldats ...), pourquoi pas la seconde ?"
La première guerre était une guerre d'appelés, d'où une situation de crise, mouvement des mères etc. La principale difficulté est l'attitude des mass médias, qui étaient plus libres pendant la première pour dire se qui se passait, montrer des images de cadavres, des mouvements de protestation..., la deuxième est complètement différente, les médias sont contrôlés par l'Etat ou le privé, l'accent est mis sur le terrorisme islamique (le gouvernement tchétchène est contre ces mouvements). De plus les attentats à Moscou sont imputés aux tchétchènes, mais de plus en plus de gens pensent qu'ils sont le fait des forces spéciales (les mêmes explosifs ont été découverts par hasard dans un autre immeuble. L'enquête montré qu'ils venaient des services secrets qui ont reconnu les avoir posés là...pour une simulation !)
- "Amnesty International a lancé une campagne officielle à Moscou (pendant la prise d'otage du théatre), y'a t il eu des répercussions ?"
Aucune (les médias n’en on pas parlé). Et il faut une solution politique, l'humanitaire seul ne peut pas changer les choses, et seule la pression extérieure peut le faire (très difficile de faire quelque chose de l'intérieur). Clinton a dit à Poutine que la guerre de la Russie en Tchétchénie est comme la guerre des américains contre l'esclavage...
- A propos d'une autre intervention, Alexeï signale qu'il y a une grande différence entre la situation en Tchétchénie et celle en Palestine, à laquelle nous sommes plus habitués. Il n'y a pas d'attentats suicide (la prise d'otage n'en était pas un car il y a eu 45 minutes de combats sans qu'ils fassent sauter les explosifs), pas d'actions visant les civils, il y a seulement des attaques contre les militaires. Ils ne sont pas manipulés par des islamistes (les groupes islamistes sont en dehors de la résistance tchétchène), il ne s'agit que de groupes armés qui défendent leur maison.

[retour au sommaire]



    On est parti le jeudi matin avec deux compagnons, appelons les timide et grincheux. voyage RAS, un peu rock'n'roll pour rentrer dans Madrid, on arrive a se garer, et on file à La Idea, la boutique/label tenue entre autre par des gens de Sin Dios. Petit local en plein centre, vinyles, cassettes (une spécialité en Espagne !), CDs, fringues et bouquins anarchistes etc. On récupère les places pour le concert, en effet il fallait réserver, car la salle ou ont lieu les concerts ne peut contenir plus de 300 personnes. Le gars qui nous vend les tickets (4,50, euros, 30 balles, le soir) nous indique des pensionnes ou qu'on pourrait pioncer, un peu cher. On se rend a l'immeuble de la CNT-AIT (organisation anarcho-syndicaliste dont le rôle fut déterminant pendant la révolution espagnole de 1936). Ici pas d'embrouille, la scission réformiste s'appelle CGT (et pas CNT comme en France, donc il y a deux CNT en France, ok ?) par contre ça laisse part a un autre type de confusion comme on le verra plus tard. Le truc c'est que grincheux et moi on entrave pas un mot d'espingouins, et que timide ne comprend pas tout. Je pourrais parler anglais avec certaines personnes, mais la plupart du temps ils ont un pire accent de la mort (moi aussi remarquez, mais ce n'est pas le même). On échange les politesses d'usage, on visite un peu (propagande : c'est grand !), emmenés par un compagnon que nous appellerons Ramon et que nous reverrons par la suite. Pour pioncer il nous indique ou il y a des pensionnes à côté (500 mètres). On ne comprend pas trop ce qu'il nous dit, mais au lieu de frapper a un pension, on frappe a la porte d'un local, ou je me souvenait être vaguement passé il y a longtemps. Un vieux qui ne parlait qu'espagnol nous ouvre, et grand dialogue de sourd s’engage avec timide pendant plusieurs minutes, on se demande si le vieux est fou ou complètement défoncé. Un anarcho punk se pointe et au final nous passe des clefs du local et  nous met des matelas dans un coin ! En clair, on s'est complètement incrustés ! En guise de local, il s'agit en fait d' un appartement qui appartenait à la CNT (prononcer CéNéTé) et que celle ci a mis a disposition d'organisations et d'associations.

