Encore une réussite pour ce
numéro qui ne se lâche pas une fois dans les mains. La mise en page
agrémentées des beaux dessins de kostik et d'axel est superbe. Toutes
les interviews sont intéressantes, mais il faut dire que les
interviewés ont de la tchatche et la langue bien pendue : urban blight,
fcetus pariy, paris violence et suttout
apatride hihihi... Les chroniques zines sont nombreuses et fouillées,
pour les skeuds la moitié ne m'intéressent pas du tout (emocore et
compagnie... ) Les costards que se font tailler le RASH sont
franchement exagérés. Sinon il y a une rubrique « c'est pas moi qui
l'ai dit » avec des citations piochées un peu partout valant leur
pesant de cacahouète , un jeu super débile « compare ton quotient
politique avec celui des foetus party et gagne la photo d'une mobylette
», un hommage à Quorthon de Bathory et à Chuck Schuldiner de Death,
tout ça pour se moquer des hommages à joe strucmner, et surtout un
détourne ment de punk rawk à mourir de rire. Pour s'instruire, un texte
sur le punk et un problème de math. Une formule toujours efficace qui
manqe de oi !, de punk rock et de dragonal. (« ne 1e frappez pas !
sinon, je vous donne des petite boules roses ! »)
C'est un sacré torchon ce zine...........
Sinon Vendetta est un fanzine revendiqué anarchopunk qui remporte
haut-la main (au moins pour le dernier n°) le titre de zine le plus
allergique au mot "RASH", ce qui lui donne un petit côté sympa voir par
moment carrément drole.
Belle itw de l'unique membre d'URBAN
BLIGHT-groupe anarcho basé en Hollande à Utrech- ville réputée pour ses
autonomes (d'ailleurs en 86 ils avaient accueilli Jean-Paul il par de
violentes émeutes!) Bonnes itws aussi de FOETUS PARTY-groupe que
je connais peu-et de Flav' de PARIS VIOLENCE qui apparemment est
de nouveau seul- Spirou étant parti vers d'autres aventures. A noter
aussi l'itw d'Aurélie d'APATRIDE- l'autre zine de Toulouse- qui est
bien mais aurait été plus intéressante si ça ne virait pas au lynchage
systématique de l'ensemble de la scène RASH (seuls les..
toulousains de BOLCHOI s'en sortent à peu près secs). Quelles que
soient les origines de cette prise de tête ça serait bien de régler ça
autrement et avec un peu plus d'objectivité. Je retiens aussi la
rubrique très marrante "C'est pas moi qui l'ai dit". VENDETTA est un
zine de qualité- qu'on soit d'accord ou non avec tous les propos
relatés. Et en plus avec une couverture signéeAxel-vieil illustrateur
punk de la région toulousaine: un zine à avoir!!
Dernier numéro en date (et apparemment dernier numéro tout court...) de
cet excellent zine toulousain. Au som-
maire Urban Blight, Paris Violence, Apatride et Foetus Farty pour les
interviews ainsi que tout un tas de kronikes. Ce zine est très
intéressant car il est très bien écrit, la mise en page ne fait pas mal
aux yeux ce qui nous permet de l'avaler en une seule traite (sur le
trône c'est bien plus agréable que le programme télé) et le rédacteur
n'a pas peur de donner son avis. Bon je ne suis pas forcément d'accord
avec tout ce qu'il dit et toutes ses idées, mais il ne pratique pas la
langue de bois et ça c'est plaisant. Dommage que ce soit le dernier...