Je crois qu'il y en a huit en tout qui l'utilisent, on se rappelle des Mujeres Libres, de l'assoc pour la dépénalisation, du RASH et, ce qui nous intéresse surtout, des Jeunes Libertaires. On va bouffer des tapas avec les deux espanches, et pour finir l'anarchopunk nous emmène dans un bar qui semble être le bar des jeunes libertoïdes chébrans de Madrid. En chemin il nous explique que des nazis ont déposés une bombe au local ou on dort il y a deux ans, et que cinq mois après ils ont essaye d'y mettre le feu, c'est super rassurant. Alors les anarchopunk et le (glorieux) rash sont allés au local des nazis et en ont envoyés deux à l'hôpital. Quelle belle histoire ! Plus tard on nous dira que peut être il s’agissait des flics, mais de toute façon on s’en fout. On picole un peu au bar et on rendre se coucher, le temps de se perdre un peu. Le lendemain on se balade, et comme on est dans le coin ou il y a plein de petites boutiques de confection tenues par des chinois on cherche des faux Fred Perry a cinquante balles pour pourvoir les revendre le triple en France mais on en trouve pas. On revient dans le local on trouve un jeune marocain de la CNT ( donc il parle français) qui prépare un repas pour des gens le soir. Comme c'est un appart, il y a un cuisine mais par contre pas de salle de bain. Il y a une salle de sport (??) ou on dort, un espèce de bureau, une chambre noire, un autre bureau qui a l'air de servir (entre autre) au label anarchopunk Mala Mente (le gars qui nous a file les clefs la veille), et dans ce qui devait faire office de salon, il y a un table, un bar, une tireuse, un baby foot, une télé etc. a part nous personne ne dort ici, le seul occupant est un chat, et un drapeau rouge et noir flotte a la fenêtre, bref du tout bon. C'est assez impressionnant de voir qu'un lieu comme ça, que plusieurs assoc partagent, ou des gens font des repas de temps en temps, dont pas mal de personnes doivent avoir la clef, ET QUI N'A PAS DE RESPONSABLE fonctionne aussi bien, c'est pas le bordel, y'a pas l'air d'avoir d'abus et ça tourne bien. Assez dur a imaginer en France. La légendaire discipline révolutionnaire espagnole ? Le concert commence officiellement a 21h, parce que c'est bien beau tout ça, mais faut pas oublier qu'on est la pour ça. Ca fait d'ailleurs halluciner tous les gens qu'on rencontre. La plupart n'iront d'ailleurs pas au concert, parce que Sin Dios, ils les ont déjà vu des tonnes de fois. Alors qu'on vienne de France pour les voir, ça leur troue le cul. Qu'ils sont cons ces espagnols !

Sale habitude de chez nous, on se dit "boarf le truc il va pas commencer avant dix heurs et demi", moralité, quand on arrive on a rate le premier groupe, Opus Dead, punk trash très sympa sur disque. Qu'est ce qu'on est cons ! A l’entrée des gens distribue un texte de Sin Dios, qui t’expliques clairement ou tu es et qui parle un peu de la guerre etc. Puagh ont commencé à jouer, et franchement ça tue ! Encore un exemple d'un excellent groupe d'anarchopunk (à double pédale, gnarfmiam) dont les disques sont quasi impossibles a trouver en France. Sur disque c'est bien bon, et sur scène ça ne déçoit pas. On se demande même si on a pas préféré à Sin Dios, c’est dire ! Je discute un peu avec eux a la fin pour des sombres histoires de concerts en France, de gentils garçons en tout cas, mais la langue reste une foutue barrière. Si vous voulez en savoir plus sur eux on les a interviewés dans le mix zine et sur le CD accompagnant il y a trois morceaux d'eux. Ca, ça t’en bouche un sacré coin, hein ?Au concert ils ont joué à la fin l'un de ces trois morceaux, La Huelga, reprise d'un vieux chant révolutionnaire, et toute la salle le connaissait par coeur et le chantait en même temps, impressionnant ! Un peu comme quand René Binamé joue Juillet 1936, mais avec plus de monde qui chante ! Enfin bref, un groupe comme ça, qui doit exister depuis a peu près dix ans, avec trois albums a leur actif (et bientôt un quatrième) ils n'ont jamais joue hors d'Espagne ! Ils avaient des concerts prévus en Italie il me semble. Puis viennent Sin Dios, bon concert (j'ai l'impression qu'ils jouent moins vite qu'a Genève, mais quand même plus vite que sur disque), pas de surprise, c'est la quatrième fois que je les vois. Et le public alors ? Et ben surtout des jeunes (moins de 20 ans) et bon, ben ça pogote comme des abrutis, il faut bien le dire, et c'est vraiment pas agréable, c'est vraiment dommage, et c'est une chose que j'ai remarqué a chaque fois que je suis allé en Espagne. C'est vraiment le seul truc qui foire. Et c'est même assez étrange. Où sont les punks de plus de 5 ans ? Enfin.. On discutaille avec un français du coin après le concert (une bonne fois pour toute, les gens qui ne sont pas de Toulouse, sachez bien, Zebda c’est de la pose et de la daube ! Comme motivé-e-s (pour aller voter) !) . On manque de se faire embarquer à une soirée chez un bourgeoise et à la fin comme de juste on retourne se palucher au local.