POURVU XA DURE n°6
9ieme livraison de cette valeur sure du fanzinat
français. Pour commencer, les interviews sont très développées
(permettant à
des gens comme Urban Blight de bien remettre les pendules punk/DIY à
l'heure ou
permettant à Flav de Paris Violence de s'exprimer sur bien des points
polémiques-
tout en ménageant savamment le trouble, rhétorique's not dead !), et
s'il est éclectique,
ce n'est pas pour chercher un quelconque consensus mais plutôt pour
rester
épineux et provocant. Quelques remarques me viennent à l'esprit en
lisant
l'interview de la rédactrice d'Apatride, outre les habituelles réserves
à émettre
envers les propos d'une personne encore jeune impliquée dans le
mouvement punk
(les mêmes questions dans dix ans ?), je me demande si c'est vraiment
d'autres
"artistes" porno dont la lutte féministe a besoin, et qu'on arrête un
peu de parler d'Ovidie dans les zines punk (après l'alibi "révolution
sexuelle", libertaire des années 70, voici maintenant l'alibi
"sociologique" voire "révolutionnaire", distribué par Marc
Dorcel. On ne peut donc même plus se branler en paix ???). Bref,
derrière
certaines affirmations tonitruantes percent quelques interrogations
sans
réponses sur le vécu de cette personne. Pour pimenter encore votre
lecture, on
trouve des rubriques fort originales, comme celle qui regroupe quelques
déclarations
fracassantes ou hilarantes de groupes ou acteurs de la scène punk
piquées au
fil des lectures de l'éditeur, et les problèmes mathématiquement punk
qui
mériteront de se voir regrouper dans un recueil un jour. La rubrique
chroniques
(en particulier la revue de presse underground) est particulièrement
riche elle
aussi et le ton général est intelligent et lucide. Et puis pour ne rien
gâcher,
la présentation classique des plus efficaces, saluons les zines qui ne
cherchent pas à ressembler à des magazines pour jeunes.
EARQUAKE n°86
RAIDEUR DIGESTE n°4
LEAN ON
ME n°4,99
Rotten Eggs Smell Terrible n°11
Vendetta
#9, c'est
la dernière édition du fanzine toulousain de François. Les interviews
sont très
intéressantes, notamment celles d'Urban Blight et Paris Violence. Celle
de sa
collègue d'Apatride, Aurélie, est assez marrante, détendue, on voit
qu'ils sont
amis. Au milieu, une page "C'est pas moi qui le dit", présente des
citations tirées de sites, fanzines, qui font voir le coté intelligent
ou
débile de leur auteur. Plutot fandare. Quant aux chroniques et à l'état
d'esprit du zine en général (pas de copinages hypocrites, tout ce qui
est dit à
l'air pensé, etc...), je suis plutot en phase avec, et ça c'est assez
rare pour
être souligné ! Les chroniques, toujours, sont variées et vont de
Bolchoi au
groupe de grind dont on a jamais entendu parlé, et elles sont
nombreuses. La
mise en page est très claire et la qualité de l'impression aussi, bref,
vous
pouvez même le lire dans le noir, bourré et à l'envers ! En bref, un
fanzine de
très bonne facture, je sens que je vais collectionner les numéros
suivants!
Comme un doigt
Sympathique fanzine que voici, punk anar, sans héros ni martyr, mais une bonne présentation ! Au sommaire, urban blight (intéressante !), des foetus party, paris violence, et de aurélie Apatride, au propos pas si nul, même si c'est une fille ! On y trouve aussi les classiques chroniques et de l'humour! alleluia! Ca fait du bien d'en voir enfin, après toute une nuée de fanzine sérieux que je me suis tapé (la plupart sont pas chroniqués ici) bref, un bon zine, anar, anti red (enfin surtout rash, et d'ailleurs, je suis un peu surpris de voir que le rash a toute une nouvelle génération de gens contre eux, a savoir les anarko punks et les jeunes... bah, on fait son lit comme on se couche:) moi ça me fait marrer)
Rude Boi !
[attention,
elle est longue ! NdV] Vendetta est un zine que j'aime bien. Numéro
neuf.
Bien épais. Et qui me semble plus fouillé à chaque numéro, mais ça
c'est une
impression personnelle. Une mise en page toujours sobre, lisible, sans
fioritures pour faire bien. On trouve des chroniques zines et ziques
bien
foutues et des trucs marrants. J'aime beaucoup le ton très critique sur
le
milieu anar, syndicaliste, le milieu punk et ses idoles
révolutionnaires,
musicales : de Joe Strummer au Sous Commandant Marcos (« bouffon
du
capital » comme il dit). Ca change de cet espèce de consensus mou de
certaines
franges libertaires ou punk autours de héros communs qu'il faudrait
saluer et
célébrer. Le ton reste cependant très anarcho syndicaliste, CNT style,
mais
attention, ici c'est la vraie, pas les pourris de chez Vignoles. Les
petites
luttes cénétistes me faisaient marrer il y a un certain temps,
maintenant je
les trouve relou. Ici cependant ça s'accompagne d'une critique
bienvenue du
milieu redskin, uni autours de la Brigada, qui en prend pour son grade.
Lire la
chronique du skeud de la BFM, ça décape : « Le monde des gens qui
écoutent
du punk se divise en deux : ceux qui pensent que le punk est une
musique qui a
une façon d'être qui refuse l’idolâtrie, qui refuse les rock stars, qui
ne fait
pas de différence entre
le public et
les musiciens, qui rie devant les attitudes de poses et ceux qui
écoutent la
BFM »...assez jouissif non ? Le gars
écoute pas mal de choses, du grind, métal (avec un hommage à Chuk
Schukliner et
Quorthon !) à la oi !. C’est assez marrant de voir les cloisonnements
de la
scène oi!, partagée entre RAC, apo, Rash, et ceux qui remettent en
cause le
Rash lui même. Un ton donc ici très très libre, qui ne se fige dans
aucun
courant musical donné. Les itw sont de bonnes factures, ici on a droit
à Urban
Blight, bien, assez longue, Fœtus Party qui comme toujours ont des
réponses
intelligentes et réfléchies, et même drôles, un des groupes punk
français les
plus intéressant politiquement. Ca se gâte un peu avec une itw
relativement
inintéressante de Paris Violence. Musicalement les quelques morceaux
que je
connais me plaisaient pas mal, ce punk glacé était original, par contre
Flav
est un homme très désagréable. En plein dans le royaume de la pose, du
dandysme
intellectualisant. Etrange que l’auteur de Vendetta ne remette pas plus
en
cause ces attitudes de merdes de rock star de la oi ! Politiquement
inintéressant je trouve, apparemment le gars fait de la provoc anti
communiste,
plutôt genre apo, ouais la classe quoi. Super le gars qui fait un site
« officiel », qui dit comprendre les gros groupes qui se
mettent sur
la Sacem et ce genre de connerie, super painque dis donc ! Enfin
apparemment
c'est un groupe phare du milieu punk/ oi ! français, alors si c'est
mythique...
Et
pis on a droit aussi a une itw de Apatride, le zine fait par Aurélie.
Qui elle
tient des propos aussi assez nuls ou étranges. Déjà ça commence par des
trucs
que je comprends vraiment pas sur le milieu anarcho punk, un monde
plein de
manque de réflexion et de pensée primaire euh la je pige pas. Pour moi
les
anarcho punk crust sont justement les personnes qui ont le discours
politique,
et la pratique également, la plus radicale, la plus en phase avec la
portée
révolutionnaire du punk. Alors ok il y a des gros cons sûrement, mais
bordel,
s’il fallait se farcir l’apolitisme des groupes de oi !, d'émo ou
de hxc pour
la plupart, elle serait belle la scène tient ! Bizarre qu'elle
dise : « Je
me suis d'ailleurs intéressé à la scène apolitique suite au manque de
réflexion
et d'ouverture d'esprit que j’ai rencontré chez les anarcho punks ».
C’est sûr
que si tu veux de l’ouverture d'esprit chez les apo tu va en avoir.
C’est sûr
qu'un milieu qui tolère les attitudes bourrins, machistes, homophobe,
voire
clairement et ouvertement raciste, nationaliste, qui prend plus son
pied à
faire des blagues sur les communistes qu'à lutter contre les Rac et
autres fafs
à intérêt à être ouvert d'esprit. Moi l’ouverture d'esprit je me torche
avec si
c'est pour légitimer le fait de côtoyer toutes les pires pourritures
que je
considère comme des ennemis. Pour moi, heureusement que l’unité
n'existe pas si
c'est pour se retrouver à côtoyer ce genres de clébards aux
comportements plus
que tendancieux. Je dis ça peut être parce que je connais pas bien le
milieu oi !, mais en tout cas à première vue c’est
quand même le style musical où
règne la pose et où j'ai trouvé en une brève période, le temps de
quelques
zines et de concerts, une tolérance pour les idées les plus pourries.