Le lendemain on décide de rester tranquille au local et d'y faire un peu de ménage. Une manif anti guerre est prévue pour la fin d'après midi, et des gens arrivent un par un au local. Comme on voulait discuter avec des gens des JL (JJLL en espagnol, parce qu’ils double les lettres des sigles quand c’est au pluriel), on demande a timide de demander au prochain qui rentre si c'est un JL. Il s'exécute et le gars répond d'un sale air "no, rash" hihihi c'était un petit skin tout jeune qui essayait de se donner l'air méchant. On aurait du lui casser la gueule tiens. Il nous voit en train de faire le ménage et il sort ÿ vous êtes vraiment des petites fiottes !  (bon, j’avoue, c’est pas vrai). On trouve enfin un JL qui parle assez bien l'anglais, on discute un peu de sa structure etc et il nous drive a la manif. Il nous explique qu'ils avaient organises un bloc a celle du 15 février, ou ils s’étaient retrouvés a quelques centaines (ils avaient attirés les autonomes, squatters etc.), en sus du bloc de la CNT AIT, de Solidaridad Obrera ( Solidarité Ouvrière, mélange d'anarcho syndicalisme et d'autonomes, pas tout compris) et de la CGT. Ces derniers, qui semblent en marge dans le mouvement anarchiste espagnol (je reprécise, rien a voir avec le CGT française, c'est une scission de la CNT) parce que c'est des gros connards de réformistes et qu'on les pendra, alors qu'en France, force est de constater que c'est plutôt exactement l'inverse. Les orgas comme la FAI (Fédération Anarchiste Ibérique), plus idéologiques, je ne sais pas trop ou elles traînent, mais je ne pense pas qu'elles soient vraiment importantes. Pour cette manif ou nous sommes, les JL n'ont pas organises de blocs car d'une part ils mènent une lutte a la fac, et de l'autre coté ils ont ouvert un squat l'avant veille et quatre d'entre eux se sont fait arrêter. Bref, ça chôme pas. Notre guide nous explique les différents partis qu'on croise a la manif. En Espagne il y a des bases de l'OTAN, et quand on passe devant le siège du ministère de la guerre (ou de la défense) toute le foule le siffle, ça change des promenades pro Chirac/recomposition de la gauche ! Il nous parle du courant insurrectionnaliste du mouvement anarchiste, croisement entre l'illégalisme de chez nous et les black blocs. En Espagne il y a deux insurectionalistes italiens en taule pour avoir braqué un banque et tué deux flics. On  voit la CGT qui ont aussi des drapeaux rouge et noirs, avec marque CGT dessus, ce qui fait qu'en manif, comme les drapeaux ne sont jamais droits, on croit que c'est la CNT, vu qu'y qu'une lettre de différence ! Les fourbes ! Donc on se balade dans la manif et le JL me raconte comment ça se passe ici (si vous voulez être in, ne dites pas flics, dites chiens). Je lui fait remarquer que l'anarchisme semblait très développé dans le coin (plus qu'à Barcelone !) et il me dit que ce n'est rien a coté de se qui se passe en Grèce. On a peu d'infos sur ce qui se passe la bas, mais ça semble être le pays d'Europe ou l'anarchisme est le plus développé. En tout cas le plus violent. Il nous explique aussi que les anarcho punks ici sont jeunes et qu'a part chasser du feufa avec le RASH (qui ici semble clairement communiste et ne semble pas essayer de squatter les organisations anarchistes) ils restent juste deux/trois ans dans le truc, et soit ils arrêtent, soit ils réfléchissent et rejoignent une organisation (et ouais ! « Toi qui ne sais pas/ Toi qui cherche ta voie / Alors n’hésite pas / Rejoins parti et syndicats »).