Moi perso
ça me fait chier de côtoyer un milieu qui n'est pas clair
politiquement, il
parait que le punk c'est politique, peut être que je trompe ou que je
suis un
P.C. de merde.
Par
contre c'est vrai qu'elle remet en cause le Rash, e'est cool. Le rash
Paris et
le service d'ordre de la Cnt sont des clébards. Manif du FSL, ça fout
les
boules de voir les militants Cnt défiler au pas, drapeaux à l’épaule,
vive
l’armée noire et rouge, vive la militarisation des militants ! Encore
plus
flippant, le fait qu’il existe un service d'ordre Cnt ! Ces conards
sont avec
leurs petites oreillettes comme n’importe quel service de sécurité ?
Pourquoi ?
Pour éviter tout débordement de leur belle manifestation. Se faire
encadrer par
des anars, qui prétendent être une sorte de vitrine officielle de
l’anarchisme
! Mais les vitrines on les défonce. Dans une manif cnt tu es prié de
rester
derrière le camion sono et de reprendre en cœur les slogans débiles et
vides de
sens que hurle pendant 5 heures le Gentil organisateur en bomber. Assez
amusant
de les voir gueuler « ...ou sinon ça va péter » et ce genre de
trucs
vachement bourrins alors que ce bizarrement, qui gazait les camarades
masqués
qui harcelaient le service d'ordre (constitués par des syndicats de
flics) du
PS ? Oh, ben oui, ce sont bien les guerriers de la Cnt ! Cnt =
flics !
Marrant de voir ces militants gueuler « solidarité » tout en tapant sur
ceux
qui refusent de rentrer dans leurs rangs comme de gentils moutons ! Ils
se
comportent exactement comme n'importe quel syndicat ou parti politique,
avec
leur dogme, leur branche armée. Ils en ont pas marre de gueuler leur
slogan
incantatoire depuis 30 ans « ou sinon
ça va péter » ? Vous croyez effrayer quelqu'un avec ce genre de paroles
? C’est
bien, ça rassure, on se croit fort..
Tout
m'amène à un semblant de réflexion sur l’antifascisme, brandie par
certain
comme la bannière du combat primordial de tout militant et qui est gage
de
pureté politique. Je suis désolé, se revendiquer antifasciste, c'est
vraiment
limité. Putain, même le PS ou les gens de l’UMP ils peuvent se dire
antifasciste. Se dire antifasciste ça remet vraiment pas beaucoup de
chose en
cause sur l’état de la société actuelle je trouve. Bien sûr que je suis
antifasciste, mais je vais pas me revendiquer anti spe, pro choke,
libération
animale, anti élection le trouve que pour beaucoup balancer l’étiquette
antifa
permet de se donner une image anar acceptable, bon ton, sans vraiment
remettre
en cause des attitudes pas très claire : se dire solidaire de la
palestine ou
du sous commandant Marcos ne signifie pas grand chose en terme
d’implication
politique, tant ces thèmes représentent un certain milieu bien pensant
libertaire. Pour moi, les antifa du rash sont pas des copains. Pas
parce qu'ils
n'aiment pas les fascistes que je vais aimer leur attitude virilise, un
peu
bourrine entre autre. En passant le genre de truc que je comprend pas
du tout:
en voiture j'ai vu des affiches du Scalp qui disent. « Interdisons les
partis
nazis » ! Quoi ça veut dire ? On va demander à l’Etat de nous garantir
une
démocratie saine, dans le respect des règles de notre belle république
qui une
fois le FN éliminé aura éliminé le racisme ? On n'a rien à demander à
l’Etat
interdire des partis, quelle connerie ! On pourrait aussi demander à
l’Etat
d'interdire le capitalisme, le salariat, les hommes politiques, les
rapports de
dominations, non ? sans compter les
trucs
gavant de dire FN = nazi, ben non le Fn n'est pas un parti nazi, Le Pen
n'est
pas un nouvel Hitler. C’est grave si on a besoin de raccourcis aussi
réducteurs
et carrément faux pour lutter contre les idées racistes ! Un peu comme
les
manif avant le 21 avril où on voyait des affiches avec « plus jamais ça
! »
avec des photos de camps de concentration ... ça va quand on est au
lycée, pas
quand on prétend avoir un discours politique cohérent.
Autre
sujet d'énervement : à la question : « Est ce que tu crois à la
carotte
comme unique outil révolutionnaire ? » elle répond : « Sinon la «
révolution avec des carottes » comme tu dis, je n'y crois pas du tout
(surtout
que les gens qui s'en revendiquent appliquent rarement leurs belles
paroles à
leur vie réelle) . Croire qu'en améliorant ton mode de vie, en
essayant de
vivre le plus possible en dehors du système, tu vas être fibre et
entraîner une
révolution des esprits, c'est selon mol une putain d'idéologie de
hippie qui a
montré ses limites et ses échecs. Tant que le monde ne sera pas libre,
on ne
pourra jamais être fibre, même en allant vivre sur une ile déserte,
jamais à
l’abri d'une réquisition militaire ou d'un quelconque attaque nucléaire
...mais
bon la révolution c'est un truc violent et pas bien et les hippies
c'est des
mec géniaux, c'est Crass qui l’a dit, et t'as pas le droit de cracher
sur Crass
parce que Crass s'est sacré (comme ETA qui c'est bien connu sont de
grands
apôtres de la non violence) » !!!!!! La blague la plus rigolote est que
la
personne qui sort ces tombereaux de merde et de connerie se revendique
anarchiste, la preuve elle milite aux
Jeunes Libertaires ! Le truc
avec lequel je suis d'accord c'est qu'il faut arrêter le délire de
mythification de Eta et de prendre Crass pour des idoles (mais là,
c'est pas la
faute de Crass, mais des idolâtres). Mais tout le reste...Moi quand on
me parie
de révolution de la carotte ça me fait penser à la révolution de ta vie
quotidienne, au nécessaire changement de ta vie pour tenter de créer
des cadres
de vies autonomes, qui échappent aux rapports marchands, de domination,
essayer
de rendre concret toutes ces théories sur l’autogestion, le contrôle de
nos
vies, de nos corps. Alors ça passe par l'ouverture de lieux, où il
possible de
tenter de reprendre possession des aspects de nos vies quotidiennes,
contrôle
dont on nous prive à tous les niveaux pour nous rendre complètement
dépendants
et incapable de vivre sans cette constante
loi d'offre et demande autours du culte de l’argent : essayer de vivre
de
récup, de cultiver si on peut, réparer les vélos, les camions, offrir
des
endroits où jouer, répéter, faire des activités politiques...Mais ça
c'est un
truc de hippie, voilà tout. Bande de gros cons, j'suis sûr qu'ils sont
même pas
syndiqués à la Cnt c'est pour dire. Ce genre de discours me fait
gerber. Faut
arrêter de se prétendre punk, libertaire où je sais quoi, d'écrire de
beaux
textes, de pondre des slogans, tout en prétendant chier sur eux, quand
on
s'amuse à descendre les personnes qui essaye de faire exister
concrètement la
rupture avec le monde capitaliste. Mais ouais je suis con, tant que
tout le
monde ne sera pas libre, personne ne le sera, donc ça sert à rien de se
casser
le cul de lutter au quotidien pour rompre les rapports de domination puisqu'ils existeront
toujours. Ça fait un
peu discours « Autant attendre la révolution mondiale qui fera tout
basculer,
là ça vaudra le coup de s’engager ». Putain relou ces discours à la «
tout ou
tien » Ben ouais figure toi qu'on sait bien qu'ouvrir des squats, que
de
reprendre le contrôle de sa vie quotidienne ça bouleversera pas la
monde, mais
j'm'en bas, je pense pas agir pour la masse, pour tout changer. Juste
que à un
moment c'est pas mal d'essayer de rendre tes actes un peu moins en
décalage
avec ce que tu penses et écris. Comme si ça voulait dire que vivre ou
être
impliqué dans un squat c'était être coupé des luttes sociales, de
confrontation
avec le monde patronal, le monde syndical de merde, avec le salariat.