Bon ben le soir concert, ça commence par Looking for An Answer, groupe de grind, qui m'a pas transcendé, mais timide, vieil activiste crust/grind en semi retraite, a bien apprécié. Pas grand monde ne bouge, a part une petite bande de skins qui devaient se croire a un concert de ska et ils bousculaient tout le monde. Ils sont lourds ces skin heads ! Timide me dit reconnaître des gens de Oi! The arrase, groupe oi! tendance anar. Peut être pour ça qu’ils étaient pas à un concert du rash qui avait lieu le soir même. Et le même soir a Madrid y avait aussi un concert de grind ! C’est-t-y pas une ville active ça ? Puis vint Ekkaia, groupe d'emo a la With Love (en fait pas tout a fait), et pour le coup y'a que moi qui ai apprécié, et je suis reste scotché tout du long devant la scène. J'ai un peu discutaille avec le chanteur par après (il avait un tee shirt d'Anomie !). Remarquez que musicalement ces deux soirs étaient assez éclectiques. J'ai dit au chanteur qu'en France ils seraient un groupe dans la scène hard core (ils ont joués plusieurs fois en France, ceci expliquerait il cela ?), et il m'a répondu qu'ils se considéraient comme un groupe d'anarcho-punk !! C'est y pas beau d'entendre ça ? Ils comptent retourner par chez nous, avis aux amateurs. Puis revoilà les Sin Dios, que j'ai nettement plus apprécie que la veille (j'étais plus ivre aussi). Non seulement ils jouent plus vite mais ils coupent certains passages a certains morceaux ! Genre Kasa Occupada ils ne font plus le passage ska ! Les salauds ! Ils ont quand même fait 27 chansons ce soir ! (non j'ai pas compte gros malin, j'ai maté la play list au pied du bassiste). Comme la veille la meuf qui fait une chanson sur Ingobernables vient la chanter sur scène (et alors ? Elle est comment ?), ben c'est qui faut pas oublier qu c'est un concert pour les quinze ans du groupe, et que même il est filmé, et que même c'est pour faire un DVD ! J'en connais qui vont encore brailler (c’est pas punk, c’est pas prolo, c’est sans sauce) mais il me tarde de voir ce que ça va donner (et non je n'ai pas de lecteur DVD). En tout cas les deux soirs j'ai mis mon plus beau TS de Tekken, l'honneur est sauf (ou alors je serai couvert de ridicule jusqu'à la septième génération, ça dépendra du montage). A un moment ils jouent inévitablement 1936, et un jeune (genre 16/17 ans) monte sur scène avec un drapeau de la CNT AIT, et un vieux punk brandi en l'air sa carte de la CNT d'un air totalement halluciné, genre Saint Durutti va apparaître sur scène ! Et ouais, c'est aussi ça l'anarchisme en Espagne. Je disais après le concert a une espagnole que ces semblants de fanatismes nous dérangeaient, alors qu'elle trouvait ça tout a fait normal. De même, elle ne comprenait pas qu’on lui dise qu’on est pour la destruction de TOUTES les cartes (CNT y compris). Ils sont cons ces anarchistes ! Elle nous explique que l’endroit où a lieu le concert est un squat tenu par la CNT, où outre la salle de concert il y a une bibliothèque et une école primaire où les gens du quartier scolarisent leurs enfants. Grincheux, habitué de certains ‘squats’ en France, pense que les pouvoirs publics laissent ça pour mieux contrôler la CNT et que ce n’est pas dangereux pour l’Etat. La miss elle explique qu’il y a un vrai rapport de force (les habitants du quartier les soutienne puisque leurs gamins y vont a l’école ! et qui dit soutient populaire, dit indélogeable) et que maintenant les flics leur envole des toxs pour leur foutre la merde. Le concert se termine sans chichis, on picole et de discute au bar, on croise Ramon, qui était au concert, et on apprend qu'il s'agit d'un des premiers punks espagnol ! Le reste ça vous regarde pas et on retourne s'astiquer au local.

Le lendemain au réveil on trouve Ramon en train de préparer un repas (les espagnols ne dorment pas !), et pour nous dire au revoir i nous gratifie d'un vibrant "Salud y anarchia" ! La grande classe ! On était bien piteux avec nos "aurevoirbonnejournee". Avant de quitter Madrid on passe a un espèce de marché, composé de stands sur deux cotés sur une cinquantaine de mètres, et uniquement des stands punk, anarchistes (et communistes)!

Bref un pur week end en plongée dans l’anarchisme madrilène, bien loin des étouffants reformards-rouges-apos- reacs de chez nous, pas de ça là bas ! Voila, on est bien rentrés.

PROF

[retour au sommaire]


[retour au sommaire]