Et depuis
quand faut être encarté pour pouvoir s’investir dans des luttes
sociales, des
conflits qui mêlent aussi bien chômeurs étudiants que salariés,
retraités... ?
Le salariat ça concerne pas que les syndiqués ou les salariés. Mais je
suis
bien conscient des limites inhérent au mileu squat de repli sur soi,
alors si
Aurélie pairle là de personnes qui ne font pas de lien entre squat et
lutte
plus « extérieure », je comprends un peu mieux. Mais bizarre de
croire que
autogestion = autarcie, c'est quoi ce parallèle ridicule avec « île
déserte »
et ce genre de connerie ? Moi
je connais personne qui pense le(s) lieu(s) dans le(s)quel(s) il est
impliqué
comme une sorte de téméraire village gaulais isolé résistant au milieu
du monde
capitaliste. le Mais c'est toujours aussi débile de prétendre que de se
préoccuper de révolutionner son quotidien est une attitude de hippie de
merde
coupée du 'vrai monde des salariés'. Pour
moi le mec qui refuse de bosser, qui vivote au rmi, rma ou même
pas ça,
ben je vois pas en quoi il serait forcément moins concerné ou impliqué
dans la
lutte contre le travail salarié par exemple. Exemple concret : j'ai
vécu des
moments de lutte sociale (1 mois de grève dure étudiante à Renne 2)
directement
liée à la découverte de ce monde squat, donc moi j'ai pas vu de coupure
entre
squat et implication dans le monde de la lutte "extérieure" de
confrontation directe. Ces quand même là que j'ai trouvé des pensées
sur le
salariat et le monde du travail les plus intéressantes, et bon on était
présent
aux piquets de grèves de STMicro, dans les réfectoires de EDF, avec les
Iatoss
on était quasiment les seuls à parler
de la nécessité d'élargir le mouvement de grève étudiant à toute les
catégories
socio pro, de briser cet esprit corporatiste de merde, de ne pas voir
le monde
étudiant comme coupé du monde productif, du monde du travail salarié,
pas même
une préparation, mais en plein dedans. La nécessité de dépasser les
identités
'chômeurs', 'salarié', 'étudiant’ et comprendre que tout ça ce ne sont
que des
dénominations qui nous isolent en fonction de notre rôle, de notre
fonction
sociale dans le système capitaliste de production. Qu'on doit penser
nécessairement l’étudiant comme un être travailleur, et que le statut
d'étudiant n'existe pas tant il s'agit d'un être hybride : déjà dans le
monde
du travail salarié pour beaucoup, en train de capitaliser des
aptitudes-diplômes monnayables sur le marché du travail, tout en se
pensant en
dehors de ce monde du travail, comme dans un printemps de la vie dont
il
faudrait profiter avant de sombrer dans le schéma auquel on nous
prépare depuis
tout petit et qui sen, blé inéluctable tant il va de soi : travail,
farnille,
consomme en vue de pouvoir jouir d'une retraite bien méritée, quand tes
trop
vieux, trop pauvres, trop malade pour faire ce que tu aurait voulu
faire toute
ta vie...
Après les syndicats
voulaient pas «faut pas se disperser », et mon poing dans ta
gueule ? Et
sur ce coup là, les anarcho syndicalistes pas bien présents... du coup
on
passait pour les extrémistes totos parce qu'on se revendiquait pas
d'une orga clairement
identifiable et qu'on proposait en paroles et parfois en actes les
pratiques
les plus 'radicales’ Donc je vois pas en quoi le fait de ne pas être
dans un
syndicat t'empêche d'avoir une réflexion sur le travail salarié et de
s'affronter directement avec lui et ceux qui le défendent...
Dans un des textes du zine je parlais de cloisonnement de mondes qui auraient pourtant des choses en commun. Autant pour moi, en lisant se genre de débilités je comprends mieux pourquoi ces cloisonnements existent et que se dire anar ne veut vraiment pas dire grand chose, en terme de pratiques et de mode d'action communes.
(après
discussion avec intéressée, il semble que ce qu'on peut déduire des
propos de
l’itw ne reflète pas sa réelle position sur les squats et tout ça, il n’empêche que ce qui
est écrit ici
pue)
INERTIE n°3